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Trière
Une trière grecque
Une trière grecque

Une trière ou trirème (en grec ancien Τρι?ρεις / Tri?reis), ce dernier terme étant l'appellation latine, est une galère de combat antique, développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à la courbe.) à partir de la pentécontère (Le pentécontère (Grec ancien:πεντηκοντ?ρ) est un bateau de guerre qui mesurait environ 35 mètres de long, pour 5 mètres de large.). Plus court que son prédécesseur, c'est un navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer les règlements techniques de...) équipé d'une voile (Les Voiles sont l’une des 88 constellations du ciel, visible essentiellement de l’hémisphère sud. Incluse à l’origine par...) dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d'où son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d'éperonnage grâce au rostre de bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en poésie et dans les textes littéraires, ainsi qu'en campanologie, où il...) monté sur sa proue (La proue est le nom donné à la partie avant d'un bateau ; le terme est aujourd'hui délaissé en faveur d'étrave, qui reste plus technique.), technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval (Naval est une municipalité de la province de Biliran sur l'île de Biliran aux Philippines.).

Les trières apparaissent en Ionie et deviennent le navire de guerre (Cet article décrit de manière générique le navire de guerre.) dominant en Méditerranée de la fin du VIe siècle av. J.-C. au IVe siècle av. J.-C. puis à nouveau, du fait de leur efficacité, sous l'empire romain jusqu'au IVe siècle.

La première et plus célèbre bataille navale de l'Antiquité utilisant des trières demeure celle de Salamine en 480 av. J.-C. qui met aux prises la flotte grecque, principalement athénienne, face à l'armada perse numériquement très supérieure. La victoire des Grecs sonne le coup d'arrêt de la deuxième expédition achéménide sensée venger l'affront de Marathon. D'autres batailles navales sont relatées en détail, notamment celle (bataille des Épipoles) où s'affrontent Athéniens et Syracusains dans le port de Syracuse en 413 av. J.-C. pendant la guerre du Péloponnèse.

Origines

Bas-relief représentant une trière, vers 410-400 av. J.-C., musée de l'Acropole d'Athènes
Bas-relief (Le bas-relief est un type de sculpture. Sa particularité est de ne présenter qu'un faible relief, d'être à plat, le sujet représenté ne se détachant que faiblement du fond. Il y reste engagé à mi-corps. On trouve souvent des bas-reliefs sur...) représentant une trière (Une trière ou trirème (en grec ancien Τρι?ρεις / Tri?reis), ce dernier terme étant l'appellation latine, est une galère de combat antique, développée à...), vers 410-400 av. J.-C., musée de l'Acropole ( Acropole (citadelle) Acropole (Athènes) en Grèce. ACROPOL est le système de communications radio de la Police nationale française depuis 1994 La Nouvelle Acropole est une association culturelle d'origine sud-américaine. ...) d'Athènes

L'époque d'apparition des trières n'est pas très bien connue. Thucydide[1] en mentionne les premières à Corinthe au VIIIe siècle av. J.-C. où, selon la tradition grecque, l'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être un...) naval Améinoclès en aurait construit quatre vers 704 av. J.-C., destinées aux Samiens.

Une telle croyance des Grecs est compréhensible par le fait qu'à cette époque les Corinthiens, profitant de l'emplacement avantageux de leurs cités qui contrôlent l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) de l'isthme (Un isthme est une étroite bande de terre, entourée de deux étendues d'eau, qui connecte deux grandes étendues de terre. Isthme se prononce « IS-me »...) reliant le Péloponnèse au reste de la Grèce, étendent leur domination commerciale grâce entre autres à leur flotte qui lutte activement contre la piraterie. Néanmoins cette information concernant Améinoclès est fortement sujette à caution et l'on se limite aujourd'hui à avancer le VIe siècle av. J.-C. comme date d'apparition de la trière dans l'espace grec, plus précisément en Ionie et peut-être introduite par un autre peuple (Le terme peuple adopte des sens différents selon le point de vue où l'on se place.).

Développement

C'est effectivement durant ce siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où...) que Samos développe sa puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) sur la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) Égée et il apparaît que ce n'est qu'en 525 av. J.-C. que les trières sont réellement utilisées au combat, lorsque le tyran de cette ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins de...), Polycrate, en aligne 40 pour une expédition contre l'Égypte qui est relatée par Hérodote[2]. Les années qui suivent voient en Grèce une généralisation (La généralisation est un procédé qui consiste à abstraire un ensemble de concepts ou d'objets en négligeant les détails de façon à ce qu'ils puissent être...) de l'utilisation de ce type de navire qui relègue les anciens vaisseaux longs de combat aux oubliettes[3].

À Athènes

Domination athénienne (en jaune) sur la mer Égée en 431 av. J.-C.
Domination athénienne (en jaune) sur la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) Égée en 431 av. J.-C.

Au début du Ve siècle av. J.-C. la flotte athénienne n'est presque encore équipée que de pentécontères et de triacontères[4], mais la guerre qu'elle mène à ce moment-là contre Égine et le danger perse qui subsiste après l'épisode de Marathon lui impose de moderniser ses navires. La découverte en 483 av. J.-C. à Maronée dans le Laurion d'un important filon d'argent (L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du latin Argentum — et de numéro atomique 47.) va lui en donner les moyens : c'est l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) suivante que le stratège Thémistocle parvient à convaincre sa cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes...) de cette nécessité et qu'il lance sur un peu plus de deux ans un vaste programme afin de renouveler la flotte, financé par le métal (Un métal est un élément chimique qui peut perdre des électrons pour former des cations et former des liaisons métalliques ainsi que des liaisons ioniques dans le...) extrait des mines :

" (...) Thémistocle convainquit les Athéniens de ne plus procéder à ces distributions et de se donner avec cet argent deux cent navires pour faire la guerre, — il s'agissait de la guerre contre Égine. "
(Hérodote, Enquêtes, VII, 144)

C'est ainsi qu'en 480 av. J.-C. à la bataille de Salamine, 150 des 310 trières alignées[5] par les Grecs sont athéniennes. Mais ces navires, parmi les premiers de ce type de la cité, ne sont " pas encore pontés sur toute leur longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme...)[4] " comme ce sera le cas un demi-siècle plus tard.

