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Pic pétrolier

Un pic de production désigne le sommet de la courbe qui caractérise la production pétrolière d'un puits ou d'un champ pétrolier ; par agrégation le pic pétrolier désigne celle d'un pays voire de l'ensemble de la planète. Cette courbe (En géométrie, le mot courbe, ou ligne courbe désigne certains sous-ensembles du plan, de l'espace usuels. Par exemple, les droites, les segments, les lignes polygonales et les cercles sont des courbes.) est censée passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) par un maximum, puis décroître. Ce terme est également associé aux chocs socio-économiques et géopolitiques, qui pourrait être consécutifs à l'épuisement des réserves pétrolières mondiales. Appelé (en) Peak Oil en anglais, il constitue l'extrapolation des travaux du géophysicen Marion King Hubbert.

La courbe de Hubbert propose une modélisation de la production de pétrole en fonction du temps
La courbe de Hubbert (Le géophysicien Marion King Hubbert suggéra dans les années 1940 que la courbe de production d'une matière première donnée, et en particulier du pétrole, suivait une courbe en cloche (voir ci-contre). Cette courbe devint célèbre quand il...) propose une modélisation de la production de pétrole (Le pétrole est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle...) en fonction du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.)
L'extraction d'un gisement se produit en plusieurs phases. La production totale suit une distribution normale.
L'extraction d'un gisement se produit en plusieurs phases. La production totale suit une distribution normale.

Prémices

Principes

Les principes généraux qui sous-tendent les travaux sur le Pic Pétrolier (Un pic de production désigne le sommet de la courbe qui caractérise la production pétrolière d'un puits ou d'un champ pétrolier ; par agrégation le pic pétrolier désigne celle d'un pays voire de l'ensemble de la planète. Cette courbe est...) sont :

  • le pétrole est une ressource limitée, qui ne se renouvelle pas
  • avant d'extraire du pétrole il faut l'avoir découvert
  • nous avons prospecté une grande partie de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la...), et les découvertes de nouveaux gisements deviennent rares
  • le remplacement du pétrole par d'autres sources de carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.) ou d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) n'est pas aisé
  • l'exploitation est actuellement régulée par la demande ; quand ce sera l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y = y·x =...), nous aurons une mutation à accomplir

Le sujet est donc autant technique qu'économique et géopolitique (La géopolitique désigne tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d’influence sur des territoires et les populations qui y vivent, c'est-à-dire l'étude des rapports de forces entre divers...).

L'objectif premier était bien de prédire la date du Pic Pétrolier ; pour différentes raisons abordées ci-dessous, cette prédiction est délicate. Cependant, les enseignements tirés de cette réflexion gardent un intérêt prospectif.

Premiers travaux

Le géophysicien Marion King Hubbert suggéra dans les années 1940 que la courbe de production d'une réserve de matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de...) première donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.), et en particulier du pétrole, suivait une courbe en cloche. Il émit l'hypothèse que la production de pétrole d'une région suit une courbe parallèle à celle des découvertes mais décalée dans le temps.

En 1956, lors d'un meeting de l'American Petroleum Institute à San Antonio, au Texas, Hubbert fit la prédiction que la production globale de pétrole aux USA atteindrait son maximum aux alentours de 1970, avant de commencer à décroître. Il devint célèbre quand on s'aperçut qu'il avait raison, en 1970. La courbe qu'il employa dans son analyse est connue sous le nom de Courbe de Hubbert, et le moment où elle atteint son maximum le Pic de Hubbert (Le géophysicien Marion King Hubbert suggéra dans les années 1940 que la courbe de production d'une matière première donnée, et en particulier du pétrole, suivait une courbe en cloche (voir...).

Au lendemain du pic de production domestique des États-Unis, ses travaux reçurent un intérêt renouvelé, mais les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont considérablement déformé la courbe de production, éloignant la courbe consolidée de la production du modèle théorique établi par Hubbert.

Usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) plus récent

Plus récemment, la disponibilité (La disponibilité d'un équipement ou d'un système est une mesure de performance qu'on obtient en divisant la durée durant laquelle ledit équipement ou système est opérationnel par la durée totale durant...) des moyens de calcul personnels ont permis à de nombreux observateurs de se repencher sur la question, à l'issue de la période 1985-2000, très homogène sur un plan économique. C'est dans cette période que la formule de la courbe de Hubbert est utilisée systématiquement, toujours dans le but de prédire la date du Pic et l'état des réserves mondiales.

Les outils

Les principaux outils permettant de se forger une opinion sur l'évolution des productions pétrolières sont :

  • les valeurs de production passées, indispensables à toute extrapolation ;
  • la courbe de Hubbert, dont la modélisation permet d'identifier le maximum de production pétrolière
  • la linéarisation de Hubbert, permettant d'identifier graphiquement le montant des réserves pétrolières
  • l'état des réserves pétrolières publiées par les différentes compagnies
  • la courbe des découvertes aboutissant à ces réserves
  • l'historique du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de plate-formes de forage en exploitation dans une région donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement,...), pour les courbes d'écrémage

Perspectives

Les diverses organisations se penchant sur la question n'ont pas les mêmes opinions sur les perspectives :

  1. Les plus optimistes (les économistes, les gouvernements états-unien et des pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous forme de...) de l'OPEP, les compagnies pétrolières) évaluent publiquement qu'il surviendrait vers 2030 ou après ;
  2. Alors que les experts de l'ASPO donnent la date de 2010, voire 2008 (bulletin officiel de l'ASPO, traduit en français).
    1. L'Association for the Study of Peak Oil and Gas, en français "Association pour l'étude du pic pétrolier (Un pétrolier est un navire citerne servant à transporter le pétrole ainsi que ses dérivés (essence). Pour le transport d'autres liquides,...) et gazier", publie annuellement une courbe effective de la production pétrolière mondiale, et la présente lors de séminaires internationaux.
  3. Les plus pessimistes considèrent parmi les perspectives l'ampleur de trois crises successives que seraient les chocs géologique (prise de conscience de la finitude des réserves), économique (fin du pétrole bon marché) puis social (reconversions nécessaires pour résoudre la dépendance au pétrole dans les modes de vie).

La croissance économique rapide de la Chine et de l'Inde incite à avancer cette date. Certains des plus grands gisements pétroliers au monde (Le mot monde peut désigner :), tels que Cantarell au Mexique, ont déjà dépassé leur pic. En 2006, selon les chiffres du Departement of energy américain, la production mondiale de pétrole brut (Le pétrole brut provient de l'exploitation d'un puits, à l'issue des traitements de dessablage, de décantation de l'eau, et éventuellement de séparation de la phase gazeuse à pression et...) (et condensats) a décliné de 200 000 barrils/jours comparée à celle de 2005, tandis que la production "tous liquides", restait stable. En particulier, la production saoudienne a diminué de 8%.

Définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) d'un pic pétrolier

Pour un gisement pétrolifère

La production de pétrole au cours du temps peut être représentée par une courbe. Cette courbe commence à zéro (Le chiffre zéro (de l’italien zero, dérivé de l’arabe sifr, d’abord transcrit zefiro en italien) est un symbole marquant...) quand l'exploitation du gisement commence, et finit également à zéro lorsqu' on interrompt l'exploitation du gisement ; à ce moment précis, il peut rester de 20 à 40% de pétrole en place dans le gisement, non récupéré. Entre ces deux moments, la production passe nécessairement par un maximum qui coïncide à peu près au moment où la moitié du pétrole a été extrait. Une fois le pic passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au...), la production ne peut que décroître. En outre, le pétrole restant est de plus en plus difficile à extraire, et donc de plus en plus cher.

