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Claude Allègre

Claude Allègre, né le 31 mars 1937 à Paris, est un géochimiste et un homme politique français.

Jeunesse

Il est le fils d'une institutrice et d'un agrégé de physique-chimie[1]. Claude Allègre est un camarade d’adolescence de Lionel Jospin, aux côtés de qui il résidait à la cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des...) universitaire Jean Zay (Jean Zay est un homme politique français, né à Orléans (Loiret) le 6 août 1904 et mort assassiné par des miliciens à Molles (Allier) le 20 juin 1944. Il a...) d’Antony. Il est resté son ami fidèle, et un soutien politique. Il est titulaire d'un doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire...) en sciences physiques.

Carrière scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.)

Universitaire brillant, il est un des premiers géochimistes à travailler sur les échantillons de roche (La roche, du latin populaire rocca, désigne tout matériau constitutif de l'écorce terrestre. Tout matériau entrant dans la composition du sous-sol est formé par un...) lunaire (Pour les homonymes, voir Pierrot lunaire, une œuvre de musique vocale d'Arnold Schönberg.). Ses recherches portent sur l'origine du système solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil et des corps célestes ou objets définis gravitant autour de lui...) et sur le développement et la dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) des grandes unités du globe terrestre. En 1986, il obtient le prix Crafoord aux côtés de l'américain Gerald Joseph Wasserburg pour ses travaux en géologie (La géologie, du grec ancien γη- (gê-, « terre ») et λογος (logos, « parole », « raison »), est la science qui traite de...).

C'est en 1968 que l’équipe de géochimie de Claude Allègre (Claude Allègre, né le 31 mars 1937 à Paris, est un géochimiste et un homme politique français.), installée depuis un an dans les locaux d’une usine de Saint-Maur est rattachée à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la...) du globe de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine,...) (IPGP) sur le nouveau Campus (Un campus (du mot latin désignant un champ) désigne l'espace rassemblant les bâtiments et l'infrastructure d'une université ou d'une école située hors d'une ville. Ce terme inclut ainsi les...) de Jussieu. En 1976, c'est en tant que directeur de l'IPGP, que lors du réveil du volcan (Un volcan est un relief terrestre, sous-marin ou extra-terrestre formé par l'éjection et l'empilement de matériaux issus de la montée d'un magma sous forme de lave et de tephras...) La Soufrière en Guadeloupe (La Guadeloupe (prononcée : [gwa.də.lup]), en créole Gwadloup, est à la fois une région, un département d'outre-mer français...), il est amené à préconiser l'évacuation d'urgence de la population par crainte d'une éruption avec nuées ardentes, s'opposant au volcanologue Haroun Tazieff qui diagnostique une simple éruption phréatique, ce qui s'avèrera exact.

Contre le désamiantage

En 1992, il succède à Maurice Allègre à la présidence du Bureau de recherches géologiques et minières. Chroniqueur au magazine Le Point, il dénonce violemment le 19 octobre 1996 la décision de désamiantage de l'université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment où...) de Jussieu et qualifie l’affaire de " phénomène de psychose collective ". En 2004, dans son livre Quand on sait tout, on ne prévoit rien, il soutient encore que les coûts relatifs au désamiantage de certains bâtiments du campus de Jussieu n'étaient pas justifiés, arguant que les risques réellement encourus étaient " pour ainsi dire " nuls.

Carrière politique

Animateur (Animateur, qui anime un groupe de personnes :) du " groupe des experts " du PS, il tisse des liens avec la classe dirigeante dont il défend systématiquement les intérêts au nom du " réalisme de gouvernement ".

Conseiller spécial de Lionel Jospin au ministère de l’Éducation, de 1988 à 1992, il est souvent qualifié, en raison de son influence, de " ministre officieux " de l'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les...) supérieur et de la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...). Il est notamment l'initiateur du plan " Université 2000 ". Il fait partie des conseillers de Lionel Jospin refusant le renvoi des jeunes filles musulmanes " voilées " des écoles publiques et par là même il s'opposa au projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une...) de loi sur le port du voile islamique en France dans les établissements scolaires.

Claude Allègre est ministre de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) de 1997 à 2000, dans le gouvernement Jospin. À peine nommé ministre, il prononce à la télévision (La télévision est la transmission, par câble ou par ondes radioélectriques, d'images ou de scènes animées et généralement sonorisées qui sont reproduites sur un poste récepteur appelé...) la phrase " il faut dégraisser le mammouth "[2]. Restée célèbre, elle est généralement considérée comme le point de départ du conflit qui l'oppose par la suite aux syndicats enseignants (notamment le SNES), et à l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) du corps enseignant. Il parle aussi en termes peu amènes de l'absentéisme (L’absentéisme est une conduite qui se caractérise par des absences régulières du lieu de travail ou d’études (absentéisme scolaire, appelé couramment "école...) des enseignants, citant des taux très controversés[3].

