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Pétrolier
Pétrolier
Pétrolier "Stolt tankers" en mer

Un pétrolier est un navire citerne servant à transporter le pétrole ainsi que ses dérivés (essence). Pour le transport d'autres liquides, les navires ont d'autres appellations : les méthaniers qui transportent le gaz naturel (Le gaz naturel est un combustible fossile, il s'agit d'un mélange d'hydrocarbures présent naturellement dans des roches poreuses sous forme gazeuse.), les chimiquiers pour le transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal...) de produits chimiques. On les nomme également tankers (de l'anglais oil tankers, littéralement "navire citerne (Un navire citerne est un type de navire cargo utilisé pour le transport de liquides en vrac, dans de grandes citernes ou cuve. On distingue ces navires suivant le type de cargaison qu'ils...)"), ou supertankers pour les plus grands.

Les pétroliers représentent un élément essentiel du commerce mondial du pétrole ; certains atteignent des tailles gigantesques, représentant un véritable défi pour les ingénieurs. Malheureusement, ces navires sont aussi connus pour les marées noires que certains accidents ont causées.

Histoire

Superpétrolier arrivant à vide au port de Gdansk
Superpétrolier arrivant à vide (Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale.) au port de Gdansk

Premiers essais

Le transport du pétrole (Le pétrole est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de...) sur un navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent...) remonte à la civilisation grecque et les "bateaux à feux", vers -670 ; toutefois, le pétrole était utilisé comme une arme et non comme une marchandise (Une marchandise est un produit de l'activité humaine, direct ou indirect, essentiellement déterminé à être un support à la forme d'échange qu'on nomme achat (ou corrélativement, vente).). Au XVIIIe siècle, en Chine, des jonques en transportaient aussi en vrac (Le vrac désigne des marchandises qui ne sont pas emballées ou arrimées. Le terme est particulièrement employé dans le domaine du transport, pour distinguer le transport des marchandises unitaires (sur palettes, en conteneurs, en boîtes...) des...), certaines étant prévues à l'origine pour transporter de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.). Vers la même époque, les Perses en transportaient sur la mer Caspienne (La mer Caspienne est une mer intérieure de l' Asie. Elle est bordée par la Russie (avec le Daguestan, la Kalmoukie et l'oblast d'Astrakhan), l'Azerbaïdjan, le Turkménistan,...), les Russes sur la Volga et les Birmans sur l'Irrawaddy.

Cependant, c’est avec le développement du transport transatlantique que le navire pétrolier (Un pétrolier est un navire citerne servant à transporter le pétrole ainsi que ses dérivés (essence). Pour le transport d'autres liquides, les navires ont d'autres...) proprement dit apparaît.

Les débuts (1859 - 1900)

Le véritable début du transport du pétrole sur l'eau remonte au XIXe siècle, avec le percement d'un des premiers puits en Pennsylvanie, aux États-Unis, en 1859 : les barils sont alors transportés sur des barges le long de la rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la gravité et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve, contrairement...) Allegheny, puis par chemin de fer (Le chemin de fer est un système de transport guidé servant au transport de personnes et de marchandises. Il se compose d'une infrastructure spécialisée, de matériel roulant et de procédures...). La demande commence alors à venir de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...), et la nécessité de navires pouvant transporter le pétrole en sécurité se fait sentir. La difficulté est alors d'autant plus grande qu'il s'agit d'un marché instable, aux prix fluctuants.

En 1864, à peine cinq ans après, environ 100 000 tonnes par an sont exportées vers l'Europe. Ne voulant pas prendre trop de risques, les armateurs préfèrent le transport en barils ou en bidons, sur des voiliers, les navires à vapeur () étant encore chers. Les barils risquant de fuir, ils sont entreposés à l'avant pour éviter la contamination du reste du cargo. Les barils étant aussi longs à charger et décharger, susceptibles de s'enflammer, prenant de la place au détriment du pétrole lui-même, ils ne représentent pas une bonne solution.

