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Paysage
La peinture romantique exalte les paysages sauvages, montagneux notamment
La peinture romantique exalte les paysages sauvages, montagneux notamment

Une définition de paysage aujourd'hui largement partagée est celle contenue dans la Convention européenne du paysage, adoptée sous les auspices du Conseil de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...) en 2000. Selon cette définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) "paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». Portion de l'espace...) désigne une partie de territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le dictionnaire de...) telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations". Le paysage fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il est défini par les relations...) d'interprétations, de plus en plus interdisciplinaire ; histoire et théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance...) du paysage et du territoire, sciences et techniques du vivant, sociologie, Lettres et arts plastiques, techniques de la représentation, image, sciences sociales.

Un objet difficile à appréhender

La notion de paysage évolue Avant le 19ème siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée...), les auteurs ne font que rarement allusion au paysage. Ensuite il est nettement compris dans le champs où le regard porte, puis peu à peu des images aériennes, voire des photos satellites (Satellite peut faire référence à :) sont assimilées à des paysages.

La notion de paysage oscille entre deux pôles :

- Le paysage considéré comme la résultante de l'action conjointe de l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...) et du monde (Le mot monde peut désigner :) vivant (animal, végétal, fongique, etc). C'est cette conception qui prédomine en écologie du paysage, écologie étudiant dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) et l'espace (unités biogéographiques) la dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) et l'agencement des taches du paysage aux échelles intermédiaires entre le planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire (le Soleil et ses planètes) en tout ou partie. Généralement les astres...) (biosphère) et le local. , les communications, les barrières, les fragmentations.

- Le paysage a aussi été défini comme la perception visuelle qu'on a de son environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre...) à perte de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.), à l'exception des points d'intérêts proches de l'observateur. On s'est référé également au paysage pour désigner sa représentation dans une œuvre. Les notions de patrimoine, d'esthétique et d'aménités donnant alors une valeur à ce paysage, variant selon les époques et jugée plus ou moins subjective et relative selon les acteurs.

Le géographe Paul Vidal de la Blache, fondateur de l'école des Annales, a largement contribué à forger l'approche géographique des paysages dans la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de...) moitié du XIXème siècle. Le paysage est alors conçu dans une visée objective et généalogique : il est le résultat des actions des Hommes s'adaptant à leur environnement naturel au cours de l'histoire. Il devient un vaste ouvrage où le géographe peut distinguer les éléments naturels des éléments culturels, et leur intime mélange (Un mélange est une association de deux ou plusieurs substances solides, liquides ou gazeuses qui n'interagissent pas chimiquement. Le résultat de...) dans bien des régions, se succédant au cours du temps. Cette approche a longtemps dominé la pensée géographique française du paysage. Mais elle évacuait la question de la subjectivité, et celle de l'approche esthétique du paysage, c’est-à-dire celle du monde des Arts.

Entre ces deux pôles, les géographes ont longtemps hésité et ont un temps abandonné le terme paysage, considéré comme trop vague (Une vague est un mouvement oscillatoire de la surface d'un océan, d'une mer ou d'un lac. Les vagues sont générées par le vent et ont une amplitude crête-à-crête allant de quelques centimètres à 34 m...). Dans les années 1970-1980, ils se sont réappropriés cette notion, sous la houlette de Georges Bertrand, en considérant le paysage comme un objet hybride (En génétique, l'hybride est le croisement de deux individus de deux variétés, sous-espèces (croisement intraspécifique), espèces...), faisant appel à la fois aux sciences naturelles (géomorphologie, écologie végétale, climatologie) et aux sciences sociales (territorialisation de l'espace, perception, phénoménologie, symboles politiques... ). Georges Bertrand a ainsi créé un concept ternaire d'étude : Géosystème - Territoire - Paysage, permettant d'étudier les dynamiques du paysage et son évolution. (Il va de soi que l'évolution d'un paysage dépend à la fois des processus naturels et des aménagements humains, dépendants des perceptions et des idéologies). Dans son article "Paysage et géographie physique (La géographie physique est la branche de la géographie qui décrit la surface de la Terre et qui ne s'intéresse pas directement aux activités humaines. C'est donc par définition une science de la nature. On parle aussi de géographie des...) globale" (Revue de géographie des Pyrénées et du Sud-Ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.), 1968) G. Bertrand, en se référant au paysage affrime: "C'est, sur une certaine portion de l'espace, le résultat de la combinaison dynamique, donc instable, d'éléments physiques, biologiques et anthropiques qui, en réagissant dialectiquement les uns sur les autres, font du paysage un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout », comme...) unique et indissociable en perpétuelle évolution". Même si dans cette définition de paysage l'on peut retrouver quelques points de contact par rapport à la définition donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement, etc.) par la Convention européenne du paysage (voir plus haut), elle reste toutefois incomplète car elle ne prend pas en compte la dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une...) subjective qui forme le paysage tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme la dimension objective.