La production de pétrole n'est pas uniquement une question de coût mais aussi d’énergie. En effet, le pompage (Le pompage est un phénomène aérodynamique qui intervient dans un compresseur. Il s'agit d'une instabilité aérodynamique qui donne naissance à des ondes longitudinales. Une...) et les diverses opérations mécaniques effectuées consomment de l'énergie. Quand le gisement s’épuise, il faut en dépenser de plus en plus pour extraire des quantités toujours décroissantes de pétrole. À la fin, on peut atteindre un point (Graphie) où l’énergie nécessaire pour extraire un litre (Le litre (du grec λίτρα lítra, ancienne mesure de capacité – une livre de douze onces – égale au seizième du boisseau soit 0,813 litre) est une unité...) de pétrole dépasse celle contenue dans ce même litre. Le gisement n’est alors plus une source mais un puits d'énergie et son exploitation pour le pétrole-énergie n'est plus rentable. On peut cependant encore l'exploiter comme matière première (pour les plastiques par exemple). En d’autres termes, un gisement peut être abandonné même s’il contient encore une quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un...) appréciable de brut.

On comprend donc que les réserves de pétrole récupérables dépendent

  • de notre savoir-faire technique à un moment donné
  • de l'économie en général et du prix de l'énergie en particulier

Pour les principales régions de production

Production de pétrole en Norvège : les premiers gisements
Production de pétrole en Norvège : les premiers gisements
La Norvège est un exemple de pays où la courbe de Hubbert donne une modélisation précise
La Norvège est un exemple de pays où la courbe de Hubbert donne une modélisation précise

Ce phénomène est général et se vérifie pour toutes les zones de production. Ainsi en 1956, le géologue King Hubbert avait prédit la diminution de la production états-unienne de brut à partir de 1970. Ce qui s’est produit. Le pic de production a déjà été dépassé dans de nombreux pays producteurs, tels que la Libye (1970), l’Iran (1976), l’URSS (1987), le Royaume-Uni (2000) et la Norvège (2000). Au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme....), une soixantaine de pays auraient déjà dépassé leur pic. Naturellement, si l’on considère la production mondiale de pétrole, il est évident que le même phénomène est à l’œuvre. La seule inconnue est la date à laquelle ce pic surviendra.

La courbe de Hubbert est donc bien adaptée à l'étude d'un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise...) de gisements pendant une période économique stable ; elle ne permet pas de faire des prédictions à long terme sur l'ensemble de la planète.

Selon Matthew Simmons, qui a exercé un rôle d’expert auprès de la Task Force présidée par Dick Cheney (et supposée définir la politique énergétique (La politique énergétique est la politique adoptée par une entité vis-à-vis de la gestion de l'énergie.) des États-Unis), l’Arabie saoudite aurait également passé son pic en 2004. Très récemment, le 12 novembre 2005, une nouvelle (publiée entre autres par AME Info et reprise par de nombreux médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une...) dont Kuwaittimes.net) a stupéfié beaucoup d’experts : le champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) de Burgan, situé au Koweït, 2e champ pétrolier de la planète par sa capacité a atteint son pic de production. Les experts pensaient extraire 2 Mbbl/jour pendant encore 30 à 40 ans, mais il plafonne désormais autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) de 1,7 Mbbl/j malgré tous les efforts entrepris pour maintenir son débit (Un débit permet de mesurer le flux d'une quantité relative à une unité de temps au travers d'une surface quelconque.) initial. De plus, un autre très grand champ pétrolier, le complexe de Cantarell au Mexique a atteint son pic en 2006, selon les responsables de son exploitation. Pour ce qui concerne le plus grand champ pétrolier, le gisement de Ghawar, plusieurs spécialistes estiment qu’il est proche du pic, même si les officiels le contestent. Les quatre plus grands champs du monde en termes de production (Ghawar, Cantarell, Burgan et Daqing) seraient donc tous en déclin.

Si l'on peut donc encore douter de la validité du dépassement (Un dépassement est le fait de rouler pendant un instant, en général relativement court, à côté d’un autre véhicule à une vitesse supérieure à la sienne dans le but final de...) du pic pétrolier pour l'Arabie Saoudite, 1er producteur mondial, nous devrons attendre quelques années avant d'avoir une réponse claire. Quant au pic au niveau mondial, il reste encore dépendant de l'affinage des capacités d'évaluation ainsi que de la découverte de nouveaux gisements offshore (Offshore est un terme anglais désignant à l'origine les activités qui se déroulent au large des côtes. Il peut s'appliquer à plusieurs domaines :), notamment dans le golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) de Guinée.

