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Architecture islamique
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Architecture (Architectures est une série documentaire proposée par Frédéric Campain et Richard Copans, diffusé sur Arte depuis 1995.) et art mamelouks
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Architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) et art moghols
Art ottoman
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Architecture
Céramique (Premier « art du feu » à apparaître (avant la métallurgie et le travail du verre), la céramique désigne l’ensemble des objets fabriqués en...)
Art du métal (Un métal est un élément chimique qui peut perdre des électrons pour former des cations et former des liaisons métalliques ainsi que des liaisons ioniques dans le cas des métaux alcalins. Les métaux...)
Verre (Le verre, dans le langage courant, désigne un matériau ou un alliage dur, fragile (cassant) et transparent au rayonnement visible. Le plus souvent, le verre est constitué...)

On nomme architecture islamique (On nomme architecture islamique l'art de construire (al-bina) développé dans une région s'étendant de l'Espagne à l'Inde entre 622 et le XIXe siècle, le...) l'art de construire (al-bina) développé dans une région s'étendant de l'Espagne à l'Inde entre 622 et le XIXe siècle, le Dar-al-Islam.

Techniques d'architecture

Matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.)

Le choix d'un matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) dépend de beaucoup de facteurs : la région où l'édifice est construit, l'accessibilité du matériau, son coût, sa destination... Il existe cinq types de matériaux utilisés dans la construction en Islam, sans compter le bois que l'on retrouve partout, et notamment dans les charpentes.

  • le pisé (tabya) : Il s'agit d'un mélange (Un mélange est une association de deux ou plusieurs substances solides, liquides ou gazeuses qui n'interagissent pas chimiquement. Le résultat de l'opération est une préparation aussi appelée mélange. Les substances...) de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive...), de chaux et de chamotte (argile cuite pilée) ou de petits cailloux. Pressé entre deux planches de bois (encaissement), ce matériau est utilisé principalement pour les habitations.
  • le banco mélange de terre crue (Terre crue est le terme utilisé pour désigner la terre, utilisée avec le moins de transformations possible en tant que matériau de construction. Le terme terre crue permet surtout de marquer la différence avec la terre cuite :...) et de paille, la Mosquée Djingareyber de Tombouctou est en banco.
  • la brique crue (tawb) : Elle a l'avantage d'être facile à trouver et à utiliser, et peu coûteuse. Son grand défaut réside dans sa très mauvaise conservation : l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) lui est fatale.
  • la brique cuite (adjurr) : Très utilisée depuis l'Irak jusqu'à l'Inde, elle fut également le matériau de prédilection en Égypte jusqu'aux XIIe-XIIIe siècles. Elle est usitée pour tous types de monuments, des plus simples aux plus importants (mosquées, madrasas, tombeaux…). Peu chère, elle se conserve bien.
  • le moellon : Il se constitue de pierres mal aguerries qui tiennent grâce à un mortier de chaux et de sable (Le sable, ou arène, est une roche sédimentaire meuble, constituée de petites particules provenant de la désagrégation d'autres roches dont la...), auquel ont parfois été ajoutés du charbon et de la chamotte.
  • la pierre : Elle est en usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) depuis l'Espagne jusqu'à l'Irak. La nature des pierres utilisées varie selon les régions. En général, les marbres sont utilisés pour leurs propriétés décoratives (couleurs).

Éléments architecturaux

  • Arcs

Les arcs sont un élément majeur dans l'architecture islamique tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme dans l'architecture occidentale. Certains sont courants en orient (L'orient correspond au point cardinal est, et s'oppose à l'occident (l'ouest).) comme en occident : arc en plein cintre, arc brisé, mais d'autres sont plus spécifiques au monde (Le mot monde peut désigner :) islamique, comme l'arc persan, au profil caréné, l'arc polylobé, l'arc à lambrequins ou encore l'arc outrepassé (souvent dit "en fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau...) à cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a évolué au...)"), tous trois très employés en Espagne et au Maghreb.

  • Supports

Les architectes islamiques utilisent deux types de supports : les piliers et les colonnes.