Depuis une vingtaine d'années, l'étude des paysages par les Sciences Humaines est particulièrement vive en France, à travers les ouvrages d'historiens comme Alain Corbin ou de géographes comme Jean-Robert Pitte. Ce dernier se place dans une posture (En posturologie, la posture est l'élaboration et le maintien actif de la configuration des différents segments du corps dans l'espace, elle exprime la manière dont l'organisme...) rompant avec les principes de Vidal de la Blache. Il insiste largement sur la place de la subjectivité et de l'évolution des perceptions, à travers nos modes de vie (La vie est le nom donné :) (voiture, avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur (dans le cas d'un engin sans...),train) que les artistes viennent révéler grâce à leurs œuvres. Alain Corbin élargit aussi la question de la perception paysagère en ne la cantonnant pas qu'au visuel mais à tous les sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du ralentissement du...). Il a ainsi parlé de "paysage sonore" dans son ouvrage sur les cloches dans les campagnes françaises. La distinction entre une approche naturaliste (Le mot naturaliste fait référence au domaine des sciences naturelles. L'adjectif qualifie une personne ou un groupe (association, société savante.. )) du paysage et une approche culturaliste a été exprimée le plus fortement par le philosophe Alain Roger dans son célèbre essai "Paysage et Environnement : pour une théorie de la dissociation" (1996, " Paysage et environnement : pour une théorie de la dissociation ", in Le Dantec Jean-Pierre, Jardins et paysages, Éd. Larousse) qui en appelle à totalement distinguer les deux notions.

La notion de paysage prend une autre dimension lorsque l'on franchit l'Atlantique. Le paysage américain, et particulièrement celui du Grand Ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).), rompit avec bien des canons européens. La découverte des grands espaces occidentaux des États-Unis (La Conquête de l'Ouest), lors de la seconde moitié du XIXème siècle bouleversa totalement ses découvreurs, dignes successeurs de Humboldt. Ils furent face à des espaces sauvages, en regard d'une Europe quasi entièrement anthropisée, et d'échelles sans commune mesure avec ceux de l'Ancien Monde. De plus ce fut l'occasion à un nouveau medium artistique de fournir sa vision du paysage : la photographie, alors que jusqu'à présent c'était la peinture qui avait eu la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être...) de cette représentation. Les photographies d'Ansel Adams dans le massif (Le mot massif peut être employé comme :) de la Yosemite Valley en sont exemplaires. C'est à cette occasion qu'a été forgé le concept américain de " wilderness ", difficile à traduire (sauvageté, monde sauvage, naturalité ?), pour qualifier ces grands espaces vierges.

Dans un domaine plus large, le terme de paysage est utilisé pour décrire un ensemble contextuel, comme par exemple le "paysage politique". Cette utilisation du vocable "paysage" illustre bien l'importance de la temporalité dans le paysage: Il s'agit d'une vision des choses à un temps donné, le paysage étant continuellement en mouvement.

Représentation graphique

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À partir de la définition initiale d'étendue de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...) qui s'offre à la vue, la langue française a construit plusieurs notions proches dont celle de représentation d'un paysage par la peinture, le dessin, la photographie, etc. La représentation du paysage a un rôle important dans les arts graphiques parce qu'elle s'oppose parfois à la représentation des êtres, ou bien peut être aussi utilisée pour les symboliser (peinture religieuse par exemple).

Histoire condensée

Dans l'antiquité grecque et romaine, le paysage n'est peint que comme fond ou environnement pour mettre en contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le...) une scène principale. Durant tout le Moyen Âge chrétien et la Renaissance, le paysage n'est conçu que comme œuvre divine et sa représentation fait référence à son créateur.

À la Renaissance, le paysage sert à exprimer les utopies urbaines et politiques émergentes. D'abord " perçu " au travers du cadre des fenêtres dans les tableaux représentant des scènes intérieures, il va prendre une place de plus en plus importante, jusqu'à occuper toute la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois...) de la toile). Parallèlement, les personnages des scènes religieuses en extérieur vont " rétrécir " jusqu'à n'etre presque plus symbolisés que par les éléments du paysage (ex. : le Christ par une montagne).

