La convection de Beltégeuse, mise en évidence par observation et simulation

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La supergéante rouge Bételgeuse est l'une des étoiles les plus brillantes de notre ciel. Elle est une cible primaire pour les interféromètres d'aujourd'hui en raison de son grand diamètre, de sa proximité et de sa grande luminosité dans l'infrarouge. Un groupe des chercheurs internationaux dirigé par Andrea Chiavassa (Max Planck Institute for Astrophysics, Groupe de Recherche Astronomie et Astrophysique du Languedoc) et incluant des chercheurs de Montpellier et de Paris1 a montré comment caractériser pour la première fois la convection de Bételgeuse en comparant les simulations hydrodynamiques 3D avec les observations interférométriques du visible jusqu'à l'infrarouge. Cette étude permet de faire un pas en avant vers la compréhension du mécanisme de la perte de masse des supergéantes rouges, qui contribue largement à l'enrichissement chimique de notre Galaxie.

Taille caractéristique des cellules convectives.
Panneau en haut : carte d'intensité synthétique de Bételgeuse dans la bande H.
Autres panneaux : même carte filtrée à différentes fréquences spatiales dans le plan de Fourier
correspondant aux contributions des cellules convectives.

Les étoiles évoluées de masse comprise entre environ 10 et 25 masses solaires sont appelées supergéantes rouges. Elles sont les plus grandes étoiles de l'Univers. Elles ont une température de surface d'environ 4 000K (alors que le Soleil est 5 780K) et sont environ 1 000 fois plus grandes que le Soleil, ce qui fait d'elles les étoiles brillantes les plus connues. Ces propriétés extrêmes prédisent leur disparition parce qu'elles approchent de la fin de leur vie et sont condamnées à exploser en supernova.

Parmi elles se trouve Bételgeuse, dans la constellation d'Orion. Cette étoile est très bien visible à l'œil nu pendant les mois d'hiver car son rayon est d'environ 4-5 unités astronomiques (ce qui est supérieur à l'orbite de Jupiter).

Pour les supergéantes rouges, plusieurs mystères ne sont toujours pas résolus :

  • le mécanisme de perte de masse, qui déverse d'énormes quantités de gaz dans les environs circumstellaires, n'est pas explicable;

  • leur composition chimique est largement méconnu en raison des difficultés dans l'analyse des spectres et à cause des vigoureux mouvements convectifs.

La solution des ces mystères repose sur une approche théorique basée sur les simulations hydrodynamiques multidimensionnelles (et en particulier en trois dimensions, 3D) du mouvement du gaz dans les couches atmosphériques des étoiles, couplé avec la radiation. Dans ces modèles, la totalité de l'enveloppe de l'étoile est simulée, au cours du temps.

L'équipe de chercheurs menée par A. Chiavassa (MPA, GRAAL) et incluant des chercheurs du GRAAL et LESIA a comparé les observables interférométriques depuis le visible (voir la figure ci-dessus) jusqu'au proche infrarouge aux simulations hydrodynamiques. En se basant sur les prédictions des modèles (Chiavassa, Plez, Josselin & Freytag 2009, A&A, 506, 1351-1365), elle a démontré la présence de cellules convectives à la surface de Bételgeuse. Par ailleurs, ces astronomes ont déterminé la présence, dans l'infrarouge, de structures convectives de petite et moyenne échelle (5-15 mas, soit 5-25% du rayon stellaire) et d'une grande cellule convective d'environ 30 mas (60% du rayon stellaire, voir la figure ci-dessous). Ils ont également trouvé que les molécules d'H2O sont les principaux absorbeurs dans cette région du spectre et qu'elles contribuent aux petites structures convectives et au rayon apparent de Bételgeuse.

Carte d’intensité dans l’optique (environ 700 nm, bande moléculaire de TiO)
issue d’une simulation hydrodynamique de Bételgeuse.

Le point clé de cette recherche est la synergie entre la théorie et les observations : d'une part, elle comporte des simulations hydrodynamiques très réalistes et d'autre part il existe un grand nombre d'excellentes observations spectroscopiques, photométriques, interférométriques, et d'imageries.

Les supergéantes rouges apportent une contribution importante à l'enrichissement chimique de notre Galaxie parce qu'elles perdent d'énormes quantités de leur masse grâce à un processus inconnu. La convection vigoureuse qui les caractérise pourrait être à la base du mécanisme de la perte de masse et seules les simulations hydrodynamiques peuvent aider les astronomes à résoudre cette énigme.