Calcul des réserves mondiales

Il existe différentes façons de calculer les réserves de pétrole mondiales.

Différents types de réserves

L’estimation des réserves disponibles dans un gisement est faite lors de sa découverte : il s’agit au départ de paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents...) de géologues et d’ingénieurs. Ces réserves sont les réserves initiales, celles sur lesquelles on se base pour calculer le prix de vente du gisement, l’investissement fait pour son exploitation, la valeur d’une entreprise. Ce premier type d'estimation est assez peu fiable, non en raison de l'avancement de la science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de...), mais en raison des enjeux financiers : ainsi, en 1988, lors de la découverte du champ pétrolifère de Cusiana, en Colombie, la compagnie états-unienne Triton (aujourd'hui Amerada Hess) a estimé son potentiel à 3 milliards de barils, une quantité importante qui a fait remonter le cours de son action. Mais BP a fait une nouvelle estimation du gisement après avoir commencé d’extraire le brut à Cusiana : 1,5 milliard (Un milliard (1 000 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millions neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (999 999 999) et précède un milliard un...) de barils. Des experts de l’ASPO pensent que ce gisement ne dépasse pas 800 millions de barils.

En partant des gisements découverts, on extrapole différentes valeurs sur les réserves restantes à découvrir :

  • la première, appelée réserves prouvées ou F95, est la quantité de pétrole qui sera exploitée avec les moyens actuels avec une probabilité (La probabilité (du latin probabilitas) est une évaluation du caractère probable d'un évènement. En mathématiques, l'étude des...) de 95 % ;
  • la deuxième, appelée réserves probables ou F50, est la quantité de pétrole qui sera produite, mais avec une probabilité de 50 % ;
  • la troisième, appelée réserves possibles F5, est la quantité de pétrole très hypothétiquement produite, si le prix de vente augmente de façon à absorber les coûts d'extraction qui seront très élevés, avec une probabilité de 5 %.

Ainsi, pour l'Algérie, on a F95 égal à 1,7 milliards de barils, F50 évalué à 6,9 milliards de barils et F5 estimé à 16,3 milliards de barils (données publiées par l'United States Geology Survey, dont la mission est d'informer le ministère de l'Intérieur états-unien). Ces probabilités de découverte servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) à juger de l'assise financière d'un pays ; mais les gouvernements comme les banques utilisent en général une valeur médiane (Le terme de médiane, du latin medius, qui est au milieu, possède plusieurs acceptations en mathématiques :) des trois, soit 7,7 milliards de barils, qui a moins d'une chance sur deux d'être finalement découverte.

Le sujet est extrêmement sensible pour les pays pétroliers : ainsi en 2002, la Douma russe a voté une loi d’après laquelle révéler les réserves de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme propre ni de volume propre :...) et de pétrole russe est un crime passible de 7 ans de prison.

Pour justifier les différentes estimations, les rapports s’appuient sur le fait qu'il existe plusieurs types de pétrole :

  • le pétrole conventionnel (95 % de ce qui a été exploité jusqu’ici) ;
  • et le pétrole non-conventionnel :
    • schistes bitumineux ;
    • sables bitumineux ;
    • et le pétrole inexploitable avec la technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) actuelle.

Certains experts estiment que les quantités de pétrole non-conventionnel produites seront toujours secondaires, car l’exploitation, même possible, de ces gisements, restera toujours difficile, lente (La Lente est une rivière de la Toscane.) et coûteuse. Elle présente aussi le handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une...) fondamental d'avoir une production nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un emprunt au grec ancien...) d'énergie limitée ; l’extraction et la transformation de ces pétroles non conventionnels consomment une part significative de leur énergie (30 % dans le cas des sables bitumeux de l’Alberta). Cela augmente significativement la pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) générée par unité d’énergie finale. D'autres experts signalent que la seule région de l'Alberta produit déjà 2 millions de barils par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à...) en 2006, estimation 3 millions en 2010.

