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Science
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La science (du latin scientia, connaissance) relève Historiquement de l'activité philosophique, et fut pendant longtemps un exercice spéculatif visant à élucider les mystères du monde (Le mot monde peut désigner :) par l'exercice de la raison. À la fin du Moyen Âge, la science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances,...) s'est progressivement détachée de l'emprise de la théologie et de la philosophie. Au cours de son histoire (Les Histoires ou l'Enquête (en grec ancien Ἱστορίαι / Historíai) sont la seule œuvre connue de l'historien grec Hérodote. Le titre signifie...), elle s'est structurée en disciplines scientifiques : mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres,...), chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces...), biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences...), physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et...), mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission, pistons, ...), bref, de tout ce...), optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.), astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, leurs propriétés physiques et chimiques. Elle ne doit pas être confondue avec la...), économie, sociologie…

Aujourd'hui, la science désigne à la fois une démarche intellectuelle reposant idéalement sur un refus des dogmes et un examen raisonné et méthodique du monde[1] et de ses nécessités visant à produire des connaissances résistant aux critiques rationnelles, et l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise...) organisé de ces connaissances.


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Algèbre (L'algèbre, mot d'origine arabe al-jabr (الجبر), est la branche des mathématiques qui étudie, d'une façon générale, les...), Géométrie (La géométrie est la partie des mathématiques qui étudie les figures de l'espace de dimension 3 (géométrie euclidienne) et, depuis le...), Informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le traitement...), Logique (La logique (du grec logikê, dérivé de logos (λόγος), terme inventé par Xénocrate signifiant à la fois raison, langage, et raisonnement) est dans une première approche...), Topologie (La topologie est une branche des mathématiques concernant l'étude des déformations spatiales par des transformations continues (sans arrachages ni recollement des structures).), ...
Méta
Page projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...)

Mais proposer une définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.), celle-ci ou une autre, c'est déjà adopter un point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) particulier : l'idée que définir la science est simplement possible, ce qui est loin de faire l'unanimité. Il faut en effet prendre avec la plus grande prudence cette sorte d'exercice. Alan Chalmer, après avoir examiné les principales théories de la science du XXe siècle, écrit " qu'il n'existe pas de conception éternelle et universelle de la science [...] Rien ne nous autorise à intégrer ou à rejeter des connaissances en raison d'une conformité avec un quelconque critère donné de scientificité. "[2] Après avoir également constaté qu'aucun des critères de démarcation suggéré par les épistémologues du XXeme siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois...) n'a arraché l'assentiment général, Robert Nadeau écrit pour sa part qu'on " ne peut apparamment formuler un critère qui exclut tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) ce qu'on veut exclure, et conserve tout ce qu'on veut conserver "[3]

La définition proposée ci-dessus n'échappe évidemment pas à ce constat. Ainsi, non seulement un certain " dogmatisme " n'est-il pas absent de la démarche scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les...), mais il participe à sa bonne marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui...)[4]. Les références à la raison et à la méthode sont également très discutables, lorsque l'on examine les pratiques concrètes des chercheurs[5]. L'idée même d'une production de connaissance est problématique : nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de domaines reconnus comme scientifiques ne produisent pas de connaissances, mais des instruments, des machines, des dispositifs techniques[6].

Pour autant, cela ne signifie pas nécessairement, comme l'écrit Paul Feyerabend, que " la science est beaucoup plus proche du mythe qu'une philosophie scientifique n'est prête à l'admettre. "[7] Un sociologue comme Raymond Boudon s'appuie ainsi sur la notion d'airs de famille[8] pour critiquer l'idée que l'absence de définitions claires de la science déboucherait nécessairement sur le relativisme : " [Les] conclusions relativistes ne tiennent que grâce à l'a priori selon lequel à tout sentiment de distinction doit correspondre une distinction soit objective, soit sociale. En revanche, elles disparaissent lorsque l'on admet que les notions de " progrès " , d'" objectivité ", de " vérité ", de " science " [...] se matérialise[nt] de mille façons entre lesquelles il y a seulement des airs de familles. "[9]

Cette situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un...), poursuit Raymond Boudon, n'est pas propre à la notion de science ou aux notions qui lui sont attachées : " même un concept comme celui d'" or " qui paraît pourtant désigner une matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de l'espace et...) bien définie (comme on dit), ne correspond pas du tout, jusque dans ses usages scientifiques, à une définition arrêtée une fois pour toutes [...]. Les notions de notions de " roman ", de " tragédie ", de " drame ", d'" opéra wagnérien ", de " sociologie ", d'" économie ", de " romantisme ", de " fonction ", de " structure " sont également des mots de cette nature. " Ce qui n'empêche pas, ajoute-t-il, que " nous puissions dans bien des cas les utiliser avec une sûreté complète. "[10] La compréhension des airs de famille propres à la science nous permettrait ainsi de saisir le sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du ralentissement du...) cette notion sans plus - ni moins - de difficultés que celui de " roman " ou de " drame ". Ce sont ces airs de famille que la définition proposée ci-dessus tente maladroitement de rendre pour la notion de science.

