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Géographie
Vermeer, Le Géographe, 1669, conservé au Städelsches Kunstinstitut, à Francfort-sur-le-Main
Vermeer, Le Géographe, 1669, conservé au Städelsches Kunstinstitut, à Francfort-sur-le-Main

D'un point de vue étymologique, la géographie est l'étude de la surface de la Terre. Le mot, inventé par Ératosthène pour un ouvrage aujourd'hui perdu, provient du grec ancien "η γη" (hê gê) la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...) et "γραφειν" (graphein) écrire. Pour les Grecs, c'est la description rationnelle de la Terre. Il s'agit d'une science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances,...) qui répond à une curiosité nouvelle, et qui va déterminer la géopolitique (La géopolitique désigne tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d’influence sur des territoires et les populations qui y vivent, c'est-à-dire l'étude des...) en définissant les territoires à conquérir et à tenir. Pour Strabon, c'est la base de la formation de celui qui voulait décider.

Aujourd'hui, la géographie (La géographie (du grec ancien γεωγραφία - geographia, composé de "η γη" (hê gê) la Terre et...) est une science sociale, comme la sociologie ou l'économie. C'est la science qui étudie l'espace des sociétés, ou la dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce de révolution.) spatiale du social, c'est-à-dire la façon dont les sociétés établissent les distances qui séparent leur composants (individus, entreprises, États, ressources, etc).

Longtemps les géographes se sont posé quatre questions majeures lorsqu'ils regardaient la Terre, s'inscrivant en cela dans une démarche descriptive et analytique :

  1. Qui : Les individus/les sociétés produisent leur espace avec leurs valeurs, leurs modes de vie (La vie est le nom donné :). C'est la géographie des aires (Aires (en espagnol, les airs) est une compagnie aérienne intérieure de Colombie.) culturelles, qui cherche à montrer le particulier.
  2. Quoi : L'impact de ces hommes, qu'il soit économique, social, ou environnemental, produit de leurs institutions, de la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...), des techniques, des échanges ou encore de l'exploitation des ressources naturelles ;
  3.  : Le lieu de ces activités humaines ; plus généralement la raison des localisations.
  4. Quand : La période historique où les individus ou les sociétés produisent des espaces qui s'ajoutent ou concurrencent les précédents. Cette question traduisant du reste la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus...) de subordination de la géographie vis-à-vis de l'histoire, à laquelle elle fournissait un décor.

La géographie du début du 20e siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où peut être l'âge du...) a beaucoup changé, pour dépasser cette approche analytique et essayer de saisir la manière dont les sociétés jouent de l'espace pour s'organiser et se structurer. La question fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.) de la géographie contemporaine est la suivante : "Y a-t-il de la distance ?" Si, pour une problématique donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) (emploi, logement, accès aux ressources naturelles, tourisme…), la réponse est positive, alors cela signifie que l'approche géographique est à ce sujet pertinente. Dès lors, il convient de s"interroger dans cette perspective que la place faite aux grandes forces qui travaillent la société : l'individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).), les communautés, les pouvoirs, la technique, la Nature…

Des question complexes se font alors jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...), combinant les dimensions de la société sous l'angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) géographique (pourquoi ? - Les objectifs des individus/des sociétés ; comment ? - Les relations du pouvoir dans l'espace ; Jusqu'où ? - Les limites, les discontinuités, les seuils...)

L'approche géographique d'un phénomène ne se limite pas uniquement à l'utilisation de la cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la...) - l'étude des cartes. La grille ( Un grille-pain est un petit appareil électroménager. Une grille écran est un élément du tube de télévision. Une grille d'arrêt est un élément du tube de télévision. Une grille de...) de questionnement, associée à la cartographie, permet d'ajuster l'analyse de l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par...) - l'espace - et d'expliquer pourquoi on trouve tel ou tel phénomène ici et pas ailleurs.

La géographie s'applique donc à déterminer les causes, aussi bien naturelles qu'humaines ; et lorsqu'ils observent des différences, leurs conséquences.

