
Alors que l'on ne donne pas cher de la peau du robot en matière de personnage de science-fiction, un homme de science bien inspiré redonne une chance à ces créatures articulées. En 1938, lassé de voir tant d'histoires de piètre niveau montrant des robots envahisseurs et agressifs, le biologiste d'origine russe
Isaac (ISAAC est un algorithme capable de générer des nombres pseudo-aléatoires, tombé dans le domaine public en 1996. Son auteur, Bob Jenkins, l'a conçu de manière à ce qu'il soit assez sûr pour être utilisé en cryptographie. Cet algorithme produit 256...) Asimov développe une série de nouvelles et romans qu'il organise autour de trois lois immuables de la robotique. Ces lois sous-jacentes à leur création sont censées empêcher les androïdes de nuire aux humains.
1 - Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, en demeurant passif, laisser cet être humain exposé au danger.
2 - Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en
contradiction (Une contradiction existe lorsque deux affirmations, idées, ou actions s'excluent mutuellement.) avec la 1ère loi.
3 - Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'est pas en contradiction avec la 1ère ou la 2ème loi.
Asimov pose ainsi un postulat majeur: les robots seront toujours nos serviteurs et assistants, pour la simple et bonne raison que nous en aurons décidé ainsi. En exploitant les innombrables ressorts dramatiques qui en découlent, il écrit une impressionnante série qui représente l'âge d'or du mythe. Elles paraissent sous forme de nouvelles tout au long des années 40, avant d'être publiées en librairie en 1950. Avec le recul, elles pourraient sembler assises sur des fondements utopiques et par trop d'optimismes. Ainsi, dans la nouvelle "Robbie", Asimov décrit une scène censée se passer en 1996. Nous y voyons un robot auquel on a programmé un instinct maternel exacerbé réaliser l'impossible: alors qu'un énorme tracteur fou menace d'écraser une fillette égarée dans une usine, ce bon vieux Robbie s'élance malgré lui et sauve la pauvre Gloria à la demi-seconde près !
Ne prenons pas à la légère les visions d'Asimov. C'est la lecture de telles oeuvres qui a poussé à la création des toutes premières entreprises de robotiques. En 1956, Joseph Engelberg croise George Devol lors d'un cocktail consacré aux écrits d'Asimov et de fil en aiguille, ils en viennent à créer la première manufacture de robots, Unimation.
Dans ses écrits, Asimov a posé une hypothèse riche en potentiels: il serait donc possible pour l'Homme de créer une entité qui afficherait des qualités morales supérieures à celles dont fait preuve son créateur. Ses principes induisent un comportement idéalisé, qui inclut le fait de défendre un autrui avant même de songer à sa propre entité.