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L'architecture gothique (ou francigenum opus) fut un style architectural de la seconde partie du Moyen Âge en Europe occidentale.
Des monuments religieux, profanes, et des habitations des classes supérieures furent construits selon cette architecture (L’architecture, terme issu du latin architectura, mot tiré du grec αρχιτεκτων...). Toutefois, ce sont les cathédrales qui aujourd'hui l'incarnent le plus visiblement.
L'architecture gothique est née en Île-de-France pendant la deuxième moitié du XIIe siècle ; elle se diffuse rapidement au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de la Loire et s'impose en Europe (L’Europe est considérée comme un continent ou une partie de l’Eurasie (péninsule occidentale), voire de l’Eurafrasie, selon le point...) jusqu'au milieu du XVIe siècle, lorsque se développe l'architecture classique, sous l'influence de la Renaissance italienne (Italienne est le nom communément utilisé pour le cordage servant a manœuvrer un enrouleur. Il s'enroule sur un tambour quand on déroule la voile, et on tire dessus pour...).
Le mot " gothique " fut utilisé pour nommer cette architecture a posteriori, dans une acception péjorative. L'art gothique était l'art des Goths, autrement dit des " barbares " qui auraient oublié les techniques et les canons romains. Un certain nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) d'historiens de l'art réfutent aujourd'hui ce jugement et montrent que l'architecture gothique n'est pas en rupture avec l'architecture romane (L'architecture romane s'est développée en Europe au cours du Moyen Âge (v. 950 ~ XIIe siècle). On peut la caractériser par la réintroduction de la technique romaine antique de la voûte en pierre, généralement en...).
Son identité très forte est autant philosophique qu'architecturale. Elle représente probablement de ces deux points de vue, l'un des plus grands achèvements artistiques du Moyen Âge.
Depuis la fin du Xe siècle, les églises sont construites dans le style roman commun à une grande partie de l'Europe occidentale : les nefs sont couvertes d'une voûte en berceau ; les murs sont épais et soutenus par des contreforts massifs situés à l'extérieur. Le nombre et l'ampleur des fenêtres sont limités et l'intérieur des édifices est décoré par des fresques aux couleurs vives. Bien que les éléments techniques qui caractérisent l'art gothique existent depuis de nombreuses années (ogive, voûte, vitraux), c'est généralement l'édification de la basilique de Saint Denis sous Louis VI le gros, qui est considérée comme son acte de naissance.
Les premiers édifices gothiques apparurent vers les années 1130-1150 en Île-de-France. C'est pourquoi ce style est appelé par ses contemporains en latin opus francigenum ou "art d'origine française", "art français". C'est dans le domaine royal des rois capétiens que le style trouve son expression la plus fréquente et la plus classique. À cette époque, la croissance démographique commande (Commande : terme utilisé dans de nombreux domaines, généralement il désigne un ordre ou un souhait impératif.) une augmentation de la taille des édifices religieux. La religion, le culte des reliques sont une composante essentielle de la vie des fidèles. La diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un produit, d'une information), voire de...) des innovations techniques rend le travail plus productif. Enfin, les villes et le commerce se développent, ce qui entraîne l'émergence d'une riche bourgeoisie.
L'église (L'église peut être :) abbatiale de Morienval présente déjà quelques traits du gothique. Elle est antérieure à l'abbatiale de Saint-Denis, mais cette dernière est la première construction à se démarquer franchement du style roman.
L'abbaye (Une abbaye (du latin abbatia, dérivé de l'araméen abba qui signifie « père ») est un monastère catholique ou un couvent placé sous la direction d'un abbé (ou d'une abbesse) qui sert de père (ou de mère) spirituel à la...) bénédictine de Saint-Denis est un établissement prestigieux et riche, grâce à l'action de Suger, abbé de 1122 à 1151. Ce dernier souhaite rénover la vieille église carolingienne afin de mettre en valeur les reliques de saint Denis dans un nouveau chœur : pour cela, il souhaite une élévation importante et des baies qui laissent pénétrer la lumière (La lumière désigne les ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 0,38 à 0,78 micron (380 nm à 780 nm ; le symbole nm désigne le...).