La rapidité de la trière, sa maniabilité (La maniabilité désigne la plus ou moins bonne aptitude d'un véhicule terrestre, naval ou aérien à réagir aux sollicitations de son conducteur ou pilote pour effectuer les manœuvres désirées.), sa solidité (toute relative) par rapport aux modèles antérieurs plus longs, sa facilité de construction font qu'elle est souvent considérée comme l'une des principales inventions du monde (Le mot monde peut désigner :) grec antique. Elle est sans conteste l'instrument qui permet à Athènes d'étendre son hégémonie sur mer au cours du Ve siècle av. J.-C.

Évolutions ultérieures

Maquette de trirème romaine
Maquette de trirème romaine

La flotte athénienne perd cependant sa supériorité en Sicile (La Sicile (Sicilia en italien) est une région autonome d'Italie et la plus grande île de la Méditerranée. Son chef-lieu est la ville de Palerme. Le...) face à Sparte et ses alliés lors de la bataille des Épipoles en 413 av. J.-C. durant la guerre du Péloponnèse, les trières restant toutefois toujours maîtresses des mers. Mais déjà Denys l'Ancien innove dès les premières années du siècle suivant en dotant Syracuse de tétrères et pentères plus grandes. Le premier déclin effectif des trières intervient lors de la période hellénistique, quand chaque nation d'importance construit des galères plus lourdes comme la quinquérème (Le quinquérème est un type de galère antique qui se caractèrise par la présence de cinq rameurs par section verticale, contrairement à la trière dont elle descend, ils ne manœuvrent pas...) qui s'appuient plutôt sur l'abordage et l'artillerie qui permettent de désorganiser les rameurs de l'adversaire. Les Romains perfectionnent alors cette technique avec l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) du corbeau.

Sesterce montrant Allectus, avec un bateau du port de Bononia, en Gaule
Sesterce montrant Allectus, avec un bateau (Un bateau est une construction humaine capable de flotter sur l'eau et de s'y déplacer, dirigé ou non par ses occupants. Il répond aux besoins du transport maritime ou fluvial, et permet...) du port de Bononia, en Gaule

La trière continue à être utilisée comme auxiliaire aux grosses unités et une fois l'Empire établi, redevient prédominante du fait de son plus faible coût, la maîtrise (La maîtrise est un grade ou un diplôme universitaire correspondant au grade ou titre de « maître ». Il existe dans...) des mers étant désormais assurée.

Au long des siècles, la trière connaît peu de modifications. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) au plus voit-on le pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant par-dessus cette séparation. Le franchissement supporte le...) courir sur toute la longueur du navire et des panneaux être fixés pour protéger les rameurs des vagues et des traits dès le Ve siècle av. J.-C.. On observe aussi que le gréement (Le gréement d'un navire à voile est constitué de l'ensemble des espars (mâts, bômes, tangons, etc.), manœuvres courantes (drisses, écoutes, etc.), manœuvres dormantes (étais, haubans, etc.) servant à régler, établir et...) est parfois composé d'un mât (Le mât est un espar vertical (mis à part le beaupré) servant à soutenir les voiles sur un bateau à voiles. De manière générale, c'est un pylône vertical.), d'autres fois de deux.

Au cours du IVe siècle elle cède la place aux liburnes, moins rapides mais encore plus légères et agiles[6] qui sont, elles, à l'origine des dromons byzantins.

Construction

Aucun texte ancien ne donne de description précise de la trière, que ce soit sur ses dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce de...), sa technique de fabrication comme de ses formes. Déjà à la fin du IVe siècle, soit à peine sept décennies après leur dernière utilisation avérée[7], une large part des connaissances est perdue :

" (...) mais il y a bien des années qu'on a oublié les méthodes de construction de la trière. "
(Zozime, Histoire romaine, V, 20)

Jusqu'au XIXe siècle, les spécialistes ont tenté d'imaginer comment pouvait être faites ces embarcations d'après les sources littéraires antiques, souvent interprétées. Depuis le XXe siècle, les historiens étudient de façon rigoureuse ces mêmes textes et s'appuient sur les dernières découvertes archéologiques. Ainsi, les céramiques peintes ou la mise à jour (Une mise à jour, souvent abrégé en MAJ ou MàJ, est l'action qui consiste à mettre « à jour », ou bien « à niveau », un outil informatique, un service ou une...) de bas-reliefs, ne donnant toujours qu'une vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) incomplète, permettent cependant d'infirmer ou confirmer les modèles proposés.

Dimensions et formes

Grâce à la mise à jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit...) en 1885 par Dragátsis et W. Dörpfeld de cales couvertes à Zéa, l'un des ports militaires du Pirée, et aux campagnes de fouilles qui y sont menées depuis 2000, nous avons enfin une idée assez précise des dimensions d'une trière.

Longue d'environ 36 m, elle a une largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la largeur est la plus petite...) hors-tout proche des 5 m. La hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) sous toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les intempéries et l'humidité.) des cales étant parfaitement connue (4,026 m), on estime celle de la coque hors de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) à 2,15 m. Le tirant d'eau est quant à lui faible, à peine 1 m comme l'attestent les textes qui mentionnent des hoplites venant de la plage (La Plage est un film anglo-américain réalisé par Danny Boyle en 2000 et adapté du roman The Beach d'Alex Garland) et embarquant sur les navires à flot :

" (...) les Messéniens se portèrent à l'aide, s'engagèrent en armes dans la mer et, étant montés à bord, purent, en se battant depuis les ponts, reprendre les bâtiments que déjà l'on était en train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs wagons (pour transporter des marchandises), et peut être...) d'enlever. "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 90, 6)

Cette capacité à s'approcher très près de la côte s'explique par un fond pratiquement plat, sans quille, qui a l'avantage de faciliter la mise au sec de l'embarcation (Une embarcation est un bateau de faible dimensions. Souvent non ponté, sa propulsion peut être à aviron, à voile ou à moteur. Généralement, une embarcation sert d'annexe à un bateau plus important, pour rejoindre la terre au mouillage et pour aider...), celle-ci restant sensiblement droite une fois sur la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la...) ferme. La forme arrondie de la poupe, caractéristique des navires antiques, aide aussi à cette manœuvre puisque la trière est disposée face à la mer. Des historiens[8] pensent d'autre part que cet arrière relevé serait la conséquence d'un choix technique dans la construction : les bordages sont rectangulaires (ils ne s'affinent pas à leurs extrémités) et obligent à les disposer de cette manière. La méthode d'assemblage de ces bordages, elle-même, ne fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui...) d'aucune certitude. Des spécialistes[9] supputent qu'ils sont joints et maintenus entre eux par un système de tenons et de mortaises[10], éventuellement renforcés par des chevilles.

