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Merise est une méthode d'analyse, de conception et de gestion de projet complètement intégrée, ce qui en constitue le principal atout. Elle a fourni un cadre méthodologique et un langage commun et rigoureux à une génération d'informaticiens français.
Issue de l'analyse systémique (La systémique - du grec « systema », « ensemble organisé » - est une méthode scientifique qui applique la théorie systémique comme...), la méthode Merise est née dans les années 1970, à la demande du ministère de l'industrie, et a surtout été utilisée en France, par les SSII de ses membres fondateurs (Sema Metra, ainsi que par la CGI Informatique) et principalement pour les projets d'envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère, un avion (ou planeur).), notamment des grandes administrations publiques ou privées.
Merise, méthode spécifiquement française, a d'emblée connu la concurrence internationale de méthodes anglo-saxonnes telles que SDM/S ou Axial. Elle a ensuite cherché à s'adapter aux évolutions rapides des technologies de l'informatique (L'informatique désigne l'automatisation du traitement de l'information par un système, concret (machine) ou abstrait. Dans son acception courante, l'informatique désigne...) avec MERISE/objet, puis MERISE/2 destinée à s'adapter au client-serveur (L'architecture client/serveur désigne un mode de communication entre plusieurs ordinateurs d'un réseau qui distingue un ou plusieurs postes clients du serveur : chaque logiciel client...). Merise était un courant majeur des réflexions sur une " Euro Méthode " qui n'a pas réussi à percer.
Depuis les années 1990, bousculée par les changements successifs et nombreux de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre une dimension de...) informatique (essor des progiciels, expansion et popularisation du réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on...) Internet), Merise a progressivement disparu. Seul le formalisme UML a obtenu une popularité équivalente, sans avoir la même portée méthodologique.
On pourra aussi consulter un historique de Merise sur le site Web Developpez.com.
De l'aveu même d'un de ses fondateurs, le nom MERISE vient de l'analogie faite entre le Merisier (Le merisier (Prunus avium), aussi appelé "cerisier des oiseaux" ou "cerisier sauvage" est un arbre originaire du Moyen-Orient appartenant au genre Prunus de la famille des Rosaceae. Avec le...) "qui ne peut porter de beaux fruits que si on lui greffe une branche de cerisier : ainsi en va-t-il des méthodes informatiques bien conçues, qui ne produisent de bons résultats que si la greffe sur l'organisation réussit", même si beaucoup de gens ont voulu y voir un acronyme comme par exemple Méthode d'Étude et de Réalisation Informatique par les Sous-Ensembles ou pour les Systèmes d'Entreprises.
La méthode Merise d'analyse et de conception propose une démarche articulée simultanément selon 3 axes pour hiérarchiser les préoccupations et les questions auxquelles répondre lors de la conduite d'un projet (Un projet est - dans un contexte professionnel - une aventure temporaire entreprise dans le but de créer un produit ou un service unique:):
La méthode Merise, très analytique (attention méthode systémique), distingue nettement les données et les traitements, même si les interactions entre les deux sont profondes et s'enrichissent mutuellement (validation des données par les traitements et réciproquement). Certains auteurs (Merise/méga, puis Merise/2) ont également apporté la notion complémentaire de communications, vues au sens des messages échangés. Aujourd'hui, avec les SGBD-R, l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être...), les notions de données et de traitements sont de plus en plus imbriquées.
La littérature parle de courbe du soleil, établissant une analogie entre la démarche Merise et le lever puis le coucher du soleil : de même, le projet doit élaborer une analyse critique de l'existant (en partant du niveau physique (La physique (du grec φυσικη) est étymologiquement la science de la nature. Son champ d'application actuel est néanmoins plus restreint : la physique...) et en s'élevant jusqu'au conceptuel : démarche bottom-up), puis décliner la solution retenue (en partant du niveau conceptuel et revenant au niveau physique : démarche top-down).
