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On nomme architecture islamique (On nomme architecture islamique l'art de construire (al-bina) développé dans une région s'étendant de l'Espagne à l'Inde entre 622 et le XIXe siècle, le Dar-al-Islam.) l'art de construire (al-bina) développé dans une région s'étendant de l'Espagne à l'Inde entre 622 et le XIXe siècle, le Dar-al-Islam.
Le choix d'un matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) dépend de beaucoup de facteurs : la région où l'édifice est construit, l'accessibilité du matériau, son coût, sa destination... Il existe cinq types de matériaux utilisés dans la construction en Islam, sans compter le bois que l'on retrouve partout, et notamment dans les charpentes.
Les arcs sont un élément majeur dans l'architecture islamique tout comme dans l'architecture occidentale. Certains sont courants en orient comme en occident : arc en plein cintre, arc brisé, mais d'autres sont plus spécifiques au monde (Le mot monde peut désigner :) islamique, comme l'arc persan, au profil caréné, l'arc polylobé, l'arc à lambrequins ou encore l'arc outrepassé (souvent dit "en fer à cheval (Le cheval, de nom scientifique Equus caballus, est un grand mammifère domestique ongulé, de la famille des équidés.)"), tous trois très employés en Espagne et au Maghreb.
Les architectes islamiques utilisent deux types de supports : les piliers et les colonnes.
Une coupole (Une coupole est une voûte hémisphérique intérieure s’élevant sur un plan différent de celui du dôme qui forme l’enveloppe extérieure. Entre les deux, il existe fréquemment un espace vide considérable....) est un mode de couvrement hémisphérique, qui repose sur une zone de transition octogonale (le plus souvent) elle-même posée sur quatre piliers. La zone de transition est le grand problème des architectes islamiques. Il peuvent se servir de pendentifs, c’est-à-dire de triangles convexes posés sur la pointe, comme dans le monde byzantin, ou de trompes, à savoir des petites niches, ce qui proviendrait du monde iranien.
Les nervures et les muqarnas qui remplissent souvent les coupoles dans le monde islamique n'ont en général pas de véritable fonction architectonique.
On appelle dôme () l'extérieur d'une coupole. A partir du XVe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où peut être l'âge du...), les coupoles sont très souvent doubles, c’est-à-dire qu'il existe un espace plus ou moins important entre la coque interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet...) et la coque externe. Cette technique permet de réaliser des monuments plus hauts.
Les iwans sont nés dans le monde iraniens bien avant l'arrivée de l'Islam, sans doute sous la dynastie sassanide. Il s'agit d' un hall voûté avec une façade rectangulaire ouverte par un grand arc.
La fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) des fenêtres et autres ouverture est un élément traité de différentes manières dans le monde islamique. Les moucharabiehs, des sortes de grillages en bois tourné (ou d'autres matériaux, par exemple le marbre en Inde) sont fréquemment utilisés. Parfois, des barrières de moucharabiehs sont même crées, comme dans les complexes et les mosquées mameloukes.
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Exemple d'arcs outrepassé (1er plan) et polylobés (fenêtres au 2e plan), Palais de l'Aljaferia, Saragosse |
![]() Colonnes et arcs persans : cour de la mosquée al-Azhar, Le Caire () |
![]() iwan (L'iwan est un élément architectural qui consiste en un vaste porche voûté ouvert sur un côté par un grand arc.) de la madrasa d'Ulugh Bag, Samarkand, Ouzbekistan |
![]() Exemple de pishtak, Mashhad de 'Ali à Najaf, Irak |
Il existe mille et une manières de décorer un bâtiment en terres d'Islam. La céramique, la sculpture (La sculpture existe depuis le paléolithique(il y a 25000 ans à peu près) et la petite figurine de Lespugue, sur ivoire de mammouth, est un très bel exemple de sculpture (taille directe par pression ou bien abrasion en frottant sur une pierre...), la peinture, la mosaïque sont quelques unes des techniques les pus couramment utilisées. Certains éléments architecturaux ont également une vocation ornementale.