Sur l'étrave (L'étrave est la pièce saillante de la coque d'un navire qui prolonge la quille vers l'avant. Plus généralement, l'avant, le nez, d'un bateau. La proue, terme désignant la meme pièce du navire, n'est plus...) est fixé un rostre de bronze destiné aux manœuvres d'éperonnage, tactique qui se généralise avec ce navire agile. Il est placé au niveau de la ligne de flottaison afin d'infliger de plus grands dégâts à l'adversaire pour le couler.

La question des parexérésiai

Les parexérésiai sont des pièces de bois longitudinales qui supportent les rames des thranites. Ce terme est équivalent aux apostis des galères des XVIIe et XVIIIe siècles[11]. En l'absence de références littéraires ou iconographiques précises, les historiens se sont jusque récemment contentés d'avancer des hypothèses. Il a ainsi longtemps été imaginé que la trière avait l'aspect d'une pentécontère à laquelle auraient simplement été rajoutés deux rangs de rameurs superposés, la coque étant sensiblement lisse à l'extérieur.

Par une nouvelle étude de l'ensemble des documents[12] et en s'aidant de l'expérience des galères modernes, on est presque certain à présent que ces parexérésiai sont renvoyés près d'un mètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international (SI). Il est défini, depuis 1983, comme la distance...) à l'extérieur de la coque, les bancs de nage des thranites se situant sensiblement au niveau des bordages inférieurs.

Les rames

La question de la position des parexérésiai est étroitement liée aux rames : si ces supports sont accolés à la coque, les avirons du rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du noyau d'une application linéaire définie sur...) le plus haut doivent avoir une longueur supérieure afin de pénétrer dans l'eau de la même manière et ne pas s'entrecroiser avec ceux des niveaux inférieurs. Or le général des galères de Louis XIV, Jean-Antoine de Barras de la Penne, affirme que des rames qui n'ont pas des dimensions identiques suivant les rangs ne permettent pas de maintenir la cadence. Cette nécessité, tirée de l'expérience, confirme donc le modèle adopté aujourd'hui des parexérésiai largement à l'extérieur de la coque.

Chaque rame est manipulée par un seul homme :

" L'idée était que chacun des marins prît sa rame, son coussin et sa courroie (...) "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 93, 2)

le coussin devant servir à l'assise et la courroie à maintenir l'aviron au niveau de l'apostis. Les rames, dont 30 supplémentaires à fin de rechange sont embarquées, ont une longueur de 4,17 m. Des auteurs antiques indiquent d'autre part qu'au centre du navire les matelots des trois rangs actionnent des avirons plus longs, mesurant 4,40 m.

La direction du navire, elle, se fait par le biais d'un gouvernail (Le gouvernail est une partie mobile d'un bateau, ou d'un avion.), sorte d'aviron à la forme différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie à l'aide de la trace, dans l'anneau des entiers...) qui est manœuvrée depuis le pont arrière. Au moins par mauvais temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), la trière est équipée de deux gouvernails, le second placé vers la proue :

" Dans les navigations maritimes, Chabrias voulant se munir contre les tempêtes, mettait dans chaque vaisseau un double gouvernail. En temps calme il n'employait que l'ordinaire mais quand la mer devenait grosse et agitée, il faisait planter l'autre à la proue en dehors des rameurs, de manière que le timon du gouvernail surpassât le tillac, et de cette sorte, quand les flots (Flots) élevaient trop la poupe, le vaisseau était gouverné à l'autre bout. "
(Polyen, Stratagèmes, III, 11, 14)

Ceci n'excluant pas de voir des navires avec deux systèmes de direction placés conjointement à l'arrière.

Les mâts et voiles

Si l'on sait que la trirème romaine dispose de deux mâts, le principal à la verticale (La verticale est une droite parallèle à la direction de la pesanteur, donnée notamment par le fil à plomb.) sensiblement au centre et un second à l'avant et incliné, les spécialistes ont des doutes en ce qui concerne la trière grecque.

Les deux voiles

Modèle en bois de trière grecque
Modèle en bois de trière grecque

D'après les textes de l'époque classique, ces navires embarquent deux voiles : la grand-voile (Sur un voilier, la grand-voile est:) de forme carrée soutenue par une vergue (Pièce de bois fixée au mât et qui porte une voile.) a environ 22 m de largeur et 8 m de hauteur, la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure...), l’akateion, restant toujours à bord, sert par gros temps ou à la fuite lors d'une bataille, surtout si la trière est incapable de manœuvrer à la rame suite aux dégâts qui lui ont été infligés. En prévision d'un combat naval, le gréement principal est effectivement déposé à terre, car trop encombrant dans l'embarcation exiguë, afin que la marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur les...) ne soit pas tributaire des caprices du vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur Neptune et sur Saturne. Il est essentiel à tous les phénomènes...).

Les incertitudes portent sur le second mât dont on ne sait quelle position il avait à bord : vertical (Le vertical (rare), ou style vertical, est un style d’écriture musicale consistant en accords plaqués.) à l'avant du grand mât, incliné comme sur les trirèmes romaines ou encore remplaçant le mât principal dans son orifice lors des assauts, J. Taillardat penchant pour cette option. Si l'une des deux premières hypothèses devait être véridique, on ne sait pas davantage si les marins utilisaient les deux voiles au même moment.