À noter que le recensement (Le recensement est une opération statistique de dénombrement d'une population.) de l'existant, est aujourd'hui très décrié, car il allonge considérablement la durée du projet. Sur ce point (Graphie), la démarche Merise est à l'opposé ( En mathématique, l'opposé d’un nombre est le nombre tel que, lorsqu’il est à ajouté à n donne zéro. En botanique, les organes d'une plante sont dits opposés lorsqu'ils sont insérés au...) des méthodes itératives de type RAD (L'abréviation rad désigne habituellement le radian, une unité d'angle.), ou de l'adoption systématique des best practices observées dans d'autres entreprises du secteur, qui constituent une démarche typique dans l'implémentation (Le mot implantation peut avoir plusieurs significations :) de progiciels.
L'étude conceptuelle Merise s'attache aux invariants de l'entreprise ou de l'organisme du point de vue du métier : quels sont les activités, les métiers gérés par l'entreprise, quels sont les grands processus traités, de quoi parle-t-on en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. Elle occupe de...) de données, quelles notions manipule-t-on ?... et-ce indépendamment des choix techniques (comment fait-on ?) ou organisationnels (qui fait quoi ?) qui ne seront abordés que dans les niveaux suivants.
Au niveau conceptuel on veut décrire, après abstraction, le modèle (le système) de l'entreprise ou de l'organisme :
Dans l'idéal, le MCD et le MCT d'une entreprise sont stables, à périmètre (Le périmètre (du grec ancien : perimetros, mesure du tour) désigne la longueur totale du contour d'une surface. Le périmètre désigne aussi la ligne de forme quelconque qui ferme une surface, elle même de forme quelconque.) fonctionnel constant, et tant que le métier de l'entreprise ne varie pas. La modélisation ne dépend pas du choix d'un progiciel (Un progiciel est un logiciel commercial vendu par un éditeur sous forme d'un produit complet, plus ou moins clés en main. Le terme résulte de la contraction des mots produit et logiciel (mot-valise). Plus récemment sont...) ou d'un autre, d'une automatisation ou non des tâches à effectuer, d'une organisation ou d'une autre, etc.
Le MCD repose sur les notions d'entité et d'association (entity/relationship en anglais).
L'entité est définie comme un objet de gestion considéré d'intérêt pour représenter l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) à modéliser (exemple : entité pays) et chaque entité est porteuse d'une ou plusieurs propriétés simples, dites atomiques (exemples : code, nom, capitale, population, superficie) dont l'une, unique et discriminante, est désignée comme identifiant (exemple : code).
L'entité représente le concept qui se décline, dans le concret en occurrences d'individus.
Exemples :
sont deux occurrences de l'entité "pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous forme...)" et sont constituées de n-uplets de propriétés, que le code FR ou DE, suffit à identifier sans risque de doublon.
Par construction, le MCD impose que toutes les propriétés d'une entité ont vocation à être renseignées (il n'y a pas de propriété " facultative ").
Le MCD doit, de préférence, ne contenir que le cœur des informations strictement nécessaires pour réaliser les traitements conceptuels (cf. MCT) : les informations calculées (ex: montant taxes comprises d'une facture), déductibles (ex: densité (La densité est un nombre sans dimension, égal au rapport d'une masse d'une substance homogène à la masse du même volume d'eau pure à la température de 3,98 °C.) démographique = population / superficie) et a fortiori celles liées aux choix d'organisation conçus pour effectuer les traitements (cf. MOT) ne doivent pas y figurer.
L'association est un lien sémantique entre une ou plusieurs entités : l'association peut être réflexive, de préférence binaire (ex : une usine 'est implantée' dans un pays), parfois ternaire, voire de dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce de révolution.) supérieure. Elle peut également être porteuse d'une ou plusieurs propriétés (ex : 'date d'implantation (Le mot implantation peut avoir plusieurs significations :)' d'une usine dans un pays)
Cette description sémantique est enrichie par la notion de cardinalité (En linguistique, les nombres entiers naturels zéro, un, deux, trois, etc. s'appellent des adjectifs numéraux cardinaux. En mathématiques, un nombre cardinal est une extension de cette...), celle-ci indique le nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) minimum (0 ou 1) et maximum (1 ou n) de fois où une occurrence quelconque d'une entité peut participer à une association (ex: une usine est implantée dans un (card. min=1) et un seul (card. max=1) pays; et réciproquement un pays peut faire l'objet soit d'aucune (card. min=0) implantation d'usine soit de plusieurs (card. max=n).
