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Sables bitumineux de l'Athabasca
 Canada: Les Sables bitumineux de l'Athabasca, Alberta, Canada
(petit drapeau) Canada: Les Sables bitumineux de l'Athabasca, Alberta, Canada

Les sables bitumineux de l'Athabasca sont le plus important des trois dépôts de bitume (Le bitume est une substance composée d'un mélange d'hydrocarbures, très visqueuse (voire solide) à la température ambiante et de couleur noire. Connu depuis la plus...) de l'Alberta, Canada (les deux autres se trouvent dans les régions de la rivière de la Paix, à l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant...), et du lac (En limnologie, un lac est une grande étendue d'eau située dans un continent où il suffit que la profondeur, la superficie, ou le volume soit suffisant pour provoquer une stratification, une zonation, ou une...) Cold, au sud-est). Ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...), ces trois gisements de sable (Le sable, ou arène, est une roche sédimentaire meuble, constituée de petites particules provenant de la désagrégation d'autres roches dont la dimension est comprise entre 0,063 et 2 mm.) bitumineux couvrent environ 141 000 km² de forêt boréale, de tourbières et de zones humides peu peuplés, soit environ 21% du territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le dictionnaire de géographie de...) de l'Alberta. Les sables bitumineux de l'Athabasca tiennent leur nom de la rivière Athabasca qui passe au cœur de la région, et on observe aisément des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la...) de pétrole lourd sur ses berges. Par le passé, le bitume était utilisé par les Cris et les Dene de la région pour imperméabiliser leurs canoës. Les dépôts de bitume se trouvent dans les limites du Traité no 8 et plusieurs communautés autochtones s'y trouvent.

À cause de son épaisseur, le dépôt de l'Athabasca est le seul des trois gisements en Alberta qui peut être exploité à ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.) ouvert de façon économique. Environ 10% des sables bitumeux d'Athabasca sont recouverts de moins de 75 mètres de dépôts meubles. La zone exploitable définie comme telle par le gouvernement d'Alberta couvre 37 zones contiguës (environ 3400 kilomètres carrés ou 1300 miles carrés) au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être...) de Fort McMurray. Une mince couche de toubières et de zones humides, d'une épaisseur d'un à trois mètres, repose sur une couche d'argile (L'argile (nom féminin) est une roche sédimentaire, composée pour une large part de minéraux spécifiques, silicates en général d'aluminium plus ou moins hydratés, qui présentent une structure...) et de sable stérile dont l'épaisseur peut atteindre 75 mètres. Les sables bitumineux, qui forment une couche inférieure d'une épaisseur de 40 à 60 mètres, reposent sur un fond calcaire plat. La première mine de sables bitumineux au monde (Le mot monde peut désigner :) a été créée par la Great Canadian Oil Sands (aujourd'hui Suncor) dès 1967 dans une zone où les sables bitumineux étaient très près de la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet...). La mine de Syncrude, la plus grande du monde, a suivi en 1978 et la mine des Sables Albiens (mise en fonctionnement par Shell Canada) en 2003. Ces trois mines sont associées à des raffineries de bitume qui convertissent le bitume inutilisable en pétrole brut de synthèse qui est ensuite envoyé aux raffineries du Canada et des États-Unis.

Les sables d'Athabasca sont principalement situés à l'intérieur et autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) de la ville de Fort McMurray qui était, jusqu'à la fin des années 50, une petite communauté de quelques centaines d'habitants dont la richesse se reposaient sur la traite de fourrures et l'extraction de sel. Après le choc (Dès que deux entitées interagissent de manière violente, on dit qu'il y a choc, que ce soit de civilisation ou de particules de hautes...) pétrolier des années 70, Fort McMurray connut une rapide et importante croissance démograhique. Depuis 2000, les quelque 80000 habitants, dont bon nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) viennent de l'est du Canada, ont de la difficulté à répondre à la demande pour de nouveaux logements pour les travailleurs migrants.