Quoiqu'il en soit, la petite voile et son mât sont délaissés à l'époque hellénistique puisqu'ils ne sont plus mentionnés dans les inventaires des arsenaux, conséquence peut-être du rôle secondaire joué par les trières au profit d'unités au tonnage plus important. Ils refont leur apparition sur les trirèmes romaines sur lesquels ils seront placés à l'avant au-dessus de la proue.

La navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :) normale

Ici aussi, les doutes subsistent : nous n'avons aucun détail sur les moyens mis en œuvre pour mouvoir le navire lors des navigations. Pour atteindre les performances annoncées par Xénophon[13], des historiens comme A. Cartault pensent que la voile est secondée par les rameurs, ces derniers ne pouvant physiquement soutenir seuls le rythme durant toute une journée et l'utilisation exclusive de la voile ne permettant pas d'atteindre cette vitesse (On distingue :).

Les performances

D'après des estimations fondées sur l'affirmation de Xénophon, on obtient une vitesse de 10 nœuds en navigation, ce qui n'est matériellement pas possible si un seul des moyens de propulsion (La propulsion est le principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force motrice l'énergie...) est mis en œuvre. Selon des calculs, on obtient effectivement un peu plus de 5 nœuds avec l'ensemble des matelots aux rames et environ 8 nœuds à la voile sous une jolie brise (vent de 20 à 28 km/h).

Au cours des traversées, les forces des rameurs sont par ailleurs économisées comme nous l'indique le même auteur :

" (...) si la brise était favorable, il mettait les voiles et faisait reposer ses hommes ; s'il fallait user de la rame, il faisait reposer ses matelots à tour de rôle. "
(Xénophon, Les Helléniques, VI, 2, 29)

Pour les performances de la trière lors des combats, donc mues par la seule force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les articles...) des bras, on peut imaginer, au vu de la vitesse atteinte par l'Olympias dans les années 1980–1990, qu'elle doit dépasser les 10 nœuds au moment du sprint (SPRINT est une méthode d'analyse de risque, créée en 1995 par Information Security Forum.) que représente l'éperonnage, la cadence des coups de rame augmentant lors de ces manœuvres.

Équipage

Le triérarque

Une trière athénienne est financée par un citoyen riche, pas obligatoirement un marin, membre de la classe des pentacosiomédimnes, et nommé " triérarque ". Il reçoit son navire de la cité et en est responsable devant elle, doit payer les éventuelles réparations et la solde de l'équipage quand la cité ne le peut pas. Il doit aussi le cas échéant faire face aux dépenses imprévues. Cette liturgie est donc la plus coûteuse qui soit, le triérarque jouissant en conséquence d'un prestige considérable auprès de ses concitoyens. Malgré cela, il semblerait que ce ne soit pas une charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être...) enviée au vu des vers qu'Aristophane met dans la bouche (La bouche (encore dénommée cavité buccale ou cavité orale) est l'ouverture par laquelle la nourriture d'un animal entre dans son corps. Le mot gueule...) d'Eschyle dans un passage des Grenouilles :

" Cela fait que pas un riche ne veut être triérarque,
mais s'enveloppe de haillons,
pleure et dit qu'il est pauvre. "
(Aristophane, Grenouilles, v. 1065-1066)

Après le Ve siècle av. J.-C., la triérarchie devient une charge financière trop pesante pour un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) et les triérarques commencent à se regrouper afin d'armer un navire.

Composition de l'équipage

Durant la guerre du Péloponnèse, la trière athénienne emporte en son sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un...) plusieurs classes bien distinctes de personnels :

  • un état-major dont le triérarque est à la tête, composé d'un capitaine (kybernétès), réel spécialiste des affaires maritimes à bord, secondé par un autre officier (proreus), trois maîtres d'équipages (deux toikharkhoi sous les ordres d'un kéleustès) et enfin d'un joueur d'aulos (trièraulès) pour marquer la cadence ;
  • 170 rameurs ;
Hoplite
Hoplite
  • 13 autres matelots servant aux manœuvres (gouvernail(s), voiles, manipulation du mât, etc.) et qui peuvent prêter main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce...) forte lors des abordages ;
  • 10 épibates, des hoplites, destinés à combattre lors des abordages, de débarquements ou servant à la protection du dispositif au mouillage.

Le total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme....) se porte donc à 200 hommes pour l'ensemble de l'équipage à cette période, ce qui est considérable pour un navire. Pour armer une flotte de 200 trières, il faut donc 40 000 citoyens : on peut prendre la mesure face à ce chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.) du désastre que représente pour Athènes la bataille d'Aigos Potamos en 405 avant J.-C. avec la perte, certes de 160 navires, mais surtout des équipages, pris et exécutés.

Le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'hommes à bord n'est cependant pas fixe et varie au cours des ans en raison du nombre d'épibates embarqués.

Les épibates

Cette infanterie de marine est ainsi plus nombreuse dans les premières années du Ve siècle av. J.-C. quand l'éperonnage ne s'est pas encore imposé en tant que standard dans le combat naval, comme par exemple durant les guerres médiques en 494 a. J.-C. lors de la bataille de Ladé :

" Ils [les gens de Chios] avaient amené […] cent navires qui portaient chacun quarante citoyens, combattants d'élite. "
(Hérodote, Enquêtes, VI, 15)

À quelques années de là, à Salamine, les nefs athéniennes portent 14 hoplites et 4 archers[14]. À ces soldats peuvent aussi être adjoints des combattants porteurs de javelot[15], mais la règle générale plus tard, même si elle peut varier, est cependant de 10 épibates et adoptée par l'ensemble de la Grèce :

" Les Lacédémoniens et leurs alliés envoyèrent, le même été, une flotte de cent navires dans l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif « insulaire » ; on dit aussi...) de Zacynthe, en face de l'Élide […]. Il y avait à bord mille hoplites lacédémoniens et le Spartiate Cnémos, alors navarque. "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 66, 1-2)

Issus comme les rameurs de la classe censitaire des citoyens les plus modestes, c'est-à-dire les thètes, les épibates n'ont pas à payer leur équipement de hoplite qui leur est fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus communément Fourni,...) par la cité, au contraire des fantassins combattant (Le Combattant (Betta splendens) est un poisson osseux appartenant à l'ordre des perciformes, de petite taille, dont la forme domestique existe dans différentes...) sur la seule terre ferme.