Le MCT repose sur les notions d'événement et d'opération, celle de processus en découle.
Un événement est assimilable à un message (La théorie de l'information fut mise au point pour déterminer mathématiquement le taux d’information transmis dans la communication d’un message par un canal de communication, notamment en présence de...) porteur d'informations donc potentiellement de données mémorisables (par exemple : l'événement 'commande client à prendre en compte' contient au minimum l'identification du client, les références et les quantités de chacun des produits commandés).
Un événement peut
Une opération se déclenche uniquement par le stimulus d'un ou de plusieurs évènements synchronisés
Elle est constituée d'un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble, désigne intuitivement une collection d’objets (que l'on appelle éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) d'actions correspondant à des règles de gestion de niveau conceptuel, stables pour la durée de vie de la future application (ex: pour la prise en compte d'une commande : vérifier le code client (présence, validité), vérifier la disponibilité des articles commandés, ...).
Le déroulement d'une opération est ininterruptible : les actions à réaliser en cas d'exceptions, les évènements résultats correspondants doivent être formellement décrits (ex : en reprenant l'exemple précédent, si le code client indiqué sur la commande est incorrect prévoir sa recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le cadre...) à partir du nom ou de l'adresse (Les adresses forment une notion importante en communication, elles permettent à une entité de s'adresser à une autre parmi un ensemble d'entités. Pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, chaque...) indiqués sur la commande, s'il s'agit d'un nouveau client prévoir sa création et les informations à mémoriser, ...)
Un processus est une vue du MCT correspondant à un enchaînement pertinent d'opérations du point de vue de l'analyse (ex : l'ensemble des évènements et opérations qui se déroulent entre la prise en compte d'une nouvelle commande et la livraison des articles au client)
A ce niveau de préoccupation, les modèles conceptuels sont précisés et font l'objet de choix organisationnels. On construit :
Comme son nom l'indique, l'étude organisationnelle s'attache à préciser comment on organise les données de l'entreprise (MLD) et les tâches ou procédures (MLT). Pour autant, les choix techniques d'implémentation, tant pour les données (choix d'un SGBD) que pour les traitements (logiciel, progiciel), ne seront effectués qu'au niveau suivant.
(également appelée dérivation) du MCD dans un formalisme adapté à une implémentation ultérieure, au niveau physique, sous forme de base de données relationnelle ou réseau, ou autres (ex: simples fichiers).
La transcription d'un MCD en modèle relationnel (Le modèle relationnel est une manière de modéliser les informations contenues dans une base de données qui repose sur des principes mathématiques inventés par E.F. Codd. Ce qu'on appelle relation est un ensemble d'attributs qui...) s'effectue selon quelques règles simples qui consistent d'abord à transformer toute entité en table, avec l'identifiant comme clé primaire, puis à observer les valeurs prises par les cardinalités maximum de chaque association pour représenter celle-ci soit (ex : card. max 1-n ou 0-n) par l'ajout d'une clé étrangère dans une table existante, soit (ex : card. max n-n) par la création d'une nouvelle table dont la clé primaire est obtenue par concaténation (Le terme concaténation est issu du latin cum (avec) et catena (chaîne), il désigne l'action de mettre bout à bout deux chaînes.) de clés étrangères correspondant aux entités liées, exemple :
PAYS(code_pays)
USINE(id_usine,@code_pays,date_implantation)
EXPORT(@id_usine,@code_pays)
De plus en plus, nous voyons arriver une nouvelle facon d'ecrire le modèle relationnel :
PAYS(code_pays)
code_pays : clé primaire de la relation PAYS
USINE(id_usine,code_pays,date_implantation)
id_usine : clé primaire de la relation USINE
EXPORT(id_usine,code_pays)
id_usine + code_pays : clé primaire de la relation EXPORT [concatenation de id_usine et de code_pays]
id_usine : clé étrangère de la relation EXPORT en référence à id_usine de la relation USINE
code_pays : clé étrangère de la relation EXPORT en référence à code_pays de la relation PAYS
Les opérateurs de l'algèbre relationnelle (L'algèbre relationnelle est un concept mathématique de relation de la théorie des ensembles.) (projection, sélection, jointure, opérateurs ensemblistes) Langage d'interrogation de données peuvent ensuite directement s'appliquer sur le modèle relationnel ainsi obtenu et normalisé Formes normales.