Le paysage ne prend toutefois véritablement son essor qu'au XVIIe siècle, avec le développement du collectionnisme. En Flandres, la première représentation de paysage indépendant est celle de Joachim Patinir. On distingue alors trois types de paysages :

  • le paysage classique, où se trouve représentée une nature idéale, grandiose, domptée par l'Homme. La représentation n'est alors pas crédible, mais recomposée pour sublimer la nature et la rendre parfaite ; en général, une hitoire se cache dans ce type de paysages, dont les poncifs sont la présence d'éléments d'architecure romaine, combinés à une montagne (Une montagne est une structure topographique significative en relief positif, située à la surface d'astres de type tellurique (planète tellurique, satellites comme la Lune), et faisant...) ou une colline et à un plan d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.). Les trois centres important de ce type de représentations sont Rome, avec Annibale Carracci, le créateur de ce type, et ses suivants l'Albane, Le Dominiquin, Poussin..., mais aussi Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de...) et la Hollande.
  • le paysage naturaliste propose une vision plus humaniste, de l'harmonie entre l'Homme et la nature. En général, celle-ci est grandiose, abondante et sauvage, représentée lors de tempêtes, d'orages. Si cette vision est plus crédible, il n'est pas nécessaire qu'un lieu précis soit représenté. On trouve les représentants de ce type plutôt dans les écoles du nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), avec Rembrandt, Salvatore Rossa et Rubens.
  • le paysage topographique, qui représente nécessairement un lieu précis et identifiable, avec une nature est présentée de manière plus humble. Ce genre est assez caractéristique de l'école hollandaise, où les peintres sont extrêmement spécialisés (il existe des peintres de forêts, de canaux, de villes...)

A l'époque romantique, le paysage devient acteur (Un acteur est un artiste qui incarne un personnage dans un film, dans une pièce de théâtre, à la télévision, à la radio, ou même dans des spectacles de...) ou producteur d'émotions et d'expériences subjectives. Le pittoresque et le sublime apparaissent alors comme deux modes de vision des paysages. Les premiers guides touristiques reprennent ces points de vue pour fabriquer un regard populaire sur les sites et les paysages.

L'impressionnisme et l'école de Barbizon donneront ensuite un rôle très différent au paysage en en faisant l'objet d'une observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...) méticuleuse et relative en termes de lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière est intimement...) et de couleurs, dans l'objectif de créer une représentation fidèle à la perception vécue que peut en avoir un observateur. Cette fidélité, qui s'exrpime par exemple dans les contrastes et les touches de façon " vibrante ", est sans doute une des sources de la passion pour l'impressionnisme (on parle souvent de miracle impressionniste pour la précision du rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des objets et des sources de...) d'artistes comme Claude Monet).

L'abstraction ( En philosophie, l'abstraction désigne à la fois une opération qui consiste a isoler par la pensée une ou plusieurs qualités d'un objet concret...) sous ses différentes formes retirera ensuite une grande partie de son importance au paysage en limitant la portée du réalisme et de la réprésentation.

Architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.)

La gestion de la nature ou des jardins a donné lieu à une forme de spécialisation de l'architecture qui prend en compte les particularités de la mise en valeur, de la construction ou de la modification des paysages ou de portions de paysages.

On parle alors des activités de paysagistes, d'ingénieurs paysagistes ou d'architectes-paysagistes, selon les contextes.

Paysage et cadre de vie

La notion actuelle de paysage est somme toute assez récente. Avant d'être l'objet de représentations artistiques ou d'études architecturales, le paysage était un pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de...) au sens originel du terme, c’est-à-dire un portion du territoire national avec une identité bien marquée, un lieu de vie et de travail pour les habitants locaux qui font partie de ce pays. Cette notion est revenue à la mode au XXe siècle, si bien que l'on parle de terroir, de pays varois ou de pays de Bray, et de paysage en général pour désigner ce cadre naturel accueillant les activités humaines.

Le paysage naturel fait désormais l'objet d'un discipline scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) à part entière, l'écologie du paysage, et est considéré comme un patrimoine commun à préserver.

En aménagement du territoire, la prise en compte des aspects paysagers d'un quelconque projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) d'aménagement (rénovation, remembrement agricole, autoroutes, etc.) est désormais presque obligatoire. En effet le Plan Local d'Urbanisme (L’urbanisme est à la fois un champ disciplinaire et un champ professionnel recouvrant l'étude du phénomène urbain, l'action d'urbanisation et l'organisation de la ville et de ses territoires. Les personnes...) des communes doit désormais le prendre en compte, et des lois comme celle du 8 janvier 1993 (dite "loi Paysage") permet la protection du paysage en tant que tel. Ainsi la plupart des projets d'aménagement, comme les plans de gestion des espaces naturels, comportent au préalable une analyse paysagère du milieu.