Les rameurs

Au Ve siècle av. J.-C. à Athènes, tant que la cité pouvait fournir la main-d'œuvre, c'est-à-dire jusqu'à la seconde phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) de la guerre du Péloponnèse, les rameurs étaient tous des citoyens libres, éventuellement renforcés par des métèques et rémunérés par une solde équivalente à celle des troupes terrestres, soit une drachme par jour au moment de l'expédition de Sicile à laquelle s'ajoutait, pour cette opération spécifique, une indemnité versée aux seuls thranites par les triérarques[16]. Ce sont donc des hommes motivés et entraînés qui prennent place sur les bancs de nage pour protéger les intérêts de leur cité, ce qui explique les performances que peuvent atteindre ces navires en terme de vitesse, de maintien de la cadence, de manœuvrabilité et de promptitude dans l'exécution des ordres.

L'agencement de la force vive au sein de la trière a longtemps été sujette à discussions parmi des spécialistes, point (Graphie) qui semble néanmoins faire à présent l'unanimité.

Au plus haut des trois niveaux prennent place sur des tabourets 31 thranites (thranitai) sur chaque bord, assis à 89 cm l'un de l'autre[17]. Afin que leurs rames n'interfèrent pas avec celles des niveaux inférieurs, ils sont installés dans un dispositif surélevé dépassant de la coque et largement ouvert au vent. Au rang intermédiaire et à l'intérieur de la coque sur les baux se situent 27 rameurs, appelés " zygites " (zygioi), légèrement décalés par rapport à leurs voisins supérieurs afin de profiter au mieux de l'espace vertical et qui passent leurs avirons par un arrangement (La notion d'arrangement est utilisée en probabilités, et notamment pour les dénombrements en analyse combinatoire.) de la coque en claire-voie (la claire-voie est un panneau vitré , souvent articulé , recouvrant une écoutille et permettant ainsi l'entrée d'air et de lumière du jour sous le pont d'un bateau. La claire-voie repose rarement directement sur le...). Au niveau inférieur, dans la cale, 27 " thalamites " (thalamioi), eux aussi décalés pour les mêmes raisons, actionnent leurs rames au travers de sabords de nage, des ouvertures circulaires situées à environ 45 cm de la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure, sa...).

La condition des rameurs à bord

Au vu de l'espacement longitudinal entre les hommes et de la hauteur hors de l'eau du bâtiment (environ 2,15 m), espace dans lequel doivent prendre place trois niveaux de rameurs sur leurs bancs, la trière est donc exiguë et particulièrement inconfortable lors d'une navigation qui peut durer " une longue journée[18] ", soit environ 16 heures. Aristophane fait dire à ce sujet par Dionysos, l'un de ses personnages :

" Oui, par Apollon ! Puis péter au nez (Le nez (du latin nasus) est chez l'homme la saillie médiane du visage située au-dessus de la lèvre supérieure et qui, en le surplombant, recouvre...) des thalamites,
embrener les camarades de gamelle […]
(Les Grenouilles, v. 1073-1074)

Quand la mer est grosse, en raison des deux rangs supérieurs exposés à tous les vents comme des sabords des thalamites disposés près de la surface, les embruns qui frappent les flancs du navire trempent les marins et pénètrent à l'intérieur où ils s'accumulent dans la sentine, le fond de la cale, ce qui alourdit l'embarcation.

À l'époque classique, on attribue au général athénien Chabrias la découverte de la solution pour remédier à ces problèmes :

" Chabrias voulant mettre ses rameurs à couvert des flots, pavoisa de peaux les côtés de ses galères, à la hauteur du pont ou du tillac où les gens de guerre avaient coutume de se tenir. De cette manière il défendit ses vaisseaux de la fureur des flots, et préserva l'équipage d'être mouillé. Outre cela les rameurs ne voyant plus les vagues, à cause de cette espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou dont il existe une multitude de...) de rideau, ne furent plus sujets à se lever de peur, et firent la manœuvre plus sûrement. "
(Polyen, Stratagèmes, III, 11, 13)

Employant ici un système mobile, les trières peuvent aussi être équipées de panneaux fixes et rigides offrant une meilleure protection contre les embruns et les traits ennemis. Celles bénéficiant de ce dispositif utilisé au moins dès la guerre du Péloponnèse[19] sont appelées cataphractes, par opposition aux galères aphractes qui en sont dépourvues.

Impact social

Le rôle grandissant de la classe sociale des thètes dans les affaires militaires au Ve siècle av. J.-C. n'est pas sans provoquer des bouleversements au niveau politique de la cité, principalement à Athènes où ces hommes sont l'instrument essentiel de ses succès sur mer : comme c'est le cas un siècle plus tôt avec les zeugites qui s'équipent à leurs frais en hoplites, unités terrestres décisives, les thètes voient leur rôle social croître.

Tactiques

Trière romaine sur une mosaïque tunisienne
Trière romaine sur une mosaïque tunisienne

Alors que jusqu'au VIe siècle av. J.-C., les batailles navales se limitent principalement à une manœuvre d'abordage et, une fois cela fait, à un combat d'infanterie embarquée se déroulant sur l'un ou l'autre des navires, l'utilisation du rostre, grâce à la manœuvrabilité de la trière, s'impose par la suite. D'autre part et à l'instar de ce qui se fait avec la phalange hoplitique à terre, le combat sur mer est mené en ligne. Au contraire, Athènes, exploitant au mieux les avantages procurés par cette embarcation, développe de nouvelles tactiques par le biais d'une disposition originale de la flotte rangée en colonnes ou tout au moins devient maîtresse dans l'utilisation de ces tactiques mal exploitées jusque là.

Durant la préparation à un combat, le gréement est déposé à terre car inutile à la manœuvre effectuée grâce à la seule force des bras. La trière se transforme alors en un navire redoutable car sa légèreté et ses rameurs la rendent indépendante du vent et lui fournissent la vitesse et la manœuvrabilité nécessaire pour utiliser l'éperon en bronze situé à la proue.