Qu'est ce que la science?

Ce manque d'assurance dans les tentatives de compréhension de la science ne reflête nullement l'image que s'en font le grand public et les scientifiques eux-mêmes. Beaucoup tiennent pour claire l'idée d'une science bien définie.

La doxa

" The public has, until recently, viewed science as infallible, hence the strong reaction when some of its applications have been shown not to be beneficial. "[11]

Philosophie spontanée des savants

" Scientists normally go about (L’about est un terme de charpenterie désignant l’extrémité façonnée d’une pièce de bois.) their business without much thought of the general nature of their activities. "[12]

  • réalisme métaphysique
  • réalisme épistémologique

Comprendre la science

Les tentatives de compréhension, et de définition, de la science, émanent déjà des scientifiques eux-même, qui se forgent certaines représentations de leurs propres pratiques, et les diffusent auprès du grand public. Ces "philosophies spontanées" ne résistent cependant que rarement à l'analyse.

Ces analyses de la science (on parle parfois de métasciences) ont tout d'abord porté sur la science comme corpus de connaissance, et ont longtemps relevé de la philosophie et de l'épistémologie, (l'analyse de chaque discipline particulière relevant des épistémologies régionales).

Au cours du XX, la sociologie a commencé à saisir la science sous l'angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) institutionnel.

Depuis le début des années 1980, les sciences sociales cherchent à dépasser l'étude de l'institution science pour aborder l'analyse du contenu scientifique.

Si les tentatives de définition stricte de la science par la philosophie se sont soldées par un échec largement reconnue, les approches sociologiques n'ont pas permis non plus de dégager une conception bien nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un...) de cet objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné...).

Philosophie des sciences

Considéré comme un corpus de connaissance, l'étude de la science relève de l'épistémologie et de la philosophie des sciences.

Les approches philosophiques sont souvent normatives : il s'agit de définir les critères permettant de distinguer la bonne science de la mauvaise, la science des non sciences et des pseudo-sciences.

Les premières spéculations philosophiques visant à élucider le problème de la connaissance remontent à l'Antiquité grecque, et furent en particulier développées par Aristote (Aristote (en grec ancien Ἀριστοτέλης / Aristotélês) est un philosophe grec né à Stagire...). Les grands schémas de pensée qui y furent développés n'ont en rien perdu leur actualité, et nous retrouvons aujourd'hui des oppositions pensées il y a plus de deux millénaires.

Contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) de justification et contexte de découverte

La philosophie des sciences et l'épistémologie ne se préoccupent traditionnellement que du contexte de justification. C'est là que se logerait la spécificité du discours scientifique.

Science et rationalité

La science se revendique comme l'application de la raison à l'exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) du monde qui nous entoure.

Problème de l'induction

La science ne fonctionne pas par méthode déductive pure. Une série d'expériences ne validerait en effet des résultats qu'effectués à une date et en un endroit particuliers, sans possibilité logique de les généraliser. Bertrand Russell mentionne dans son ouvrage Science et religion (chapitre La science est-elle superstitieuse ?) ce qu'il nomme le scandale de l'induction, et qu'il voit comme un mal nécessaire.

La science comme langage

A la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) de critères

Il s'agit de trouver le moyen de distinguer clairement science et pseudo-science.

Les propositions de critères sont innombrables (Nadeau)

Un exemple méconnu : l'opérationnalité proposé par Jean Ladrière (Universalis)

L'échec du projet fondationnaliste

Ce projet visait à établir des critères clairs permettant de s'assurer de la vérité d'une proposition, et en particulier d'une loi causale ou statistique : " on peut dire qu'en ce qui concerne les sciences empiriques tout au moins, le projet fondationnaliste a échoué : il n'a pas réussi à montrer comment pouvait être fondée la relation, d'abord entre expérience immédiate et énoncé d'observation, ensuite entre terme observationnel et terme théorique, enfin entre énoncé singulier et énoncé universel ou probabiliste. "[13] Cet échec, qui est en particulier celui des tentatives visant à résoudre le problème de l'induction, ruine (Une ruine est le reste d'un édifice dégradé par le temps ou une destruction plus rapide. Elle apparaît souvent dans la peinture occidentale avec pour effet de donner un caractère romantique au décor. Elle symbolise...) l'espoir de faire tenir la notion de "science" dans la définition de sa méthode.

Le falsificationnisme

Chalmers expose les limites de la solution apportée par Popper au problème de la démarcation entre science et non science, qui est bien loin d'avoir l'universalité qui lui est généralement accordée[14]. Chalmers prend soin de préciser qu'il n'est pas vrai que " tout point de vue soit aussi bon qu'un autre ", dénonçant ainsi le relativisme. Mais il n'en fait pas moins ce constat : il n'existe pas de critères de scientificité universellement valables.

