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Posté par jyb le 31/07/2011 à 18:37
Les points clés de l'enquête

Manque d'organisation, répartition des rôles

Une première question se pose quant à la définition des rôles et l'organisation de l'équipe lorsqu'elle est constituée de deux copilotes lors du vol de croisière. Cette phase de vol est nettement moins risquée que les autres et les accidents y sont rares. De ce fait, la réglementation et les normes concernant cette phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) précise semblent plus légères.

Lors du vol AF 447, des deux copilotes, il n'est pas clairement établi qui reprend vraiment le rôle de commandant de bord ni même si l'un des deux tient ce rôle. Cela a une certaine importance puisque le commandant de bord annonce certaines procédures et détient à sa charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être transporté.) des actions spécifiques.

Difficultés à suivre une procédure

Les tests en simulateurs ont permis d'observer qu'il était particulièrement délicat de suivre des fiches de check-list lorsque l'avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur (dans le cas d'un engin sans moteur, on...) subit des turbulences. La liste des points à vérifier est délicate à maintenir et les pilotes perdent alors de précieuses secondes à tenter de la suivre de manière rigoureuse.

L'action à cabrer de 15°

Les simulations permettent de déterminer que l'action à cabrer de 15° qu'effectue le pilote aux commandes lors du début des incidents est effectivement une erreur de pilotage (Une erreur de pilotage désigne, lors d'une catastrophe aérienne, le fait que le pilote est considéré comme essentiellement ou partiellement responsable de celle-ci.) ayant au moins en partie contribué à la perte de l'avion.

La procédure en vigueur chez Air France (Air France (officiellement Société Air France) (IATA : AF • OACI : AFR • indicatif radio : AIRFRANS) est la principale compagnie aérienne française.) indique une assiette de 5° en cas de perte d'indication (Une indication (du latin indicare : indiquer) est un conseil ou une recommandation, écrit ou oral.) de vitesse (On distingue :) (IAS douteuse) en vol de croisière. Cependant, les pilotes ne sont effectivement entrainés que dans le cadre d'une perte d'information de vitesse lors de vols en basse altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau de base. C'est une des composantes géographique et biogéographique qui explique la répartition...) où la procédure est de prendre une assiette comprise entre 10 et 15°.

A cela s'ajoute le fait que personne ne déclare l'enclenchement de la procédure. Cette dernière indique que le commandant de bord doit l'annoncer, mais à ce moment, aucun des deux copilotes ne semble assumer entièrement le rôle de commandant de bord.


Illustration: Techno-science.net


Voici, extrait du rapport du BEA, la procédure dont dispose les pilotes d'Air France en cas d'IAS douteuse

Suivi des ordres entre copilotes

A plusieurs reprises, le PNF (le copilote qui n'a pas les commandes) a demandé au PF (copilote qui a les commandes) de descendre après avoir vu qu'il faisait monter l'avion trop haut. Le PF n'a que brièvement ralenti la montée en réduisant l'assiette. Bien que le PF n'a pas fait descendre l'avion à son niveau de vol normal, le PNF semble ne plus s'être occupé de l'assiette de l'avion.

Communication entre les copilotes et le commandant de bord

Lorsque le commandant de bord est de retour dans la cabine (Sur un bateau, une cabine désigne une pièce d'habitation pour une ou plusieurs personnes. Une cabine peut prendre plusieurs aspects : sur un grand...), aucun des deux copilotes ne lui communique l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble),...) des évènements qui se sont déroulés. Il a juste droit à la phrase "Je ne sais pas" en réponse à sa question. Il ne sait donc rien de la perte de l'information de vitesse et des actions faites par ses copilotes, ni de la durée totale de l'alarme de décrochement.

Manque de compréhension du fonctionnement de certains instruments

Sur un certain nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de points, les pilotes semblent ne pas connaitre le fonctionnement de leur avion. Il s'agit de systèmes informatiques mais dont les règles de fonctionnement sont volontairement simples. Pourtant, nombre de pilotes de ligne ne semblent pas connaitre ces règles et semblent penser qu'elles sont complexes à appréhender.

Il faut ajouter que certains systèmes manquent de transparence (Un matériau ou un objet est qualifié de transparent lorsqu'il se laisse traverser par la lumière. Cette notion dépend de la longueur d'onde de la lumière : ainsi, le...). Les systèmes se désengagent suite à une incohérence de vitesse mais n'indiquent pas quelles mesures ont entrainé ce changement. Une telle information aurait sans doute permis aux pilotes de se focaliser sur les instruments encore en fonctionnement.

L'alarme de décrochage est certainement l'exemple type. Suite à des accidents sur des avions de la génération précédente, les constructeurs font en sorte que les alarmes ne s'allument pas de manière intempestive. De ce fait, elle s'éteint lorsque la vitesse de l'avion est trop faible. Il semble que personne dans le cockpit (L'habitacle (mais aussi cabine de pilotage, poste de pilotage, cellule ou encore cockpit) d'un avion désigne l'espace réservé au pilote, son copilote et au mécanicien. Il contient toutes les commandes et les instruments nécessaires au...) n'était au courant de cette règle de fonctionnement.

L'absence d'indication d'incidence est un autre élément qui aurait permis aux pilotes de savoir ce qu'il se passait. Cette indication aurait bien été utile pour connaître la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans...) de l'avion et de voir que malgré l'arrêt de l'alarme de décrochage, l'avion était bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour exprimer la puissance du...) et bien dans une telle situation.


Quel était le degré de connaissance des pilotes sur l'instrumentation (Le mot instrumentation est employé dans plusieurs domaines :) ?
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