Estimation des réserves de pétrole

Le gouvernement de l'Alberta a calculé qu'environ 28 milliards de mètres cube (En géométrie euclidienne, un cube est un prisme dont toutes les faces sont carrées. Les cubes figurent parmi les solides les plus remarquables de l'espace. C'est un des cinq solides de Platon, le seul ayant exactement 6...) (178 milliards de barils) de bitume brut sont économiquement extractibles des trois champs de sables bitumineux de l'Alberta et ce en utilisant les techniques actuellement disponibles au prix actuel du baril de brut. Ce qui correspond à environ 10% des 1700 et 2500 milliards de barils de bitume enfouis.[1] L'Alberta estime que les dépôts d'Athabasca contiennent à eux seuls 5,6 milliards de mètres cube (35 milliards de baril) de minerai bitumeux en surface et 15,6 milliards de mètres cube (98 milliards de barils) de bitume extractibles par méthodes in-situ. Ces estimations des réserves pétrolières du Canada ont amené quelques étonnements lors de leur première parution mais sont maintenant largement acceptées par la communauté internationale. De tels volumes amènent le Canada au deuxième rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et...) mondial des réserves pétrolières prouvées juste derrière l'Arabie saoudite.

Site minier Syncrude au bord du lac Mildred dans L'Alberta au Canada
Site minier Syncrude au bord du lac Mildred dans L'Alberta au Canada

La méthode de calcul des réserves économiquement accessibles, qui produisit ces estimations, fut utilisée car les méthodes conventionnelles de calcul de réserves donnaient des résultats dépourvus de sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du ralentissement du...). Elles faisaient apparaître que l'Alberta allait arriver à court de pétrole alors que les rapides augmentations de production de sables bitumeux faisaient plus que compenser le déclin de production des huiles conventionnelles : en effet la majeure partie des huiles extraites dans l'Alberta est maintenant non-conventionnelle. Les estimations conventionnelles des réserves pétrolières sont ni plus ni moins des calculs de risque géologique de forage, cependant avec les sables bitumeux il n'y a que très peu de risques géologiques car les sables remontent à la surface et sont très faciles à trouver. Le seul risque financier est celui d'une chute des cours du pétrole et avec les inflations du prix du baril entre 2004 et 2006 toutes ces craintes se sont évaporées.

Les estimations d'Alberta sont en quelque sorte extrêmement conservatives, du fait qu'elles se basent sur un taux de récupération de 20% des ressources en bitume, alors que les compagnies pétrolières affirment qu'avec l'utilisation de la méthode d'extraction par écoulement gravitationnel assisté par vapeur () d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) une récupération de plus de 60% est réalisable avec de faibles efforts. Ces taux de récupération élevés signifient que la production totale sera probablement plusieurs fois supérieure à l'estimation déjà importante du gouvernement.

Avec les taux de production actuels, les réserves en sables bitumeux d'Athabasca dureront plus de 400 ans. Dans tous les cas il est très improbable qu'elles restent à ce niveau du fait des besoins mondiaux actuels en pétrole. Avec l'hypothèse que l'Alberta quadruple sa production d'huile (L'huile est un terme générique désignant des matières grasses qui sont à l'état liquide à température ambiante et qui ne se mélangent pas à l'eau,...), en exportant la majeur partie aux États-Unis, le champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) tiendrait plus de 100 ans. Si la production augmente de la même manière qu'en Arabie saoudite (10 millions de barils par jour), la vie (La vie est le nom donné :) du champ s'en verrait réduite à 40 ans. Toutefois il est extrêmement improbable que la production soit augmentée à ce point (Graphie) sans un gros apport de main-d’œuvre immigrante dans l'Alberta du Nord. Même si l'Alberta sera probablement un fournisseur important du marché mondial du pétrole du prochain siècle, il n'a pas l'intention de supplanter le Moyen-Orient en tant que fournisseur principal de l'Amérique, l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent...) et l'Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de...).