Contrairement à une idée très répandue, le décor architectural, comme l'art islamique en général, est souvent figuratif. Une exception importante, cependant, concerne les édifices à vocation religieuse, qui ne peuvent théoriquement comporter de représentations humaines ni animales.
Évidemment, le décor d'un bâtiment passe tout d'abord par les composants de son architecuture. Matérieux, arcs, supports, coupoles sont autant de médiums de décor : ce n'est pas pour rien que la Grande mosquée de Cordoue comporte des colonnes de marbre bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et...) et blanc, des arcs à claveaux de couleurs alternées parfois polylobés, et des moulures dans ses coupoles ! Dans la conception d'un édifice, l'architecte (Un architecte (du grec arkhitektôn qui signifie « maître charpentier ») est souvent un créatif dont le métier est de concevoir (par le dessin de plans) et de faire construire des...) prend au moins autant en compte les données purement architecturales que les données ayant trait au décor.
Un élément assez caractéristique du monde islamique illustre l'importance des éléments architecturaux à vocation décorative : le muqarnas, également appelé "muqarbas" dans les pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la...) d'occident musulman ou plus simplement "stalactite". Il s'agit en fait de petites niches associées géométriquement et formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la hauteur perçue est haute et inversement. Chaque voyelle se caractérise par son timbre...) une composition en trois dimensions. On les trouve fréquemment dans les coupoles et les zones de transition, mais aussi sur certains chapiteaux, dans des voûtes, etc. Cet élément a une origine obscure : on pense souvent qu'il serait né en Iran oriental vers le Xe siècle, mais d'autres hypothèses circulent (Égypte, occident, Bagdad…). Quoiqu'il en soit, il est répandu dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble, désigne intuitivement une collection d’objets (que l'on appelle éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout », comme l'énonçait, le créateur de...) du monde islamique, et les splendides voûtes à muqarnas de l'Alhambra de Grenade n'ont rien à envier à celles des Timurides. Plusieurs matériaux sont utilisés pour les créer, selon les régions et les périodes : stuc (Le stuc est un mélange de chaux et de plâtre. Les charges peuvent être le sable ou la poudre de marbre. On y trouve aussi des colles animales ou végétales, éventuellement armées de cheveux ou...) et faïence en Iran, pierre en Égypte et en Syrie.
L'ablaq est également une techique islamique, principalement répandue en Syrie et en Égypte, mais qui se retrouve également parfois en Anatolie. Elle consiste en l'incrustation pierres de couleurs différentes (marbre le plus souvent) dans le mur. Le chef d'œuvre de cette technique est le mihrab de la madrasa Firdaws, à Alep, qui date de la période ayyubide, mais les mamelouks utilisèrent également cette technique de manière expansive.
La mosaïque est utilisée à plusieurs époques : Califat des Omeyyades, califat des Omeyyades d'Espagne, califat des Abbassides, sultanat mamelouk. Dans les trois premiers cas, on note une forte influence antique et byzantine (mosaïque à fond d'or). On sait d'ailleurs que des artistes byzantins ont travaillé dans le monde islamique à ses débuts. Pour les mosaïques mameloukes, le cas est un peu différent, car il s'agissait cette fois d'un retour aux sources. Elles sont donc fortement influencées par les mosaïques à fond d'or du Dôme du Rocher et de la Grande mosquée des Omeyyades de Damas.
La terre cuite est extrêmement utilisée pour décorer tous types de bâtiments, dans le monde iranien notamment, mais également dans tout le reste du mode islamique. On peut utiliser deux types d'éléments : des éléments structurels, c’est-à-dire des briques, glaçurées ou décorées de quelque manière que ce soit, et des éléments purement décoratifs, à savoir des carreaux de revêtement en céramique.
Les principales techniques utilisées sont les suivantes :
Les fonctions d'un bâtiment peuvent être multiples (mosquée et madrasa, par exemple). Il arrive souvent que des archéologues ne soient pas en mesure d'identifier exactement le bâtiment auquel ils ont à faire car des plans identiques peuvent être utilisés pour différents types d'édifices.