En application des principes de la Convention Européenne du Paysage, les pays européens sont tenus d'inventorier leurs paysages dans un souci d'aménagement, de gestion ou de préservation. En France, cet inventaire est réalisé sous la forme d'atlas de paysages, à l'échelle départementale ou régionale.

Politiques publiques du paysage

L’administration du paysage est encore récente. La première loi s’y rapportant date de 1906 et la stabilisation du service qui en a la charge s’est opérée en 1995 avec la création de la sous-direction des sites et paysages au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse...) de la direction de la nature et des paysages au Ministère de l'écologie et du développement durable. Emmanuelle Heaulmé (École d’Architecture et de Paysage, Bordeaux) distingue trois grands modèles de perception et d’action qui, au cours du XX° siècle, ont ordonné la patrimonialisation des paysages :

- le " paradigme du pittoresque " : le paysage s’impose comme objet patrimonial dans la mesure où il se prête à un rapprochement avec une œuvre peinte (lois 1906 et 1930 sur les sites et monuments naturels)

- le " paradigme de l’environnement " à partir des années 1950 : inscription et classement, dans les années 1960 et 1970, de grands paysages naturels (ex. Landes et Gironde), et apparition d'une nouvelle politique qui s’attache, au-delà de la simple protection, à mettre en œuvre une véritable gestion des sites.

- le " paradigme du paysage culturel " depuis les années 1980 : attention portée au paysage en tant que forme sensible d’une interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact de sujets.) dynamique du naturel et du social.

Protection des paysages exceptionnels

L’État s’est donc peu à peu doté de pouvoirs réglementaires importants, notamment en faveur des paysages exceptionnels dits patrimoniaux. La loi de 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque permet le classement des paysages les plus exceptionnels au titre des sites. Le classement offre une protection renforcée en comparaison de l'inscription, en interdisant, sauf autorisation spéciale du ministre compétent, la réalisation de tous travaux tendant à modifier l'aspect du site. Par ailleurs, les directives de protection et mise en valeur des paysages visent à assurer de façon sélective la préservation et la mise en valeur des principaux éléments structurants d’un paysage. Il existe également d'autres instruments de protection pour la sauvegarde (En informatique, la sauvegarde (backup en anglais) est l'opération qui consiste à dupliquer et à mettre en sécurité les données contenues dans un système informatique.) des espaces naturels exceptionnels comme les réserves naturelles nationales, les parcs nationaux, les réserves biologiques, etc. Enfin on peut citer l'apparition de règles spécifiques dans certains espaces fragiles et/ou convoités, comme la Loi montagne et la Loi littoral, ou la création d'un sanctuaire (En anthropologie religieuse un sanctuaire (de sanctus, « sacré») est généralement un lieu ou édifice rendu ou devenu sacré (c'est-à-dire 'appartenant à un Dieu') pour une raison ou...) pour les mammifères marins en Méditerranée (" sanctuaire Pelagos ", Accord fait à Rome le 25 novembre 1999).

Vers une politique des paysages du quotidien

En France, en 1971 a été créé un Ministère chargé de la protection de la nature et de l'environnement, et depuis 1995, le ministre chargé de l’environnement et du Développement Durable est, au sein du gouvernement, responsable de la politique des paysages, cadrée notamment par la Loi paysages.

Il faut enfin rappeler que la plupart des instruments de protection paysages relève des collectivités locales. Les élus locaux jouent un rôle central car ils se font les porte-parole des attentes de leurs administrés et ils justifient la pertinence locale des problèmes paysagers avec une argumentation sociale.

On constate donc la progressive mise en place d’une véritable politique des paysages, laquelle a pour objectif de " préserver durablement la diversité des paysages français ".

Écoles d'architecture et de paysage

en France

  • École nationale supérieure du paysage de Versailles (E.N.S.P.V) à Versailles
  • École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux (E.N.S.A.P.Bx.) à Bordeaux
  • Ecole nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille (E.N.S.A.P.L.) à Lille
  • École supérieure d'architecture des jardins et des paysages (E.S.A.J.) à Paris
  • École nationale supérieure de la nature et du paysage (E.N.S.N.P.) à Blois
  • Institut National d'Horticulture et du Paysage (INHP) Angers
  • Institut des Techniques de l'Ingénieur en Aménagement Paysager de l'Espace (ITIAPE) (Lesquin) (lien)

en Suisse

  • École d'ingénieurs de Lullier à Genève
  • Institut d'Architecture de l'Université de Genève (lien)
Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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