Économie

Malgré la taille importante des réserves, le coût de la séparation du sable et de l'huile a toujours été considéré comme un frein (Un frein est un système permettant de ralentir, voire d'immobiliser, les pièces en mouvement d'une machine ou un véhicule en cours de...) au développement de tels projets - le prix de vente du brut ne couvrant pas les frais d'extraction (travaux d'extraction et séparation du sable et du pétrole). A la mi-2006, l'Office National de l'Energie au Canada (NEB)[2] estima que le coût d'une nouvelle opération minière sur le site des sables bitumeux d'Athabasca serait comprise entre 9 et 12$ le baril et qu'une opération d'extraction par doubles puits horizontaux serait comprise entre 10 et 14$ le baril. Il faut savoir qu'un forage pétrolier conventionnel terrestre peut varier de moins de 1$ en Iraq et en Arabie saoudite jusqu'à un peu plus de 6$ aux États-Unis et au Canada.

De plus, le coût de l'investissement pour l'équipement (comme les grosses machines utilisées pour l'extraction, le remplissage de camions (Le camion est un véhicule automobile à roues destiné à transporter des marchandises. Le routier (routière) ou camionneur (camionneuse) a pour profession la conduite d'un camion.) pour le transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal ..). Par...) jusqu'à la raffinerie) fait de l'investissement pré-production un problème majeur. Le NEB estime que ces coûts feraient monter le coût total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des...) de production à 18 ou 20$ par baril par extraction classique et à 18 ou 22$ par baril avec l'extraction par puits doubles. Et ceci n'inclut pas le coût du raffinage du bitume brut en pétrole raffiné brut, ce qui reviendrait à un coût de 36 à 40$ le baril en production conventionnelle.

Cependant, malgré le fait que le prix du brut reste assez élevé pour rendre l'entreprise attirante, de soudaines baisses des prix laisseraient les producteurs dans l'incapacité de couvrir leurs investissements (même si ces sociétés sont bien gérées et peuvent se remettre de longues périodes à bas prix du moment que l'investissement est passé et qu'elles peuvent couvrir leurs frais de production).

Par ailleurs, le développement de la production commerciale est facilité par le fait que les coûts d'exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) sont virtuellement nuls. De tels coûts ont des parts très importantes dans les financements de forages sur les champs pétroliers traditionnels. La position des dépôts d'huile dans le sable bitumeux est bien connue et une estimation du taux de récupération peut être faite facilement. De plus, les sables bitumineux sont situés dans une zone politiquement stable et les sociétés sont sûres que leur actif de dépenseDoute sur la traduction... je ne sais pas si asset à le sens économique ou pas ne sera pas confisqué par le gouvernement ou mise en jeux dans une guerre ou une révolution.

Grâce à la hausse des prix du pétrole de 2004-2006, les finances des sables bitumeux se sont grandement améliorées. Avec un tarif mondial de 50$ le baril, la NEB estime qu'une extraction minière traditionnelle aura un taux de retour sur investissement de 16 à 23% et qu'une opération par forage en puits doubles de 16 à 27%. Les prix au baril en 2006 ont étés beaucoup plus élevés que ça. Ce qui donne un montant d'investissement dans les sables bitumeux pour 2006-2015 de l'ordre de 100 milliards de dollars ce qui correspond au double du montant initialement prévu en 2004. Cependant à cause d'un gros manque de main-d’œuvre dans l'Alberta, il est peu probable que tous ces projets se réalisent.

La production des sables bitumineux

Les sables bitumineux d'Athabasca ont attiré l'attention des marchands de fourrure Européens en 1719 quand Wa-pa-su, un commerçant Cris, apporta un échantillon de sable bitumineux au local de la Compagnie de la Baie d'Hudson à Churchill (Manitoba). En 1778, le marchand de fourrure Peter Pond devint le premier homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est...) blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue avec un spectre lumineux continu, d'où l'image que l'on...) à observer ces dépôts le long de la rivière d'Athabasca et rapporta que les natifs utilisaient le bitume pour imperméabiliser leurs canoës. En 1883, C Hoffman de la Commission géologique du Canada essaya de séparer le bitume des sables bitumineux avec de l'eau, et rapporta que la séparation était immédiate. Cependant, il fallut attendre presque un siècle avant que l'extraction ne devienne économiquement viable.