Principales branches

Académiquement en France, on distingue 3 paradigmes :

  • La géographie physique (La géographie physique est la branche de la géographie qui décrit la surface de la Terre et qui ne s'intéresse pas directement aux activités humaines. C'est donc par définition une science de la nature. On parle aussi de géographie des...) (on parle aussi de géographie des milieux), science de la nature et de la Terre qui comprend :
    • biogéographie (La biogéographie est une branche de la géographie physique et de l'écologie qui étudie la vie à la surface du globe par des analyses descriptives et explicatives de la...), science récente à la croisée (Croisée peut désigner :) de la biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle des...), de la botanique, de la climatologie, de la pédologie, de la zoologie et de l'écologie
    • climatologie, avec des éléments de météorologie et de statistique (Une statistique est, au premier abord, un nombre calculé à propos d'un échantillon. D'une façon générale, c'est le résultat de l'application d'une méthode statistique à un ensemble de...)
    • géomorphologie, mêlant géologie et géophysique
    • hydrologie, continentale et marine, avec l'océanographie (L’océanographie (de « océan » et du grec γρ?φειν / gráphein, écrire) est l'étude des océans et des mers...)
    • paléogéographie
    • pédologie, avec des éléments d'édaphologie et de géomorphologie
  • La géographie humaine (La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.), science humaine qui comprend :
    • géographie culturelle (La géographie culturelle est la branche de la géographie humaine qui s'intéresse aux rapports entre les sociétés, les groupes et leur environnement, elle est apparentée à l'anthropologie.)
    • géographie économique
    • géographie politique (La notion de géographie politique a été formulée, en tant que savoir scientifique, au XIXe siècle, par Friedrich Ratzel (1844-1904), géographe allemand marqué par les recherches du géographe...)
    • géopolitique
    • géographie rurale (La géographie rurale aussi appelée géographie agraire est la science qui étudie l'organisation des paysages ruraux et de ses composantes :)
    • géographie sociale
    • géographie urbaine
  • La géographie régionale, véritable sous-discipline idiographique, axée sur la recherche de l'unique. Un territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par...) de prédilection : la région.

Depuis les années 1970 et 1980, la géographie a vu se développer de nouvelles branches de sa discipline en accord avec une approche pluridisciplinaire (notamment l'utilisation des outils en provenance des disciplines économiques, mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures, les structures et les transformations. Les...), sciences politiques, sociologiques, et informatiques), inspirée par les géographies scandinave, nord-américaine et anglaise, notmment à travers les approches variées de :

  • La géopolitique

Relancée à la fin des années 1970 par Yves Lacoste, créateur et fondateur de la revue Hérodote en 1976 (intitulée d'abord Stratégies géographies idéologies, puis en 1983 Revue de géographie et de géopolitique) et auteur de l'essai La Géographie, cela sert d'abord à faire la guerre. Voir aussi les revues Limes, Espace géographique fondée en 1973 par Roger Brunet, Espace-Temps fondée en 1975 par Jacques Lévy et Christian Grataloup... Aujourd'hui, la géopolitique tend à analyser les conséquences de la mondialisation (Le terme « mondialisation » désigne l'expansion et l'harmonisation des liens d'interdépendance entre les nations, les activités humaines et les systèmes politiques à...) (géoéconomie) et la gestion des ressources naturelles (l'or ; l'or bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et 520...) - l'eau ; l'or noir - le pétrole ; l'or vert (Le vert est une couleur complémentaire correspondant à la lumière qui a une longueur d'onde comprise entre 490 et 570 nm. L'œil humain possède un récepteur,...) - la forêt)...

  • L'économie spatiale

Un domaine aux confins de la géographie économique et de la microéconomie qui étudie les questions de localisation économique, et les relations économiques entre le mondial (mondialisation) et le local (aménagement du territoire, pôle de compétence (La notion de pôle de compétence ou, le terme étant relativement nouveau donc non stabilisé, de pôle de développement, de compétitivité ou d'excellence,...), délocalisation...)