Suger décide d'achever la construction de la principale église de son évêché en s'inspirant du nouveau style entraperçu dans la cathédrale (Une cathédrale est, à l'origine, une église catholique où se trouve l'évêque chargé de s'occuper du diocèse. Toutefois, il existe des cathédrales sans évêque, car le nom...) Saint-Étienne de Sens. En 1140, il fait édifier un nouveau massif (Le mot massif peut être employé comme :) occidental, en s'inspirant des modèles normands de l'âge roman comme l'abbatiale Saint-Etienne de Caen. En 1144, la consécration du chœur de la basilique marque l'avènement d'une nouvelle architecture. Reprenant le principe du déambulatoire (Le déambulatoire est une galerie qui sépare le chœur d'une église des chapelles absidiales. Cet élément architectural est apparu dès l'époque caroligienne dans les églises d'Occident : il avait alors la forme...) à chapelle (Une chapelle est un édifice religieux secondaire dans une paroisse. Elle n'appartient pas à l'église mais à des fonds privés: une famille, un seigneur, un dignitaire de l'Eglise, un hôpital, une école...) rayonnante en le doublant, il innove en prenant le parti de juxtaposer les chapelles autrefois isolées en les séparant par un simple contrefort (Un contrefort est un renfort (bloc) de maçonnerie massif élevé sur la face extérieure d'un bâtiment voûté et qui sert à contenir les effets d'une charge ou de la poussée des arcs et des voûtes.). Chacune des chapelles comporte de vastes baies jumelles (On désigne par le terme jumelles un dispositif optique binoculaire grossissant destiné à l'observation d'objets à distance, constitué de deux lunettes symétriques montées...) munies de vitraux filtrant la lumière. Le voûtement adopte la technique de la croisée (Croisée peut désigner :) d'ogives qui permet de mieux répartir les forces vers les piliers.
La diffusion du style gothique a été rendue possible par la concurrence entre les évêchés du nord de la France : chaque évêque voulait une cathédrale plus belle et plus grande que celle du voisin. Cette émulation a favorisé la course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) à la hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) des nefs. Les nouvelles idées sont rapidement exploitées à Noyon, à Laon, à Senlis, puis Paris. Elle se répand ensuite progressivement en Europe occidentale, avec des variantes locales propres à chaque contrée (Angleterre, Espagne, Italie, pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous forme de...) germaniques, Scandinavie, ...) et évolue dans le temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent pour l'observateur qu'est l'homme. Si on considère...), du gothique dit " primitif " (XIIe siècle) au gothique " flamboyant " (XVe siècle / XVIe siècle). Mais à la fin de la Renaissance, cette nomination changea.
| Cathédrale | Dates | Hauteur sous nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui est comprise entre les deux murs latéraux (église à nef unique), entre deux rangées de piliers ou entre une rangée de piliers et un mur...) (en mètres) | Longueur (La longueur d’un objet représente la distance entre deux de ses extrémités, les plus éloignées possibles. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est souvent celle de l’objet complètement...) totale (en mètres) |
|---|---|---|---|
| Noyon | environ de 1140 |
|
102 |
| Laon | 1155 |
|
110 |
| Paris | 1163 |
|
130 |
| Strasbourg | 1190 à 1439 |
|
115 |
| Bourges | 1192 |
|
118 |
| Chartres | 1194 |
|
130 |
| Amiens | 1220 |
|
145 |
| Beauvais | 1225 |
|
70 (chœur et transept (Le transept est une nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale d’une église et lui donne la forme symbolique d’une croix.), pas de nef) |
| Metz | 1220 à 1520 |
|
136 |
Le mot " gothique " fut utilisé en premier par les Italiens pour désigner l'art de la fin de Renaissance qui imitait l'art français du Moyen Âge. C'est Giorgio Vasari qui, en 1550, est le premier à employer cette appellation. Ce terme avait une connotation péjorative, car les Humanistes de la Renaissance souhaitaient un retour au classicisme, c'est-à-dire aux formes dépouillées et pures de l'Antiquité. Ils exprimaient donc leur mépris pour ces constructions qui ne respectaient pas les canons de la période de l'Antiquité, période qui, pour eux, était un modèle de perfection. Les artistes de la Renaissance choisirent donc le mot gothique pour signifier que cet art était digne des " barbares ". Or les Goths étaient une ancienne peuplade germanique du Nord, des barbares, dont les armées avaient notamment envahi l'Italie et pillé Rome en 410.