Note:

(1) L'interférométrie est une technique qui combine la lumière de plusieurs télescopes, débouchant sur une vision aussi nette que celle d'un télescope géant d'un diamètre égal à la plus grande distance entre les télescopes utilisés. Si un objet est observé en plusieurs fois avec différentes configurations de télescopes, il est possible de reconstruire son image.

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yaaa

Moi j'en revient toujours pas...un rayon de 5UA O.O
voit le monstre!

VI
Victor

D'après ce que j'ai compris de l'histoire de notre propre étoile 4 UA c'est la taille qu'aura notre soleil en fin de vie lorsqu'il n'aura plus assez d'hydrogène

BA
basstemperature

Boah une crotte de nez, comparé a VV cephei ou pire encore a VY Canis Majoris ...

Enfin façon de parler, mais bon sur wiki (attention pas plus de valeur scientifique qu'un malheureux 4-5 jeté dans un article) beltegeuse fait moins de 3 Ua de diamètre : 2.93 Ua ... soit environ 440 millions de km de rayon (pas diam hein)

Mais bon vu la meilleure précision des données je penche pour wiki sur ce coup ...

VV cephei fait 8.84 Ua de diamètre soit 1 milliards 320 millions de km de rayon

VY Canis Majoris : estimé de 8.37 a 9.77 Ua ! soit en 1 milliard 250 millions de km et 1 milliard 460 millions de km :

c'est un diamètre qui dépasse donc l'orbite de saturne ...

Ceci bon, y aurait des contestations sur cette dernière, mais assez timide pour l'instant ...

Disons que beltegeuse n'impressione plus depuis longtemps, tout simplement parce qu'elle reste dans l'ancien cadre des grands maximums de masse solaire qu'on estimais théoriquement avant (beltegeuse fait 15 Masse solaire environ) qui a l'époque estimait entre 25 et 40 masse solaire, le maximum possible pour une étoile en masse ...

Puis ben sont arrivé les générations d'étoiles pétants tout les records : dont d'ailleurs on ne peu plus se tromper, car leur masse n'est pas estimé sur la luminosité comme cela se faisait avant : mais sur la caractéristique orbitale avec sa soeur étoile double cephei B (bien moins grande, mais restant une géante bleue énorme) qui lui fait dire au moins dans les 100 masses solaires !

Ceci dit en 2004 un astronome californien aurait affirmé avoir observé une étoile de 150 masse solaire : LBV 1806-20 dans le sagittaire entre 30 et 50 000 années lumière ... Ceci dit : j'y crois pas trop, car bon ... normalement la métallicité classique des étoiles des générations actuelles de l'univers ne le permet pas : elle devrait expulser la matière théoriquement ...

Car les noyaux de métaux sous forme de ions (tout est ionisé en gros dans une étoile, puisque dès 20 000°c tout atome en gros se fait dépouiller de ses électrons entièrement ou quasi entièrement selon les types : donc mis a par en surface ou ils peuvent etre sous forme d'atomes normaux vers les 1500° pour les étoiles les plus froides en surface (soit naines rouges a la limite de l'étoile, ou sois hyper géante très refroidie par la forte dilatation de leur surface qui fait une très forte déperdition thermique, surtout qu'elle ont surement beaucoup de gaz autour d'elles : donc va un vide spatial bien complet quoi : un échange thermique concéquent a lieu) une étoile est faite de "ions" et noyaux brut on va dire ... Pas vraiment "d'atomes" par la définition électriquement neutre par équilibre noyau/électrons

Les ions de métaux se fait très fortement entrainer vers l'extérieur par la pression de radiation : on sait qu'a partir d'une certaine masse, ce flux constant des ions métaux poussés par cette pression met en total déséquilibre l'étoile qui doit se disloquer donc et cette limite était a la base normalement de 40 masses solaires environ, puis bon depuis une trentaine d'années avec les découvertes des monstres avec les nouvelles générations de téléscopes depuis les années 80 blindés de détecteurs : entre 80 et 120 masses solaires : mais plutot dans les 100 environs pour rester raisonable ... Surtout depuis que l'électronique permet de bien observer les orbites des systèmes doubles/triples ou le jeu de gravité entre les étoiles doubles permet bien mieux d'estimer les masses, que ne le fait la luminosité : de toute façon, de nos jours, la luminosité sur les étoiles ne veut plus rien dire :