Ne dédaignant pas utiliser l'abordage quand l'occasion se présente afin de saisir le navire ennemi, l'éperonnage est cependant la base du combat des trières qui permet soit de couler, soit d'immobiliser l'adversaire en lui brisant ses rames sur un flanc. Mais cette manœuvre n'est pas sans dangers puisqu'un rostre, après avoir broyé le flanc de l'ennemi et si celui-ci coule rapidement, peut en restant accroché à la victime entraîner l'attaquant au fond. Il est donc essentiel pour ce dernier d'effectuer une rapide marche arrière afin de se dégager du péril, nécessitant pour cela une prompte réaction de l'équipage. Pour diminuer ce risque, un dispositif est rapidement développé afin d'éviter une pénétration trop profonde de l'éperon.

Toutes les tactiques navales élaborées à cette époque découlent du but recherché : l'éperonnage. On utilise alors :

  • le diekplous (" navigation à travers ") où l'on cherche à créer un trou dans la ligne adverse et attaquer ensuite par l'arrière. C'est la tactique maîtresse lors des combats.
Les trières sont disposées en colonnes, généralement deux, et lancées au travers de la flotte ennemie rangée en ligne. Au moment de passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) à côté d'un navire, les rames sont rapidement amenées à l'intérieur de la coque qui brise celles de l'adversaire, dégâts auxquels viennent s'ajouter ceux subis par les matelots sur leurs bancs de nage. Une fois la ligne adverse ainsi immobilisée et dépassée, les Athéniens peuvent facilement effectuer leur manœuvre d'éperonnage.
Cette tactique se révèle si efficace que trois siècles après sa mise au point, Polybe la considère encore la meilleure :

" Quant à effectuer des percées à travers la ligne ennemie pour revenir ensuite assaillir par-derrière les vaisseaux occupés maintenant à combattre d'autres adversaires — manœuvre particulièrement efficace dans les batailles navales —, les Romains étaient incapables de le faire à cause de la lourdeur de leurs navires et de l'inexpérience de leurs marins. "
(Polybe, Histoire, I, 1, 51, 9)

Cette tactique était déjà connue au moins des Phocéens à la fin du VIe siècle av. J.-C. mais peu pratiquée du fait d'une disposition originale de la flotte et d'un manque d'entraînement des matelots.
  • le kuklos qui est un cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance...) défensif, utilisé en cas d'infériorité numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information ayant été quantifiée et échantillonnée, par opposition à une information...).
Destiné à empêcher l'ennemi de créer une brèche ( La Brêche ou Brèche est une rivière française située dans le département de l'Oise. La brèche est une roche. La Brèche est la place centrale de la ville de Niort ) dans le dispositif grâce à la protection procurée par les rostres tournés vers l'extérieur, cette tactique est aussi parfois utilisée en cas de désavantage technique, dû aussi bien au matériel qu'aux capacités de l'équipage. Mal employée, elle peut se révéler désastreuse comme cela l'a été pour les Péloponnésiens en 429 av. J.-C. au large de Patras, pourtant numériquement bien supérieurs aux Athéniens mais mal préparés, comme le rapporte Thucydide :

" Les Péloponnésiens formèrent leurs unités en un cercle, aussi grand qu'ils pouvaient le faire sans prêter aux percées, avec, dehors, la proue, et la poupe au-dedans ; les embarcations légères qui les accompagnaient trouvèrent place à l'intérieur, ainsi que cinq trières particulièrement aptes à manœuvrer ; elles étaient ainsi tout près pour surgir à l'appui des autres là où pourrait donner l'adversaire.
Cependant, les Athéniens, rangés sur une seule file, décrivaient autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) d'eux des cercles et les enfermaient dans un espace réduit, en ne cessant de les longer au plus près et en suggérant l'impression d'une attaque imminente. […] Quand, cependant, vint le temps où le vent se mit à souffler, tandis que les navires, désormais enfermés sur un espace réduit, cédaient à la double action du vent et des embarcations légères, conjugués pour les mettre en désordre, qu'ils se heurtaient entre eux […] alors, saisissant ce moment précis, Phormion donna le signal ( Termes généraux Un signal est un message simplifié et généralement codé. Il existe sous forme d'objets ayant des formes particulières. Les signaux lumineux sont employés depuis la nuit des temps par les hommes pour...). "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 83, 5 ; 84, 1-33)

La suite n'est qu'une curée au milieu de la flotte désordonnée, incapable de combattre et qui tente de fuir.
  • le periplous ou enveloppement pour éperonner les ennemis sur le flanc ou l'arrière.
C'est la manœuvre utilisée avec succès par les Athéniens dans l'épisode mentionné ci-dessus. La flotte est disposée en colonne et effectue des cercles qui se resserrent autour des unités ennemies : la peur, l'impossibilité de se servir correctement des rames si les navires sont trop proches l'un de l'autre, les caprices du vent ou des courants entraînent un désordre que met à profit l'attaquant.
Une variante destinée à s'attaquer à une flotte déployée en ligne est d'effectuer un débordement par les ailes afin de prendre l'ennemi à revers, tactique similaire au but recherché lors d'un combat terrestre.

La réussite de ces manœuvres dépend principalement de la qualité et de la gestion des rameurs, ce qui permet d'aller plus vite que l'adversaire, mais aussi d'effectuer de brusques changements de direction et d'accélération (L'accélération désigne couramment une augmentation de la vitesse ; en physique, plus précisément en cinématique, l'accélération est une...) pour éperonner. On perçoit là toute la clairvoyance des stratèges athéniens qui ont su développer leur flotte, instrument de leur puissance, en n'employant à bord que des hommes libres rémunérés, gages de dévouement, discipline et motivation (La motivation est, dans un organisme vivant, la composante ou le processus qui règle son engagement dans une action ou expérience. Elle en détermine le...) lors des combats. Ce n'est que dans la seconde partie de la guerre du Péloponnèse, lorsque Athènes ne parvient plus à soutenir l'effort de guerre et se voit contrainte à utiliser des étrangers, voire des prisonniers de guerre pour armer ses navires, que l'efficacité de sa flotte chute et ne peut plus faire face aux forces adverses.