L'anarchisme épistémologique

Le relativisme

Devant les difficultés soulevées par le problème de la démarcation, le relativisme apparait comme une solution radicale : si la distinction entre le scientifique et le non scientifique est si difficile à saisir, c'est qu'elle n'a aucune existence en soi. Il est toujours loisible de tracer des frontières entre science et non science, mais elles restent toujours contingentes, relative à une époque et un lieu particulier.

Les approches sociologiques

La Sociologie des sciences (La sociologie des sciences vise à comprendre les logiques d'ordre sociologique à l'oeuvre dans la production des connaissances scientifiques. Elle porte ainsi une attention particulière aux institutions scientifiques, au travail...) aborde la science comme phénomène social, comme une institution sociale.

Longtemps abandonnée aux épistémologues et aux philosophes, la science a commencé à être l'objet de l'attention des sociologues au milieu du XXème siècle, avec les travaux fondateurs de Robert K. Merton, qui décrit la science comme un système normé (normes qui peuvent être inscrites, par exemple, dans le système d'évaluation par les pairs). Avec lui, la sociologie commence donc à s'intéresser à la science, non en tant que corpus de connaissance, mais en tant que communauté sociale.

La science est également en interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact de sujets.) avec la société. Ces relations entre science et société sont également l'objet de l'attention des sociologues.

Les structures sociales de la sciences

Merton respecte la distinction entre contexte de découverte et contexte de justification. Laissant le second à l'épistémologie, il ne porte son regard au premier, pour analyser les normes guidant les pratiques des scientifiques.

Ouvrir la boîte noire

A la suite des travaux de Kuhn, les sociologues dénoncèrent cette distinction, et firent porter leurs investigation sur le processus de production des connaissances lui-même.

Le constructivisme social

Dans les années 1980 s'est développé un courant de la sociologie des sciences critiquant l'idée que les fait scientifiques avaient une existence en soi.

La science comme idéologie

La science apparait alors comme une idéologie, qui justifie sa position dominante par des appels rhétorique aux catégories de la Vérité ou de la Réalité.

Les science studies

Les sciences studies sont un courant récent regroupant des études interdisciplinaires des sciences, au croisement de la sociologie, de l'anthropologie, de la philosophie ou de l'économie.

Vers une épistémologie sociale

Les positions des sociologues et philosophes ont longtemps été opposées. Cette opposition commence cependant à s'estomper.

Une science insaisissable?

Peut-être pas de définition claire : " While there (There est un jeu en ligne, caractérisé par un monde virtuel (metavers). Le jeu a été créé en Californie en 2003, et a cessé d'exister...) is no shortage of approaches to the demarcation problem, it is not at all clear that philosophers of science have ‘solved’ it. Indeed, some writers have concluded that it is impossible to draw a clear and definite line between science and non-science "[15]

" In practice, scientifc activity does not accord exactly with any proposed representational or philosophical model, i.e. it cannot be strictly defined or deliminited from all other activities. "[16]

" En pratique, l'entreprise scientifique ne se conforme pas exactement à un quelconque modèle précis dictant les règles de sa conduite. "[17]

Mais un problème encore ouvert : " Au XXe siècle, les épistémologues ont suggéré divers critères de démarcation, sans qu'aucun cependant ne parvienne à arracher l'assentiment général. [...] On ne peut apparamment formuler un critère qui exclut tout ce qu'on veut exclure, et conserve tout ce qu'on veut conserver, même si, par ailleurs, tous s'entendent pour dire qu'il existe bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances,...) et bien telle choses que des énoncés (ou des activités) scientifiques [...]. Ce qui semble indiquer que le problème de la démarcation est bien réel et que pour l'épistémologie tout au moins, il demeure entier. "[18]

Différentes tentatives d'élucidation de la nature de la science ont été faites. Mais si aucune n'a débouché sur définition de critères universellement valable, mais toutes ont enrichi notre compréhension de la science.

Quelques airs de familles de la science

Si les analyse présentées dans la section précédentes n'offrent aucune réponse universellement satisfaisante à la question de la scientificité, nous avons vu en introduction que les différentes formes que peut prendre la science partagent quelques airs de famille. Nous en distinguerons ici de quatre sortes, en suivant la définition (forcément insatisfaisante) de l'introduction :

  • un certain "refus des dogmes" ;
  • un certain "rapport au monde" ;
  • un certain usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) de la "raison" ;
  • une certaine "résistance aux critiques rationnelles".

Une pratique intellectuelle qui s'éloignerait trop de ces impératifs idéaux ne pourrait plus prétendre au statut de science. La discussion de ces "airs de famille" permettra précisément de saisir les limites de cette définition.