    • La colonne est un support cylindrique. Dans les premiers siècles de l'Islam, les colonnes utilisées proviennent souvent de remplois de bâtiments antiques, mais au bout d'un certains temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), les matériaux antiques se faisant rares, les ouvriers islamiques apprirent à en tailler eux-même.
    • Un pilier (Un pilier est un organe architectural sur lequel se concentrent de façon ponctuelle les charges de la superstructure (par exemple les charges d'une charpente ou celles des maçonneries des niveaux...) est un élément maçonné, le plus souvent carré (Un carré est un polygone régulier à quatre côtés. Cela signifie que ses quatre côtés ont la même longueur et ses quatre angles la même mesure. Un carré est à la fois un rectangle et...), rectangulaire ou cruciforme.
  • Coupoles

Une coupole (Une coupole est une voûte hémisphérique, de profil semi-circulaire, elliptique ou polygonal, parfois exhaussée par un tambour. La toiture de cette voûte est un dôme. Le terme italien exact est volta a cupola...) est un mode de couvrement hémisphérique, qui repose sur une zone de transition octogonale (le plus souvent) elle-même posée sur quatre piliers. La zone de transition est le grand problème des architectes islamiques. Il peuvent se servir de pendentifs, c’est-à-dire de triangles convexes posés sur la pointe, comme dans le monde byzantin, ou de trompes, à savoir des petites niches, ce qui proviendrait du monde iranien.
Les nervures et les muqarnas qui remplissent souvent les coupoles dans le monde islamique n'ont en général pas de véritable fonction architectonique.
On appelle dôme () l'extérieur d'une coupole. A partir du XVe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où peut être l'âge du...), les coupoles sont très souvent doubles, c’est-à-dire qu'il existe un espace plus ou moins important entre la coque interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée variable...) et la coque externe. Cette technique permet de réaliser des monuments plus hauts.

  • Iwans

Les iwans sont nés dans le monde iraniens bien avant l'arrivée de l'Islam, sans doute sous la dynastie sassanide. Il s'agit d' un hall voûté avec une façade rectangulaire ouverte par un grand arc.

  • Un pishtak est également un élément provenant d'Iran. Il s'agit d'un portail en forme d'arc qui fait saillie sur la façade où il se trouve. En général, il est cantonné de deux minarets, mais ce n'est pas systématique (En sciences de la vie et en histoire naturelle, la systématique est la science qui a pour objet de dénombrer et de classer les taxons dans un certain ordre, basé sur des principes divers....).
  • moucharabiehs et fenêtres à jalousie (La jalousie est une émotion empreinte d'agressivité envers une personne dont on se figure, à tort ou à raison, qu'elle possède quelque chose que l'on n'a pas et que l'on désire.)

La fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) des fenêtres et autres ouverture est un élément traité de différentes manières dans le monde islamique. Les moucharabiehs, des sortes de grillages en bois tourné (ou d'autres matériaux, par exemple le marbre (Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines,...) en Inde) sont fréquemment utilisés. Parfois, des barrières de moucharabiehs sont même crées, comme dans les complexes et les mosquées mameloukes.

Éléments décoratifs

Il existe mille et une manières de décorer un bâtiment en terres d'Islam. La céramique, la sculpture (La sculpture existe depuis le paléolithique(il y a 25000 ans à peu près) et la petite figurine de Lespugue, sur ivoire de mammouth, est un très bel exemple de sculpture (taille directe par pression ou bien abrasion en...), la peinture, la mosaïque sont quelques unes des techniques les pus couramment utilisées. Certains éléments architecturaux ont également une vocation ornementale.
Contrairement à une idée très répandue, le décor architectural, comme l'art islamique en général, est souvent figuratif. Une exception importante, cependant, concerne les édifices à vocation religieuse, qui ne peuvent théoriquement comporter de représentations humaines ni animales.

Éléments architecturaux à vocation décorative

Grande mosquée de Cordoue, vue intérieure
Grande mosquée de Cordoue, vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) intérieure

Évidemment, le décor d'un bâtiment passe tout d'abord par les composants de son architecuture. Matérieux, arcs, supports, coupoles sont autant de médiums de décor : ce n'est pas pour rien que la Grande mosquée de Cordoue comporte des colonnes de marbre bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et 520 nm. Elle varie en luminosité du cyan à une teinte...) et blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue avec un spectre...), des arcs à claveaux de couleurs alternées parfois polylobés, et des moulures dans ses coupoles ! Dans la conception d'un édifice, l'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être...) prend au moins autant en compte les données purement architecturales que les données ayant trait au décor.

