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Oppidum

Un oppidum (du latin n. oppidum, pl. oppida : lieu élevé, fortification. À noter le pluriel français recommandé: oppidums) est un lieu élevé (généralement situé sur une colline ou sur un plateau) dont les défenses naturelles ont été renforcées par la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet. C'est un organe...) de l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon, tandis...) au temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) des Celtes.

Les oppida sont connus notamment grâce aux descriptions de Jules César, dans La Guerre des Gaules. Ils se caractérisent par des murs de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...) et de pierres, renforcés par des traverses de bois assemblées perpendiculairement par de longues fiches de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus...) (20 à 30cm) comme à Bibracte. Ce type de mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) particulier aux oppida gaulois est nommé murus gallicus. À l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y = y·x = 1, si 1 désigne...), dans les îles britanniques, où de nombreuses enceintes fortifiées sont connues, de simples levées de terre ou murs de pierres étaient utilisés.

Le nom oppidum (Un oppidum (du latin n. oppidum, pl. oppida : lieu élevé, fortification. À noter le pluriel français recommandé: oppidums) est un lieu élevé (généralement situé sur une colline ou sur un...) est couramment utilisé pour désigner des sites de taille très différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité...), allant de quelques dizaines à plusieurs centaines d'hectares : l'enceinte de l'oppidum de Manching, près d'Ingolstadt en Bavière (Allemagne), a ainsi pu entourer jusqu'à 350 hectares de terrain. D'autre part, les sites connus sous ce nom ont pu être utilisés comme forts depuis le début du premier âge du fer jusqu'au premier siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où peut être...) de l'ère chrétienne, la dénomination d'oppidum ne s'appliquant qu'à partir du IIème siècle av.J.-C. Dès lors, cette diversité se retrouve dans le rôle qu'ont pu jouer les oppida.

Définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.)

Dans La Guerre des Gaules, César utilise le terme d'oppidum aussi bien pour des habitats ouverts (Geneva) que fortifiés (Bibracte). Il rapproche même certaines places fortes du terme urbs. On apprend selon les termes de César que l'oppidum est donc un lieu économique, d'échange dans lequel il a pu ravitailler ses légions. Cependant, il ne définit jamais clairement ce terme dans son oeuvre. Toujours est-il que l'on applique ici un terme latin à une autre civilisation En celte, on a un terme qui s'accorde bien à ces lieux, c'est dunon(dunum en latin que l'on retrouve par exemple dans Uxellodunum, Augustodunum) qui signifie forteresse, enceinte fortifiée; celui-ci a donné en vieil irlandais dún, le fort, la forteresse. C'est aussi un site fortifié qui évolue vers la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à...) comme le justifie le terme gallois din ou le germanique tuna qui a donné town en anglais. Il existe donc bien une ambiguïté dans la définition de ce terme, tantôt usité pour désigné un fort, d'autres fois pour une ville. Cependant, comme l'explique Stefan Fichtl, l'oppidum comprend la notion d'espace clos. Doit-on prendre en compte alors les frontières symboliques, le pomerium latin en plus des frontières matérielles que forment les remparts pour définir l'oppidum? La question reste toujours ouverte à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences...) actuelle.

En archéologie, le terme d'oppidum, a pris un sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une...) de plus en plus précis depuis les grands travaux de fouilles entrepris sous Napoléon III. Il est utilisé pour un cadre précis: la fin de la civilisation continentale pendant la période de la Tène (IIème et Ier av. J.-C) et une aire de répartition précise qui s'étend du sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de l'Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants (en 2006), qui représentent 83,8% de la...) jusqu'en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique,...) centrale, excluant toutefois les villes du pourtour méditerrannée qui diffèrent de par leur architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) et leur histoire. Dans ce contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) précis, un oppidum se définit par des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) morphologiques précises de superficie (L'aire ou la superficie est la dimension d'une surface. Par métonymie, on désigne souvent cette dimension par le terme « surface » lui-même (par exemple, on parle de la...), d'architecture et de tracé du rempart (Un rempart est un élément de fortification entourant un bourg, une ville ou une citadelle, apparaissant au XVIe siècle, et qui remplace la...) ainsi que du type de portes. Les définitions divergent selon les archéologues et les régions, mais elles tendent à s'uniformiser. Ainsi, un site d'une superficie supérieure à quinze hectares peut être considéré comme un oppidum et de moindre taille comme un castellum (Le titre de la page demandée est invalide, vide ou il s’agit d’un titre inter-langue ou inter-projet mal lié. Il contient peut-être un ou plusieurs caractères qui ne peuvent pas...).