L'épisode tragique de Sicile, quand Nicias fait porter en 414 av. J.-C. à Athènes un message (La théorie de l'information fut mise au point pour déterminer mathématiquement le taux d’information transmis dans la communication d’un message par un canal de...) de demande de secours, est révélateur de l'état dans lequel se trouve la flotte :

" Quant aux équipages, s'ils se sont désorganisés et se désorganisent encore à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences (« heure...) actuelle, en voici la raison : parmi les matelots, les uns en allant au bois, à la maraude, ou faire de l'eau à distance, sont victimes de la cavalerie ; les esclaves [des services annexes], depuis que nos forces s'équilibrent, passent à l'ennemi ; et, pour ce qui est des étrangers, les uns, qui avaient été embarqués de force, à peine arrivés, se dispersaient dans les villes ; d'autres s'étaient laissé griser au début par la forte paye et croyaient plutôt devoir faire des affaires que se battre : depuis que, contre leur attente, pour la marine aussi bien que pour le reste, il y a résistance de l'ennemi, ceux-là s'en vont, les uns sous des prétextes de désertion, les autres chacun comme il peut, la Sicile est grande ! D'aucuns même, pour être libres de faire du commerce, ont embarqué à leur place, en gagnant les triérarques, des prisonniers d'Hyccara, et faussé ainsi complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant à l'utilisateur de...) l'organisme naval. "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, VII, 13, 2)

Et un peu plus loin :

" […] rares [sont] les matelots qui, après avoir donné l'impulsion au navire, maintiennent la cadence des rames. "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse VII, 14, 1)

Ces passages illustrent la profonde désorganisation qui règne au sein des équipages athéniens durant ces dernières années du conflit, accrue par de graves problèmes techniques de maintien en condition des navires.

Défauts de la trière

La trière n'est effectivement pas un navire solide et de ses qualités résultent aussi des défauts, nombreux.

Les défauts de la structure

Légère afin d'être rapide et agile, elle est en contrepartie fragile, surtout aux chocs latéraux, ce qui explique aussi la standardisation de la tactique d'éperonnage. Prompte à être construite, sa structure souffre lors d'une durée prolongée dans la mer qui provoque un travail du bois, déformant les bordages et a pour conséquence une perte d'étanchéité (L'étanchéité est le résultat de l'interdiction d'un passage. Ce terme général peut être compris dans de nombreux domaines.). De plus, c'est un navire qui vieillit mal et qui pourrit au bout de quelques années. Pour pallier ce défaut le bois employé pour construire les trières est du sapin (Les sapins sont des arbres conifères du genre Abies originaires des régions tempérées de l'hémisphère nord. Ils font partie de la famille des Pinaceae. Ils sont...) ou du pin (Pin désigne :) noir, imputrescibles, provenant de Macédoine. Le lin des voiles est lui-même importé d'Égypte. Le coût de fabrication est donc extrêmement élevé, les matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) utilisés étant rares et leur importation soumise à de multiples aléas.

Nicias, parti pour la Sicile avec des navires en parfaite condition, nous donne un aperçu de ces effets après un an de campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville,...) dans son même message aux Athéniens :

" … dans nos navires depuis si longtemps à la mer, l'eau suinte, et nos équipages sont désorganisés. Les navires, il ne nous est pas possible de les haler à terre pour les éventer, par la raison que ceux de l'ennemi, égaux sinon supérieurs en nombre, nous donnent sans cesse à prévoir une sortie. "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, VII, 12, 3-4)

Pour les raisons mentionnées plus haut, la trière doit donc souvent être tirée au sec afin de faire sécher le bois, opération facilitée par son fond pratiquement plat, mais qui fatigue prématurément la structure.

La trière sur mer

Cependant, cette forme de la coque, alliée à la légèreté de l'embarcation, fait qu'elle tient mal la mer en cas de tempêtes, or celles-ci sont fréquentes dans la mer Égée en août et septembre et expliquent les désastres que subissent des flottes entières prises dans la tourmente. Si le fond plat à faible tirant d'eau du navire favorise une rapide remise à l'horizontale de celui-ci par petite houle (La houle est un mouvement ondulatoire de la surface de la mer. C'est une oscillation sinusoïdale régulière qui est légèrement différente des vagues car la...), le résultat est dramatique si la gîte devient importante car le mouvement de bascule (Une bascule ou un basculeur est un circuit intégré logique doté d'une sortie et d'une ou plusieurs entrées. La sortie peut être au niveau logique 0 ou 1. Les changements d'état de...) ne peut plus être stoppé.

Quand les vents ne sont pas favorables, c'est aux hommes qu'il est fait appel pour atteindre la destination : la trière est effectivement incapable de louvoyer en raison de la piètre efficacité de son gouvernail. Ses faiblesses maritimes font qu'elle n'est donc pas destinée à naviguer en haute mer et se limite généralement au cabotage (Le cabotage désigne un genre de navigation maritime qui consiste à se déplacer de port en port en restant à proximité des côtes. Ce terme désigne initialement une activité de...).

Les limitations dues à l'exiguïté

Outre le fait qu'il faille faire sécher la trière, ses dimensions et son inconfort ne permettent pas à l'équipage d'y passer la nuit ni d'emporter d'importantes provisions de nourriture et d'eau, ce qui met un autre frein (Un frein est un système permettant de ralentir, voire d'immobiliser, les pièces en mouvement d'une machine ou un véhicule en cours de déplacement.) aux grandes expéditions sans s'être assuré au préalable des possibilités de relâche dans un port ami chaque soir. La traversée de l'importante flotte athénienne lors de l'expédition de Sicile en 415 av. J.-C. illustre les mesures prises afin de garantir la sécurité et la sûreté durant ces entreprises :

" Ils en firent trois divisions qu'ils répartirent entre eux au sort. Ils voulaient par là qu'au cours de la traversée, on ne manquât pas d'eau, de rades, de tout le nécessaire dans les escales. […] Après cela, ils dépêchèrent devant eux jusqu'en Italie et en Sicile trois navires, qui devaient s'informer des cités disposées à les accueillir : ordre avait été donné à ces navires de revenir les joindre pour que l'on n'abordât qu'à bon escient. "
(Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, VI, 42, 1-2)

Reconstructions modernes

Conceptions erronées jusqu'au XIXe siècle

Les auteurs antiques n'ayant pas laissé de description précise de la trière, on n'a encore aujourd'hui aucune certitude quant à la forme exacte de ce navire. Les dernières découvertes permettent cependant de rejeter certains modèles proposés par le passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au...).