La production commerciale de pétrole à partir de sable bitumineux l'Athabasca commença en 1967, quand la Great Canadian oil Sands (maintenant Suncor) ouvrit sa première mine, avec une production de 30 000 barils par jour de pétrole synthétique brut. Le développement était empêché par la baisse des prix du pétrole dans le monde, et la deuxième mine, mise en fonctionnement par le consortium Syncrude, ne commença pas à fonctionner avant 1978, après le choc pétrolier de 1973 réduisit l'intérêt des investisseurs. Cependant, le prix du pétrole baissa plus tard, et bien que le choc pétrolier de 1979 causa une nouvelle flambée des prix, la présentation du Programme énergétique national par Pierre Trudeau incita les compagnies pétrolières et le gouvernement d'Alberta dirigé par Peter Lougheed à s'investir dans les nouveaux développements. Une fois encore, les prix chutèrent à des niveaux très bas, causant de nombreuses retraites de cette filière, et la troisième mine, mise en route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée...) par Shell Canada, ne commença à fonctionner qu'en 2003. Néanmoins, avec la hausse des prix du pétrole entre 2004 et 2006, les mines existantes se sont beaucoup agrandies et de nouvelles sont en projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...).

D'après le Conseil des énergies et équipements d'Alberta, la production de bitume brut était la suivante:

Production 2005 m3/jour bbl/jour
Mine de Suncor (Suncor Energie Inc. (Suncor Energy Inc. en anglais), fondée en 1917, est une entreprise canadienne spécialisée dans l'extraction, la transformation et la distribution de pétrole. Elle et Syncrude...) 31,000 195,000
Mine de Syncrude 41,700 262,000
Mine de Shell Canada 26,800 169,000
Projets In Situ 21,300 134,000
TOTAL 120,800 760,000

Et cela malgré un dysfonctionnement majeur à la Suncor, un revirement majeur à la Syncrude, et des problèmes de fonctionnement chez ShellDoute sur la traduction... la phrase à traduire était . La production totale de pétrole dans les trois zones de sables bitumineux de l'Alberta était de 169 100 m³/jour soit 1 065 000 barils par jour.

Avec les nouveaux projets prévus ; d'ici 2010 la production de sables bitumineux devrait atteindre 2 millions de barils par jour ou aux environs de deux tiers de la production canadienne. D'ici 2015 la production canadienne devrait atteindre 4 millions de barils par jour, parmi lesquels seulement 15% seront du pétrole brut conventionnel. L'Association Canadienne des Producteurs de Pétrole prédit que d'ici 2020 la production canadienne de pétrole atteindra 4,8 millions de barils par jour, parmi lesquels seulement 10% seront du pétrole conventionnel léger et moyen, et un grande partie du reste sera du bitume brut et du pétrole synthétique brut provenant des sables bitumineux d'Athabasca.

Extraction du pétrole

Voir l'article principal : Extraction des sables bitumineux

Le processus original d'extraction utilisé sur les sables bitumineux a été mis au point par le DR. Karl Clark, en collaboration avec le Conseil de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) d'Alberta dans les années 20.[3] Historiquement (depuis les années 60), les sables bitumineux sont récoltés dans d'énormes puits à ciel ouvert et extraits du sable grâce à des variantes du procédé de Clark basé sur l'eau, qui sépare le bitume aéré des autres composants du sable bitumineux dans des bacs de sédimentation. Plus récemment, de nouvelles méthodes in situ ont été mises au point pour extraire le bitume des dépôts profonds en injectant de la vapeur pour chauffer le sable et réduire la viscosité du bitume afin qu'il puisse être pompé comme le pétrole brut conventionnel.