Le dédain pour cet art fut tel qu'il fut projeté de détruire la cathédrale Notre-Dame de Paris pour la remplacer par une nouvelle. Ce projet (Un projet est - dans un contexte professionnel - une aventure temporaire entreprise dans le but de créer un produit ou un service unique:) ne put cependant se concrétiser lorsqu'éclata la Révolution. La vente ou l'abandon des biens de l'Église, que celle-ci entraîna, provoqua cependant la disparition de nombreux chefs-d'œuvre de l'architecture gothique.
L'historiographie récente tend à diminuer la rupture entre les styles roman et gothique. De plus, les spécialistes tendent à montrer que l'héritage antique n'a pas été complètement oublié du style gothique. Les sculpteurs et les architectes s'inspirent souvent des méthodes romaines.
Lorsqu'au XIXe siècle naquit le mouvement romantique, l'intérêt pour l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble, désigne intuitivement une collection d’objets (que l'on appelle éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être...) du Moyen Âge, y compris l'architecture gothique se développa, et ce mot perdit cette connotation négative. Le roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris (1831) relance l'intérêt pour les cathédrales d'Île-de-France.
À la fin du XIXe siècle, s'inspirant des travaux de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) de Viollet le duc, de nombreux édifices, notamment religieux, imitent le style médiéval : à Paris un exemple fameux est l'église Sainte-Clotilde. Les innovations techniques permettant aux constructions de s'affranchir de certaines contraintes qui dictaient leur forme, une nouvelle architecture réinterprète son patrimoine historique, et après le néo-classique, le néogothique fait son apparition, particulièrement en Angleterre suivie par les États-Unis d'Amérique dans les années 1840. Ce style connaît un grand succès dans les universités (Harvard), les musées (Smithsonian Institution) et bien sûr les églises. À New York, c'est à James Renwick Jr que l'on doit la cathédrale Saint-Patrick (1858-1888), synthèse élégante des cathédrales de Reims et de Cologne. L'utilisation de matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) plus légers que la pierre permet de se passer d'arc-boutants et contreforts extérieurs. Le succès du néogothique se prolongea jusqu'au début du XXe siècle dans de nombreux gratte-ciel (Un gratte-ciel (de l'anglais skyscraper) est un immeuble dont la hauteur est très supérieure à la moyenne. La hauteur à partir de laquelle un immeuble est considéré...), notamment à Chicago (Chicago est une mégapole des États-Unis, située dans la partie nord du Middle West, à 1 280 kilomètres à l'ouest de New York et à plus de 3 200 kilomètres au nord-est de Los Angeles. C'est la plus grande ville de l'État de...) et New York. En Europe, le monument le plus célèbre s'inspirant de l'héritage gothique tout en s'en démarquant très nettement est probablement la Sagrada Família à Barcelone (Barcelone (Barcelona en catalan et en castillan) est une commune de Catalogne - Espagne, située dans la province de Barcelone. Elle est la capitale historique, administrative et économique de la Catalogne. Elle...) (Espagne).
L'architecture romane (qui précède le gothique) se caractérise par des arcs " en plein cintre " (un demi-cercle), et, surtout, par des voûtes. Ces voûtes romanes sont massives et très lourdes ; elles nécessitent des murs d'appui épais, le plus souvent renforcés par des contreforts accolés de place en place.
Le gothique amène une solution aux problèmes de forces que connaît le roman. En effet, l'arc brisé et surtout la croisée d'ogive permettent,contrairement à l'arc en plein cintre, de diriger le poids (Le poids d'un corps nu ou force de pesanteur est la force exercée sur un corps (de masse m) immobile dans le référentiel terrestre (c’est-à-dire, lié à l'objet...) de l'édifice vers le sol. Dès lors, les murs épais que l'on connaît sous l'architecture romane vont très vite être remplacés par d'énormes piliers. On parlera alors d'une architecture de structure. La magie du gothique réside donc dans cette gestion non-visible des forces où les éléments qui semblent supporter les poussées apparaissent trop légers pour remplir cette fonction. Cet équilibre n'est possible que si la conception des parties supérieures précède l'édification des parties basses. La cathédrale gothique est donc un monument éminemment structuré et planifié à défaut d'être calculé. Il est intéressant de noter que les concepts physiques sur lesquels repose l'architecture gothique ne seront théorisés qu'à partir du XVIe siècle.