Il ne s'agit pas ici de trancher la question de la nécessité de ces impératifs. Les relativistes expliqueront à leur propos qu'ils ne sont que le reflet (Un reflet est, en physique, l'image virtuelle formée par la réflexion spéculaire d'un objet sur une surface. La nature spéculaire de la réflexion est liée aux caractéristiques du corps...) d'une époque et d'une idéologie singulière. Leurs adversaires défenderont au contraire l'idée qu'ils sont la conséquence nécessaire d'une recherche du vrai et d'une exploration du réel. Quoi qu'il en soit, nous tâcherons ci-dessous de les dessiner à grands traits.

Refus des dogmes

La science ne s'est pas constituée historiquement contre les dogmes religieuxcitation nécessaire. Les relations entre science et religion ont cependant été très conflictuelles en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...) jusqu'au XIXe sièclecitation nécessaire.

Se frotter au monde

Il y a dans la démarche scientifique l'idée qu'il faut aller à la rencontre de la "réalité", se frotter à quelque chose qui résiste.

Une démarche méthodique

Ziman, p. 145

Cette methode n'exclue pas l'imagination, le sens de l'esthétisme, le recours à l'analogie, ...

Exposition aux critiques rationnelles

Pluralités de la science

La science est plurielle, elle peut se manifester de mille façons. Mais cette pluralité elle-même est plurielle : il existe plusieurs manières de différencier les sciences.

Différentes facettes de la science

La science, comme l'ont montré les paragraphes précédents, peut-être conçue comme un corpus de connaissances et de méthodes, mais aussi comme une institution, ou encore une idéologie.

Différentes catégories de science

On classe également les sciences selon :

  • leur but : sciences appliquées, sciences fondamentales ;
  • leur méthode : sciences nomothétiques et sciences idiographiques, sciences expérimentales et sciences d'observation ;
  • leur objet : sciences empiriques (sciences naturelles, sciences sociales, sciences humaines), sciences logico-formelles.

Il ne faut pas se laisser abuser par ces grandes catégorisations, qui peinent à rendre compte de réalités plus complexes. Une même science peut ainsi être pour partie expérimentale ( En art, il s'agit d'approches de création basées sur une remise en question des dogmes dominants tant sur le plan formel, esthétique, que sur le plan culturel et politique. En science, il s'agit d'approches de recherche basées sur...), pour partie observationnelle. Il faut également prendre garde de ne pas tomber dans l'excès inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y = y·x = 1, si 1 désigne...) qui consisterait, face à la complexité (La complexité est une notion utilisée en philosophie, épistémologie (par exemple par Anthony Wilden ou Edgar Morin), en physique, en biologie (par...) du réel, à nier qu'il puisse y avoir de profondes différences entre les différentes formes de recherche scientifique.

Selon leurs buts

Les sciences appliquées (qu'il ne faut pas confondre avec la technique en tant qu'application de connaissances empiriques) produisent des connaissances en sorte d'agir sur le monde, c'est à dire dans la perspective d'un objectif pratique, tandis que les sciences fondamentales visent prioritairement l'acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.) de connaissances nouvelles. On ne peut cependant classer a priori une discipline particulière dans un domaine ou dans un autre. Les mathématiques, la physique ou la biologie peuvent ainsi aussi bien être fondamentales qu'appliquées, selon le contexte. Certaines disciplines restent cependant plus ancrées dans un domaine que dans un autre. La cosmologie (La cosmologie est la branche de l'astrophysique qui étudie l'Univers en tant que système physique.) est par exemple une science exclusivement fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.). L'astronomie est également une discipline qui relève dans une grande mesure de la science fondamentale. La médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et...), la pédagogie (La pédagogie est, étymologiquement, l'action de "conduire les enfants", du grec PAIDAGÔGIA. C'est donc l'art d'éduquer. Le terme désigne les...) ou l'ingénierie (L'ingénierie désigne l'ensemble des fonctions allant de la conception et des études à la responsabilité de la construction et au contrôle des équipements d'une installation technique ou...) sont au contraire des sciences essentiellement appliquées (mais pas exclusivement).

Sciences appliquées et sciences fondamentales ne sont pas cloisonnées. Les découvertes issues de la science fondamentale trouvent des fins utiles (ex : le laser (Un laser est un appareil émettant de la lumière (rayonnement électromagnétique) amplifiée par émission stimulée. Le terme laser provient de l'acronyme anglo-américain...) et son application au son numérique (Une information numérique (en anglais « digital ») est une information ayant été quantifiée et échantillonnée, par opposition à une information dite...) sur CD). De même, certains problèmes techniques mènent parfois à de nouvelles découvertes en science fondamentale. Ainsi, les laboratoires de recherche et les chercheurs peuvent faire parallèlement de la recherche appliquée et de la recherche fondamentale (La recherche fondamentale regroupe les travaux de recherche scientifique n'ayant pas de finalité économique déterminée au moment des travaux. On oppose en général la recherche...). Par ailleurs, la recherche en sciences fondamentales utilise les technologies issues de la science appliquée, par exemple la microscopie (La microscopie est l'observation d'un échantillon (placé dans une préparation microscopique plane de faible épaisseur) à travers le microscope. La microscopie permet de rendre visible des éléments invisibles à l'œil nu, soit par leur...), les possibilités de calcul des ordinateurs...