Différentes idées apparaissent vers 1865 pour stocker le pétrole en vrac. L'idée est de pomper le pétrole dans de grandes cuves intégrées au navire, au lieu de le charger par petites quantités. Les premiers essais sont peu concluants, comme pour la Fanny française qui part de Philadelphie (Philadelphie (en anglais Philadelphia) est une ville de l'État de Pennsylvanie, aux États-Unis. Quatrième agglomération du pays, Philadelphie comptait 1 463 281 habitants dans la ville même et 5 976 500 habitants dans son aire urbaine en 2005....) en 1880 pour ne pas arriver, avec un chargement (Le mot chargement peut désigner l'action de charger ou son résultat :) de brut stocké à même la coque. Ce n'est qu'au XXe siècle que les coques en acier (L’acier est un alliage métallique utilisé dans les domaines de la construction métallique (voir aussi l’article sur la théorie du soudage de l’acier) et de la construction...) seront utilisées pour le transport direct de pétrole.

Un compromis entre le stockage à même la coque et les barils est alors trouvé grâce à un système de réservoirs métalliques : si les réservoirs viennent à fuir, la coque peut encore contenir le liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.), mais elle n'a plus à souffrir de contraintes supplémentaires. Le premier de ces navires est probablement le Elizabeth Watts anglais de 1863. Mais ces navires présentent un risque élevé de feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.), puisque les espaces entre les citernes et la coque sont difficiles d'accès, les vapeurs peuvent s'y concentrer et mener à la catastrophe (Une catastrophe est un événement brutal, d'origine naturelle ou humaine, ayant généralement la mort et la destruction à grande échelle pour conséquence.). En 1885, on ne dénombre que 10 navires de ce type.

C'est à Bakou en Russie que le premier pétrolier à vapeur fait son apparition en 1878 : le Zoraster, qui brûle d'ailleurs du fuel lourd et non pas du charbon. D'autres améliorations incluent des citernes sur les ponts intermédiaires, et une forme de coque différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie à l'aide de...), liée aussi au calme de la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) Caspienne par rapport à l'Atlantique.

Au début des années 1890, l'arrivée de pipelines accroît le trafic du pétrole dans le nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.) américain, et ainsi la demande pour un meilleur trafic sur l'Atlantique : d'anciens voiliers sont reconvertis par l'ajout de citernes et de " cofferdams ", longues cloisons étanches permettant de contenir les fuites. Les coques métalliques apparaissent en 1896, l'acier supplante le fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie quotidienne, sous forme pure ou...) 4 ans plus tard. La voile (Les Voiles sont l’une des 88 constellations du ciel, visible essentiellement de l’hémisphère sud. Incluse à l’origine par Ptolémée dans l’immense...) est elle aussi peu à peu remplacée par la vapeur, car les nouvelles formes de coque présentent une mauvaise manœuvrabilité sous voiles. Controversé, ce changement s'imposera tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) de même rapidement grâce à la Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la majorité du territoire du Royaume-Uni. En son acception...).

La révolution du Gluckhauf

Afin de contrer les dangers présents lors du transport du pétrole par voie maritime, un navire spécialement étudié dans ce but voit le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...) en 1886 : le Gluckhauf, construit à Newcastle-upon-Tyne (Angleterre). D'une capacité de 3500 tonnes, il stocke le pétrole à même la coque entièrement rivetée. Son moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif qui déplace de la matière en apportant de la...) à triple expansion est situé à l'arrière, ce qui réduit les risques en maximisant l'espace disponible.

Il déclenche à son arrivée à New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville...) une protestation des dockers, qui s'inquiètent légitimement de son système de chargement du pétrole par pompes, craignant qu'ils ne soient ainsi remplacés par la machine. Il doit ainsi ravitailler à St John. Il reçoit aussi le surnom de Fleigauf, soit "explosif (Un explosif est un composé chimique défini ou un mélange de corps susceptibles lors de leur transformation, de dégager en un temps très court, un grand volume de gaz porté à haute température, ce...)".

Malgré ce début difficile, son arrivée introduit les modifications des navires de la Caspienne dans le monde (Le mot monde peut désigner :) des traversées océaniques, tant en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de l'espace et...) de construction que d'opération. À partir de 1886, la flotte mondiale de pétroliers s'agrandit considérablement.