  • La géomatique

Développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à la courbe.) récemment, cette branche de la géographie se distingue des précédentes par le recours à l'outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans l'action. Cette augmentation se traduit par la...) l'informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le traitement automatique de...), pour analyser le territoire. Elle complète les systèmes d'information développés par ailleurs dans d'autres disciplines par une référence spatiale : la localisation géographique, couramment définie par un système de coordonnées géographiques (X,Y,Z). On distingue ainsi les systèmes d'information géographiques (SIG) et la télédétection (La télédétection désigne, dans son acception la plus large, la mesure ou l'acquisition d'informations sur un objet ou un phénomène, par l'intermédiaire d'un instrument de mesure n'ayant pas de contact avec l'objet étudié.) satellite (Satellite peut faire référence à :).

  • L' analyse spatiale

Recouvre un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble),...) d'outils mais aussi de concepts permettant de modéliser les structures spatiales et d'analyser les dimensions spatiales de la vie en société.

  • La Gender Geography

Héritière du postmodernisme, la Gender Geography se développe en France depuis la fin des années 1990. Elle souhaite nuancer la géographie " masculine " en intégrant la vision d'autres groupes appartenant à la société, comme les minorités sexuelles, mais aussi sociales et raciales.

Enfin, la notion d'échelle - ou approche multiscalaire - est essentielle en géographie : suivant que le géographe étudie toute la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre hydrostatique,...) (petite échelle) ou seulement une partie de celle-ci (grande échelle), on parle de géographie générale ou de géographie régionale. De nos jours, on préfère toutefois parler de géographie thématique à la place de géographie générale et de géographie des territoires à la place de géographie régionale.

Épistémologie de la géographie

Diego Velázquez, Le Géographe (1627-1630)
Diego Velázquez, Le Géographe (1627-1630)

L'Antiquité

Les Grecs sont la première civilisation connue pour avoir étudié la géographie, à la fois comme science et comme philosophie. Thalès de Milet, Hérodote (auteur de la première chorographie), Ératosthène (première carte du monde (Le mot monde peut désigner :) connu – l'écoumène –, calcul de la circonférence terrestre), Hipparque, Aristote, Ptolémée ont apporté des contributions majeures à la discipline.

Les Romains ont apporté de nouvelles techniques alors qu'ils cartographiaient de nouvelles régions.

Ces premiers " géographes " développent quatre branches de la géographie qui vont perdurer jusqu'à la Renaissance :

  • découvrir et explorer les continents ;
  • mesurer l'espace terrestre (géodésie) ;
  • situer la Terre dans les systèmes astronomiques (cosmographie) ;
  • représenter l'espace terrestre (cartographie).

Le Moyen Âge

Au cours du Moyen Âge, juste après les invasions barbares au VIe siècle, l'intérêt pour la géographie diminua en Occident (L'Occident, ou monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe. L'extension de l'espace considéré a varié au cours de...).

Dans le haut Moyen Âge, cette discipline fut le parent pauvre de l'éducation, qui se déclinait à travers les arts libéraux. Le quadrivium incluait bien l'astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, leurs propriétés physiques et chimiques. Elle ne doit pas être confondue avec la...), mais pas la géographie.

Isidore de Séville contribua à conserver un certain patrimoine de connaissances. Néanmoins, la représentation du monde était très sommaire : on imaginait la terre plate, et les continents étaient placés à l'intérieur d'un rond ( Le mot rond caractérise et par abus de langage désigne un cercle ou une sphère. En argot, un rond c'est un sou. Une affaire...) et autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) un T renversé vers la droite, l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme une des...) étant au-dessus de la barre horizontale, l'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des...) en-dessous, et l'Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la...) à droite (l'Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de l'Europe et de l'Afrique par...) et l'Océanie étant bien entendu inconnues). La barre horizontale représentait la Méditerranée, la barre verticale (La verticale est une droite parallèle à la direction de la pesanteur, donnée notamment par le fil à plomb.) séparant l'Asie (à l'est), de l'Europe et de l'Afrique (à l'ouest) était constituée par le Danube et le Nil, que l'on supposait reliés (représentation O/T). Au centre, point (Graphie) d'intersection des deux barres, Jérusalem, la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations...) religieuse, considérée comme le centre du monde.