Les voûtes et les flèches peuvent donc s’élever. La cathédrale gothique, construction la plus emblématique du style, est une image de la Jérusalem céleste. C'est autant une invitation à l'élévation spirituelle qu'une manifestation du pouvoir et de la grandeur de Dieu et de l'Église.
Le style roman s’est développé principalement au sud (Sud est un nom :) de la Loire, où la luminosité (La luminosité désigne la caractéristique de ce qui émet ou réfléchit la lumière.) permettait ces ouvertures limitées et ces jeux de contraste entre ombre et lumière.
Au nord, ce parti pris structurel aurait rendu les bâtiments trop sombres et lugubres, des ouvertures plus grandes devaient être envisagées pour laisser pénétrer la lumière. L'arc plein cintre ne permet pas de percer des ouvertures suffisamment grandes pour la lumière tant recherchée par l'art gothique, car le report latéral des forces est trop important et on ne peut envisager d’élever la voûte sans renforcer les murs pour supporter la poussée résultante.
En revanche l’arc brisé et la croisée d'ogives permettent de canaliser les forces et de les concentrer sur des piliers. Les murs n’ont donc plus à supporter le poids de la structure et peuvent alors être ouverts vers l'extérieur. La lumière devient si abondante qu'on peut jouer à la colorer par des vitraux. Ces derniers ne laissent rien voir de l’extérieur. Ils sont édifiants pour les fidèles et représentent bien souvent des scènes bibliques, la vie des saints ou parfois même la vie quotidienne au Moyen Âge. Ils étaient de véritables supports imagés pour le catéchisme des fidèles qui n'avaient alors qu'à lever les yeux.
Mais au delà de la représentation iconographique, c'est aussi pour toute la symbolique de la lumière que l'on avait recours aux vitraux durant le Moyen Âge, et plus particulièrement pendant la période dite gothique. Selon Vitellion, intellectuel du XIIIe siècle, on distingue deux sortes de lumières : la lumière divine (Dieu) et la lumière physique (La physique (du grec φυσικη) est étymologiquement la science de la nature. Son champ d'application actuel est néanmoins...) (la manifestation de Dieu). Les vitraux étaient alors chargés de transformer la lumière physique en lumière divine, autrement dit de faire rentrer la présence divine dans la cathédrale.
Toujours dans la mentalité médiévale, on associait le sombre ou l'absence de lumière au Malin. Ainsi, quand un fidèle entrait (L'Entrait (ou Tirant) - terme de charpente - est un élément de la ferme. C'est une pièce de bois horizontale servant à retenir les arbalétriers, et qui est posée aux extrémités sur les murs gouttereaux, éventuellement dans un empochement (qui...) dans la cathédrale, il se sentait protégé du mal par Dieu et cela grâce à la luminosité des vitraux. On retrouve une explication du lien entre Dieu et la lumière dans la Bible.
Le contexte historique dans lequel cette théologie de la Lumière s'est mise en place est décrite dans l'œuvre de l'historien Georges Duby.
| Je suis la lumière du monde ; celui qui Me suit ne marche point (Graphie) dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.
Évangile selon saint Jean, VIII, 12 |
En outre, la lumière provenant des vitraux a pour but de délimiter un microcosme céleste au cœur de l'église.