Cette démarche algorithmique ne fournit pas à ce niveau d'élément sur l'optimisation de la durée ou des ressources nécessaires pour exécuter les traitements dans l'environnement de production cible.
La transcription du MCD en MLD doit également être précédée d'une étape de synchronisation et de validation des modèles de données (MCD) et de traitement (MCT et MLT), au moyen de vues . Cela afin d'y introduire les informations d'organisation définies au MLT, d'éliminer les propriétés conceptuelles non utilisées dans les traitements ou redondantes et enfin de vérifier que les données utilisées pour un traitement sont bien atteignables par 'navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :)' entre les entités/relations du MCD
Le MLT, appelé aussi MOT pour " modèle organisationnel des traitements ", décrit avec précision l’organisation à mettre en place pour réaliser une ou, le cas échéant, plusieurs opérations figurant dans le MCT. Il répond aux questions suivantes : qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? À un MCT correspond donc généralement plusieurs MLT.
Les notions introduites à ce niveau sont : le poste de travail, la phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :), la tâche et la procédure.
Les réponses apportées à ce dernier niveau permettent d'établir la manière concrète dont le système sera mis en place.
projet de recouvrement (Un recouvrement d'un ensemble X est un ensemble P de sous-ensembles non vides de X tel que l'union de ces sous-ensembles soit égal à X. Autrement dit P est un recouvrement de X si...) de factures
P.P. Chen présente la classification suivante des différents modèles "entité-association".
Références :
Merise utilise un "modèle" avec entités, attributs (ou propriétés) et relations (ou associations)
En termes formels, on dira qu'un MCD est un invariant.
On y spécifie des ensembles, des relations dont on donne les propriétés (fonction (totale ou partielle), fonction injective, surjective, relation quelconque). On utilise pour cela des "cardinalités" (appelées en UML, des multiplicités). Il y a 16 cas de relations.
En termes de mathématiques (Les mathématiques désignent la science du vrai et du faux en général. C'est-à-dire qu'elle ne s'attache pas à dire ce qui est vrai ou faux dans l'absolu mais relativement à des énoncés, des suppositions.) ensemblistes, un attribut est une fonction. Par exemple date_de_naissance est une fonction de l'ensemble Personnes vers l'ensemble Dates, date_de_décès est une fonction partielle de l'ensemble Personnes vers l'ensemble Dates.
Les fonctions (au sens mathématique) sont exprimées par ce qui est appelé "clé" (même sens que celui du "modèle relationnel n-aire" de Codd) et aussi par les "cardinalités" (0-1 pour les fonctions partielles) et (1-1 pour les fonctions totales). Quand la fonction a comme partie gauche un produit cartésien (En mathématiques, le produit cartésien de deux ensembles X et Y est l'ensemble de tous les couples, dont la première composante appartient à X et la seconde à...) entre entités de types différents (entre plusieurs rectangles), on parle de CIF (Contrainte d'Intégrité Fonctionnelle).
Voir également l'article sur les formes normales.
On ne peut pas parler de Merise sans au moins citer les trois livres "historiques" (le "vert (Le vert est une couleur complémentaire correspondant à la lumière qui a une longueur d'onde comprise entre 490 et 570 nm. L'œil humain possède un récepteur, appelé cône M, dont la bande passante est axée sur cette...)", le "bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et 520...)" et le "rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.)") qui décrivent précisément la méthode:
Il est juste aussi d'associer à cette bibliographie minimale, le livre très accessible d'un des créateurs de la méthode, qui historiquement, a suivi son chemin de son côté
Sur Merise/2, on consultera également :
| Le point sur... |
| Voir aussi |