La mosquée est le lieu de prière (salat en arabe) pour les musulmans. Selon le Coran, la prière doit se faire n'importe où, car tout endroit est saint puisqu'il a été créé par Allah. Le Prophète lui-même tenait l'architecture pour coûteuse et inutile : un comble, quand on pense aux miliers de réalisations architecturales du monde Islamique ! Très rapidement, en effet, se sont développés des lieux où les musulmans se rassemblaient pour prier. Ces édifices servaient non seulement à rassembler une communauté minoritaire (le monde Islamique n'est devenu à majorité musulmane que dans le cours du XIIIe siècle) en mal de repères mais aussi à marquer les lieux dominés par l'Islam. En arabe, mosquée se dit " masjid ", du mot sajada, se prosterner.
Il existe différents types de mosquées. La plus simple est la mosquée de quartier, qui permet aux croyants de venir prier quand bon leur semble.
Plus importante est la mosquée du vendredi, dite aussi mosquée congrégationnelle ou Grande mosquée. Comme son nom l'indique, elle sert principalement pour la grande prière du vendredi, le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure...) sacré des musulmans. Il n'en existe qu'une par ville normalement, mais la ville du Caire en comporte une dizaine.
Enfin, la Musalla est un lieu de prière en plein air, généralement situé en dehors des villes, qui sert lors des grandes fêtes religieuses.
C'est le premier plan conçu. Il se base sur un modèle plus ou moins mythique : la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à la demeure d'une famille, voire de plusieurs sans être considérée comme un immeuble collectif.) du prophète à Médine, qui serait actuellement située sous la grande mosquée de Médine. Le plan arabe, ou plan hypostyle, se compose d'une cour à portique et d'une salle de prière à colonnes, les nefs étant dirigées parallèlement ou perpendiculairement (pour le Maghreb et certaines exceptions) à la qibla. On le trouve dans tout le monde Islamique, depuis la Syrie (Grande mosquée des Omeyyades de Damas, par exemple) jusqu'au Maghreb, à l'Espagne et à l'Irak.
Comme son nom l'indique, ce plan se retrouve quasiment exclusivement dans le Grand Iran, c’est-à-dire dans une région comprenant l'Iran, une partie de l'Afghanistan et du Pakistan et une partie de l'Irak. Cependant, c'est aussi le plan utilisé en Inde avant la dynastie moghole. Il apparait au Xe siècle avec la dynastie séljoukide et se caractérise par l'emploi d'iwans, d'un pishtak et une salle de prière sous coupole. Un iwan est une salle voutée ouverte sur un côté par un grand arc inclus dans une encadrement rectangulaire. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre disposés en croix. Un pishtak est un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert par un grand arc. La Mosquée du Shah à Ispahan est l'un des plus beau exemples de plan iraniens connus.
Ce plan se trouve exclusivement en Inde à partir du XVIe siècle, et est influencé par le plan Iranien. Il se caractérise par une immense cour à quatre iwans, dont un ouvre sur une salle de prière étroite et rectangulaire, couronnée par trois ou cinq coupoles bulbeuses. Les grandes mosquées de Delhi et de Bidar utilisent ce type de plan.
Ce plan se trouve en Turquie (actuelle) principalement, et fut mis au point (Graphie) après la prise de Constantinople en 1453 par l'architecte Sinan ; cependant, on en trouve des prémices depuis le XIIIe siècle dans le premier art ottoman. Il se compose d'une salle de prière sous une immense coupole cantonnée de demi coupoles et de coupolettes. Souvent, les mosquées de type Ottoman font partie de grands complexes. On peut déceler une influence Byzantine (de Sainte-Sophie notamment).
Une madrasa est généralement considérée comme une école coranique, cependant, c'est principalement un lieu où l'on étudie le droit. Certes, celui-ci est basé sur la Charia, la loi islamique telle qu'expliquée dans le Coran, mais dans le monde Islamique, il faut se rendre compte que le Coran régit la plupart des aspects de la vie quotidienne. Les madrasa enseigne un ou plusieurs des quatre rites orthodoxes (hanafite, chaféite, malékite et hanbalite), qui correspondent à quatre écoles de droit différentes. De plus, on enseigne également dans les madrasa la philologie, la linguistique arabe, la science (La science (du latin scientia, connaissance) relève Historiquement de l'activité philosophique, et fut pendant longtemps un exercice spéculatif visant à élucider les mystères du monde par l'exercice de la...) (sauf la médecine (La médecine est une science, un art, et une technique dont l'objet est à la fois l'étude du corps humain et de son fonctionnement, ainsi que la conservation et le rétablissement de la santé. Appliquée...), qui est enseignée dans des écoles spécialisées)… Souvent, la madrasa sert de mosquée de quartier, et vice versa. Elles sont toujours administrées en waqf (fondation pieuse).