Remise en cause des estimations officielles

Les pays producteurs de l’OPEP ont décidé en 1985 d’indexer leur production sur leurs réserves. Ce qui était sage à l'époque, provoqua des relèvements des estimations à la hausse, afin d’obtenir des droits de production supérieurs. Ce relèvement (Le relèvement est la détermination de l'angle que fait, dans le plan horizontal, la ligne d'un observateur vers un objet avec celle d'une direction de référence fixe. En général, le...) permet également d’obtenir des prêts plus élevés et de meilleurs taux. C’est cette dernière raison qui explique le relèvement des réserves estimées de l'Irak en 1983, alors en guerre contre l'Iran. Le tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) des estimations suspectes, présent dans l'article Réserves pétrolières#Estimations suspectes de certains pays de l'OPEP, montre ces relèvements subits, il est résumé dans le tableau suivant.

Déclarations de réserves avec augmentations suspectes (en milliards de barils) d'après Colin Campbell, SunWorld, 80'-95
Année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) Abou Dabi Dubaï Iran Irak Koweït Arabie saoudite Venezuela
1980 28,00 1,40 58,00 31,00 65,40 163,35 17,87
1981 29,00 1,40 57,50 30,00 65,90 165,00 17,95
1982 30,60 1,27 57,00 29,70 64,48 164,60 20,30
1983 30,51 1,44 55,31 41,00 64,23 162,40 21,50
1984 30,40 1,44 51,00 43,00 63,90 166,00 24,85
1985 30,50 1,44 48,50 44,50 90,00 169,00 25,85
1986 31,00 1,40 47,88 44,11 89,77 168,80 25,59
1987 31,00 1,35 48,80 47,10 91,92 166,57 25,00
1988 92,21 4,00 92,85 100,00 91,92 166,98 56,30
1989 92,20 4,00 92,85 100,00 91,92 169,97 58,08
1990 92,20 4,00 93,00 100,00 95,00 258,00 59,00
1991 92,20 4,00 93,00 100,00 94,00 258,00 59,00
1992 92,20 4,00 93,00 100,00 94,00 258,00 62,70
2004 92,20 4,00 132,00 115,00 99,00 259,00 78,00

Le total des réserves déclarées est de 701 milliards de barils, dont 317,54 douteux.

On peut faire les commentaires suivants :

  1. tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) d'abord, les pays producteurs affirment que les découvertes de nouveaux gisements, année après année, remplacent exactement ou presque exactement les quantités produites, puisque les réserves disponibles de ces pays ne varient quasiment pas d'une année sur l'autre. Par exemple, l'Arabie Saoudite extrait 3 milliards de barils par an, on devrait logiquement voir les réserves diminuer d'autant. De même, Abou Dabi déclare exactement 92,2 milliards de barils depuis 1988, alors qu'en 16 ans, 14 milliards en ont été sortis de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus...). Une explication avancée est que les pays du Golfe incluent le pétrole déjà produit dans les "réserves".
  2. en l’absence de grandes découvertes les justifiant, les réserves annoncées par ces pays sont au moins à 45 % fausses, sauf à supposer que les chiffres étaient sous-évalués jusqu'aux années 1980 .
  3. on remarque clairement la surenchère entre pays : le Koweït s'étant attribué 90 milliards de barils de réserves, Abou Dabi et l'Iran ont répondu avec des chiffres très légèrement supérieurs, afin de se garantir un quota de production similaire. L'Irak a répliqué avec un chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.) arrondi (Un arrondi d'un nombre est une valeur approchée de ce nombre obtenue, à partir de son développement décimal, en réduisant le nombre de chiffres significatifs. Le résultat est moins...) à 100.