Néanmoins, le capital d'informations géographiques et scientifiques de l'Antiquité (Euclide, Aristote, Ptolémée,...) fut recueilli dans les centres intellectuels de la civilisation arabo-musulmane. Le monde musulman était en effet mieux placé géographiquement, au carrefour des civilisations grecque, mésopotamienne, indienne, égyptienne, pour recueillir le savoir de l'Antiquité. Bagdad (Bagdad (en arabe ?????) est la capitale et la plus grande ville de l'Irak. Elle se situe sur le Tigre au centre est du pays (44,5° E - 33,5° N) et est un carrefour de communications aériennes, routières et ferroviaires pour...) fut créée sur un emplacement proche du lieu où mourut Alexandre le Grand. D'autre part, les exigences de la prière musulmane (cinq prières par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...), le fidèle étant orienté vers la Mecque), nécessitaient des connaissances géographiques dont l'Occident n'avait pas besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les...).

Les géographes arabes, tels qu'Idrisi (auquel on doit la première grande géographie de l'Occident, vers 1150), Ibn Battuta (1304-1370), et Ibn Khaldun ont donc conservé et enrichi l'héritage gréco-romain.

En Occident, l'encyclopédie de Vincent de Beauvais (speculum naturale, somme des connaissances de l'Occident au XIIIe siècle) contenait des informations géographiques connues en 1250.

Il y eut au XIIIe siècle plusieurs voyages de missionnaires franciscains en Asie :

  • Jean de Plan Carpin en Mongolie (1245-1247)
  • Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) de Rubrouck alla dans l'empire mongol (1253-1257), et consigna son récit de voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage s'est considérablement développé et démocratisé, au cours du XXe siècle avec l'avènement de...) dans une œuvre en latin qui était une mine d'informations géographiques, historiques et ethnographiques sur l'empire mongol,

Ces informations furent très utiles pour la préparation du voyage de Marco Polo entre 1271 et 1295. Ce voyage permit lui-même de préciser les informations géographiques sur l'Asie (Devisement du monde).

D'autres missionnaires franciscains partirent vers l'Asie :

  • Jean de Montecorvino partit vers la Chine (Cathay) en 1289-1328,
  • Odoric de Pordenone partit entre 1316 et 1330 en Perse, Inde, Malabar, Ceylan, Sumatra, Bornéo, Chine, Tibet.

L'ensemble de ces voyage avait déjà beaucoup enrichi les informations sur l'Asie avant les voyages de Marco Polo.

L'intérêt pour la géographie s'est considérablement accru en Occident à partir de cette époque, et la représentation du monde a fortement évolué, engendrant un renouvellement de la cartographie.

En 1410, le cardinal Pierre d'Ailly écrivit l'Imago mundi, qui sera imprimé en 1478. Christophe Colomb en avait un exemplaire.

La Renaissance

En 1492, le premier globe terrestre est élaboré par Martin Behaim.

Aux XVe et XVIe siècles, de grandes expéditions, souvent maritimes, ont immensément accru la connaissance de la planète.Ces expéditions ont créé par ailleurs un besoin impérieux de noter, référencer et transmettre la connaîssance ainsi acquise. Aussi, le portulan (Un portulan, au XIVe siècle ou plus tard, était une sorte de carte nautique servant essentiellement à repérer les ports et connaître les dangers qui pouvaient les entourer :...) devient la carte type de cette époque des grandes expéditions. On peut citer, parmi beaucoup d'autres, les expéditions de Vasco de Gama (Afrique et Inde), Christophe Colomb (Amérique centrale), Magellan (tour du monde), Jacques Cartier (Canada, 1534). François Xavier évangélisa quelques territoires au Japon (où il informa de la rotondité de la Terre).