Un élément assez caractéristique du monde islamique illustre l'importance des éléments architecturaux à vocation décorative : le muqarnas, également appelé "muqarbas" dans les pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de...) d'occident (L'Occident, ou monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe. L'extension de l'espace considéré a varié au cours de l'Histoire. À une...) musulman ou plus simplement "stalactite". Il s'agit en fait de petites niches associées géométriquement et formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la hauteur perçue est haute et...) une composition en trois dimensions. On les trouve fréquemment dans les coupoles et les zones de transition, mais aussi sur certains chapiteaux, dans des voûtes, etc. Cet élément a une origine obscure : on pense souvent qu'il serait né en Iran oriental vers le Xe siècle, mais d'autres hypothèses circulent (Égypte, occident, Bagdad…). Quoiqu'il en soit, il est répandu dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) du monde islamique, et les splendides voûtes à muqarnas de l'Alhambra de Grenade n'ont rien à envier à celles des Timurides. Plusieurs matériaux sont utilisés pour les créer, selon les régions et les périodes : stuc (Le stuc est un mélange de chaux et de plâtre. Les charges peuvent être le sable ou la poudre de marbre. On y trouve aussi des colles animales ou végétales, éventuellement armées de cheveux ou de treillis.) et faïence en Iran, pierre en Égypte et en Syrie.

L'ablaq est également une techique islamique, principalement répandue en Syrie et en Égypte, mais qui se retrouve également parfois en Anatolie. Elle consiste en l'incrustation pierres de couleurs différentes (marbre le plus souvent) dans le mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.). Le chef d'œuvre de cette technique est le mihrab de la madrasa Firdaws, à Alep, qui date de la période ayyubide, mais les mamelouks utilisèrent également cette technique de manière expansive.

Mosaïque

Mosaïque de la Grande mosquée de Damas, vers 715
Mosaïque de la Grande mosquée de Damas, vers 715
Mosaïque du Khorbat al-Mafjar, VIIIe siècle
Mosaïque du Khorbat al-Mafjar, VIIIe siècle

La mosaïque est utilisée à plusieurs époques : Califat des Omeyyades, califat des Omeyyades d'Espagne, califat des Abbassides, sultanat mamelouk. Dans les trois premiers cas, on note une forte influence antique et byzantine (mosaïque à fond d'or). On sait d'ailleurs que des artistes byzantins ont travaillé dans le monde islamique à ses débuts. Pour les mosaïques mameloukes, le cas est un peu différent, car il s'agissait cette fois d'un retour aux sources. Elles sont donc fortement influencées par les mosaïques à fond d'or du Dôme du Rocher et de la Grande mosquée des Omeyyades de Damas.


Terre cuite

La terre cuite est extrêmement utilisée pour décorer tous types de bâtiments, dans le monde iranien notamment, mais également dans tout le reste du mode islamique. On peut utiliser deux types d'éléments : des éléments structurels, c’est-à-dire des briques, glaçurées ou décorées de quelque manière que ce soit, et des éléments purement décoratifs, à savoir des carreaux de revêtement en céramique.

Les principales techniques utilisées sont les suivantes :

avec des briques
  • Les jeux sur des motifs dans les briques non glaçurées, comme par exemple au Bab Mardum, à Tolède ;
  • Le hazerbaf, qui signifie "mille tissages" en persan : un travail sur le contraste entre brique glaçurées et non glaçurées. Cette technique est principalement utilisée dans l'architecture il-khanide et timuride. Parfois, les briques dessinent des mots en calligraphie kufique (répétition du nom d'Allah, par exemple).
avec de la céramique décorative
  • Les carreaux de revêtement. Selon l'époque, ils peuvent être en forme d'étoile (Une étoile est un objet céleste émettant de la lumière de façon autonome, semblable à une énorme boule de plasma comme le Soleil, qui est l'étoile la...), de triangles, d'octogones qui s'imbriquent ou plus sagement carrés, formant des panneaux. Les techniques de décor sont variées : carreaux moulés sous glaçure monochrome, lajvardina, cuerda seca, etc.
    panneau en cuerda seca, provenant du Chehel Sutun, époque safavide
    panneau en cuerda seca, provenant du Chehel Sutun, époque safavide
  • La mosaïque de céramique est assez spécifique à l'art timuride. Il s'agit en fait de formes découpées dans des carreaux de céramiques de couleurs diverses. Cette technique, extrêmement délicate, sera remplacée sous les Safavides par celle de la cuerda seca, moins complexe et moins coûteuse mais qui permet des effets assez similaires.