Le processus standard d'extraction requiert aussi de grands apports en gaz naturel (Le gaz naturel est un combustible fossile, il s'agit d'un mélange d'hydrocarbures présent naturellement dans des roches poreuses sous forme gazeuse.). Actuellement, l'industrie des sables bitumineux utilise à peu près 4% de la production Bassin sédimentaire de l'ouest canadien. D'ici 2015, cela devrait augmenter d'un facteur 2,5.[4]

D'après le Conseil National pour l'Energie, il faut environ 0,4 Mcf de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme propre ni de volume...) naturel pour produire un baril de pétrole synthétique brut, ce qui équivaut en termes d'énergie à 6 Mcf de gaz, donc le processus produit un net gain d'énergie. En tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) état de cause, il est probable qu'à court terme les exports de gaz naturel vers les États-Unis seront réduits pour fournir du carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant en énergie mécanique.) aux centrales de sables bitumineux. A long terme, cependant, les raffineries de pétrole vont probablement se reconvertir dans la gazéification du bitume pour générer leur propre carburant. De la même manière que le bitume peut être converti en pétrole synthétique brut, il peut aussi être converti en gaz naturel synthétique.

Sur un plan commercial (Un commercial (une commerciale) est une personne dont le métier est lié à la vente.), l'extraction in situ débute à peine. Un projet presque abouti, le Projet Long Lake, est conçu pour fournir son propre carburant, grâce au raffinage in-situ du bitume extraitDoute sur la traduction... j'ai un doute sur le sens de .[5] Ce projet est censé débuter avec l'extraction du bitume en 2006, et "l'amélioration" du bitume en pétrole liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.) en 2007, avec une production de 60000 bpl/jour de pétrole utilisable. Si cela fonctionne, le problème du gaz naturel n'entrerait même plus en ligne de compte et le problème de disposer d'une réserve disparaîtrait.

L'importance géopolitique

Les sables bitumineux de l'Athabsca sont maintenant mis en avant dans le commerce international, avec la Chine et les États-Unis qui tentent tous les deux de négocier avec le Canada une plus grosse part du rendement en pleine hausse des sables bitumineux. On s'attend à ce que ce rendement quadruple entre 2005 et 2015, atteignant 4 millions bbl/jour, augmentant du même coup leur importance politique et économique. Bien que la majeure partie de la production soit actuellement exportée vers les États-Unis, cela pourrait changer.

Un accord a été signé entre PétroChina et Enbridge pour construire un pipeline entre Edmonton, dans l'Alberta et le port de Kitimat, en Colombie-Britannique sur la côte ouest, pouvant acheminer l'équivalent de 400000 barils par jour, dans le but d'exporter le pétrole brut synthétique des sables bitumineux en Chine et ailleurs dans le Pacifique. Un autre pipeline d'une capacité de 150000 barils par jour est prévu en plus dans l'autre sens pour importer du condensas servant à diluer le bitume pour qu'il s'écoule. Sinopec, la plus grande compagnie de raffinage et de chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec...) en Chine, et la China National Petroleum Corporation (La China National Petroleum Corporation (CNPC) est une entreprise de production de carburant appartenant à l'État chinois. C'est la plus...) ont acheté ou ont prévu d'acheter des parts dans les principaux développements des sables bitumineux.

Pour ne pas être surpassé, l'Inde a annoncé des plans d'investissement d'un milliard (Un milliard (1 000 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millions neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf...) de dollars dans les sables bitumineux en 2006. Non moins de quatre compagnies indiennes sont concernées.

Les peuples indigènes de la région

Image:Treaty8 carte.jpg
Carte montrant la répartition des peuples à l'intérieur du 8e traité

Les Premières Nations de la région vivent notamment à Fort McKay et à Fort McMurray. Les sables bitumeux sont inclus dans le 8e Traité[6], signé en 1899. Les Amérindiens de Fort McKay ont développé plusieurs entreprises aux services de l'industrie des sables bitumeux et vont développer un site sur leur territoire.[7] Le développement de tels projets, cependant, ne fait pas l'unanimité dans les communautés amérindiennes.

Les impacts sur l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend...)

