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Thonier
Thonier senneur congélateur de 116m de longueur: L’Albatun Dos aux Seychelles
Thonier senneur congélateur de 116m de longueur: L’Albatun Dos aux Seychelles

Un thonier est un navire de pêche spécialisé dans la pêche au thon.

Si la pêche au thon remonte à l'antiquité, à l'aide de madragues, l'utilisation d'embarcations spécifiquement armées pour cet usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) n'apparaît semble-t'il que vers le XVIIIe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération...).

Histoire des thoniers en France

L'origine de la pêche au thon (Le terme thon désigne plusieurs espèces de poissons océaniques de la famille des Scombridae, dont les thons rouges, le thon blanc – ou germon...) germon à l'aide de bateaux est très mal connue, mais semble ancienne. Les bancs de thon remontant l'Atlantique devant les côtes françaises entre juin et octobre, cette pêche reste très longtemps une activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) annexe des pêcheurs de la côte atlantique. En Méditerranée, la pêche au thon restera principalement cantonnée à l'utilisation des madragues. Les basques pratiquent traditionnellement cette pêche à bord de leur txalupa (La Txalupa - plus précisément Txalupa handi, encore appelée chaloupe Biscayenne, est une chaloupe basque servant principalement à la pêche en mer.), des barques non pontées. Les pêcheurs vendéens et bretons utilisent leur chaloupe (Une chaloupe est une grosse embarcation de construction plus robuste que celle d'un canot. Dans l'ancienne marine, la chaloupe était à avirons et était la plus grosse...) sardinière et leur chasse-marée qu'ils arment au thon durant la saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de la température. D'une durée d'environ trois mois (voir le tableau Solstice et...). Ces bateaux, de petite taille, non pontés, sont conçus pour une pêche côtière, ils sont mal préparés à supporter une éventuel gros temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.). Les marins doivent donc pouvoir très rapidement rejoindre leur port dès que le vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu...) forcit.

Au début du XVIIIe siècle, des pêcheurs de l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif « insulaire » ; on dit aussi...) d'Yeu commencent à armer systématiquement des chasse-marées et des sloups - ou sloops - (une vingtaine en 1727) pour la pêche au thon dans les eaux du Golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) de Gascogne.

Vers les années 1850, les pêcheurs de l'île de Ré engagent des pêcheurs islais (de l'île d'Yeu) et se font enseigner les techniques de pêche au thon. Dès 1860, une quarantaine (La quarantaine (venant de l'italien : quaranta giorni, qui signifie 40 jours, ou bien du français : quarantaine de jours) est le fait de mettre à...) de bateaux arment épisodiquement au thon durant la saison. À l'imitation de Yeu et Ré, Groix (L'île de Groix (Enez Groe en breton, prononcé Iniz Groe en breton vannetais) est une île et une commune bretonne du département du Morbihan (France). Elle se trouve au large de la...) et Les Sables-d'Olonne commencent en ce milieu du XIXe siècle à s'intéresser sérieusement à la pêche au thon, qui procure un supplément substantiel de revenu aux pêcheurs. Mais si le thon longe les côtes basques, il remonte ensuite le golfe plein nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), s'éloignant progressivement des côtes. La pêche au thon pour les vendéens, et encore plus pour les bretons, est une pêche de haute mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.). Cela entraîne deux types de contraintes : posséder des bateaux aptes à tenir la haute mer, pouvoir revenir rapidement au port afin de vendre le produit de la pêche tant qu'il est consommable, mais aussi en cas de tempête (Une tempête est un phénomène météorologique violent à large échelle dite synoptique, avec un diamètre compris en général entre 200 à...).

Groix, qui a introduit la pêche au thon en Bretagne, va devenir le premier port thonier (Un thonier est un navire de pêche spécialisé dans la pêche au thon.) de France, et le restera de 1870 à 1940, au point (Graphie) de quasiment abandonner toute autre activité. Si les sablais et les islais arrivent encore à trouver le thon à proximité de leur port d'attache, les groisillons doivent impérativement s'armer pour la haute mer. Ils modifient en conséquence progressivement leurs chaloupes sardinières.

