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La Mikado 141 R fut un type de locomotive à vapeur dit unifiée de la SNCF qui fut largement utilisée sur l'ensemble du réseau français de 1945 à 1974. Cette machine fut également à l'origine de changements dans le travail des cheminots, en rompant l'association locomotive-mécanicien-chauffeur : les équipes de conduite ne sont plus titulaires d'une machine qui leur est attribuée mais peuvent conduire n'importe quelle machine ; on appelle cela la conduite en banalité.
À la fin de la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure d'angle...) Guerre mondiale, le déficit en locomotives et l'incapacité de l'industrie française, en cours de reconstruction, à livrer rapidement un grand nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) de machines neuves imposa diverses commandes aux constructeurs américains et canadiens.
C'est la firme Baldwin Locomotive Works (Baldwin Locomotive Works était un constructeur américain de locomotives.), qui dans l'urgence de l'époque dessina les plans de ces machines, en modifiant pour le réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle...) français une locomotive qui circulait déjà depuis plusieurs années aux états-unis, la Mikado USRA modèle léger. Les principales adaptations portèrent sur la mise au gabarit SNCF, l'attelage (Le terme attelage désigne:) à tendeur avec les tampons, les écrans pare-fumée, le poste de conduite côté gauche, une porte de boîte à fumée à volant de fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) central puis de type Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), avec l'échappement Kylchap (Kylchap est le nom donné à un échappement particulier de locomotive à vapeur, issu des noms de ses inventeurs : l'ingénieur finlandais Kylälä et l'ingénieur français André Chapelon.) sur les machines de la seconde tranche. Ce choix technologique qui bousculait le conservatisme industriel ferroviaire français de l'époque, allait se révéler judicieux.
C'est ainsi qu'une commande (Commande : terme utilisé dans de nombreux domaines, généralement il désigne un ordre ou un souhait impératif.) de 700 locomotives tous services (mixtes) fut passée en février 1945 pour constituer la première tranche : les 141 R 1 à 700. Ce sont les firmes American Locomotive Company (La société American Locomotive Company, plus souvent appelée Alco, est un constructeur de locomotives des États-Unis d'Amérique.) à Schenectady (New York), Baldwin Locomotive Works à Philadelphie (Philadelphie (en anglais Philadelphia) est une ville de l'État de Pennsylvanie, aux États-Unis. Quatrième agglomération du pays, Philadelphie comptait 1 463 281 habitants dans la ville même et 5 976...) (Pennsylvanie), et Lima Locomotive Works (La société Lima Locomotive Works a été une société américaine de construction de matériels ferroviaires de 1877 à 1958.) à Lima (Lima est la capitale et la plus grande ville du Pérou (2005: 8 393 728 habitants). Elle est située sur la côte ouest du pays près du port de Callao. Environ un tiers de la population vit dans des bidonvilles.) (Ohio) qui se chargèrent de la construction. Une fois le financement rendu possible, la seconde tranche, les 141 R 701 à 1340, est commandé auprès des mêmes firmes, secondées par des constructeurs canadiens : Montreal Locomotive Works à Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des...) (Québec) et Canadian Locomotive Company à Kingston (Ontario). Ces machines étaient alors majoritairement prévues pour être chauffées au fuel (fuel lourd préchauffé) et non au charbon comme les précédentes. Les 604 machines au fuel assurèrent un meilleur service et furent de ce fait plus sollicitées que celles au charbon.
L'introduction massive (Le mot massif peut être employé comme :) de machines chauffées au fuel s'explique également par le fait que dans l'immédiat après-guerre, le charbon de qualité était très demandé et que la SNCF en consommait annuellement 9 millions de tonnes. Le fuel permettait donc des économies de charbon, même si dans de nombreux dépôts il s'agissait d'une véritable révolution. L'autonomie permise par le fuel (700 km au lieu de 400 km) explique aussi l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) plus intensif des machines. Les vaporistes parlent de "mazoutières" ou de "charbonnières" selon le combustible (Un combustible est une matière qui, en présence d'oxygène et d'énergie, peut se combiner à l'oxygène (qui sert de comburant) dans une réaction chimique générant de la chaleur : la combustion.) employé; les machines chauffées au fuel, étaient aussi surnommées "les goudronneuses" par les équipes de conduite.

Après le second conflit mondial, les constructeurs américains qui furent "boostés" par l'effort de guerre, se retrouvèrent à la tête de moyens de production trés modernes. L'organisation (Une organisation est) des chaînes de montage des locomotives s'apparentaient à ce qu'il se faisait dans l'industrie automobile (Une automobile, ou voiture, est un véhicule terrestre se propulsant lui-même à l'aide d'un moteur. Ce véhicule est conçu pour le transport terrestre de personnes ou de marchandises, elle est...). C'est ainsi que de juillet 1945 à mai 1946 les 700 141 R de la première tranche ont été construites en onze mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) seulement. On peut cependant observer d'importants écarts sur le nombre de machines produites mensuellement. Si le gros de la production démarra vraiment en septembre, il atteindra son point (Graphie) culminant pendant les mois de octobre novembre décembre et janvier, pour ralentir fortement en février et mars, et enfin reprendre jusqu'à mai, soit une moyenne (Il y a plusieurs façon de calculer une moyenne d'un ensemble de nombres. Celle qu'il convient de retenir dépend de la grandeur physique que représentent ces nombres. Lorsque,...) de près de trois locomotives par jour ! A titre de comparaison (toute relative, l'industrie française étant trés affaiblie après la guerre) il aura fallu quatre ans, de juin 1948 à juillet 1952, au constructeur Schneider pour livrer les trente-cinq 241 P (Les Mountain de la série 241 P sont des locomotives à vapeur unifiées de la SNCF mises en service entre 1948 et 1952. Ces locomotives de type compound à quatre essieux moteurs accouplés ont servi...) à la SNCF.
