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Posté par Publication le 16/11/2009 à 23:08
Les traitements
Les traitements antirétroviraux sur le marché ont nettement prolongé la vie et fait chuter la mortalité des malades en retardant l'évolution de la maladie vers le stade SIDA. Ils permettent également de diminuer l'infection à VIH si ceux-ci sont administrés précocement lors de la contamination.

La transriptase inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément...), la protéase et l'intégrase sont les trois enzymes du VIH, principales cibles des traitements antirétroviraux car celles-ci sont spécifiques aux rétrovirus. Les antirétroviraux peuvent donc être classés en 4 groupes en fonction de leur mode d'action. On retrouve les inhibiteurs de la transcriptase inverse (ex: AZT) qui empêchent la duplication du virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous la...), les inhibiteurs de protéase qui empêchent le virus d'infecter de nouvelles cellules, les inhibiteurs de l'intégrase (ex: Raltégravir) qui empêche l'intégration du génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de certains...) du virus dans la cellule infectée pour la production de nouveaux VIH, et enfin les inhibiteurs de fusion (En physique et en métallurgie, la fusion est le passage d'un corps de l'état solide vers l'état liquide. Pour un corps pur, c’est-à-dire pour une substance constituée de molécules toutes identiques, la fusion...) (ex: Maraviroc) empêchant l'entrée du virus dans la cellule cible. Ces traitements sont en général combinés chez les patients dans le but d'optimiser la lutte contre le virus ainsi que de minimiser les risques de résistances qui peuvent apparaitre. Sans traitements, le passage au stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) SIDA se fait en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous identiques sans changer la...) au bout de 9 ans d'infection alors que l'espérance de vie (L'espérance de vie est une donnée statistique. Elle est censée permettre de connaître la durée de vie moyenne qu'on peut espérer atteindre à un moment donné. Cette statistique...) d'un individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) séropositif traité est en moyenne de 32 ans.

La variabilité du VIH et l'établissement de réservoirs viraux dans un organisme infecté sont les principales barrières à l'éradication totale du virus par les traitements actuels. En effet, la multiplication (La multiplication est l'une des quatre opérations de l'arithmétique élémentaire avec l'addition, la soustraction et la division .) des types de virus diminue l'efficacité des traitements qui ne sont plus capables de tous les éliminer.

De plus, les traitements sont capables d'abaisser la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de...) de virus dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté...) jusqu'à un niveau indétectable par les techniques classiques (moins de 50 copies du virus par millilitre de sang). Cependant le VIH ne disparait pas totalement mais est capable de persister de manière latente dans les lymphocytes T CD4+ infectés sans pour autant se multiplier. Ces cellules sont des réservoirs viraux capables de produire du VIH une fois activées par l'arrêt des traitements en particulier et induisent alors une reprise de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) chez les patients.

Le cas du premier patient "guéri" du VIH

L'hématologiste allemand Gero Huetter annonce fin 2008 qu'il a réussi à guérir un patient de 42 ans infecté par le VIH, et souffrant de leucémie (La leucémie (du grec leukos, blanc, et haima, sang), ou leucose, est un cancer des cellules de la moelle osseuse (les cellules de la moelle produisent les cellules sanguines, d'où le terme parfois...), grâce à une transplantation de moelle osseuse (La moelle osseuse est tissu situé au centre des os. Il y en a deux formes: la moelle jaune (tissu adipeux) qui prend le nom de moelle grise en vieillissant et la moelle rouge qui est responsable de l'hématopoïèse: cette...). Ce résultat est décrit et commenté dans un article scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) publié dans la revue New England Journal of Medicine en février 2009 et a fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale....) d'un article sur techno-science.net (lien).

Le VIH infecte majoritairement les lymphocytes T CD4+ activés de notre système immunitaire, qu'il détruit une fois qu'il les a envahi. Pour qu'il puisse se multiplier et infecter d'autres cellules, le virus pénètre dans ses cellules cibles à l'aide de deux molécules présentes à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière...) des lymphocytes T CD4+: le CD4 ainsi qu'un co-récepteur qui est le CCR5 principalement. Or, des travaux ont prouvé que les cellules qui ne possèdent pas CCR5 ou qui ont cette protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des liaisons peptidiques. En...) mutée sont résistantes au VIH car elles empêchent son entrée dans cette cellule et donc l'infection. Dans le but de traiter sa leucémie, les médecins Berlinois ont administré à ce patient une transplantation de moelle osseuse qui est le principal organe (Un organe est un ensemble de tissus concourant à la réalisation d'une fonction physiologique. Certains organes assurent simultanément plusieurs...) producteur de globules blancs dont les lymphocytes T CD4+ font partie. Etant donné qu'elle produit les cellules cibles du VIH, les médecins ont greffé la moelle osseuse d'un individu qui possède des lymphocytes T CD4+ avec CCR5 muté. Cette mutation rendant CCR5 non fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui...) est présente chez environ 1% de la population qui est donc naturellement protégée contre l'infection à VIH.


Processus d'attachement du VIH précédant l'infection des lymphocytes T CD4+
1 - Fixation de la gp120 au récepteur CD4
2 - Fixation d'une boucle de la gp120 au co-récepteur CCR5 et fixation de la gp41 sur la membrane cellulaire
3 - Pénétration du VIH dans la cellule
Illustration: National Institute of Allergy and Infectious Diseases

A la suite de cette transplantation, le patient est en rémission pour sa leucémie et a également vu son nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de lymphocytes T CD4+ remonter, signe physiologique indiquant que ceux-ci ne sont plus détruits par le virus. Depuis la greffe, le VIH est indétectable dans son organisme malgré qu'il ne soit plus sous traitement antirétroviral. Bien entendu cette stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :) thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) ne peut pas être envisagée pour tous les patients infectés par le VIH et la transplantation de moelle osseuse qui tue environ un tiers des patients est tellement dangereuse qu'elle ne peut être éthiquement justifiée que dans les situations désespérées telles que les phases terminales des leucémies. La greffe de moelle osseuse ne peut donc en aucun cas constituer une voie de traitements dans un futur proche.
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