La cartographie a progressé en même temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), à la fois par la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la...) de nouvelles connaissances apportées par les explorations, la diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un produit, d'une information), voire de « vaporisation » (diffuseur...) des documents par l'imprimerie, ainsi que par de nouvelles méthodes et des fondations (Les fondations d'un ouvrage assurent la transmission et la répartition des charges (poids propre et surcharges climatiques et d'utilisation) de cet ouvrage sur le sol. Le mode de...) théoriques solides (projection de Mercator au XVIe siècle). Les cartes du monde de la Geographica Generalis, par Bernard Varenius et celles de Gerardus Mercator l'illustrent avec éclat.

Comme dit ci-dessus, l'effort géographique de la Renaissance porte d'abord sur la cartographie. Cependant, en Italie, Giovanni Botero publie à Rome, de 1591 à 1592, les trois volumes des Relazioni Universali qui marque la naissance de la statistique ou science descriptive de l'Etat. C'est en fait une géographie appliquée aux besoins des nouvelles administrations. Ethymologie: STATO = ETAT ; on a un recencement numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information ayant été quantifiée et échantillonnée, par opposition à une information dite « analogique » qui est...) qui sert à la gestion des Etats.

XVIIIe et XIXe siècles

Au XVIIIe siècle, James Cook et La Pérouse explorent la zone du Pacifique.

Au XVIIIe siècle, la géographie commence à émerger en tant que discipline scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.). Mais il faut attendre le XIXe siècle pour qu'elle prenne une place réelle dans l'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais...) en France. Suite à la défaite de la France en 1870 contre la Prusse, elle est enseignée dans le primaire, en particulier à travers un livre de lecture, Le Tour de France par deux enfants. Son enseignement dans le supérieur est initié à l'École normale supérieure de la rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les différents quartiers, s'inscrivant de ce fait dans un réseau de...) d'Ulm, par Vidal de la Blache, le géographe français marquant de la fin du XIXe siècle.

Période contemporaine

Entre le XIXe et le XXe siècle, la géographie s'est imposée difficilement comme une discipline à part entière dans le domaine scientifique.

Plusieurs courants se sont développés tentant de démontrer l'interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose...) entre l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement...) et la nature, avec plus ou moins de succès et de rigueur d'approche :

  • le courant déterministe, emmené par le géographe allemand Carl Ritter. Le déterminisme considère qu'une cause naturelle produit une conséquence sociale.
  • le courant environnementaliste, développé par le géographe allemand Friedrich Ratzel. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) être vivant est le produit du milieu dans lequel il vit.
  • le courant possibiliste de Vidal de La Blache qui cherche à nuancer les approches précédentes, perçues comme peu objectives. Il n'y a pas de déterminants géographiques, mais des possibilités que l'homme choisit, ou non, d'utiliser. La nature propose, l'homme dispose.
  • l'École française de géographie, crée par Paul Vidal de La Blache, développe aussi une spécificité : la géographie régionale. Il s'agit de traiter de l'unique, de la région (" idiographie " ou travail sur les spécificités), évitant ainsi les dérives nomothétiques, mais tombant dans une connaissance encyclopédique.

La Nouvelle Géographie

La nouvelle géographie se développe à partir des années 1950 et continue sur sa lancée pendant les années 1960, directement influencée par les géographies anglo-saxonnes, plus précisément scandinaves et américaines.

Inspirée par les mathématiques (statistiques) et les règles de l'économie, la géographie tombe dans les travers de vouloir à tout prix établir des " lois " universelles (science nomothétique).

La géographie comportementale

Il s'agit avant tout de se poser la question " qui fait quoi ? " et " pourquoi ? " (ou : " qui dit quoi ? " et " pourquoi ? ")

La géographie radicale

Appelée aussi géographie marxiste ou critique, cette géographie est fortement influencée par les autres sciences sociales. Antoine Bailly définit ainsi la problématique radicale : " Une vision de la géographie qui privilégie la problématique du matérialisme historique et la démarche dialectique dans l'analyse socio-économique des pratiques sociales " (2001)

Elle s'inscrit dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le...) de troubles sociaux et de contestation sociale durant la guerre du Vietnam au moment où le prestige de la science est en baisse.