![]() Vitrail (Le vitrail est une composition décorative formée de pièces de verre colorées. Depuis le début du Moyen Âge, ces pièces sont assemblées par des...) de la cathédrale de Saint-Dié-des-Vosges. |
Vitrail de la Sainte Chapelle. |
Chœur de l'abbatiale Saint-Étienne de Caen. |
![]() Rosace (Une rosace est une figure symétrique, formée de courbes inscrites dans un cercle à partir d'un point ou bouton central, ayant plus ou moins la forme d'une rose ou d'une étoile stylisée, et utilisée comme motif de décoration.) de la cathédrale de Reims. Elle illustre très bien l'art de la lumière du gothique. |

Si l'arc en plein cintre, fondateur de l'architecture romane, donnait satisfaction pour la construction d'une nef simple munie d'une voûte dite en berceau, il convenait mal à la croisée du transept et de la nef. Il en résultait, aux diagonales de l'intersection, des arcs elliptiques aplatis beaucoup plus fragiles. L'effondrement de la coupole (Une coupole est une voûte hémisphérique intérieure s’élevant sur un plan différent de celui du dôme qui forme l’enveloppe extérieure. Entre les deux, il existe fréquemment un espace vide considérable....) de l'église Hagia Sophia à Constantinople avait illustré ce problème.
La solution fut de réserver la robustesse des arcs en plein cintre aux diagonales de la croisée, ce que l'on appelle une croisée d'ogives. La projection (La projection cartographique est un ensemble de techniques permettant de représenter la surface de la Terre dans son ensemble ou en partie sur la surface plane d'une carte.) orthogonale de cette croisée selon l'axe de chacune des nefs donne alors une demi-ellipse posée dans sa hauteur, très résistante en son sommet. Par chance, il existe une bonne approximation de cet arc pour cette époque où, sur le chantier, à défaut de bons moyens de calcul et de mesures précises il vaut mieux recourir à des tracés simples à exécuter : il s'agit d'un arc brisé composé de deux arcs de cercle (Le terme de cercle a plusieurs sens dérivés de son sens géométrique initial.) centrés respectivement au premier et au troisième quart de la distance à franchir.
Cette approximation est souvent observable (Dans le formalisme de la mécanique quantique, une opération de mesure (c'est-à-dire obtenir la valeur ou un intervalle de valeurs d'un paramètre physique, ou plus généralement une information sur un système physique) est représentée par ce...) à une légère déformation de la voûte de la croisée à l'endroit où elle se raccorde aux nefs.
Quant à la décoration, si le style roman se veut résolument sobre, le style gothique se pare souvent d'une multitudes d'arcs, de colonnades, de statues, etc.
Chronologie des différentes expériences architecturales dans la construction des cathédrales gothiques françaises
| Chronologiquement et par Ville | Expérimentation (L'expérimentation est une méthode scientifique qui consiste à tester par des expériences répétées la validité d'une hypothèse et à obtenir des données quantitatives permettant de l'affiner....) |
|---|---|
| Saint-Denis | première cathédrale |
| Noyon | croisées d’ogives |
| Laon | rosace |
| Paris | nef sans voûte. |
| Rouen | voûtes sexpartites. |
| Bourges | arc-boutants lestés de pinacles. |
| Chartres | voûtes quadripartites (nef plus large). |
| Paris | voûtes sur la nef, arc-boutants, gargouilles pour l’évacuation des réseaux d’eau (L’eau (que l'on peut aussi appeler oxyde de dihydrogène, hydroxyde d'hydrogène ou acide hydroxyque) est un composé chimique simple, mais avec des propriétés complexes à...) pluviales. |
| Reims | sculptures décoratives. |
| Amiens | plus vaste grâce à des chaînages métalliques dans les murs et au travers des baies. |
| Beauvais | tirant en fer même sur les arc-boutants, arcs doubles. |
| La guerre de cent ans met fin aux constructions des cathédrales en France. | Mais les constructions se poursuivent en Allemagne et en Angleterre |
| La construction se poursuit à Beauvais | transept et flèche (La flèche s’écroule par la suite). |
On compte en Europe et plus particulièrement dans le Royaume de France et dans le Saint Empire romain Germanique quatre courants différents qui se succèdent.
