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Numération grecque

Cet article fait partie de la série
Systèmes de numération
Notations Notions
  • Additive
  • Hybride
  • Positionnelle
  • Base
  • Chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.)
  • Nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».)
Numérations
Additives Positionnelles
  • arabe
  • arménienne
  • ionienne
  • copte
  • cyrillique
  • égyptienne
  • éthiopienne
  • gotique
  • grecque
  • hébraïque
  • romaine
  • tchouvache
  • à bâtons
  • babylonienne
  • chinoise
  • indienne
  • japonaise
  • maya
  • moderne
  • mongole
  • thaï

La numération grecque (La numération grecque de l'Antiquité était double : on pouvait écrire les chiffres et les nombres soit au moyen de signes dits « acrophoniques » parce qu'ils représentaient grosso...) de l'Antiquité était double : on pouvait écrire les chiffres et les nombres soit au moyen de signes dits " acrophoniques " parce qu'ils représentaient grosso modo la première lettre de leur nom en grec ancien soit par des lettres, comme la numération hébraïque (En hébreu, les lettres ont une valeur numérique et peuvent être utilisés pour compter. Cela s'appelle la «guématria», du grec «geometria». La numérotation alphabétique est à base 10. Elle utilise...) ou arabe. Actuellement, ce sont les chiffres arabes (Les chiffres arabes, qui furent d'abord utilisés en France puis dans toute l'Europe et enfin dans le monde entier, ont été empruntés aux Arabes, qui les avaient eux-mêmes empruntés aux Indiens.) que l'on utilise le plus fréquemment en Grèce.

Numération acrophonique

Dès le Ve siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait...) avant l'ère chrétienne, en Attique, région d'Athènes, apparaissent des chiffres dont chaque signe (à l'exception de celui pour 1) n'est autre que la première lettre du nom du nombre, tracé dans l'alphabet local athénien[1], à savoir : Ι pour 1 (un trait ; seul chiffre qui n'est pas lié au nom du nombre), Γ pour 5 (ΓΕΝΤΕ, π?ντε, pénte)[2], Δ pour 10 (ΔΕΚΑ, δ?κα, déka), Η pour 100 (ΗΕΚΑΤΟΝ, ?κατ?ν, hekatón)[3], Χ pour 1 000 (ΧΙΛΙΟΙ, χ?λιοι, khílioi) et Μ pour 10 000 (ΜΥΡΙΟΙ, μ?ριοι, múrioi). C'est pour cette raison qu'on parle d'une numération acrophonique.[4] La notation des nombres suivait le principe additif que l'on retrouve dans les chiffres romains. Ainsi, 3 s'exprimait par ΙΙΙ, 9 par ΓΙΙΙΙ, 400 par ΗΗΗΗ, etc.

Il existait des signes notant des valeurs intermédiaires, représentés par une ligature des deux chiffres fondamentaux pour :

  • 50 → image:Grec_50.png (Γ×Δ) ;
  • 500 → image:Grec_500.png (Γ×Η) ;
  • 5 000 → image:Grec_5000.png (Γ×Χ) ;
  • 50 000 → image:Grec_50000.png (Γ×Μ).

Chacun de ces chiffres est composé de celui pour 5 auquel on a souscrit celui du multiplicateur.

Unicode réserve des emplacements spécifiques pour ces chiffres. On ne pourra les visualiser ci-dessous que si l'on utilise une police de caractères les contenant, comme ALPHABETUM Unicode, Cardo ou New Athena Unicode : ? (5), ? (50), ? (500), ? (5 000) ? (50 000).

Presque exclusivement épigraphique, ce système numéral s'est surtout utilisé pour indiquer des prix et des mesures. Bien que s'étant étendu, en raison du rayonnement (Le rayonnement est un transfert d'énergie sous forme d'ondes ou de particules, qui peut se produire par rayonnement électromagnétique (par exemple : infrarouge) ou par une désintégration (par exemple : radioactivité α). Par...) d'Athènes, à d'autres cités grecques (avec de nombreuses variantes locales, selon les alphabets épichoriques), il a été détrôné par le système alphabétique.