La science fondamentale ne doit pas être identifiée à une pure activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) intellectuelle et spéculative, elle exige parfois des moyens considérables.

De ce point de vue, Stokes distingue quatre types de pratiques scientifiques.

On entend souvent aujourd'hui[réf. nécessaire] que science fondamentale et science appliquée ne pourraient plus être distinguées. Outre qu'une telle idée est déjà ancienne[19], elle est très discutable[réf. nécessaire]

Selon leurs méthodes

Une première distinction de cet ordre peut être faite entre les sciences nomothétiques et les sciences idiographiques. Les premières cherchent à établir des lois générales pour des phénomènes susceptibles de se reproduire. On y retrouve bien évidemment la physique ou la biologie, mais également des sciences humaines ou sociales comme l'économie, la psychologie ou même la sociologie. Les secondes s'occupent au contraire du singulier, de l'unique, du non récurrent. Cette classe de sciences pose évidemment problème. Cependant, l'exemple de l'histoire montre qu'il n'est pas absurde de considérer que le singulier peut être justiciable d'une approche scientifique.

La chimie : science expérimentale.
La chimie : science expérimentale.

Une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de...) distinction peut porter sur le recours, ou non, à la démarche expérimentale. Les sciences expérimentales, comme la physique ou la biologie, reposent sur une démarche active du scientifique, qui construit et contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) un dispositif expérimental reproduisant certains aspects des phénomènes naturels étudiés. Ces sciences emploient la méthode expérimentale (Une des bases de la démarche scientifique est l'expérimentation, c'est-à-dire le recueil de données sur le domaine d'étude, et la confrontation du modèle aux faits.). Les résultats des expériences ne sont pas toujours quantifiables (exemple : l'expérience de Konrad Lorenz avec les oies grises, en éthologie). Lorsqu'il n'est pas possible de contrôler un environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre une...) expérimental, les scientifiques peuvent avoir recours à l'observation. Lorsqu'une discipline se forme autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit...) de cette démarche, on parle alors de sciences d'observation. L'astronomie ou l'économie en sont des exemples classiques. Mais la frontière (Une frontière est une ligne imaginaire séparant deux territoires, en particulier deux États souverains. Le rôle que joue une...) n'est jamais nette : il existe une économie expérimentale, et la physique des hautes énergies permet d'une certaine façon de tester expérimentalement certaines théories astronomiques. À ce diptyque expérimentation (L'expérimentation est une méthode scientifique qui consiste à tester par des expériences répétées la validité d'une hypothèse et à obtenir des données quantitatives permettant de l'affiner. Elle est pratiquée par un ou des chercheurs...) / observation, s'ajoute aujourd'hui la simulation informatique.

Selon leur objet

On peut enfin distinguer les sciences empiriques et les sciences logico-formelles.

Les premières portent sur le monde empiriquement accessible, et partent de notre expérience sensible de ce monde. Elles regroupent :

  • les sciences de la nature, qui ont pour objet d'étude les phénomènes naturels ;
  • les sciences humaines, qui ont pour objet d'étude l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est...) et ses comportements individuels et collectifs, passés et présents.

De leur côté, les sciences logico-formelles (ou sciences formelles) explorent déductivement, selon des règles de formation et de démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir de propositions initiales, ou précédemment démontrées à partir de propositions...), des systèmes axiomatiques. Il s'agit par exemple des mathématiques ou de la logique[20] (la question du statut de science des mathématiques est discutée).

Cette typologie n'est pas unique, voir l'article Typologie épistémologique.

Différentes disciplines

Les disciplines ne se distinguent pas seulement par leurs méthodes ou leurs objets, mais aussi par leurs institutions : revues, sociétés savantes, chaires d'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais...), diplômes, ...

Il ne faut cependant pas croire que les disciplines sont précisément définies, et qu'elles se distinguent parfaitement les unes des autres. Leur périmètre (Le périmètre d'une figure plane est la longueur du bord de cette figure. Le calcul du périmètre sert par exemple à déterminer la quantité de grillage nécessaire à la clôture d'un terrain,...) est souvent flou, et peut varier selon les époques et les lieux.

De surcroît, les disciplines sont elles-mêmes structurées en sous-disciplines, qui à leur tour peuvent également être structurées. Et toutes ces structures disciplinaires peuvent se chevaucher.

Thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à l'égard du sujet...) de l'unité de la science

Une histoire plurielle

Plusieurs histoires sont possibles : l'histoire des connaissances scientifiques, celle des institutions, celle des conceptions de la science, celle des "pensées" scientifiques, mais aussi celle des disciplines.

Des connaissances anciennes

Alors que la science n'était pas encore née, certaines des connaissances qui la constituent aujourd'hui étaient déjà bien formée. En astronomie ou en mathématiques, les hommes ont très tôt développé un savoir proto-scientifique.