L'extraction minière des sables bitumineux de l'Athabasca détruit la forêt boréale, les tourbières, les zones humides et les rivières ainsi que le contour naturel du terrain. L'industrie minière de l'Alberta pense que la forêt boréale reprendra sa place sur les terrains restaurés après la période d'extraction, mais aucun terrain n'est considéré « restauré » quelque trente ans après l'ouverture de la première mine dans la région du Fort McMurray en Alberta.

De plus, l'extraction d'un seul baril de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta génère plus de 80 kg de gaz à effet de serre (L'effet de serre est un processus naturel qui, pour une absorption donnée d'énergie électromagnétique, provenant du Soleil (dans le cas des corps du système solaire) ou...) (GES) et entraîne le rejet de plusieurs fois son volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) en eaux usées dans les bassins de décantation qui ont submergé environ 50 km² de forêts et de tourbières. L'augmentation de la production de pétrole synthétique prévue menace aussi les engagements internationaux du Canada. En ratifiant le Protocole de Kyoto, le Canada avait accepté de réduire au plus tard en 2012 ses émissions de gaz à effet de serre (Une serre est une structure généralement close destinée à la production agricole. Elle vise à soustraire aux éléments climatiques les cultures produites pour l'alimentation ou...) de 6% par rapport à l'année de référence (1990). En 2002, l'émission totale de gaz à effet de serre du Canada avait augmenté de 24% depuis 1990. En 2006, le Canada a déclaré que cet objectif n'était pas atteignable. Une déclaration probablement liée à des prix du pétrole sans précédent, au développement des ressources de l'Athabasca qui en a résulté et l'énorme impact de ce changement sur l'émission totale du pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la...).

Les compagnies de sable bitumineux

Les deux plus grandes opérations de forage de sables bitumineux sont menées par Syncrude Canada (Syncrude Canada Ltd., fondée en 1964, est une entreprise canadienne spécialisée dans l'extraction, la transformation et la distribution de pétrole. Elle et...) Limited et Suncor Energy. Les Sables Albiens est un projet plus petit possédé par Shell Canada.

La majeure partie de la production ou des développements prévus dans les sables de l'Athabasca incluent les projets (en) suivants :

  • Les mines de Steepbank et millenium de Suncor Energy produisent actuellement 263000 barils par jour et son projet Firebag produit 35000 barils par jour. Surcor prévoit de consacrer 3,2 milliards de dollars pour amener son activité minière à 400000 barils par jour et sa production in-situ à 14000 barils par jour d'ici 2008.
  • Les mines de Mildred Lake and Aurora de Syncrude produisent actuellement 250000 barils par jour et la compagnie prévoit de dépenser 8 milliards de dollars pour les amener à produire 350000 en 2006.
  • Shell Canada possède actuellement deux sites en fonctionnement, à savoir la mine de la Muskeg River qui produit 155000 barils par jour et la raffinerie de Scotford à [Fort Saskatchewan]], en Alberta. Shell prévoit d'ouvrir sa nouvelle mine à Jackpine et détendre sa production à 500000 barils par jour dans les années à venir.
  • Le projet in-situ SAGD à Long Lake de Nexen sera à même de produire 70000 barils par jour d'ici fin 2007, avec des projets d'expansion en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) d'une production de 240000 barils par jour dans les 10 prochaines années.
  • Le projet in-situ Horizon (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en physique, philosophie,...) du CNRL, qui aura coûté 8 milliards de dollars, devrait produire 110000 barils par jour dès son ouverture en 2008 et augmenter sa production à 300000 barils par jour d'ici 2010.
  • La mine de Kearl de l'Imperial Oil, dont le coût se situe entre 5 et 8 milliards de dollars et dont le début de la construction est prévu en 2008, devrait produire 100000 barils par jour en 2010. L'Imperial gère aussi une activité de 160000 barils par jour dans la zone de sable bitumineux de la région de [Cold Lake]].
  • SynEnCo Energy and SinoCanada Petroleum Corp., une filiale de Sinopec, la plus grande compagnie de raffinerie de Chine, se sont mis d'accord pour créer une mine de 3,5 milliards de dollars à Northern Lights, pour produire 100000 barils par jour d'ici 2009
Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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