Le premier art gothique, le gothique primitif naît à l'abbatiale royale de Saint-Denis et s’étend durant la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure d'angle plan....) partie du XIIe siècle dans le nord de la France. Le clergé séculier est alors tenté par un certain faste architectural. Saint-Denis, reconstruit sous l'impulsion de l'abbé Suger passe pour le prototype : mais ce parti, très audacieux, ne sera pas immédiatement compris et suivi (façade harmonique (Dans plusieurs domaines, une harmonique est un élément constitutif d'un phénomène périodique ou vibratoire (par exemple en électricité : les...), double déambulatoire, voûtes d'ogives). La cathédrale Saint-Étienne de Sens est un autre exemple initiateur de ce mouvement, par contre moins audacieux que Saint-Denis : alternance des supports (piles fortes et piles faibles, voûte sexpartite, murs qui restent relativement épais - les arcs-boutants n'apparaissent qu'à la période classique). Cependant nous pouvons y constater des innovations telles que l'absence de transept qui unifie l'espace et l'éclairage plus abondant. Les apports de Sens sont compris plus vite que ceux de Saint-Denis. La cathédrale de Sens va avoir davantage de répercussions et rapidement de nombreux édifices vont suivre son exemple, au nord de la Loire dans un premier temps.
Tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) des principaux édifices du gothique primitif en France
| Ville | Cathédrale | Début des Travaux[1] | Fin des Travaux (gros œuvre) | Date de la consécration |
|---|---|---|---|---|
| Sens | Saint-Étienne | 1135 | Entre 1490 et 1517 | |
| Noyon | Notre-Dame de Noyon | 1145 | 1235 | |
| Senlis | Notre-Dame de Senlis | 1153 | inconnue | le 16 Juin 1191 |
| Laon | Notre-Dame de Laon | 1155 | 1235 | |
| Soissons | Saint-Gervais-et-Saint-Protais | 1176 | 1212 pour le principal de l'œuvre |
Le Gothique Classique correspond à la phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) de maturation et d'équilibre des formes (fin XIIe-1230 environ). On construit alors toutes les plus grandes cathédrales : Reims, Bourges, Amiens, etc. Le rythme et la décoration se simplifient. En réalité, on privilégie le colossal au détriment du raffinement ; l'élan vertical est de plus en plus prononcé. L'architecture s'uniformise : on abandonne l'idée de principe de piles alternantes très marqué à Sens. Pour cette période, on commence à connaître le nom des architectes, notamment grâce aux labyrinthes (Reims). Le travail se rationalise. La pierre se standardise. Le monument prototype est Chartres, projet ambitieux avec une élévation à trois niveaux qui a pu être possible grâce au perfectionnement dans le contrebutement. La mise au point des arcs-boutants permet de supprimer les tribunes qui jusqu'alors jouaient ce rôle. Les autres pays d'Europe commencent à s'intéresser à cette nouvelle forme architecturale (Canterbury, Salisbury, etc.). La cathédrale de Laon qui servit probablement de modèle à d'autres aura trois niveaux de tribunes.
| Ville | Cathédrale | Début des Travaux[2] | Fin des Travaux (gros œuvre) | Date de la consécration |
|---|---|---|---|---|
| Reims | Notre-Dame de Reims | 1211 | 1275 | inconnue |
| Bourges | Saint-Étienne | 1195 | 1230 | le 13 mai 1324 |
| Amiens | Notre-Dame d'Amiens | 1220 | 1264 | à compléter |
| Chartres | Notre-Dame de Chartres | 1194 | environ 1220 | à compléter |
Encore une fois, ce style est né à Saint-Denis avec la réfection du chœur de l'abbatiale en 1231. Le rayonnant va se développer peu à peu jusqu'en 1350 environ. Les églises deviennent de plus en plus hautes, dépassant parfois les limites comme à Beauvais, construction trop ambitieuse : en 1272 une partie des voûtes du chœur de la cathédrale s'effondrèrent; les voûtes étaient trop hautes et les piliers trop espacés. Les principales caractéristiques de cette architecture sont la virtuosité des remplages, la verticalité toujours plus importante, des piliers fasciculés, et les surfaces vitrées qui deviennent de plus en plus grandes (Cathédrale Saint-Étienne de Metz avec 6496 m²) ; les églises deviennent de véritables squelettes de pierre, le reste étant de verre (Dans le langage courant, le mot verre sert à désigner un matériau dur, fragile (cassant) et transparent.), laissant pénétrer une lumière abondante. Le gothique rayonnant s'impose réellement à partir des années 1240. Les édifices alors en chantier prennent immédiatement en compte cette nouvelle "mode" et changent partiellement leur plan. C'est à cette époque que la rose devient vraiment un élément incontournable du décor, même si elle était déjà très utilisée avant (Notre-Dame de Paris, transept). La multiplication des chapelles latérales permet aussi d'agrandir l'espace de la cathédrale. L'abbatiale Saint-Ouen de Rouen est un excellent exemple d'édifice rayonnant.