Le concept de la madrasa naît en Iran au XIe siècle, grâce au célèbre vizir Nizam al-Mulk, bien que l'on ne connaisse actuellement aucune de ses " nizamiyya ". Par contre, on retrouve cette origine iranienne dans l'unitié architecturale qui caractérise les madrasa : le plan cruciforme, à quatre iwans, semble en être un marqueur.
On trouve des madrasa en Anatolie sous les Seldjoukides puis sous les Ottomans, en Syrie et en Égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks, en Iran et au Maghreb à partir des Mérinides.
Les madrasa anatoliennes de la période seldjoukide se caractérisent par leur matériau, la pierre, et par leur cour étroite voire inexistante en raison du climat froid de la région. Le portail est généralement prétexte à une débauche de décor sculpté. La tradition de la madrasa se pousuit en Anatolie aux XIVe et XVe siècles, puis sous les Ottomans, ces édifices sont intégrés à d'immenses complexes.
Les Ayyubides fondèrent de nombreuses madrasa pour extirper le Chi'isme après la disparition des Fatimides en Égypte. Salah al-Din notamment en fit construire de nombreuses au Caire et en Syrie, comme la madrasa Firdaws à Alep (1243). On trouve peut-être encore des influences anatoliennes dans ces bâtiments.
C'est sans doute à l'époque Mamelouk que naquit le concept d'un iwan par rite, comme cela est expliqué dans l'acte de waqf du complexe de Sultan Hasan. À cette époque, les madrasa étaient bien évidemment liées aux grands complexes sultaniens et émiraux. C'est dans celui de Qala'un que se trouve la première madrasa mamluke bien conservée, mais celle du complexe de sultan Hasan est sans doute la plus belle.
À Ispahan se trouve la plus ancienne madrasa conservée, la Shah-i Mashhad datée de 1175. On en connaît de nombreuses dans tout le grand Iran et en Inde, jusqu'au XVIIe siècle au moins. Dans ces régions particulièrement troublées, elles servaient mieux qu'ailleurs à diffuser les diverses propagandes. On en connaît aussi bien des Sunnites que des Chi'ites.
L'apparition de la madrasa au Maghreb est tardive (pas avant la dynastie Mérinide), et a lieu dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase, d'un long énoncé ou d'un texte inclut les mots qui...) de soufisme vivace. De rite principalement malikite, ces établissements servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) principalement à étendre les Sufisme à des populations nomades souvent encore non Islamisées. On en trouve de nombreux exemples magnifiques à Fez, comme la madrasa Attarin, ou encore la madrasa Bu' Inaniyya.
En Espagne, l'enseignement avait lieu principalement dans les mosquées. On ne connaît donc qu'une seule madrasa dans cette région, qui dénote d'une importante influence mérinide : la Madrasa Yusuf Ier à Grenade, décorée de magnifiques stucs peints.
Il existe trois grands types de lieux de retraites : les Ribat, les Khanqah et les Zawiya.
Un ribat est un édifice à la fois religeux et militaire, construit généralement dans une zone frontalière ou sur un axe de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles technologies...),...) important (littoral, route…). Il abrite des militaires tournés vers la foi, c'est-à-dire combattant essentiellement pour le Jihad, la guerre sainte. Il contient généralement une mosquée, et peut servir d'hôtellerie, notamment pour accueillir un gouverneur ou un dirigeant, mais il s'agit surtout d'une place forte, d'un endroit fortifié. Les variations architecturales sont très grandes, en fonction des époques et des régions. Le ribat de Sousse est l'un des plus connus et des plus anciens.