État en 1900

A la fin du XIXe siècle, le principale route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.) reste la traversée transatlantique, sur laquelle environ 300 000 tonnes sont transportées par an ; mais les routes de la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) Caspienne et de la Méditerranée se sont développées plus rapidement, passant respectivement de 50 000 à 180 000 tonnes et de 20 000 à 190 000 tonnes par an entre 1885 et 1900. Le pétrole reste cependant une source d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) peu importante.

La flotte atlantique est composée d'environ 80 navires, plus de trois quarts d'entre eux étant des vapeurs, tandis que sur la Méditerranée, tous les voiliers ont été remplacés par des vapeurs. Sur les autres autres routes, les pétroliers sont encore rares et le brut est en général transporté sur des cargos conventionnels. La flotte mondiale atteint 109 navires d'une capacité moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur...) de 4 900 tonnes, soit 500 000 tonnes au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme....), la taille d'un pétrolier géant de 1970.

La flotte britannique est encore la plus importante, formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la hauteur...) 56% de la flotte mondiale, suivie par l'Allemagne (15%), les Pays-Bas (8%) et les États-Unis (3%). L'Europe domine largement le tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :), notamment par les compagnies Anglo America Oil Co. Ltd anglaise et Deutsch-Amerikanisch Petroleum Ges allemande. La plupart des navires construits en Europe sont contrôlés par le Standard : le Standard Group, au pouvoir impressionnant, et qui limite en partie l'expansion du marché du pétrole sur les mers par sa mainmise.

Développement (1900 - 1938)

Durant la période 1900 à 1938, le monde du transport pétrolier est marqué par l'émergence des États-Unis comme leader mondial, la restructuration du marché face à la forte hausse de la demande, et l'évolution majeure de la forme de la coque des pétroliers.

La domination des États-Unis sur le marché survient à partir des années 1920, quand la consommation d'énergie par pétrole commence à remplacer sérieusement le charbon. Ce changement survient d'abord sur le continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce terme désigne une vaste étendue continue de terre à la...) américain, vers lequel est alors dirigé la majeure partie de la production mondiale, en particulier du Venezuela. C'est ce continent qui a alors la principale influence sur la conception des pétroliers. En Europe, la Première Guerre mondiale détruit une bonne partie de la richesse et empêche une croissance similaire à celle des États-Unis. De plus, la révolution soviétique de 1917 entraîne la nationalisation des ressources pétrolifères de Bakou, qui deviennent réservées quasiment exclusivement à un usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une...) à l'URSS.

La production mondiale passe de 20 millions de tonnes en 1900 à 273 millions de tonnes par an, en hausse constante malgré une légère récession en 1929 suite au krach boursier. En 1925, l'Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de...) possède 85% du marché, et encore 80% en 1938.

L'âge des supertankers (1938 - 1984)

La spécialisation (1984 - présent)

Routes utilisées

Les principales routes utilisées sont celles menant des champs pétrolifères (Golfe persique, Golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) de Guinée, Mer du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), Alaska et Venezuela) jusqu'aux principaux pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas...) utilisateurs (Europe, États-Unis, Japon). Parmi les points principaux de transit, on peut citer le canal de Suez, le détroit de Malacca et le cap de Bonne-Espérance ; le canal de Panama est moins employé, non seulement en raison de sa largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la...) limitée, mais aussi de la limite de tirant d'eau qui affecte particulièrement les pétroliers.

Architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) actuelle

On distingue communément les pétroliers à coque simple et les pétroliers à coque double. Ces derniers sont préférés de nos jours aux premiers car considérés plus sûrs. En effet, dans ce concept, les cales sont séparées du contact direct de la mer par une ceinture de ballasts. Un espace, en général de deux mètres, sépare ces deux coques. En cas d'avarie, le pétrole se déverse dans cette capacité et non dans la mer.

