Généralités
De manière générale, on note:
- seul l'indicateur de vitesse semble avoir été perturbé
- il n'y a pas eu une multitude d'alarmes dans le cockpit, seulement l'alerte de décrochage
- les autres indicateurs (altitude, cap,
horizon (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en physique,...) artificiel) ont fonctionné normalement
- les turbulences sont violentes et obligent les pilotes à se concentrer dessus pour éviter que l'
avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur (dans le cas d'un engin sans moteur, on parlera...) ne parte en roulis, il s'agit certainement d'un élément très perturbateur pour la prise de décision
Phases de vol
Les derniers instants du vol de l'
Airbus (Airbus est le principal constructeur aéronautique européen. La société est l'entière propriété d'EADS. Elle conçoit, développe, construit, vend et assure le support technique après-vente des avions du même nom.) peuvent être séparés en trois parties:
- une
phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) où l'avion prend de l'
altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau de base.)
- une phase de transition
- la phase de chute
Illustration: Techno-science.net
Sur la première phase, il semble que l'avion
traverse (Une traverse est un élément fondamental de la voie ferrée. C'est une pièce posée en travers de la voie, sous les rails, pour en maintenir l'écartement et l'inclinaison, et...) une zone météo dégradée avec des turbulences prononcées et une perte de l'indicateur de
vitesse (La vitesse est une grandeur physique qui permet d'évaluer l'évolution d'une quantité en fonction du temps.). Cependant, les pilotes amènent l'avion à monter très fortement à un niveau de vol non prévu au début et au détriment de la vitesse. Une question qui se pose est pourquoi prennent-ils une telle décision ?
- atteindre une altitude où ils supposent que la météo est plus calme
- suivi trop zélé d'une procédure de perte de l'indicateur de vitesse
- suivi trop zélé d'une procédure de décrochage (bien que l'alerte soit peut être déclenchée par un vent vertical)
Ensuite vient un retour des paramètres de vitesses qui indiquent clairement que l'avion vole lentement à une altitude plus élevée. Une alarme de décrochage retentit, les pilotes poussent les
moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique ou travail.[réf. nécessaire]) et cabrent à nouveau l'avion:
- les pilotes accordent-ils une importance aux mesures de vitesse ?
- se contentent-ils d'appliquer une procédure de la
compagnie aérienne (Une compagnie aérienne est une entreprise de transport aérien : passagers ou fret.) prévue pour les débuts de décrochage ?
En dernière phase, où l'avion amorce une chute "à plat" qui devient vertigineuse:
- l'entrée progressive dans cette chute fait qu'elle n'est pas ressentie par les pilotes
- les indicateurs de vitesse se coupent à nouveau
- l'alarme de décrochage se coupe
- les turbulences persistent
Il est délicat de savoir si les pilotes avaient alors confiance en leur
altimètre (Un altimètre est un appareil permettant de mesurer l'altitude.), des paroles prononcées à un moment laissent suggérer que non. Par contre, l'un d'eux entreprend une manœuvre de sortie de décrochage mais qui a comme effet paradoxal d'entrainer une remise en
route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.) de l'alarme de décrochage:
- cet épisode a-t-il donné l'impression que l'altimètre était faux ?
- a t-il donné l'impression que la procédure du constructeur était finalement moins bonne que celle de la compagnie ?
Dans tous les cas, les pilotes semblent décider de reprendre leur action à cabrer, mais la note ne permet pas de dire à quel
point (Graphie) et pour quelle raison. Les occupants du
cockpit (L'habitacle (mais aussi cabine de pilotage, poste de pilotage, cellule ou encore cockpit) d'un avion désigne l'espace réservé au pilote, son copilote et au mécanicien. Il contient toutes les commandes et les instruments nécessaires au pilotage...) ont certainement eu des échanges qui ne font pas partie de la note du BEA.
Sortir d'un décrochage
Pour finir, faisons un point sur les procédures de sortie de décrochage. Les constructeurs aériens préconisent de tout faire pour que l'incidence de l'air redevienne normale. Cela implique de pousser le manche ou le
mini (MINI est une marque automobile de BMW Group. L'ancien modèle Mini était construit par MG Rover.) manche afin de faire baisser le nez de l'avion. Afin de faciliter la manœuvre, les compagnies conseillent même de réduire la poussée. En amorçant une telle descente, l'écoulement de l'air sur les ailes redevient normal et l'avion finit par reprendre la vitesse nécessaire. Ensuite, le pilote peut reprendre l'altitude choisie.
Les compagnies ont souvent tendance à s'intéresser au début du décrochage. C'est une phase où l'écoulement d'air se fait plus difficilement sur les ailes mais sans être en décrochage complet. L'alarme de décrochage commence à sonner des cette phase. Dans ce cas, certaines procédures de compagnies aériennes prévoient au contraire une mise en poussée maximale de l'avion et de maintenir coute que coute l'altitude. Cette technique permet une sortie rapide du décrochage et surtout ne modifie pas la trajectoire de l'avion. Mais ce n'est pas efficace lorsque le décrochage devient complet.