Une khanqah est le lieu de vie de mystiques musulmans, mais aussi un lieu de retraite temporaire pour des personnage " civils ". Elle peut se trouver en ville ou en rase campagne, selon l'ordre qui y vit, et comporte généralement une ou plusieurs mosquée et des cellules. Elle peut également abriter une école et sert souvent de lieu funéraire pour son fondateur.
Une zawiya, comme une khanqah, est un bâtiment abritant des sufis et un tombeau (celui du fondateur, en général). Elle diffère de la khanqah par sa taille, plus imposante, et le rôle d'enseignement qui lui est dévolu.
Dans le monde islamique, les musulmans sont normalement enterrés à même le sol, dans un linceul, sans cercueil ni tombe. Cependant, rapidement se sont développés plusieurs types d'architecture funéraires pour les hauts personnages et surtout pour les saints. Cette architecture est née dans l'est de l'aire islamisée, c'est-à-dire en Iran, où de nombreuses religions étaient partiquées, qui traitaient leurs défunts de meanière différentes, et où le Chiisme dominait. De par sa dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce de...) martyriale, le Chiisme a favorisé l'apparition de mausolées, qui servent de lieu de prière et d'invocations de Saints, comme c'est par exemple le cas à Mashhad avec le tombeau de l'imam Reza. Les tombeaux de saints sont appelés imamzadeh
Deux formes émergent en particulier : le mausolée sous coupole et la tour funéraire, mais la typologie varie d'un lieu et d'une période à l'autre.
Un mausolée sous coupole est, comme son nom l'indique, un bâtiment de base polygonale surmonté d'un dôme. Ce type existe depuis au moins le Xe siècle, comme en témoigne le mausolée des Samanides à Boukhara (actuel Ouzbékistan). Les formes les plus diverses existent : carré, octogonal, circulaire, sur arcades, etc. et les tailles varient beaucoup. Ainsi, le mausolée des Samanides ne mesure que quelques mètres de large, mais le Mausolée d'Oldjaïtou à Sultaniya est un énorme octogone de plus de 38 mètres de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère.) et haut de 77 mètres environ !
Il semble que le type de la tour funéraire dérivent de rites zoroastriens : les cadavres étaient exposés au sommet de hautes tours. Ainsi, le Gonbad-e Qabus, l'une des premières tours funéraires (1007) se rattache encore à cette tradition, même si son commanditaire était musulman. Plus tard, les chambres funéraires furent placées sous la tour, dans une crypte (L'étymologie du mot crypte (cacher) indique assez bien sa signification. Les premières cryptes (aussi appelées anciennement crutes, croutes ou grottes) ou grottes sacrées...), puis à sa base. Comme les mausolées sous coupoles, les tours peuvent prendre différentes formes : polygonales, étoilés, circulaires, etc. Souvent, le plan intérieur est simplifié par rapport à l'extérieur : ainsi, le visiteur voit une tour étoilée, mais entre dans un pièce circulaire.
Si le type de la tour funéraire est resté assez persan, celui de la pièce souscoupole s'est bien répandu dans le monde arabe, et se retrouve en Égypte comme en Anatolie. Il est fréquent dans ces régions comme en Perse à partir des Il-khanides que le tombeau fasse partie d'un complexe funéraire.
Les complexes sont des regroupements de plusieurs bâtiments. On trouve généralement dans un complexe une mosquée et/ou une ou plusieurs madrasas, le tombeau du fondateur et de sa famille et des institutions à caractère charitable (soupes populaires, hospices) et/ou médical (maristan, asile, école de médecine). Un complexe est généralement administré en waqf, c’est-à-dire que les revenus de boutiques et de logements loués lui sont versés pour son fonctionnement. Ces boutiques et ces logements peuvent ou non se trouver dans le complexe lui même. Il arrive également que des ateliers d'artistes s'y trouvent, notamment pour les fondations (Les fondations d'un ouvrage assurent la transmission et la répartition des charges (poids propre et surcharges climatiques et d'utilisation) de cet ouvrage sur le sol. Le mode de fondation sera établi suivant la capacité portante du sol. Soit le sol...) sultaniennes.