Le rôle des oppida

Maquette reconstituant la construction d'un mur gaulois
Maquette reconstituant la construction d'un mur gaulois

Sur le continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues »....) et tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) particulièrement en Gaule, certains oppida ont pu être considérés comme les premières formes de " villes ", ou comme des " centres proto-urbains " de l'Europe barbare, ce qui a donné lieu à la dénomination de " civilisation des oppida " pour désigner la réalité socio-économique qui prédominait à la veille de la guerre des Gaules. Les difficultés d'interprétation sur la question sont nombreuses : on ne connaît des infrastructures du réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle nœud...) des oppida que ce que l'archéologie nous laisse entrevoir. Aussi, les avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière lequel se cachait en fait un monoplace de chasse destiné au...) des archéologues divergent quant à l'importance exacte que ces lieux pouvaient avoir dans la civilisation celtique, et en particulier dans la civilisation gauloise à la veille de la conquête romaine.

Comme le montrent des fouilles accomplies sur les sites de Manching, sur un mont du Luxembourg (Titelberg), ou encore à Bibracte (sur le mont Beuvray, en France), il est acquis que les oppida les plus importants ont connu une répartition régulière et dense de constructions sur leur site, au plus tard à partir du IIe siècle avant l'ère chrétienne.

L'organisation (Une organisation est) de certains oppida durant la période finale de La Tène a pu être rapprochée dans une certaine mesure du modèle des cités archaïques du monde (Le mot monde peut désigner :) classique. Il semble qu'à l'origine, en effet, le développement particulier de certains sites ait été lié à l'existence d'un lieu de culte important (Entremont, au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) d'Aix-en-Provence ou l'Alésia des Mandubiens).

Pour Stéphane Fichtl, (Les peuples gaulois, Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de la Seine...), 2004), le terme de civitas employé par César dans ses Commentaires a pu aussi correspondre dans certains cas à une réalité politique au cœur de laquelle l'oppidum, véritable chef-lieu (Un chef-lieu est une ville qui est administrativement prééminente dans une division territoriale ou administrative.), pouvait concentrer le pouvoir politique d'un peuple (Le terme peuple adopte des sens différents selon le point de vue où l'on se place.) ou d'une fédération de peuples sur ses " clients " et dans un territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le dictionnaire de...) délimité : la meilleure illustration de cette hypothèse est l'exemple des Éduens, dont la magistrature suprême (des Vergobrets) s'exerçait à l'intérieur de ce territoire.

Porte du Rebout, oppidum de Bibracte
Porte du Rebout, oppidum de Bibracte

Des concentrations d'importations méditerranéennes découvertes dans plusieurs oppida ont quant à elles révêlé l'importance que pouvaient avoir certaines de ces " places fortes " dans les réseaux commerciaux reliant le monde " barbare " au monde méditerranéen, dès avant la période laténienne.

Certains oppida, en effet, purent jouer un rôle politique majeur à l'époque des principautés celtes du premier Âge du fer en permettant à une aristocratie locale de contrôler les voies de passage et d'asseoir son pouvoir sur un territoire pouvant aller jusqu'à 80 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en...) de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère.) (comme dans le cas de Hohanesperg, en Allemagne, cf. Patrice Brun, Princes et princesses de la Celtique, Paris, 2000).

L'oppidum du Mont Lassois, dans la Côte-d'Or, qui est associé à la découverte de la tombe princière de Vix, est un exemple de ces forteresses de la fin de la période de Hallstatt.

Fortifications

Typologie

Plusieurs formes de remparts d'oppida existent, mais deux grandes catégories prédominent : les "fortifications de barrage (Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours d'eau et destiné à réguler l'écoulement naturel de l'eau pour permettre...)" et les "enceintes de contour".

¤les fortifications de barrage s'appuient sur un élément topographique qui protège naturellement le site. On peut distinguer différentes dénominations pour ces structures selon la nature de l'élément naturel:

  • les éperons barrés où l'on renforce par un rempart le côté non protégé par l'éperon rocheux(ex:
  • les méandres barrés (ex: Besançon), où le méandre (Un méandre est une sinuosité très prononcée du cours d'un fleuve ou rivière qui se produit lorsque la pente est très faible.) d'une rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la gravité et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve, contrairement au fleuve...), d'un fleuve, ... est fermé par un barrage.
  • les confluences barrées, où la ville se situe entre deux bras d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) se rejoignant ; le barrage protègeant l'ouverture de l'oppidum sur la terre.
  • les bords de falaise (Une falaise est un escarpement rocheux créé par l'érosion le long d'une côte. On peut distinguer les falaises basses (hauteur inférieure à 2 mètres), les falaises moyennes...) ou de fleuve, où le barrage protège, de la même manière que pour les confluences barrées, l'ouverture de la ville sur la terre.
  • les segments de crête où l'on protège par deux remparts les voies d'accès à la crête.