Typologie des bâtiments

Les fonctions d'un bâtiment peuvent être multiples (mosquée et madrasa, par exemple). Il arrive souvent que des archéologues ne soient pas en mesure d'identifier exactement le bâtiment auquel ils ont à faire car des plans identiques peuvent être utilisés pour différents types d'édifices.

Architecture religieuse

La mosquée et les lieux de culte

La mosquée est le lieu de prière (salat en arabe) pour les musulmans. Selon le Coran, la prière doit se faire n'importe où, car tout endroit est saint puisqu'il a été créé par Allah. Le Prophète lui-même tenait l'architecture pour coûteuse et inutile : un comble, quand on pense aux miliers de réalisations architecturales du monde Islamique ! Très rapidement, en effet, se sont développés des lieux où les musulmans se rassemblaient pour prier. Ces édifices servaient non seulement à rassembler une communauté minoritaire (le monde Islamique n'est devenu à majorité musulmane que dans le cours du XIIIe siècle) en mal de repères mais aussi à marquer les lieux dominés par l'Islam. En arabe, mosquée se dit " masjid ", du mot sajada, se prosterner.

Types de mosquées et de lieux de cultes s'en rapprochant

Il existe différents types de mosquées. La plus simple est la mosquée de quartier, qui permet aux croyants de venir prier quand bon leur semble.
Plus importante est la mosquée du vendredi, dite aussi mosquée congrégationnelle ou Grande mosquée. Comme son nom l'indique, elle sert principalement pour la grande prière du vendredi, le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale)...) sacré des musulmans. Il n'en existe qu'une par ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations...) normalement, mais la ville du Caire en comporte une dizaine.
Enfin, la Musalla est un lieu de prière en plein air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de...), généralement situé en dehors des villes, qui sert lors des grandes fêtes religieuses.

Eléments constitutifs d'une mosquée
  • L'enceinte : La mosquée est toujours séparée du monde extérieur par une enceinte. Parfois, elle jouit même d'une ziyada, c’est-à-dire d'un espace vide (Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale.) clos par deux enceintes qui entoure la mosquée et sert pour la purification du croyant.
  • La salle de prière ou Haram : c'est le lieu où les musulmans prient. Elle est toujours recouverte de tapis afin de purifier le lieu.
  • La fontaine : Indispensable dans une mosquée, elle permet au croyant de pratiquer ses ablutions rituelles avant la prière.
  • Le minaret : grande tour, d'où le muezzin lance l'appel à la prière. Le minaret sert surtout à marquer l'emplacement d'un sanctuaire (En anthropologie religieuse un sanctuaire (de sanctus, « sacré») est généralement un lieu ou édifice rendu ou devenu...), car on le voit de loin. Sa forme varie selon les régions et les époques.
  • Le mihrab : élément le plus important du bâtiment, car il indique la Qibla, la direction de la Mecque, vers laquelle prient les musulmans. Le mihrab prend place sur le mur qibli. Le mihrab a en général la forme d'une niche plus ou moins profonde et plus ou moins grande. Il peut en exister plusieurs dans une même mosquée.
  • Le minbar : chaire à précher. En bois ou en tout autre matériau (pierre, marbre par exemple), il se situe toujours juste à côté du mihrab.
  • La dikka : tribune qui permet de répercuter dans la salle de prière le sermon du muezzin. On n'en trouve que dans les grandes mosquées.
  • La Maqsura : Il s'agit d'un endroit clos situé près du mihrab, réservé au souverain pour le protéger des attaques. La maqsura n'est pas présente dans toutes les mosquées, car elle s'oppose à l'idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de façon féconde l'étude de la divisibilité pour les entiers. Il est ainsi...) d'égalité de la religion musulmane.
Les différents plans de mosquées
  • Plan arabe

C'est le premier plan conçu. Il se base sur un modèle plus ou moins mythique : la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble...) du prophète à Médine, qui serait actuellement située sous la grande mosquée de Médine. Le plan arabe, ou plan hypostyle, se compose d'une cour à portique et d'une salle de prière à colonnes, les nefs étant dirigées parallèlement ou perpendiculairement (pour le Maghreb et certaines exceptions) à la qibla. On le trouve dans tout le monde Islamique, depuis la Syrie (Grande mosquée des Omeyyades de Damas, par exemple) jusqu'au Maghreb, à l'Espagne et à l'Irak.