par exemple beltegeuse justement, on sait qu'elle est enrobée d'un nuage de poussière qui dessine une bulle d'a peu près la moitié de la taille total du système solaire de diamètre : qui absorbe pas mal de rayons forcément : donc qui lui fait dire forcément des conneries ... a ce niveau (le nuage est en réalité estimé a 5x la distance neptune soleil en diamètre, donc je pense en gros ça fait la moitié du volume du système solaire jusqu'au nuage de oort ? enfin pi etre pas ... pas envie de me prendre la tete avec ça, donc c'est de la louche bien grasse j'avoue) Toujours est il que si les super géantes et les hyper géantes ont cette possibilité d'etre nymbée d'un tel nuage : ben tenter d'estimer une masse par la luminosité est absurde donc. Ce qui voudrait dire, que les mesures d'orbites sont bien plus fiables pour estimer la masse

Ceci dit, les premières étoiles de l'univers, sont estimées avoir eu des limites d'environ 200 masses solaires : y avait pas de ions métalliques pour poser de problèmes d'équilibre statique a l'étoile a cette époque : et au fur et a mesure, que ses étoiles ont pété en hypernova (quasiment toutes) : elles ont enrichi inexorablement l'univers en métaux : empechant donc inexorablement a nouveau leur possibilité d'existence !

BA
basstemperature

Victor
D'après ce que j'ai compris de l'histoire de notre propre étoile 4 UA c'est la taille qu'aura notre soleil en fin de vie lorsqu'il n'aura plus assez d'hydrogène

Non, il s'arretera environ a l'orbite de mars : soit 1.5 Ua environ et non 4 : il enfle oui mais, bon, faut bien se mettre en tête, que le soleil est une étoile très naine comparé a ses monstres la ...

Et bon si au pire il atteint presque 2 Ua ça sera vraiment l'absolu de chez l'absolu quoi, mais bon, la plupart des estimations, pense que le soleil, ne devrait même pas avaler mars, mais arrêter son expansion dans la zone quoi ...

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Troll

Michel
Les supergéantes rouges apportent une contribution importante à l'enrichissement chimique de notre Galaxie parce qu'elles perdent d'énormes quantités de leur masse grâce à un processus inconnu. La convection vigoureuse qui les caractérise pourrait être à la base du mécanisme de la perte de masse et seules les simulations hydrodynamiques peuvent aider les astronomes à résoudre cette énigme.

Voilà, j'ai un peu du mal avec cette partie : Quand je brule une buche de bois, sa masse diminue au fur et à mesure de sa combustion. Pourquoi il est dit "qu'elles perdent d'énormes quantités de leur masse grâce à un processus inconnu" ? ?

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franckpiton

Si tu fais le total des cendres, des gaz et particules expulsés, tu à le poids de la buche.

AD
adagio

basstemperature
Non, il s'arretera environ a l'orbite de mars : soit 1.5 Ua environ et non 4 : il enfle oui mais, bon, faut bien se mettre en tête, que le soleil est une étoile très naine comparé a ses monstres la ...


Et bon si au pire il atteint presque 2 Ua ça sera vraiment l'absolu de chez l'absolu quoi, mais bon, la plupart des estimations, pense que le soleil, ne devrait même pas avaler mars, mais arrêter son expansion dans la zone quoi ...

Bizare en tête j'ai le chiffre d'un peu plus de 1 UA, et ils ne savent pas si la terre sera prise dedans, du fait que la terre sera a cette epoque plus eloigné du soleil, du a sa perte importante de masse par vent solaire.

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Troll

franckpiton
Si tu fais le total des cendres, des gaz et particules expulsés, tu à le poids de la buche.

Oui, dans le principe "rien ne se perd, tout se transforme", j'ai saisi le "truc".

En fait, ma question était sur le "processus inconnu" mais je viens de relire la news.....j'avais zapper cette partie :

Michel
Pour les supergéantes rouges, plusieurs mystères ne sont toujours pas résolus :


  • le mécanisme de perte de masse, qui déverse d'énormes quantités de gaz dans les environs circumstellaires, n'est pas explicable;
  • leur composition chimique est largement méconnu en raison des difficultés dans l'analyse des spectres et à cause des vigoureux mouvements convectifs.

ça répond à mon interrogation !!

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cisou9

:_salut:
Moi aussi j'ai aussi pour le Soleil une UA soit 150 millions de Km .

PY
Pyjam

Pour ceux qui ne l'ont jamais vue, comparaison des tailles des étoiles :


ou