La pensée scientifique

Mais il faut attendre la grèce du Ve siècle av. J.C. pour voir apparaître l'embryon (Un embryon (du grec ancien ἔμϐρυον / émbruon) est un organisme en développement depuis la première division de l’œuf ou zygote jusqu’au stade...) d'une pensée scientifique.

Les institutions de la science

Ce n'est encore que beaucoup plus tard que la science s'institutionnalise réellement, au cours du XVIIe d'abord, cette institutionnalisation s'accélérant au XIXe et XXe.

C'est à ce moment là que le mot "science" prend son sens actuel. "Scientifique" apparaIt peu après.

Structuration de la science

La science s'est structurée en disciplines, qui chacune ont leur histoire. Joseph Ben David est l'un des grands auteurs ayant fait porter sa réflexion sur le mécanisme de formation des disciplines.

La science contemporaine

La science deviendrait ou serait aujourd'hui une " technoscience ".

De grandes transformation depuis les années 1970, en particulier en ce qui concerne la PI (Pestre).

L'histoire des sciences (La science, en tant que corpus de connaissances mais également comme manière d'aborder et de comprendre le monde, s'est constituée de façon progressive depuis quelques millénaires. C'est en effet aux époques protohistoriques qu'ont commencé à se...)

cette discipline a considérablement évoluée depuis la fin des années 1970.

L'histoire des sciences n'est pas réductible à la construction d'une chronologie des découvertes scientifiques. Les historiens visent à élucider les mécanismes de production de la connaissance scientifique.

La dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) de la science

Ces logiques qui gouvernent les mécanismes de production de la connaissance sont de deux ordres : collectifs et individuels.

Dynamiques collectives

La science est fondamentalement une entité collective

Le rôle des controverses

Les controverses sont à la fois un moteur (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique ou travail.[réf. nécessaire]) et une fenêtre (En architecture et construction, une fenêtre est une baie, une ouverture dans un mur ou un pan incliné de toiture, avec ou sans vitres.) sur la dynamique de la science.

La tension (La tension est une force d'extension.) essentielle

La science avance entre tradition et hétérodoxie.

Logiques de la découverte

A cette dynamique collective de la science s'ajoute les moteurs des pratiques scientifiques individuelles. Il s'agit là d'un sujet qui fut longtemps ignoré des épistémologues et des philosophes des sciences, au nom de la distinction entre contexte de découverte et contexte de justification. La découverte scientifique n'était justiciable que d'une analyse psychologique. Cette distinction s'estompe aujourd'hui, et les philosophes commencent à porter leur regard sur les pratiques concrètes des scientifiques.

La libido sciendi

Imagination et esthétique

Le rôle de l'analogie

Une science incarnée

La science n'est pas une démarche éthérée. Elle s'inscrit dans une réalité concrète (La concrète est une pâte plus ou moins dure obtenue après extraction d’une matière première fraîche d’origine végétale (fleurs, feuille) par solvants volatils (non aqueux)....), avec ses métiers, ses instruments, ses lieux, ses institutions. Elle est elle-même une institution.

Les instruments de la science

La science ne pourrait se développer sans la technique et la technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) qui l'accompagne. Cela va des techniques de souffleur de verre (Le verre, dans le langage courant, désigne un matériau ou un alliage dur, fragile (cassant) et transparent au rayonnement visible. Le plus souvent, le verre est constitué d’oxyde de silicium (silice SiO2) et de...) jusqu'aux dispositifs ultra-technologiques des détecteurs de particules.

Les lieux de la science

La science a ses lieux, le laboratoire pour commencer.

Les métiers de la science

Cela ne se résume pas à la figure du chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...)

L'institution science

La science n'est pas une pure abstraction ( En philosophie, l'abstraction désigne à la fois une opération qui consiste a isoler par la pensée une ou plusieurs qualités d'un objet concret pour en former une représentation intellectuelle, et le produit de cette...). Elle est également une institution.

La science comme institution : la recherche scientifique. C'est classiquement la sociologie qui se préoccupe de cette face de la science.

Cette institution a une histoire

L'ensemble des actions entreprises en vue d'améliorer et d'augmenter l'état des connaissances dans un domaine scientifique constitue la recherche scientifique. L'organisation (Une organisation est) et la prise en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire...) des activités de recherche constituent un enjeu important de compétitivité et de prestige pour toutes les nations.

La recherche scientifique est devenue depuis quelques décennies un enjeu majeur pour le développement économique. C'est dans cette perspective que furent développés des outils statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données ainsi que la présentation de...) visant à mesurer la production scientifique d'une nation, d'une région, d'une institution ou d'un individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).).

Cette institution science porte également des éléments idéologiques.

Mesurer la science

La scientométrie est un ensemble de techniques bibliométrique appliquées à la mesure des caractéristiques des systèmes scientifiques.