  • Plan iranien

Comme son nom l'indique, ce plan se retrouve quasiment exclusivement dans le Grand Iran, c’est-à-dire dans une région comprenant l'Iran, une partie de l'Afghanistan et du Pakistan et une partie de l'Irak. Cependant, c'est aussi le plan utilisé en Inde avant la dynastie moghole. Il apparait au Xe siècle avec la dynastie séljoukide et se caractérise par l'emploi d'iwans, d'un pishtak et une salle de prière sous coupole. Un iwan est une salle voutée ouverte sur un côté par un grand arc inclus dans une encadrement rectangulaire. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre disposés en croix. Un pishtak est un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert par un grand arc. La Mosquée du Shah à Ispahan est l'un des plus beau exemples de plan iraniens connus.

Exemple de plan moghol : Mosquée de Badshahi, Pakistan, vue de la cour
Exemple de plan moghol : Mosquée de Badshahi, Pakistan, vue de la cour
Exemple de plan ottoman : Yeni Cami, Istanbul
Exemple de plan ottoman : Yeni Cami, Istanbul
  • Plan Moghol

Ce plan se trouve exclusivement en Inde à partir du XVIe siècle, et est influencé par le plan Iranien. Il se caractérise par une immense cour à quatre iwans, dont un ouvre sur une salle de prière étroite et rectangulaire, couronnée par trois ou cinq coupoles bulbeuses. Les grandes mosquées de Delhi et de Bidar utilisent ce type de plan.

  • Plan Ottoman

Ce plan se trouve en Turquie (actuelle) principalement, et fut mis au point (Graphie) après la prise de Constantinople en 1453 par l'architecte Sinan ; cependant, on en trouve des prémices depuis le XIIIe siècle dans le premier art ottoman. Il se compose d'une salle de prière sous une immense coupole cantonnée de demi coupoles et de coupolettes. Souvent, les mosquées de type Ottoman font partie de grands complexes. On peut déceler une influence Byzantine (de Sainte-Sophie notamment).

La madrasa

Une madrasa est généralement considérée comme une école coranique, cependant, c'est principalement un lieu où l'on étudie le droit. Certes, celui-ci est basé sur la Charia, la loi islamique telle qu'expliquée dans le Coran, mais dans le monde Islamique, il faut se rendre compte que le Coran régit la plupart des aspects de la vie (La vie est le nom donné :) quotidienne. Les madrasa enseigne un ou plusieurs des quatre rites orthodoxes (hanafite, chaféite, malékite et hanbalite), qui correspondent à quatre écoles de droit différentes. De plus, on enseigne également dans les madrasa la philologie, la linguistique arabe, la science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de connaissances, d'études...) (sauf la médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal...), qui est enseignée dans des écoles spécialisées)… Souvent, la madrasa sert de mosquée de quartier, et vice versa. Elles sont toujours administrées en waqf (fondation pieuse).

Origine

Le concept de la madrasa naît en Iran au XIe siècle, grâce au célèbre vizir Nizam al-Mulk, bien que l'on ne connaisse actuellement aucune de ses " nizamiyya ". Par contre, on retrouve cette origine iranienne dans l'unitié architecturale qui caractérise les madrasa : le plan cruciforme, à quatre iwans, semble en être un marqueur.

Développements

On trouve des madrasa en Anatolie sous les Seldjoukides puis sous les Ottomans, en Syrie et en Égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks, en Iran et au Maghreb à partir des Mérinides.