On retrouve des géographes comme Yves Lacoste et l'équipe de la revue Hérodote, Guy Di Méo (L'Homme, la société, l'espace, 1991) ou l'Américain David Harvey (Directions in Geography, 1973 et Social justice and The City, 1977)

Outils

La géographie nécessite d'être capable de situer les différentes parties de la Terre les unes par rapport aux autres. Pour ce faire, de nombreuses techniques ont été développées à travers l'histoire :

  • le sextant (Un sextant est un instrument de navigation permettant de relever la hauteur angulaire d'un astre au-dessus de l'horizon. Il est utilisé pour faire le point hors de vue de terre (voir...), l'astrolabe ;
  • la cartographie ;
  • la photographie aérienne ;
  • la photogrammétrie;
  • les systèmes de positionnement (On peut définir le positionnement comme un choix stratégique qui cherche à donner à une offre (produit, marque ou enseigne) une position crédible, différente et attractive au sein...) par satellites et l'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande...) satellitaire en général ;
  • la statistique (pour la géographie climatique, mais aussi humaine, démographique, économique).

L'introduction de l'informatique en géographie a permis aux géographes de développer une discipline à part entière : la géomatique. La géomatique est un ensemble de méthodes et d'outils permettant l'acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.), le stockage, la gestion ainsi que la diffusion de données à référence spatiale. Ce sont des outils comme les systèmes d'information géographique (SIG), qui sont utilisés pour croiser des informations géolocalisées et réaliser des analyses spatiales multicritères. Les SIG les plus connus et les plus utilisés sont :

  • ArcGIS (ArcGIS est un ensemble de logiciels SIG réalisé par la société ESRI. La version actuelle est ArcGIS 9.2) (par ESRI)
  • MapInfo (associé à Microsoft)
  • GRASS (logiciel libre)

Plusieurs autres systèmes d'information géographique sont conçus par des informaticiens et géographes indépendants. Ceux-ci réussissent souvent à combler les failles ou les oublis surgissant des imposants logiciels cités ci-haut. Cependant, le rayonnement (Le rayonnement est un transfert d'énergie sous forme d'ondes ou de particules, qui peut se produire par rayonnement électromagnétique (par exemple : infrarouge) ou par une désintégration (par exemple : radioactivité α). Par...) de ces logiciels tierces est faible et ne permet pas à une large population de les utiliser.

Par ailleurs, certains considèrent, erronément, le logiciel (En informatique, un logiciel est un ensemble d'informations relatives à des traitements effectués automatiquement par un appareil informatique. Y sont inclus les instructions de traitement, regroupées sous forme de programmes,...) Google Earth (Google Earth est un logiciel, propriété de la société Google, permettant une visualisation de la Terre avec un assemblage de photographies...) comme un SIG. Ce logiciel n’est qu’un outil de visualisation dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) de la Terre en 3D. Un autre logiciel, WorldWind, similaire à Google (Google, Inc. est une société fondée le 7 septembre 1998 dans la Silicon Valley en Californie par Larry Page et Sergey Brin, auteurs du moteur de recherche Google. Depuis 2001, Eric Schmidt en est le PDG (CEO). La...) Earth, est également distribué par la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue sous son abréviation NASA, est l'agence gouvernementale responsable du programme spatial...). Dans les deux cas, l'objectif annoncé par Google et la NASA est d'intégrer le plus grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de composantes des SIG dans leur logiciel. Mais les outils réalisés jusqu'à maintenant ne peuvent être utilisés que par des géographes connaissant suffisamment la programmation (La programmation dans le domaine informatique est l'ensemble des activités qui permettent l'écriture des programmes informatiques. C'est une étape importante de la conception de logiciel...) pour y réaliser de bien maigres résultats (d'un point de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) géomatique).

Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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