Politiques de la science

Si l'organisation de la science est dans une large mesure le fait des scientifiques eux-mêmes, elle peut également être orientée ou structurée par des décisions politiques.

La puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) de la science

Cette puissance de la science peut se comprendre de deux manières : d'une part dans sa capacité à expliquer le monde et à changer nos représentations, d'autre part à le transformer.

Le pouvoir explicatif

La question de savoir si la science peut tout décrire est discutée

Les applications de la science (A supprimer)

Science et technique

La fin du modèle linéaire

La technologie

Economie de la science

La science s'inscrit de deux manières dans les débats économiques : comme objet d'étude, elle attire l'attention des économistes qui tentent d'en saisir la dynamique et d'en comprendre la nature[21] en mobilisant leurs propres instruments conceptuels. Comme enjeu, elle est au coeur des débats sur l'économie de la connaissance[22].

La science comme objet économique

Pendant longtemps, la science fut considérée par les économistes comme un stock de connaissance nourissant la croissance économique.

La science comme enjeu économique

La science est depuis longtemps, depuis Roger Bacon au moins, un enjeu économique.Depuis quelques décennies, la place de la science dans le système économique sest considérablement accrue avec le développement de ses applications industrielles, et plus généralement de la technoscience.

Enseignement de la science

Les universités sont au coeur de l'enseignement des connaissances scientifiques.

Science et société

Dans une lettre du 2 juillet 1830 adressée à Legendre, C.G.J. Jacobi écrit: " M. Fourier avait l’opinion que le but principal des mathématiques était l’utilité publique et l’explication des phénomènes naturels; mais un philosophe comme lui aurait dû savoir que le but unique de la science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et que sous ce titre, une question de nombres vaut autant qu’une question du système du monde. "[23] Le débat (Un débat est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions...) est toujours d'actualité.

Le grand public et la science

La compréhension de la science par le grand public est l'objet d'études à part entière, des revues sont consacrées à ce sujet (Public Understanding of Science).

La vulgarisation

Science et expertise

Différentes formes de dialogue (Le dialogue est une communication entre deux ou plusieurs personnes ou groupes de personnes. Il doit y avoir au minimum un émetteur et un récepteur. Une donnée émise, c'est le message. Un code, c'est la langue...)

Du modèle de l'instruction publique (Le ministère de l'Instruction publique est le nom donné à l'actuel ministère de l'Éducation nationale, de la Révolution à 1932 en France. Par extension on peut rencontrer la même appellation pour...) à la co-construction des savoirs.

Les enjeux éthiques

Science et religion

Philosophiquement, la notion moderne de la science est apparentée à l'immanentisme, qui est une forme de rationalisme agnostique développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à la courbe.) par Kant et Spinoza. Cette origine philosophique de la science explique en grande partie les difficultés épistémologiques et éthiques contemporaines.[réf. nécessaire]

Science et démocratie

Autonomie de la science

Science et culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :)

Les mondes scientifiques et culturels peuvent entretenir aujourd'hui des relations difficiles. Cela n'a cependant pas toujours été le cas, et l'on peut encore observer des relations étroites entre ces deux mondes. La science peut bien sûr être mobilisé pour développer ou améliorer les techniques artistiques. Mais son rôle ne se limite pas à cela. Elle peut également être source d'inspiration, et même être consitutive d'un champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) artistique.

Le scientisme

Critiques de la science

La science est l'objet de critiques qui visent non seulement ses conséquences, mais également ses principes mêmes. Nous commencerons par présenter ces dernières.

La science, figure de l'orgueil humain

La science, instrument du désenchantement

" It is sometimes claimed (Appleyard, 1992), that science erodes belief in a transcendential God. "[24]

Une science aveugle au spirituel

Cette forme de critique de la science vise avant tout son matérialisme.

Une science aliénante

La science au service de la guerre

La science contre la démocratie

Une science de dominants

Ces critiques émanent en particulier des cultural studies, qui visent à dévoiler les soubassements idéologiques de la science. Elle ne serait que l'instrument de domination des mâles occidentaux.