Les madrasa anatoliennes de la période seldjoukide se caractérisent par leur matériau, la pierre, et par leur cour étroite voire inexistante en raison du climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la...) froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) de la région. Le portail est généralement prétexte à une débauche de décor sculpté. La tradition de la madrasa se pousuit en Anatolie aux XIVe et XVe siècles, puis sous les Ottomans, ces édifices sont intégrés à d'immenses complexes.
Les Ayyubides fondèrent de nombreuses madrasa pour extirper le Chi'isme après la disparition des Fatimides en Égypte. Salah al-Din notamment en fit construire de nombreuses au Caire et en Syrie, comme la madrasa Firdaws à Alep (1243). On trouve peut-être encore des influences anatoliennes dans ces bâtiments.
C'est sans doute à l'époque Mamelouk que naquit le concept d'un iwan par rite, comme cela est expliqué dans l'acte de waqf du complexe de Sultan Hasan. À cette époque, les madrasa étaient bien évidemment liées aux grands complexes sultaniens et émiraux. C'est dans celui de Qala'un que se trouve la première madrasa mamluke bien conservée, mais celle du complexe de sultan Hasan est sans doute la plus belle.
À Ispahan se trouve la plus ancienne madrasa conservée, la Shah-i Mashhad datée de 1175. On en connaît de nombreuses dans tout le grand Iran et en Inde, jusqu'au XVIIe siècle au moins. Dans ces régions particulièrement troublées, elles servaient mieux qu'ailleurs à diffuser les diverses propagandes. On en connaît aussi bien des Sunnites que des Chi'ites.

Medersa Bou Inania de Meknès 1350-1355
Medersa Bou Inania de Meknès 1350-1355

L'apparition de la madrasa au Maghreb est tardive (pas avant la dynastie Mérinide), et a lieu dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu traditionnellement de l'analyse...) de soufisme vivace. De rite principalement malikite, ces établissements servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) principalement à étendre les Sufisme à des populations nomades souvent encore non Islamisées. On en trouve de nombreux exemples magnifiques à Fez, comme la madrasa Attarin, ou encore la madrasa Bu' Inaniyya.
En Espagne, l'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais de communication verbale et écrite....) avait lieu principalement dans les mosquées. On ne connaît donc qu'une seule madrasa dans cette région, qui dénote d'une importante influence mérinide : la Madrasa Yusuf Ier à Grenade, décorée de magnifiques stucs peints.

Les lieux de retraite

Il existe trois grands types de lieux de retraites : les Ribat, les Khanqah et les Zawiya.

Ribat

Un ribat est un édifice à la fois religeux et militaire, construit généralement dans une zone frontalière ou sur un axe de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications,...) important (littoral, route…). Il abrite des militaires tournés vers la foi, c'est-à-dire combattant (Le Combattant (Betta splendens) est un poisson osseux appartenant à l'ordre des perciformes, de petite taille, dont la forme domestique existe dans différentes...) essentiellement pour le Jihad, la guerre sainte. Il contient généralement une mosquée, et peut servir d'hôtellerie, notamment pour accueillir un gouverneur ou un dirigeant, mais il s'agit surtout d'une place forte, d'un endroit fortifié. Les variations architecturales sont très grandes, en fonction des époques et des régions. Le ribat de Sousse est l'un des plus connus et des plus anciens.

Khanqah ou Khanaqa

Une khanqah est le lieu de vie de mystiques musulmans, mais aussi un lieu de retraite temporaire pour des personnage " civils ". Elle peut se trouver en ville ou en rase campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville, d'agglomération ou de milieu urbain. La campagne est caractérisée par une faible...), selon l'ordre qui y vit, et comporte généralement une ou plusieurs mosquée et des cellules. Elle peut également abriter une école et sert souvent de lieu funéraire pour son fondateur.

Zawiya

Une zawiya, comme une khanqah, est un bâtiment abritant des sufis et un tombeau (celui du fondateur, en général). Elle diffère de la khanqah par sa taille, plus imposante, et le rôle d'enseignement qui lui est dévolu.

Architecture funéraire

Dans le monde islamique, les musulmans sont normalement enterrés à même le sol, dans un linceul, sans cercueil ni tombe. Cependant, rapidement se sont développés plusieurs types d'architecture funéraires pour les hauts personnages et surtout pour les saints. Cette architecture est née dans l'est de l'aire islamisée, c'est-à-dire en Iran, où de nombreuses religions étaient partiquées, qui traitaient leurs défunts de meanière différentes, et où le Chiisme dominait. De par sa dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce...) martyriale, le Chiisme a favorisé l'apparition de mausolées, qui servent de lieu de prière et d'invocations de Saints, comme c'est par exemple le cas à Mashhad avec le tombeau de l'imam Reza. Les tombeaux de saints sont appelés imamzadeh
Deux formes émergent en particulier : le mausolée sous coupole et la tour funéraire, mais la typologie varie d'un lieu et d'une période à l'autre.