D'autres exemples incitent à une extrême vigilance (Son attention prend un aspect d'intensité pour solliciter l'ensemble de ses capacités de perception et les concentrer sur le déroulement de la tâche.) sur les chiffres officiels des réserves :

  • en janvier 2006, la revue Petroleum Intelligence Weekly a déclaré que les réserves du Koweït étaient en fait égales à seulement 48 milliards de barils, dont seulement 24 "pleinement prouvés", s’appuyant sur des "fuites" de documents confidentiels koweïtiens. Il s'agit d'une division (La division est une loi de composition qui à deux nombres associe le produit du premier par l'inverse du second. Si un nombre est non nul, la...) par deux du chiffre officiel, ce qui va encore plus loin que les allégations de l'ASPO. Il n'y pas eu de démenti formel des autorités koweïtiennes.
  • la société Shell a annoncé le 9 janvier 2004 que 20 % de ses réserves devaient passer de prouvées à possibles (c'est-à-dire incertaines). Cette annonce a fait chuter le cours de l’action et valut à la société un procès, la valeur de la société ayant ainsi été frauduleusement surévaluée. Depuis, elle a de nouveau révisé ses réserves trois fois, les faisant diminuer à 10 133 millions de barils (contre 14 500 millions). Son président, Phil Watts, a dû démissionner.
  • Comme on le remarque dans le tableau ci-dessous, les réserves revendiquées par le Koweït avant et après la guerre du Golfe sont les mêmes, 94 milliards de barils, bien que les immenses incendies des puits déclenchés par les forces irakiennes avant de se retirer aient détruit environ 2 milliards de barils.
  • En 1970, l’Algérie, probablement sous l'influence russe, a augmenté ses " réserves prouvées ", qui jusque-là se situaient aux alentours de 7-8 milliards de barils, pour les porter à 30 milliards. Deux ans plus tard, ce chiffre passe à 45 milliards. Puis les volontés politiques changent et, après 1974, le pays retourne à des chiffres inférieurs à 10 milliards de barils (fait rapporté par Jean Laherrère).
  • La Pemex (Pemex ou Petróleos Mexicanos est une entreprise publique mexicaine chargée de l'exploitation du pétrole.) (compagnie d’État du Mexique, qui a le monopole de l'extraction du pétrole dans le pays) a, en septembre 2002, revu ses réserves à la baisse de 53 %, passant de 26,8 à 12,6 milliards de barils. Peu après, elle les a relevés sensiblement, à 15,7.
  • Bien sûr, il existe aussi des exemples où les réserves sont sous-estimées. En 1993, les réserves de la Guinée équatoriale se limitaient à quelques gisements insignifiants ; l’Oil And Gas Journal les estimait à 12 millions de barils. Deux gisements géants et plusieurs de taille moindre ont été découverts par la suite, mais la valeur annoncée resta inchangée jusqu’en 2003. En 2002, le pays avait toujours 12 millions de barils de réserves d’après le journal, alors qu'il produisit 85 millions de barils dans l'année ! De même, les réserves de l’Angola sont restées à 5,421 milliards de barils (quatre chiffres significatifs, ce qui donne l’impression d’une très grande précision) de 1994 à 2003, malgré la découverte de 38 nouveaux gisements de plus de 100 millions de barils chacun.

Notons enfin que la définition des réserves prouvées change selon les pays. Ainsi, aux États-Unis, la règle est de ne classer comme prouvées que les réserves qui sont en communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles...) avec un puits en production. C'est donc une définition prudente, mais elle a pour effet que l'on peut accroître les réserves en forant un nouveau puits dans un gisement connu depuis des décennies. À l’inverse, l'Arabie saoudite classe en réserves prouvées les gisements encore inexploités. Quant au Venezuela, il semble qu'il inclut dans ses réserves une partie des pétroles non conventionnels (bitumes) de l'Orénoque.