Controverse sur les doubles coques

Le supertanker AbQaid
Le supertanker AbQaid

Le principe de la double coque, quoique largement répandu, est aussi souvent critiqué. Les premières doubles coques étaient testées dès le XIXe siècle en Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants (en...), mais ont été abandonnées, car la structure complexe des coques en bois faisaient courir le risque de créer une atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) explosive dans les espaces entre la coque et les cuves. Après l'accident de l'Exxon Valdez (L’Exxon Valdez est le nom d'un pétrolier américain dont le naufrage en 1989 a causé une marée noire importante aux États-Unis.) aux États-Unis, l’Oil Pollution Act, voté en 6 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) par le congrès américain, oblige le recours aux doubles fonds, sous peine d'inassurabilité du navire. Plus tard, c'est la double coque (c'est-à-dire double fond et double coque sur les flancs) qui est imposée. Cette solution répond à la logique (La logique (du grec logikê, dérivé de logos (λόγος), terme inventé par Xénocrate signifiant à la fois raison, langage, et raisonnement) est dans une première approche...) des côtes américaines, mais pas nécessairement dans le reste du monde.

Sous la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) des États-Unis, l'OMI rend obligatoire la double coque dans le cadre de Marpol 73/78. La France et l’Espagne font pression en Europe afin d'obtenir le phasing out des pétroliers à simple coque, notamment après les accidents traumatisants de l’Erika et du Prestige. Cependant, les doubles coques ont été souvent imposées par mimétisme (Le mimétisme est une stratégie adaptative d'imitation. Cela permet par exemple à une espèce d'échapper à d'éventuels prédateurs. Les...) plutôt que par choix réfléchi. Elles possèdent un certain nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'inconvénients :

  • difficulté d'entretien : pour les marins, il est difficile de se glisser dans l'espace entre les coques, souvent déjà encombré par les renforts. Or, un mauvais entretien peut également mener à la catastrophe.
  • augmentation de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est...)
  • augmentation de la taille du navire pour la même quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de...) transportée
  • augmentation de la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure,...) à protéger de la corrosion, d'où nécessité d'une meilleure qualité d'application, ainsi que d'inspections plus étendues
  • augmentation de la surface à inspecter
  • seule la zone cargaison (La cargaison (de l'occitan gascon cargar: charger) est l'ensemble des marchandises transportées. Le terme s'applique au transport de bétail mais ne s'applique pas aux passagers.) est prévue être protégée par la double coque
  • l'apparition de microfissures au niveau des cuves peut laisser échapper des hydrocarbures gazeux. Prisonnières du vide situé entre les deux parois, ces substances transforment le navire en "bombe flottante".
  • un coût accru à la construction comme à l'entretien.
  • une grande difficulté à la construction, puisque les soudeurs doivent travailler au-dessus d'eux.
  • une efficacité non prouvée : dans le cas de nombreux accidents, une double coque n'aurait pas nécessairement changé grand chose, la faute revenant à une déficience de l'armateur (équipage de nationalité hétérogène ne se comprenant pas bien, veilles trop longues, méconnaissance des côtes...) plutôt qu'à un défaut matériel.

Ainsi, l'imposition de la double coque peut donner un faux sentiment de sécurité tout en laissant circuler des navires dans un état d'entretien insuffisant.[1]

Types de pétroliers

On peut classer les pétroliers de diverses façons : soit selon leur taille, soit suivant le type de produits qu’ils transportent.

  • Selon les produits transportés, on trouve :
    • Les transporteurs de brut, qui transportent le pétrole brut (Le pétrole brut provient de l'exploitation d'un puits, à l'issue des traitements de dessablage, de décantation de l'eau, et éventuellement de séparation de la phase gazeuse à pression et...) des champs de production jusqu’aux raffineries , sur les grande distances, ce sont très souvent de très grands navires, dépassant 100 000 tonnes.
    • Les transporteurs de produits raffinés, eux transportent le pétrole sorti des raffineries jusqu’aux consommateurs. Certains sont spécialisés dans le transport d'essences "propres" (kérosène, lubrifiants) et possèdent des pompes séparées suivant les produits.
    • D'autres transportent les produits "sales", comme les résidus du raffinage.
  • Par taille :
    • Les super-tankers transportent les produits pétroliers sur de grandes distances.
    • Les pétroliers classiques pour les moyennes distances.
    • Les ravitailleurs et navires d'allègement : ils permettent de ravitailler les autres navires, ou d'alléger les pétroliers trop gros pour arriver à un certain terminal. Ils possèdent des équipements spéciaux permettant l'amarrage (Le terme d'amarrage est utilisé dans deux domaines :) à couple et le transfert de pétrole. Certains sont conçus pour s'approcher des plates-formes pétrolières.
    • Les pétroliers côtiers transportent différents types de produits dans les estuaires et le long des côtes ; ils doivent avoir des dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son...) limitées et une bonne manœuvrabilité pour pouvoir se glisser dans les passages étroits.
    • Les barges particulièrement utilisées sur le continent nord-américain, où elles représentent environ 60% du trafic intérieur de pétrole. Elles peuvent être poussées ou tirées par un remorqueur (Les remorqueurs sont des bateaux petits, très puissants et très manœuvrants qui servent à guider, tirer, pousser les bateaux plus gros qui entrent et sortent des ports et à les amarrer à quai.).