Méta-sciences : les études sur la science

Notes et références

  1. Le monde doit d'entendre ici comme l'ensemble du réel, et non seulement comme le monde empirique. Il s'agit en particulier de ne pas exclure a priori les sciences formelles. Ces sciences ne sont certes pas empiriques, mais il serait déraisonnable d'affirmer sans précaution qu'elles ne portent pas sur le réel, ou sur un certain aspect de ce réel.
  2. Alan F. Chalmers, Qu'est-ce que la science ? Popper, Kuhn, Lakatos, Feyerabend, La Découverte, 1987, p. 267
  3. Robert Nadeau, Vocabulaire technique et analytique de l'épistémologie, PUF, 1999, p. 126
  4. Cette question du dogmatisme scientifique est abordée par des auteurs comme Michael Polanyi, Thomas Kuhn ou, en France et plus récemment, Bernadette Bensaude-Vincent. Nous y reviendrons dans la suite de l'article
  5. Les anthropologues des sciences occupent une place importante dans la critique des idéalisations de ces notions de raison et de méthode en science, qui de surcroît apportent le risque d'une certaine circularité de la définition de la science (la science pouvant être définie par la méthode, la méthode par la science)
  6. Nous reviendrons ce dernier point en examinant les " quadrants " de Donald Stokes, mais également les analyses de Terry Shinn sur la recherche technico-instrumentale
  7. Paul Feyerabend, Contre la méthode, esquisse d'une théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur...) anarchiste de la connaissance, Éditions du Seuil, 1979, p. 332
  8. Cette notion d'"air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de pressuriser les cabines des avions et autres...) de famille" est proposée par Wittgenstein pour nommer ce qui peut lier les différentes manifestations de ces notions qui, comme la science, échappe à toute tentative de définition. Ce n'est cependant pas avec l'exemple de la science que le philosophe de Cambridge illustre ce que peut être un air de famille, mais avec la notion de jeu : " considère par exemple les processus que nous appelons "jeux" […]. Qu'ont-ils tous de commun? […] tu ne verras rien de commun à tous, mais tu verras des ressemblances, des parentés, et tu en verras toute une série. […] Je ne saurais mieux caractériser ces ressemblances que par l'expression d'"air de famille" […]. " (Wittgenstein, Recherches philosophiques, Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre...), Gallimard (NRF), § 66-67, 2004 [1er ed. 1953], p. 64).
  9. Raymond Boudon, L'art de se persuader des idées douteuses, fragiles ou fausses, Paris, Fayard (Points Essais), 1990, p. 359. Boudon explique dans ce passage que ces notions " sont de type polythétique ". Cette notion a été forgée par l'anthropologue Rodney Needham (1975, " Polythetic classification : convergence (Le terme de convergence est utilisé dans de nombreux domaines :) and consequences ", Man, 10(3), pp. 349-369.) : tandis que la représentation monothétique exige la présence d’au moins un caractère commun à toute la classe identifiée, la classification polythétique exige simplement que chaque membre de l’ensemble considéré partage au moins un caractère important avec au moins un autre élément de la classe. Pour rendre plus intuitive cette définition abstraite, Boudon s'appuie sur la notion wittgensteinienne d’air de famille
  10. Raymond Boudon, L'art de se persuader des idées douteuses, fragiles ou fausses, Paris, Fayard (Points Essais), 1990, p. 338
  11. D. Boulter, Public perception of science and associated general issues for the scientist, Phytochemistry 50 (1999), p. 5.
  12. D. Boulter, Public perception of science and associated general issues for the scientist, Phytochemistry 50 (1999), p. 1.
  13. Rober Nadeau, Vocabulaire technique et analytique de l'épistémologie, PUF, 1999, p. 272
  14. Il serait intéressant d'étudier de plus près les raisons du succès de la définition poppérienne de la science auprès des scientifiques
  15. David B. Resnik, A Pragmatic Approach to the Demarcation Problem, Stud. Hist. Phil. Sci., Vol. 31, No. 2, pp. 249–267, 2000
  16. D. Boulter, Public perception of science and associated general issues for the scientist, Phytochemistry 50 (1999), p. 2.
  17. Murray Gell-Mann, Le quark et le jaguar (Le jaguar (Panthera onca) est un mammifère carnivore de la famille des félidés. C'est l'un des quatre « grands félins » du genre...), 1997 (lien), p. 99
  18. Robert Nadeau, Vocabulaire technique et analytique de l'épistémologie, PUF, 1999, p. 126
  19. Ainsi, en 1949 déjà, le sociologue Henri Lévy-Bruhl, après avoir écrit qu'il " [importe de] maintenir une distinction nécessaire entre la science et ses applications ", ajoutait : " Je sais que cette distinction n'est plus à la mode, et que l'on se gausse de l'appellation de "science pure", comme si ceux qui l'emploient prétendaient l'opposer à une science inférieure "impure". " (Lévy-Bruhl H., 1949, " Pas de science dirigée ", la Revue Socialiste, 27, avril 1949, pp. 249-255.
  20. Certaines approches de l'économie appartiennent également à cette catégorie (voir École autrichienne d'économie)
  21. Les économistes ne sont cependant pas directement impliqués dans les débats, évoqués dans les premiers paragraphe, visant à élucider l'être de la science. Ils importes les concepts où les critères forgés par les philosophes ou les sociologues pour nourrir leurs propres nalyses
  22. mais ne doit pas être confondue avec elle, l'économie de la connaissance incluant également, par exemple, l'étude de l'impact du niveau d'éducation de la population sur la richesse d'une nation
  23. C.G.J. Jacobi, letter to Legendre, July 2, 1830, in Gesammelte Werke, Vol. I, Berlin (1881), p. 454.
  24. D. Boulter, Public perception of science and associated general issues for the scientist, Phytochemistry 50 (1999), p. 6.
Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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