Numération alphabétique

Ce système existe encore aujourd'hui en Grèce, à la manière des chiffres romains dans les pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus...) de langues romanes. Elle utilise, outre les lettres courantes de l'alphabet grec, trois lettres archaïques, digamma (tracé le plus souvent comme un stigma), koppa (distinct du koppa littéral ancien) et sampi (évolution d'une lettre plus ancienne). Purement additive, cette numération ne nécessite pas l'utilisation du zéro (Le chiffre zéro (de l’italien zero, dérivé de l’arabe sifr, d’abord transcrit zefiro en italien) est un symbole marquant une position...). Cependant, le calcul basé sur ces écritures est impossible : les anciens Grecs utilisaient des jetons placés sur des abaques, de bois ou de marbre (Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter...), partagés en colonnes.

Histoire

La numération alphabétique est plus récente que la numération acrophonique. Elle a été introduite à Athènes en même temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) que l'adoption du modèle ionien de Milet, en -403. Elle est cependant bien plus ancienne puisqu'on en trouve des attestations à Milet vers -700. On la nomme pour cette raison aussi " numération milésienne " ; l'alphabet de Milet, devenu " classique " grâce à Athènes, n'utilisait pas les trois lettres supplémentaires mentionnées dans l'écriture des mots : leur maintien dans la numération est donc un archaïsme qui s'explique par la nécessité d'avoir à disposition trois fois neuf signes différents.

Ces signes, évoluant avec le temps, se sont transmis à d'autres écritures ayant emprunté le reste des lettes grecques : l'alphabet copte, l'alphabet gotique et l'alphabet cyrillique.

Liste des signes

Chiffre grec Valeur
α 1
β 2
γ 3
δ 4
ε 5
? (stigma στ?γμα) ou ? (digamma δ?γαμμα) 6
ζ 7
η 8
θ 9
    
Chiffre grec Valeur
ι 10
κ 20
λ 30
μ 40
ν 50
ξ 60
ο 70
π 80
? (koppa κ?ππα) 90
    
Chiffre grec Valeur
ρ 100
σ 200
τ 300
υ 400
φ 500
χ 600
ψ 700
ω 800
? (sampi σ?μπι) 900
    
Chiffre grec Valeur
1000
2000

Usages

Dans l'Antiquité, l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) était de surligner les lettres utilisées pour leur valeur numérale afin de les isoler du reste du texte. Cette numération s'étant transmise à certains alphabets dérivés du grec, c'est encore le cas en copte, et ce le fut mutatis mutandis en gotique et en cyrillique utilisé en vieux slave. Parfois, les lettres sont aussi soulignées. En vieux slave, la barre de surlignement est devenue un tilde nommé titlo. Les dizaines suivent les unités jusqu'à dix-neuf inclus.

Lorsque les textes ont été imprimés, et ce pour des contraintes typographiques principalement, le surlignement s'est mué en un signe unique — placé à droite des lettres numériques — ressemblant à un accent aigu. Ce signe, nommé κερα?α keréa " corne " est codé indépendamment par Unicode et porte le numéro U+0374 (" signe numéral grec "). De nombreux éditeurs ont confondu la κερα?α avec l'accent aigu ou l'apostrophe, ce qui est sémantiquement incorrect.

Ainsi, le nombre 11 s'écrivait ΑΙ?, avec la κερα?α, αι?. La κερα?α est remplacée pour les nombres supérieurs à 999 par un autre caractère se plaçant à gauche, l'αριστερ? κερα?α aristerí keréa " corne placée à gauche " : ?. Parfois, les deux κερα?ες sont employées conjointement.

Enfin, la lettre ? (stigma στ?γμα) n'étant plus employée aujourd'hui, le chiffre 6 correspondant est très souvent remplacé par le digramme " στ ".

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Exemple
Valeur Chiffres grecs
28 κη?
750 ψν?
4094 ?δ?δ

Descendance

La numération alphabétique grecque a donné naissance, directement ou non, aux numérations alphabétiques suivantes :

  • numération gotique (La numération gotique est un système de numération alphabétique directement inspiré de celui des Grecs et utilisé par les Goths (Germains orientaux) dans leur langue, le gotique,...)
  • numération copte
  • numération slave (A supprimer)
  • numération éthiopienne

Notes

  1. Lequel a été, en -403, remplacé par un autre modèle dans lequel certaines lettres ont changé de tracé et/ou de valeur.
  2. Le π? p? athénien se traçait comme un Γ γ?μμα gámma actuel et non Π. On a, dans ce document (Dans son acception courante un document est généralement défini comme le support physique d'une information.), utilisé le gamma capital pour représenter le pi athénien.
  3. Le Η athénien notait encore /h/ et non /??/.
  4. Terme désignant en principe le procédé par lequel on nomme un signe alphabétique au moyen d'un mot débutant par la lettre en question.
Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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