Tailles

Le gigantisme est illustré en comparant la taille du navire avec celle des ouvriers en contrebas.
Le gigantisme (Le gigantisme (du grec gigas, gigantos « géant ») est un état caractérisé par une croissance excessive. Le gigantisme n'est pas un terme médical couramment utilisé...) est illustré en comparant la taille du navire avec celle des ouvriers en contrebas.
Voir aussi l'article Taille des navires (Les navires de commerce peuvent être classés en différentes tailles. La plupart font références à des limites de longueur, de tonnage ou de tirant d'eau imposées par les canaux et les ports. D'autres limites sont arbitraires et...).

Les différentes tailles de pétroliers sont :

  • Les Jumbo de 5 000 tonnes des années 1950,
  • Les VLCC pour Very Large Crude Carriers, à partir de 200 000 tonnes, dès la fin des années 1960,
  • Les ULCC pour Ultra Large Crude Carriers, au-dessus de 300 000 tonnes, dans les années 1970. Les plus gros sont aussi les plus grandes structures mobiles construites par l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon, tandis que...).
  • Les Aframax entre 80 000 et 120 000 tonnes
  • Les Suezmax de 150 000 tonnes
  • Les Panamax (Les navires classés comme Panamax ont les dimensions maximum pour rentrer dans les écluses du canal de Panamá. Cette taille est déterminée par les dimensions des écluses et par la profondeur dans le canal. Panamax est...) jusqu'à 79 000 tonnes, dans les années 1960
  • Les Malaccamax de 300 000 tonnes de port en lourd


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Naufrage de l'Amoco Cadiz
Naufrage de l'Amoco Cadiz (Le 16 mars 1978, l'Amoco Cadiz, un pétrolier (supertanker) construit en 1974 immatriculé au Liberia (tonnage : 234 000 tonneaux), de 330 m de long, affrété par la compagnie...)

Ces bateaux se sont rendus tristement célèbres non pour leur taille et l'exploit technique de leur construction, mais pour les marées noires associées à leurs avaries. Il faut néanmoins relativiser ce fait. Les armateurs n'entretenant pas leurs bateaux ne sont pas forcément les plus nombreux, et le taux de pollution maritime imputable aux marées noires reste inférieur à 5 % de la pollution des océans (Océans stylisé Ωcéans est un documentaire français réalisé par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud dont le tournage a commencé en 2004 et produit en 2009.), due en majeure partie aux dégazages sauvages. Par contre leur impact médiatique est en général colossal dans le pays concerné.

Exemples

l’Exxon Valdez
l’Exxon Valdez

Les plus connus sont malheureusement ceux ayant provoqué une marée (La marée est le mouvement montant (flux ou flot) puis descendant (reflux ou jusant) des eaux des mers et des océans causé par l'effet...) noire : l’Exxon Valdez, l’Amoco Cadiz, l’Erika, le Prestige, le Tasman Spirit

On peut aussi citer les plus grands pétroliers au monde, qui sont aussi les plus grands navires et les plus grandes structures mobiles jamais construites : le Batillus et ses sister-ships de 1976, et le Knock Nevis.

Sources

  • Mike Ratcliffe, Liquid Gold Ships [détail des éditions]
  • Michael Osborne et R. Keith Michel, chap. XXIX " Oil Tankers ", dans Thomas Lamb (dir.), Ship Design and Construction [détail des éditions]

Notes

Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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