Mausolées sous coupole

Un mausolée sous coupole est, comme son nom l'indique, un bâtiment de base polygonale surmonté d'un dôme. Ce type existe depuis au moins le Xe siècle, comme en témoigne le mausolée des Samanides à Boukhara (actuel Ouzbékistan). Les formes les plus diverses existent : carré, octogonal, circulaire, sur arcades, etc. et les tailles varient beaucoup. Ainsi, le mausolée des Samanides ne mesure que quelques mètres de large, mais le Mausolée d'Oldjaïtou à Sultaniya est un énorme octogone de plus de 38 mètres de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère.) et haut de 77 mètres environ !

Tours funéraires

Il semble que le type de la tour funéraire dérivent de rites zoroastriens : les cadavres étaient exposés au sommet de hautes tours. Ainsi, le Gonbad-e Qabus, l'une des premières tours funéraires (1007) se rattache encore à cette tradition, même si son commanditaire était musulman. Plus tard, les chambres funéraires furent placées sous la tour, dans une crypte (Une crypte est des éléments constitutifs des églises chrétiennes depuis le style roman, construit, enterré ou non, servant généralement de sépulcre.), puis à sa base. Comme les mausolées sous coupoles, les tours peuvent prendre différentes formes : polygonales, étoilés, circulaires, etc. Souvent, le plan intérieur est simplifié par rapport à l'extérieur : ainsi, le visiteur voit une tour étoilée, mais entre dans un pièce circulaire.
Si le type de la tour funéraire est resté assez persan, celui de la pièce souscoupole s'est bien répandu dans le monde arabe, et se retrouve en Égypte comme en Anatolie. Il est fréquent dans ces régions comme en Perse à partir des Il-khanides que le tombeau fasse partie d'un complexe funéraire.

Complexes

Les complexes sont des regroupements de plusieurs bâtiments. On trouve généralement dans un complexe une mosquée et/ou une ou plusieurs madrasas, le tombeau du fondateur et de sa famille et des institutions à caractère charitable (soupes populaires, hospices) et/ou médical (maristan, asile, école de médecine). Un complexe est généralement administré en waqf, c’est-à-dire que les revenus de boutiques et de logements loués lui sont versés pour son fonctionnement. Ces boutiques et ces logements peuvent ou non se trouver dans le complexe lui même. Il arrive également que des ateliers d'artistes s'y trouvent, notamment pour les fondations (Les fondations d'un ouvrage assurent la transmission et la répartition des charges (poids propre et surcharges climatiques et d'utilisation) de cet ouvrage sur le sol. Le mode de fondation sera établi suivant la capacité portante du...) sultaniennes.
Les Mamelouks ont construit nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de complexes, cependant, les plus impressionnants sont dus aux Ottomans.

Architecture civile et palatiale

les architectures arabes sont presentes encore en Espagne

Les palais

Contrairement à leurs homologues occidentaux, les palais en terre d'Islam se présentent sous la formes de petites entités dispersées, souvent dans des jardins qui structurent l'espace. Plusieurs éléments se trouvent presque systématiquement dans les palais islamiques : la salle d'audience (Diwan, qui est aussi le nom du conseil des ministres), le harem, qui ne constitue pas un lieu réservé aux femmes, mais tout simplement les appartement privés de l'habitant, et enfin des pavillons de plaisance.

Les murs de l'Alhambra, à Grenade, enserrent plusieurs palais. De même, on en trouve un particulièrement célèbre à Istanbul, le Topkapi Saray et au Caire, il en subsiste également quelques uns d'époque mamelouke. Cependant, la plupart des palais anciens ont été détruits, par des conquérants désireux d'effacer les traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la...) des dynasties précédentes, ou par le temps, quand ils étaient bâtis en matériaux périssables tels la brique crue et le bois.