¤les enceintes de contour(ex: le Mont Beuvray, ou "Bibracte" du temps de César,...), quant à elles, n'ont pas véritablement de formes différentes. Un rempart encercle la ville, "posée" sur un mont (tel qu'une colline,...) ou à même la plaine(Manching) et suit généralement une même ligne de niveau.

Pendant la Tène Finale, de nombreuses oppida avec une fortification (La fortification (du latin fortis, fort, et facere, faire) est l'art militaire, de renforcer une position ou un lieu contre une attaque.) de barrage se dotent d'une enceinte complète qui revêt un aspect purement symbolique (et non militaire), délimitant la ville de la campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville, d'agglomération ou de milieu urbain. La campagne...). De même, les enceintes de contour ne suivent plus une ligne de niveau et peuvent dévaler des pentes. Ceci ne revêt donc pas un aspect militaire puisque ceci les affaiblit en ces points. Sur d'autres site enfin, on voit apparaitre des tracés de remparts géométriques comme des cercles (Manching).

Fouilles archéologiques sur le plateau de Gergovie (Puy-de-Dôme, France) : mur de l'oppidum.
Fouilles archéologiques sur le plateau de Gergovie (Puy-de-Dôme, France) : mur de l'oppidum.

Architecture du rempart

On distingue deux types deux remparts dans le monde celtique: le talus massif (Le mot massif peut être employé comme :) et le rempart avec des poutrages internes, plus complexe. Bien entendu, le talus et le parement en pierre diffèrent selon les régions puisque les celtes ont du s'adapter aux matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) de leur environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme...), mais, elles ne correspondent pas à des différences dans la construction du mur. Les principales divergences architecturales différenciant les régions proviennent du poutrage interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet...) en bois. O. Buchensenschutz et I. Raltson ont proposé une classification des remparts en fonction de ce poutrage.

  • Les remparts à poutrage horizontaux
    • Le rempart de type Ehrang

Il tire son nom du site allemand de Ehrang dans l'Eifel où il fut décrit pour la première fois. Celui-ci se compose d'un assemblage interne de poutres horizontales régulièrement espacées, superposées en grilles et calées à l'aide de pierres, ainsi que d'un parement extérieur en pierre. L'espace entre les poutres est remblayé avec de la terre et des pierres.

    • Le murus gallicus

Baptisé ainsi par César dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules, ce mur se construit de la même façon que le rempart de type Ehrang, auquel on a ajouté de grandes fiches de fers et des clous permettant de relier les poutres entre elles. Le parement interne à l'oppidum est quand à lui remplacé par une pente de terre qui permet d'accéder au sommet du rempart.

  • Les remparts à poutrage verticaux(pfostenschlitzmauern)
    • Le rempart de type Altkönig-Preist

Du nom de deux sites allemands, ce type de rempart possède des poteaux verticaux espacés de quelques mètres dans le parement interne et externe. Les poteaux internes et externes sont reliés par des poutres horizontales à l'intérieur du rempart. Comme les autres type de mur, il est rempli de remblai.

    • Le rempart de type Kelheim

Il porte le nom d'un site bavarois. Son parement externe est identique au type Altkönig-Preist et il possède la même rampe que les murus gallicus. Des poutres horizontales fixent alors les poteaux dans la terre.

  • les remparts à talus massifs sont de grandes élévations de terres précédées d'un fossé.

Les portes

Les portes jouent un rôle capital dans la fortification puisqu'elles sont un lieu de passage obligatoire pour entrer dans l'oppidum. Ouverture dans le rempart, ce sont les points faibles de l'enceinte qui nécessitent une protection toute particulière. Malheureusement, ces constructions en bois ne se sont pas conservées. Ainsi, les archéologues n'ont retrouvé aucune trace (TRACE est un télescope spatial de la NASA conçu pour étudier la connexion entre le champ magnétique à petite échelle du Soleil et la géométrie du plasma coronal, à travers des images haute...) du système de fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) de la Porte du rebout sur l'oppidum de Bibracte. En revanche, des trous de poteaux et quelques échantillons de bois ont pu être retrouvés sur d'autres sites tels que Manching ce qui a permis d'émettre des hypothèses sur ces portes. Si l'aspect général de la porte est certain, la forme et la taille des tours qui la surmontent ne sont que des hypothèses qui s'appuient sur la taille des poutres porteuses.

Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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