Appelé aussi gothique tardif, il naît dans les années 1350 et se développe jusqu'à la fin du XVe siècle, et parfois même dans certaines régions, telle la Lorraine (La Lorraine est le premier d’une série de deux navires, le second étant La Savoie. C’est, à l’époque, le plus grand paquebot français.), durant la première partie du XVIe siècle telle la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port. Durant cette période, les innovations sont rares. La structure des édifices reste la même, mais leur décor évolue vers un ornement exubérant, " flamboyant ", qui forme des sortes de flammes que l'on peut remarquer dans les remplages des baies ou sur les gâbles par exemple. L'élévation se simplifie quelque peu avec souvent une élévation à deux niveaux (Saint-Germain l'Auxerrois), ou bien avec une élévation à trois niveaux mais avec un triforium aveugle. La voûte d'ogive se fait plus complexe, devenant dans certains édifices, décorative ; c'est le cas à la cathédrale Saint-Guy de Prague. La clef (Au sens propre, la clef ou clé (les deux orthographes sont correctes) est un dispositif amovible permettant d'actionner un mécanisme.) pendante ou cul-de-lampe ( Culs-de-lampe relevés dans l'église Saint-Julien à Caen En architecture, un cul-de-lampe est une console d'encorbellement constituée d’une pierre saillante servant à supporter une base de colonne, la retombée d'un...), véritable prouesse technique, se fait plus fréquente (Saint-Ouen de Rouen, portail des Marmousets). Exemples d'édifices flamboyants : l'église Saint-Maclou et le Parlement de Rouen, la basilique Saint-Urbain de Troyes, l'église de Louviers, l'église de Brou, près de Bourg-en-Bresse, dans l'Ain.
Il se distingue par des façades différentes de celles d'Île-de-France, qui comportent trois portails. Le chevet (En architecture religieuse, le chevet (du latin caput, « tête ») désigne généralement l'extrémité postérieure d'une église, c'est-à-dire l'ensemble des...) ne comporte pas non plus systématiquement d'arcs-boutants (comme la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, dont le chevet est un simple mur vertical). Mais ce sont surtout les voûtes qui caractérisent le gothique angevin: la voûte angevine présente un profil très bombé, alors que la voûte francilienne est plus plate. Pourquoi? Dans le style gothique d'Île-de-France, la clef de voûte est à la même hauteur que les clefs de ses arcs de construction (arcs doubleaux et arcs formerets); le style gothique angevin présente une différence de hauteur très marquée entre la clef de voûte et les clefs des arcs formerets et doubleaux, ce qui provoque son creusement. Parmi les plus beaux exemples de voûtes angevines: cathédrale Saint-Maurice d'Angers, et ancien Hôpital Saint-Jean d'Angers (actuel Musée Jean-Lurçat).
La Normandie a été très tôt associée au mouvement gothique. Une des spécificités du gothique normand est la présence, au-dessus du transept, d'une " tour-lanterne " construite dans de nombreuses grandes églises et dans presque toutes les cathédrales de la province (cathédrale de Coutances, de Rouen, abbatiale de la Trinité à Fécamp), Collégiale Notre-Dame à Vernon; La cathédrale de Sées n'en comporte pas mais elle était prévue à l'origine. Cette architecture a grandement influencé l'art gothique en Angleterre.
Contrairement au reste de l'Europe, le gothique anglais s'est développé en trois phases. On distingue le gothique primaire, le gothique curvilinéaire et le gothique perpendiculaire (En géométrie plane, on dit que deux droites sont perpendiculaires quand elles se coupent en formant un angle droit. Le terme de perpendiculaire vient du latin per-pendiculum (fil à...).
Le gothique primaire (ou Early english gothic) se développe du XIIe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où peut être...) jusqu'en 1250.
