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Posté par Publication le 16/11/2009 à 23:08
Découverte du VIH

Histoire

En 1981, le CDC (Center for Disease Control) annonce dans plusieurs grandes villes américaines une recrudescence de cas de pneumonies à Pneumocystis Carinii et d'une forme de cancer appelé "sarcome de Kaposi", maladies qui ont comme particularité d'être présentes chez des individus avec un système immunitaire très déprimé. Ce nouveau syndrome d'immunodépression et en particulier la réduction du taux de lymphocytes T CD4+ dans le sang est majoritairement retrouvé chez des patients homosexuels, ce qui a valu à la maladie le nom provisoire de gay syndrome. Cependant, dans les mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) qui suivent d'autres types de population sont touchées telles que les toxicomanes, des Haïtiens ou encore des hémophiles transfusés laissant penser que la nature de l'agent infectieux responsable est un virus. A partir de 1982, des cas similaires apparaissent en France et Willy Rozenbaum, médecin français travaillant alors à l'hôpital Bichat, se lance dans l'identification de ce virus à l'Institut Pasteur avec l'aide de l'équipe d'oncologie virale dont font partie Jean-Claude Chermann, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier.


L'équipe à l'origine de la découverte du VIH: les prix Nobel de médecine 2008
Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier (à gauche), Willy Rozenbaum et Jean-Claude Chermann (à droite).
Illustrations: Prolineserver/Licence Creative Commons (F. Barré-Sinoussi et L. Montaignier)
Extrait interview Yagg (W. Rosenbaum) - Extrait interview Public Sénat (J-C. Chermann)

En janvier 1983, Willy Rozenbaum leur envoie la première biopsie d'un ganglion d'un patient au stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) lymphadénopathie (maladie opportuniste caractérisant le stade pré-SIDA), juste avant la forte déplétion (Le terme déplétion peut faire référence à :) de ses lymphocytes T CD4+ par le virus. D'après les maigres données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) disponibles sur le SIDA, ces structures ganglionnaires ont en effet tendance à gonfler dans les premiers stades du développement de la maladie. L'équipe de l'Institut Pasteur mis donc les cellules de ce patient en culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :) et détecta quelques semaines plus tard une activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) transcriptase inverse qui est typique d'un rétrovirus tel que le VIH, qui possède l'enzyme responsable de cette activité. Cette activité fut immédiatement suivi par un phénomène de mort des cellules.

Luc Montagnier et ses collaborateurs avaient observé pour la première fois l'effet cytopathogène du VIH. Peu de temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent pour l'observateur...) après, ce rétrovirus allait même être directement visualisé sous un microscope électronique par l'équipe. Cependant, il fallait encore caractériser ce virus suspecté d'être à l'origine du nouveau syndrome d'immunodéficience humaine mis en évidence quelques mois auparavant. Pour cela, l'équipe française envoya une souche du virus à l'équipe américaine dirigée par le professeur Robert Gallo au National Cancer Institute qui avait découvert et décrit en 1980 le seul rétrovirus humain déjà connu, le HTLV-1 (Human T-cell Leukemia Virus type 1).


Le chercheur américain Robert Gallo - Illustration: Túrelio/Licence Creative Commons

Malgré ce que pense Robert Gallo, les chercheurs français sont persuadés qu'il s'agit ici d'un nouveau type de virus différent du HTLV-1. Ils publient leur découverte en mai 1983 dans la revue Science et ils appellent ce rétrovirus "Lymphadénopathie Associated Virus" (LAV) car il restait à démontrer le lien de causalité entre celui-ci et le SIDA. L'équipe de Robert Gallo publie dans Science en mai 1984, soit un an après l'équipe de Luc Montagnier, les résultats de l'isolement d'un virus qu'elle considère comme responsable du Sida et le nomme HTLV-3. Aussi en août 2004, l'équipe de Jay A. Levy à San Francisco fait la même chose et trouve plusieurs rétrovirus qu'elle nomme ARV (AIDS-Related Virus). Fin 1983, la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) autour de ce nouveau virus identifié s'intensifie pour démontrer le lien de causalité avec le SIDA mais également dans le but de développer des tests de diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση, gnósi, „la connaissance“,...) sérologiques qui seront mis au point (Graphie) chez les patients infectés et commercialisés à partir de 1985. Enfin l'équipe de l'Institut Pasteur renforce l'hypothèse que le VIH est responsable du SIDA en démontrant une corrélation entre la présence d'anticorps chez les malades et celle du virus. En 1985, l'équipe d'oncologie virale isole un second virus, le LAV-2, chez un patient originaire d'Afrique de l'Ouest et une autre équipe de l'Institut Pasteur réalise la séquence du LAV. C'est cette même année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) qu'a été confirmée l'identité commune entre les trois virus LAV, HTLV-3 et ARV. Mais c'est seulement en 1986 que ce rétrovirus est officiellement renommé en Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH-1 et VIH-2).

Controverse sur la parenté de la découverte

La polémique sur le virus à l'origine du SIDA est apparue un an après la publication de la découverte du VIH par l'équipe de l'Institut Pasteur, lorsque Robert Gallo est annoncé par les autorités américaines comme celui qui a découvert le VIH. Selon lui, le virus identifié en France ne serait pas nouveau mais ne serait qu'un virus proche de celui qu'il a découvert en 1980 et qu'il a baptisé HTLV-1. C'est pour cela qu'il donne le nom de HTLV-3 à ce qu'il pense être l'agent infectieux responsable du SIDA. Il profite de ce coup médiatique pour annoncer la mise sur le marché d'un test de dépistage. A ce sujet, l'Institut Pasteur porte plainte car l'équipe française pense que le test américain a été mis au point grâce à la souche qu'elle avait envoyé à Robert Gallo quelque temps auparavant. Un accord est signé entre la France et les Etats-Unis qui officialise la paternité de la découverte du VIH à parts égales entre les deux pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision...) qui se partagent donc les "royalties" suite à la vente des tests de dépistage. Cependant, dès 1991, Robert Gallo finit par reconnaitre que la souche virale qu'il a utilisé pour la mise en place de ses tests de dépistage a de fortes chances d'avoir été mélangée avec celle envoyée par l'Institut Pasteur et en 1994, le gouvernement américain reconnait que Robert Gallo est coupable de fraude scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes...) et attribue la paternité de la découverte du VIH à l'équipe française. Cette polémique est définitivement close après la remise du prix Nobel de médecine en 2008 à Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi pour leur découverte du VIH.
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