Coupe erronée d'une trière
Coupe erronée d'une trière

Dans l'exemple ci-contre datant de 1883, on peut noter plusieurs erreurs résultant d'une mauvaise interprétation des textes ou d'une étude trop peu approfondie de l'iconographie disponible (ou non encore découverte à l'époque) :

  • Assise des rameurs. Seuls les thranites sont installés sur des tabourets (thranos), les deux autres rangs prenant place sur des baux ;
  • Disposition des rameurs du plus haut au plus bas placés de l'intérieur vers l'extérieur, ce qui obligerait à utiliser des rames de longueurs différentes comme montré sur la figure ;
  • Rames de longueurs différentes. Barras de la Penne précise que cet agencement n'est pas viable pour maintenir une même cadence entre les rangs ;
  • Les parexérésiai des thranites sont disposés le long de la coque. Les points précédents ne peuvent s'expliquer qu'avec une large avancée de part et d'autre du bordage pour supporter les rames du rang supérieur ;
  • Pont supérieur complètement fermé. Les ordres ne peuvent être transmis efficacement. Pour cela, le pont médian de circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.), sans toit, est au niveau de l'assise des zygites.

Même au XXe siècle on peut encore voir circuler des dessins erronés de trière[20] ne tenant pas compte de toutes les sources disponibles.

L'Olympias

En 1985, une association se crée pour reconstruire un trière athénienne, financée par le banquier britannique Frank Welsh. Sous la direction de deux historiens, J. S. Morrison et John F. Coates, qui utilisent les résultats des fouilles archéologiques, une galère nommée l'Olympias est lancée au chantier naval du Pirée.

En 1988, les premiers essais sont menés avec 170 rameurs volontaires : l'Olympias parvient à atteindre neuf nœuds, mais seulement sur quelques dizaines de mètres. D'autres essais sont menés jusqu'en 1994. Les résultats des essais semblent confirmer la disposition avec trois avirons mûs chacun par un rameur, le manque d'expérience de l'équipage et sa plus grande taille moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres...) (environ 20 cm) que celle des rameurs de l'époque empêchant cependant de reproduire les performances de leurs navires. En 2004, l'Olympias transporta la flamme olympique lors de la cérémonie d'ouverture des jeux.

Sources

Antiques

Contemporaines

  • Pierre Ducrey, Guerre et guerriers dans la Grèce antique, Hachette Littératures, coll. Pluriel, Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre...), 1999 (réédition) (ISBN 2012789862).
    À noter une confusion par P. Ducrey (ou une erreur à l'impression ?) entre les zeugites, la troisième classe sociale de citoyens à Athènes, et les zygites qui sont effectivement les rameurs du deuxième rang, mais appartenant à la classe des thètes, plus modeste.
  • Jean Taillardat, " La Trière athénienne et la guerre sur mer aux Ve et IVe siècles ", 1968, dans Jean-Pierre Vernant, Problèmes de la guerre en Grèce ancienne, éditions de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, coll. " Points ", s.l., 1999 (réédition) (ISBN 2020386208).
  • (en) J. S. Morrison et R. T. Williams, Greek Oared Ships: 900-322 BC, Cambridge University Press, 1968.
  • (en) J. S. Morrison, Greek Naval Tactics in the 5th Century BC, International Journal of Nautical Archaeology and Underwater Exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) 3(1):21-26, 1974.
  • (en) Vernon Foley et Werner Soedel, Ancient Oared Warships, Scientific American 244(4):116–129, April 1981.
  • (en) Fik Meijer, A History of Seafaring in the Classical World, Croom and Helm, 1986.
  • (en) J. S. Morrison and John F. Coates, Athenian Trireme: the History and Reconstruction of an Ancient Greek Warship, Cambridge University Press, 1986.
  • (en) John F. Coates, The trireme sails again, Scientific American 261(4):68–75, April 1989 ;

Notes

  1. Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse [détail des éditions] [lire en ligne], I, 13, 3.
  2. Hérodote, Enquête [détail des éditions] [lire en ligne], III, 44.
  3. Thucydide, I, 14, 2.
  4. ab Thucydide, I, 14, 3.
  5. Chiffres qui varient suivant les sources. D'après Hérodote (Enquête, VIII), Athènes fournit 180 trières (44) sur un total de 378 (48). Quel que soit le chiffre retenu, les auteurs s'accordent sur le fait que les trières athéniennes représentent la moitié des galères de ce type présentes lors de la bataille.
  6. Zozime, Histoire romaine, V, 20.
  7. En 323, une bataille navale entre Constantin Ier et Licinius sonne le glas de la trière.
  8. M. P. Adam, J. Taillardat.
  9. J. Taillardat.
  10. Technique connue depuis l'époque homérique.
  11. Pour les termes techniques des galères modernes, voir le site de l'Association lémanique de soutien à la construction et à l’exploitation de " Port-Village " et de " La Liberté " suisse.
  12. La source iconographique la plus précise est le bas-relief Lenormant datant de la fin du Ve siècle av. J.-C.
  13. Anabase, VI, 4, 2.
  14. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Thémistocle, 14.
  15. Thucydide, I, 49, 1.
  16. Thucydide, VI, 30, 3.
  17. Vitruve : deux coudées, confirmé par le bas-relief Lenormant découvert sur l'Acropole d'Athènes.
  18. Xénophon, Anabase, VI, 4 , 2.
  19. Thucydide, I, 10, 4.
  20. Voir une coupe erronée : fond du navire arrondi, le pont central devrait être au niveau des zygites, les thalamites étant eux dans la cale.
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