Les chaloupes sardinières sont en 1819 de faible tonnage, moins de 6 tonneaux en général, et moins de 10 tonneaux en 1835. En 1854, les chaloupes jaugent jusqu'à 18 tonneaux, et certaines commencent à être pontées. La mise en place d'un pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant...), limitant fortement les volumes d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) embarqués en cas de grosse mer, permet d'envisager l'éloignement progressif des côtes dans de meilleures conditions de sécurité. Les groisillons, qui se sont spécialisés entre autres dans le transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal ..). Par assimilation, des actions de déplacements...) et la spéculation commerciale sur la sardine (La sardine (Sardina pilchardus) est un poisson de la famille des Clupeidae, qui comprend également le hareng, l'alose, notamment. Selon la région elle prend les noms de célan, célerin,...), augmentent le tonnage et pontent leurs chaloupes, afin de se faire une place dans cette activité économique. Ils trafiquent la sardine en été entre la Bretagne et les côtes espagnoles sur leurs rapides embarcations, qu'ils arment l'hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.) pour la drague ( Une drague est un outil de pêche utilisé essentiellement pour pêcher des coquillages. Une drague est un navire de services utilisé pour le dragage du fond. Une drague est un navire scientifique portant une drague,...). Leurs chaloupes pontées sont des navires à tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) faire. Ils cotoient ainsi régulièrement les pêcheurs de l'île d'Yeu et de Ré. Et commencent à s'adonner à la pêche au thon en complément des autres activités. Les techniques et le vocabulaire sont empruntés aux pêcheurs islais qui pratiquent régulièrement cette pêche depuis bien avant la révolution française.

En ce milieu du XIXe siècle, les progrès fulgurants de la voile, symbolisés par les grands clippers transatlantiques, l'invention de la conserverie industrielle, le chemin de fer (Le chemin de fer est un système de transport guidé servant au transport de personnes et de marchandises. Il se compose d'une infrastructure spécialisée, de matériel roulant et de...) qui permet de livrer les grandes villes continentales, vont profondément modifier les activités de pêche. Noël de la Morinière constate en 1817 que 12 chasse-marées et sloups de l'île d'Yeu pratiquent la pêche au thon. Roché et Odin, en 1893, dénombrent environ 500 embarcations armées au thon, employant environ 3000 marins. En 1934, Krebs dénombre 874 thoniers.

Les chaloupes pontées possèdent d'évidentes qualités, mais aussi quelques défauts rédhibitoires. Un nouveau type de bateau (Un bateau est une construction humaine capable de flotter sur l'eau et de s'y déplacer, dirigé ou non par ses occupants. Il répond aux besoins du transport maritime ou fluvial, et permet...) fait son apparition, le dandy, rapidement "francisé" en dundée. Les Britanniques ont donné ce nom au nouveau gréement (Le gréement d'un navire à voile est constitué de l'ensemble des espars (mâts, bômes, tangons, etc.), manœuvres courantes (drisses, écoutes, etc.),...) élégant qui fait son apparition dans les années 1860. Dès 1875, les pêcheurs français, comme d'ailleurs allemands et hollandais, vont vite adopter ce nouveau type de gréement aux avantages incontestables. Parallèlement à la spécialisation de plus en plus poussée (En aérodynamique, la poussée est la force exercée par le déplacement de l'air brassé par un moteur, dans le sens inverse de l'avancement.) pour la pêche au thon, les coques vont s'affiner progressivement, et le tonnage fortement augmenter.

À partir de 1905, le thonier dundée "à cul plat" acquiert définitivement sa forme élancée caractéristique en même temps que sa notoriété, et deviendra jusqu'à la veille de la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde...) Guerre mondiale le symbole de la pêche à voile. La quille peut dépasser les 40 pieds de long, et l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude...) jauger dans les 40 tonneaux.

Après guerre, la motorisation va vite s'imposer et envoyer au cimetière maritime ces élégants voiliers. La motorisation, ainsi que l'épuisement des bancs du Golfe de Gascogne, va aussi industrialiser la pêche au thon, amenant aux gros thoniers-senneurs-congélateurs modernes lançant leurs sennes durant 2 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) au large des côtes africaines, pouvant embarquer 500 tonnes de thon dans leurs cuves, avec un équipage d'une vingtaine de marins.

Les armateurs français et espagnols ont également investi l'océan indien (L’océan Indien s'étend sur une surface de 75 000 000 km². Il est limité au nord par l'Inde, le Pakistan et l'Iran, à l'est par la Birmanie, la...), Port-Victoria est devenu le plus grand port de transbordement de thon de l'océan (Un océan est souvent défini, en géographie, comme une vaste étendue d'eau salée. En fait, il s'agit plutôt d'un volume, dont l'eau est en permanence renouvelée par des courants marins. Approximativement...) indien, une usine de transformation et de conserve a été construite sur place et traite près de 400 mt/jour.

De nouveaux thoniers pouvant stocker près de 2000 tonnes de thon à bord ont été construits. Quelques essais de navire-usine ont été effectués (armement Saupiquet) sans grand succès. La tendance actuelle est aux unités de moyen tonnage pour les français, les espagnols construisant encore de gros navires.

Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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