Habitations

Maristan et structures médicales

Un maristan (ou bimaristan) est un hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à domicile ou...). Presque toujours administré en waqf, il appartient souvent à un complexe, étant donné sa vocation charitable. En effet, un maristan se doit d'accueillir tout musulman (et toute musulmane) et de lui offrir des soins gratuits. Ce qui ne signifie pas, bien au contraire, que le personnel est sous-qualifié : certains des plus grands médecins y travaillaient. Ainsi, al-Razi, dont le traité sur la variole (La variole ou petite vérole est une maladie infectieuse d'origine virale, très contagieuse et épidémique, due à un poxvirus. Elle a été totalement éradiquée le 26 octobre 1977 (date du dernier cas...) et la rougeole (La rougeole (également appelée 1re maladie) est une infection virale éruptive aiguë. Elle atteint essentiellement les enfants à partir de l’âge de 5-6 mois, et elle est...) fut utilisé en occident comme en Orient jusqu'au XIXe siècle, travailla de nombreuses années à diriger le maristan de Bagdad (Bagdad (en arabe ?????) est la capitale et la plus grande ville de l'Irak. Elle se situe sur le Tigre au centre est du pays (44,5° E - 33,5° N) et est un carrefour de communications aériennes, routières et ferroviaires pour le pays. C'est...) au Xe siècle.

Les principales caractéristiques architecturales de telles structures sont un nombre important de pièces et une attention particulière donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) à l'eau, au travers de fontaines, bassin, canaux…

Des maristans étaient présents dans toutes les grandes villes, depuis Grenade jusqu'à Mashhad, et souvent couplés avec une école de médecine. Les asiles d'aliénés étaient également nombreux, tout comme les imarets (soupes populaires).

Le bâtiment le mieux conservé à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y...) actuelle est sans doute le maristan de Nur al-Din à Alep, et le plus remarquable, celui du complexe funéraire de Qala'un, malheureusement en mauvais état, mais dont les sculptures de stuc subsistantes prouvent la magnifiscence. Long de près de 70 mètres, il couvrait une surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure, sa...) immense, et s'organisait autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter,...) d'une cour à quatre iwans inégaux. Dans cette cour, une fontaine coulait dont partaient quatre canaux qui alimentaient certaines pièces.

Structures d'hygiène (L'hygiène est un ensemble de mesures destinées à prévenir les infections et l'apparition de maladies infectieuses. Elle se base essentiellement sur trois actions :)

Deux sortes de bâtiments contribuent à améliorer l'hygiène des villes : le sabil et le hammam (hammam (????? en arabe, hamam en turc). Appelé « bain maure » (en référence à l'Espagne arabe Al Andalous) et bain Turc par les occidentaux, le hammam ("Eau chaude" en...).

  • Un sabil est une fontaine publique, dont chacun peut puiser gratuitement l'eau. Généralement construite grâce aux dons des puissants, on en trouve beaucoup dans les villes. À partir de la fin de la période Mamelouke (règne de Qaytbay), le sabil est associé à un quttab, une école élémentaire, qui se situe généralement au dessus.
  • Les hammams sont des bains, organisés la plupart du temps sur le modèle des bains romains (salles froide, tiède et chaude). Ils prennent une place prépodérant dans le monde islamique, où la propreté du corps est considérée comme essentielle.

Structures de commerce

Caravansérails

Un caravansérail est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Selon les endroits, le nom change : dans le monde iranien, il s'appellera plutôt khan alors qu'au Maghreb, c'est le mot funduq qui est le plus couramment employé. Un caravansérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage.

Les wakala sont des édifices urbains où les marchands déposent et vendent leurs marchandises à des grossistes. L'un des plus importants est la wakala d'al-Ghuri, au Caire.

Marchés

Dans les villes, les marchés sont des lieux importants. Ils prennent le nom de souk en arabe et de bazar en persan. Ils sont en général organisés par corporations. Les échoppes et les réserves se trouvent au rez-de-chaussée et le premier étage comprend les logement des marchands, et parfois leurs ateliers s'ils vendent leur propre production. Toutefois, les métiers dégageant des odeurs indésirables (tanneries) et présentant des risques d'incendies sont relégués aux extrémités du marché ou à l'extérieur de la ville. On trouve souvent dans les souk des logements à louer.

Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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