Les Mamelouks ont construit nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) de complexes, cependant, les plus impressionnants sont dus aux Ottomans.
les architectures arabes sont presentes encore en Espagne
Contrairement à leurs homologues occidentaux, les palais en terre d'Islam se présentent sous la formes de petites entités dispersées, souvent dans des jardins qui structurent l'espace. Plusieurs éléments se trouvent presque systématiquement dans les palais islamiques : la salle d'audience (Diwan, qui est aussi le nom du conseil des ministres), le harem, qui ne constitue pas un lieu réservé aux femmes, mais tout simplement les appartement privés de l'habitant, et enfin des pavillons de plaisance.
Les murs de l'Alhambra, à Grenade, enserrent plusieurs palais. De même, on en trouve un particulièrement célèbre à Istanbul, le Topkapi Saray et au Caire, il en subsiste également quelques uns d'époque mamelouke. Cependant, la plupart des palais anciens ont été détruits, par des conquérants désireux d'effacer les traces des dynasties précédentes, ou par le temps, quand ils étaient bâtis en matériaux périssables tels la brique crue et le bois.
Un maristan (ou bimaristan) est un hôpital. Presque toujours administré en waqf, il appartient souvent à un complexe, étant donné sa vocation charitable. En effet, un maristan se doit d'accueillir tout musulman (et toute musulmane) et de lui offrir des soins gratuits. Ce qui ne signifie pas, bien au contraire, que le personnel est sous-qualifié : certains des plus grands médecins y travaillaient. Ainsi, al-Razi, dont le traité sur la variole et la rougeole fut utilisé en occident comme en Orient jusqu'au XIXe siècle, travailla de nombreuses années à diriger le maristan de Bagdad (Bagdad (en arabe ?????) est la capitale et la plus grande ville de l'Irak. Elle se situe sur le Tigre au centre est du pays (44,5° E - 33,5° N) et est un...) au Xe siècle.
Les principales caractéristiques architecturales de telles structures sont un nombre important de pièces et une attention particulière donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) à l'eau, au travers de fontaines, bassin, canaux…
Des maristans étaient présents dans toutes les grandes villes, depuis Grenade jusqu'à Mashhad, et souvent couplés avec une école de médecine. Les asiles d'aliénés étaient également nombreux, tout comme les imarets (soupes populaires).
Le bâtiment le mieux conservé à l'heure (L'heure est une unité de mesure :) actuelle est sans doute le maristan de Nur al-Din à Alep, et le plus remarquable, celui du complexe funéraire de Qala'un, malheureusement en mauvais état, mais dont les sculptures de stuc subsistantes prouvent la magnifiscence. Long de près de 70 mètres, il couvrait une surface (Il existe de nombreuses acceptions au mot surface, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, souvent abusivement confondu avec sa mesure - l'aire ou la superficie.) immense, et s'organisait autour d'une cour à quatre iwans inégaux. Dans cette cour, une fontaine coulait dont partaient quatre canaux qui alimentaient certaines pièces.
Deux sortes de bâtiments contribuent à améliorer l'hygiène des villes : le sabil et le hammam (hammam (????? en arabe, hamam en turc). Appelé « bain maure » (en référence à l'Espagne arabe Al Andalous) et bain Turc par les occidentaux, le hammam ("Eau chaude" en arabe) est...).
Un caravansérail est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Selon les endroits, le nom change : dans le monde iranien, il s'appellera plutôt khan alors qu'au Maghreb, c'est le mot funduq qui est le plus couramment employé. Un caravansérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage.
Les wakala sont des édifices urbains où les marchands déposent et vendent leurs marchandises à des grossistes. L'un des plus importants est la wakala d'al-Ghuri, au Caire.
Dans les villes, les marchés sont des lieux importants. Ils prennent le nom de souk en arabe et de bazar en persan. Ils sont en général organisés par corporations. Les échoppes et les réserves se trouvent au rez-de-chaussée et le premier étage comprend les logement des marchands, et parfois leurs ateliers s'ils vendent leur propre production. Toutefois, les métiers dégageant des odeurs indésirables (tanneries) et présentant des risques d'incendies sont relégués aux extrémités du marché ou à l'extérieur de la ville. On trouve souvent dans les souk des logements à louer.
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