Liste des pays qui ont déjà atteint le pic

La Pennsylvanie fut le premier territoire à atteindre son pic de production en 1891. Le premier pays serait la Pologne en 1909 selon certaines sources, mais le sujet est peu documenté. Les États-Unis furent en tout cas le premier producteur Majeur à franchir le pic en 1971, donnant raison à King Hubbert, malgré les dénégations de l'USGS. La liste des pays qui ont déjà franchi le pic suit. Bien sûr, il est possible que certains d'entre eux voient leur production rebondir et franchir un deuxième pic plus tard, mais ce n'est vraiment probable que pour les petits producteurs ayant encore des régions significatives à explorer, cela n'a par exemple aucune chance d'arriver pour la Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la majorité...). Il peut aussi être intéressant de suivre les pics par groupes de pays. L'OCDE a atteint son pic en 1997, à 21.1 Mbbls/j, et perdu près de 10% de sa production depuis. L'ensemble des pays non-OPEP et non-ex-URSS (ce qui inclut l'OCDE) semble avoir atteint le pic en 2002.

Le tableau présent dans l'article Réserves pétrolières#Réserves pétrolières par pays, signale les pays ayant apparemment franchi leur pic ; parmi les plus importants, on peut signaler États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Mexique, Pays-Bas, Venezuela.

Pétrole classique (léger, lourd, profond, polaire) Autres réserves d'hydrocarbures Notes
Pays Pic des découvertes de pétrole Pic de la production de pétrole Mi-point de l'épuisement du pétrole Pic du gaz naturel (Le gaz naturel est un combustible fossile, il s'agit d'un mélange d'hydrocarbures présent naturellement dans des roches poreuses sous forme gazeuse.) Pic du charbon Pic des sable (Le sable, ou arène, est une roche sédimentaire meuble, constituée de petites particules provenant de la désagrégation d'autres roches dont la dimension est...) bitumeux, shale
Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de l'Europe et de l'Afrique par l'océan...) du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.)
Canada 1958 1973 1988 2002 Importance du pétrole extra-lourd
États-Unis 1930 1971 2003 1974 Cas d'école du peak oil, King Hubbert
Mexique 1977 2003 1999 En phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) de plateau, début de déclin a priori très rapide
Amérique du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.)
Argentine 1960 1998 1994 2004
Colombie 1992 1999 1999
Venezuela 1 1941 1970 2003 Importance du pétrole extra-lourd
Chili 1960 1982 1979 ~1980
Équateur 2 1969 2004 2007
Pérou 1861 1983 1988
Trinidad 1969 1978 1983
Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...)
Albanie 1928 1983 1986
Autriche 1947 1955 1970
Croatie 1950 1988 1987
Danemark 1971 2002 2004
France 1958 1988 1987 1978
Allemagne 1952 1966 1977 1979
Hongrie 1964 1987 1987
Italie 1981 1997 2005 1994
Pays-Bas 1980 1987 1991 1976 Production de gaz réglementée
Norvège 1979 2003 2003
Roumanie 1857 1976 1970 1982 Fut le premier pays producteur
Ukraine 1962 1970 1984 avt 85
Royaume-Uni 1974 1999 1998 2000 Offshore, déclin très rapide
Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface...)
Cameroun 1977 1986 1994
Rép. Congo 1984 2001 2000 2e pic possible grâce à l'offshore lointain
Égypte 1965 1995 2007
Gabon 2 1985 1996 1997
Libye 1 1961 1970 2011
Tunisie 1971 1981 1998
Moyen-Orient
Bahreïn (Bahreïn (arabe : البحرين « les deux mers »), officiellement le Royaume de Bahreïn (arabe :...) 1932 1970 1977
Oman 1962 2001 2003
Qatar 1 1940 2004 1998 Immenses réserves de gaz
Syrie 1966 1995 1998
Yémen 1978 1999 2003
Eurasie et Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 % des terres émergées) et le plus peuplé...) centrale
Turquie 1969 1991 1992
Ouzbekistan 1992 1998 2008
Reste de l'Asie
Brunei 1929 1978 1989 2003 ?
Chine 1953 2003 2003
Inde 1974 2004 2003
Indonésie (L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie (en indonésien Republik Indonesia), est un pays transcontinental d'Asie du Sud-Est et d'Océanie. Avec plus de...) 1 1955 1977 1992 Pic secondaire en 1996
Malaisie 1973 2004 2002 En phase de plateau
Pakistan 1983 1992 2001
Thaïlande 1981 2005 ? 2008
Océanie (L'Océanie est une vaste région regroupant des territoires situés dans l'océan Pacifique. Elle est une des cinq divisions traditionnelles des terres émergées de la planète (en omettant...)
PNG 1987 1993 2007
Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de l'Océanie. En...) 1967 2000 2000 Déclin très rapide
Nlle-Zélande 2001 Pénurie de gaz, crise économique