La première locomotive, la 141 R 1 construite par Lima, sortit des ateliers le 30 juillet 1945. La 141 R 466 fut la première à être débarquée en France le 17 novembre 1945 au port de Marseille. La dernière de la série, la 141 R 1340, sortit des ateliers de la Canadian Locomotive Company en juillet 1947 et fut débarquée le 5 septembre 1947 au port de Cherbourg. Dix-sept locomotives (les 141 R 1220 à 1235 et la 141 R 1241) disparurent en mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) lors du naufrage du navire (Un navire est un bateau de fort tonnage, ponté et destiné à la navigation en pleine mer, c'est-à-dire lorsqu'il est prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer les règlements...) norvégien Belpamela, le 11 avril 1947, pris dans une violente tempête au large de Terre-Neuve. De ce fait, sur les 1340 locomotives commandées intialement, seulement 1323 entrèrent en service sur le réseau français.
Pour la SNCF, ce type de machine constituait une petite révolution : à simple expansion et très évoluées du point de vue constructif, les 141 R 1101 à 1340 furent les seules locomotives à vapeur () de la SNCF à être entièrement équipées de roues (La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par son centre.) Boxpok et de roulements à rouleaux sur tous les essieux moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique ou travail.[réf. nécessaire]) et accouplés, ainsi que d'un châssis (Un châssis est un cadre rigide ou mobile fait d'une matière résistante, destiné à entourer ou supporter quelque chose.) monobloc quasiment indéformable. Quand aux châssis en barres, et aux coussinets des boîtes d'essieux des 141 R 1 à 1100, ils se révélèrent tout aussi irréprochables, ce qui en firent à la fois des machines performantes et d'un entretien économique. Pour les 141 R 1101 à 1340, le kilométrage maximum parcouru entre deux grandes révisions (levages), fut poussé jusqu'à 230 000 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299 792 458 seconde.). Faciles à conduire, elles offraient un confort relatif mais nouveau aux mécaniciens et aux chauffeurs. Les abris étaient de véritables cabines de conduite fermées, dotées d'un confort et d'une ergonomie jusqu'alors inconnus à la SNCF: conduite et chauffe assises sur des fauteuils avec les appareils de commande à portées de mains, alimentation automatique (L'automatique fait partie des sciences de l'ingénieur. Cette discipline traite de la modélisation, de l'analyse, de la commande et, de la régulation des systèmes...) en charbon grâce au chargeur mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres...) stoker, et chauffe au fuel encore plus aisée avec la commande du régulateur de mazout. Elles furent "banalisées" c’est-à-dire non liées à une équipe particulière.
C'est le 19 octobre 1975 que circula la dernière 141 R encore en service à la SNCF, la 141 R 1187 du dépôt de Vénissieux, en assurant un train (En transport ferroviaire, un train consiste en une suite de véhicules qui circulent le long de guides pour transporter des voyageurs ou des...) spécial aller et retour entre Lyon et Veynes. Quatre machines du dépôt de Narbonne furent louées aux chemins de fer grecs de novembre 1973 à avril 1974.
12 locomotives 141 R sont aujourd'hui préservées. Parmi elles, se trouvent en état de marche :
Deux machines circulent en Suisse : les 141 R 568 (charbon) ex CITEV, et 1244 (fuel). Trois autres y sont stockées en pièces détachées : les 141 R 73 (charbon), 1207 (charbon) et 1332 (fuel) après la faillite de l'entreprise chargée de leur restauration.
Les trois machines restantes, les 141 R 1108 (fuel) propriété de la SNCF, à Breil-sur-Roya, 1187 (fuel) propriété de la SNCF, à la Cité du train de Mulhouse et 1298 (fuel) propriété de la SNCF, à Miramas, sont préservées à l'abri, mais hors d'état de circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.).
La 141 R 568
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face avant |
côté gauche |
face avant |
vue arrière du tender |
![]() La 141 R 1199 au dépôt de Villeneuve-Saint-Georges le 05/05/2007. |
![]() La 141 R 1199, une 141 R dans sa version la plus aboutie (Villeneuve-St-Georges 05/05/2007). |
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![]() Le tender fuel 30 R 840 (Pithiviers 25/06/2000). |
![]() Première version des 141 R, la 141 R 568, à Gray le 27/11/1981. |
![]() Détails d'une 141 R de la première tranche (141 R 568, Gray 27/11/1981). |
![]() La 141 R 568 fut remise en service dès 1981 (Gray 27/11/1981). |
Les 141R ont fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par...) de nombreux ouvrages, parmi ceux-ci:
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