Il commence vers 1250 et va durer un siècle environ. Le gothique curvilinéaire (ou decorated style) se distingue par des baies gothiques très travaillées. Elles comprennent des meneaux qui séparent les différentes parties de la fenêtre (En architecture et construction, une fenêtre est une baie, une ouverture dans un mur avec ou sans vitres. Une fenêtre assure plusieurs fonctions pour le local concerné : éclairage, vue...). À l'intérieur du bâtiment, les colonnes sont plus fines et plus élégantes que celles du gothique primaire.
Typiquement britannique, le gothique perpendiculaire voit le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...) vers 1340, lors de la transformation du chœur de la cathédrale de Gloucester et de la construction de son cloître (Un cloître (ou anciennement cloistre, ou clouastre) est une cour entourée de murs et de galeries établies à côté des églises cathédrales, collégiales et monastiques. Dès les premiers temps du...).
Ce style se caractérise par une redéfinition des volumes intérieurs et des masses extérieures. De grandes baies distribuent largement la lumière dans les salles et les nefs, suivant des lignes horizontales et verticales qui sont à l'origine du terme perpendiculaire. Apparaissent également les voûtes en éventail (fan vaultings) qui cassent le verticalisme des lignes architecturales, créant un effet dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) et très décoratif. Ces voûtes sont particulièrement remarquables dans les chapelles Henri VII de l'abbaye de Westminster, Saint-Georges de Windsor ou encore du King's College de Cambridge. À l'extérieur, les arcs-boutants sont supprimés.
Abandonné vers 1520, le gothique perpendiculaire connaîtra un certain regain dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
De nombreuses églises allemandes ont adopté le style gothique et plusieurs de ses réalisations dans les pays germaniques sont des œuvres d'art exceptionnelles (Cathédrale de Cologne, au plan adapté de celui d'Amiens, Cathédrale d'Ulm (plus haute flèche gothique en pierre du monde), Fribourg en Brisgau, Ratisbonne, Vienne (Autriche), Prague etc. dans un style peu différencié de la France. Au nord de l'Allemagne et de la Pologne, la pierre fait place à la brique, ce qui limite fortement la décoration sculpturale (c'est le " Backsteingotik " à Lübeck, Stralsund, Gda?sk, Malbork, Toru? ...) ; dans certains édifices les différentes nefs peuvent être de même hauteur, d'où le nom d' église-halle.
L'Italie n'a pas complètement intégré l'art gothique venu du nord. Le seul monument religieux vraiment gothique de ce pays est la cathédrale de Milan (Milan (en italien, Milano, du latin Mediolanum, en Lombard Milan [mi'lã:], comme en Français) se situe au nord de l'Italie où elle est la capitale de la région Lombardie, au centre de la plaine du Pô. La ville même...) dont la construction a duré jusqu'au XXe siècle et qui est la seconde plus vaste d'Europe. Pour ce qui est d'autres édifices, tels les cathédrales de Sienne ou d'Orvieto, seuls des éléments décoratifs, qui ne sont pas la " substance " de l'art gothique, sont repris et largement adaptés comme également la basilique Basilique Saint-François à Assise qui mélange (Un mélange est une réunion de deux ou plusieurs substances.) les éléments romans et ceux du gothique français.
À Séville, le monumental minaret de la mosquée désaffectée depuis la Reconquista s'est vu flanquer d'une cathédrale gothique tardive qui restera la plus vaste du monde (Le mot monde peut désigner :). Ses dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce de révolution.) impressionnantes ont été autorisées par un allègement dû à l'absence de charpente permise par une faible pluviosité. Les cathédrales du nord de la péninsule (à Burgos, León) sont des transpositions de l'art gothique français. La cathédrale de Palma de Majorque se caractérise par un volume (En physique, le volume d'un objet mesure « l'extension dans l'espace » qu'il possède dans les trois directions en même temps, de même que l'aire d'une...) intérieur exceptionnel et des voûtes reposant sur des piliers excessivement élancés.
Né à l'époque des Croisades, l'art gothique a laissé quelques témoignages inattendus dans les pays du Levant, comme à Chypre ou les cathédrales latines de Nicosie et Famagouste furent ensuite converties en mosquées.
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