Données issues de (lien) et du rapport annuel du British Petroleum Energy.
1 membre de l'Opep. Ces pays ont connu un pic "artificiel" avec l'établissement du quota, mais la plupart ne pourront jamais rejoindre les chiffres de production de cette époque. Il en va de même pour quelques pays non-Opep comme Brunei et Trinidad, qui eux aussi ont volontairement restreint leur production dans les années 70.
2 anciens membres de l'Opep.

Conséquences sur l'économie

La prise de conscience du pic pétrolier et surtout de l'avènement global de la période décroissante de la courbe, celle de la déplétion (Le terme déplétion peut faire référence à :), impose une redéfinition généralisée du mode de vie (La vie est le nom donné :) induit (L'induit est un organe généralement électromagnétique utilisé en électrotechnique chargé de recevoir l'induction de l'inducteur et de la transformer en électricité (générateur) ou en force (moteur).) par la période qui s'achève, où le pétrole était une ressource naturelle bon marché et constamment disponible par rapport aux besoins.

Conclusion

Le 11 février 2006, Kenneth Deffeyes, professeur à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment...) de Princeton et expert pétrolier ayant travaillé entre autres pour Shell, (en) annonce que pour lui le pic pétrolier a été atteint le 16 décembre 2005 avec 1006,5 milliard de barils produits depuis le début de l'ère du pétrole.

En 2006, la production journalière de pétrole est de l'ordre de 85 millions de barils par jour. Alors que certains (comme M. Deffeyes ci-dessus) considèrent que le pic de production mondial a été atteint, d'autres considèrent qu'il sera atteint dans la décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix » et annus « année.) 2010 ou 2020, pour des valeurs variant de 100 à 120 millions de barils par jour ; ces variations considérables s'expliquent par :

  • les inconnues sur les réserves connues et à découvrir décrites ci-dessus
  • les inconnues sur le pourcentage (Un pourcentage est une façon d'exprimer une proportion ou une fraction dans un ensemble. Une expression comme « 45 % » (lue « 45 pour cent ») est en réalité la sténographie pour la fraction 45/100 dont l'écriture...) de récupération que nous atteindrons
  • les inconnues sur le pétrole dit "non conventionnel"

Enfin, la date exacte dépend non seulement de la quantité totale de pétrole existant sur la planète, mais de la vitesse (On distingue :) à laquelle nous allons le consommer : les solutions de remplacement, au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la...) et à mesure de leur mise en place, déformeront la courbe de Hubbert.

En France, le pic de consommation pétrolière a été atteint en 1976.

Les prémisses de la pensée sur le pic pétrolier, à savoir, il s'agit d'une ressource limitée, dont nous allons manquer à échéance, ne sont plus remises en cause à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y...) actuelle ; en revanche, de nombreux points, comme la date exacte du pic, son observabilité, la capacité de cette théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent...) à fournir des chiffres fiables continuent d'être critiqués. La discussion s'est déplacée vers les conséquences, économiques et sociales, du pic ; les tenants de cette théorie auront eu l'avantage d'attirer l'attention du public sur les mutations inévitables consécutives à l'épuisement du pétrole conventionnel.

Évolution de la production mondiale de pétrole (en Mb/j)[1]
2001 2002 2003 2004 2005 2006
77,7 77,7 (=) 79,2 (+1,93 %) 82,1 (+3,7 %) 83,2 (+1,3 %) 84,8 (+1,9 %)(estimation)
Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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