Il est l'auteur de la loi Allègre de 1999 sur l'innovation et la recherche qui permet, en particulier, aux universitaires et aux chercheurs de créer une entreprise de type start-up et déposer des brevets.

Pendant son ministère, il contribue à mettre en place le système de diplômes européen LMD. Sur le plan pédagogique, le ministère Allègre cherche à contrecarrer la prééminence supposée des mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels...) dans l'enseignement. Le ministre lui-même prononce plusieurs jugements négatifs à l'égard de cette discipline, ainsi " les mathématiques sont en train de se dévaluer, de façon quasi inéluctable. Désormais, il y a des machines pour faire les calculs. Idem pour les constructions de courbes.. "[4]. Cette déclaration attirera une lettre de protestation signée de quatre-vingts académiciens environ[5][6].

Claude Allègre se retrouve isolé avec Pierre-Gilles de Gennes (Pierre-Gilles de Gennes (né le 24 octobre 1932 à Paris et mort le 18 mai 2007 à Orsay[1]) est un physicien français.), en opposition à la majorité des physiciens français, lorsque, ministre de la recherche, il renonce à mettre en oeuvre en France un projet de synchrotron (Le terme synchrotron désigne un type de grand instrument destiné à l'accélération à haute énergie de particules élémentaires.) de nouvelle génération. Il préfère une participation au synchrotron anglais Diamond, ce qui est moins coûteux mais qui valorise moins le savoir-faire français en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux....) de synchrotron[7]. Roger-Gérard Schwartzenberg, son successeur au ministère de la recherche, reviendra sur ce choix et permettra la construction du synchrotron Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de...).

Claude Allègre est remplacé par Jack Lang au ministère de l'éducation, à la suite de grandes manifestations en mars 2000.

Opposition à Ségolène Royal

Au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier celle des...) du PS, après le retrait de Lionel Jospin, en 2002, il milite pour le retour de ce dernier à des responsabilités nationales. Au printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones...) 2006, il espère voir Jospin se porter candidat et tente de s'opposer à la montée en puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) de Ségolène Royal pour la candidature aux élections présidentielles. Au cours d'une émission à France-Inter, il lui fait le reproche d'être une politicienne professionnelle. Le 28 septembre, il déclare sur France-Info "Je ne pense pas qu'elle soit capable ni de gagner, ni d'être président de la République". C'est Dominique Strauss-Kahn qu'il soutient pour les primaires socialistes de novembre 2006. À la suite de l'échec de ce dernier durant les primaires du PS, il décide de soutenir Jean-Pierre Chevènement, qu'il préfère de loin à Ségolène Royal. Chevènement finit par se désister en faveur de cette dernière.

Le 13 mars 2007 sur RTL, il déclare : "Non, je ne voterai pas Ségolène Royal. Mes convictions personnelles de scientifique sont plus fortes que toute autre considération. Mon désaccord principal est théorique. Le développement de la France doit être basé sur le nucléaire qui est la meilleure source d'énergie propre (Une énergie propre ou énergie verte est une source d'énergie dont l'exploitation ne produit que des quantités négligeables de polluants par rapport à d'autres sources plus répandues et considerées comme...) - elle, elle parle de le diminuer -, sur les OGM, seule manière de maintenir l'agriculture française - elle, elle est opposée aux OGM, les cellules souches, bref, le progrès. Et je pense que le socialisme c'est ça, c'est d'être avec le progrès. Or, à mon grand désespoir, je me retrouve (avec) un programme qui est l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un...) de ça. Donc, je ne peux pas le soutenir. Ça n'a rien à avoir avec des questions de personne."

Claude Allègre a précisé ne pas s'être entretenu avec la candidate socialiste à l'Elysée depuis "quatre ans, cinq ans".

"Je n'ai pas été très content de son passage à mes côtés que j'avais réclamé", a-t-il déclaré.

Ségolène Royal a été ministre déléguée à l'Enseignement scolaire quand Claude Allègre était ministre de l'Education.

Controverse sur le réchauffement climatique (Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne...)

En 2006, Claude Allègre publie une chronique hebdomadaire dans le magazine L'Express. Les 21 septembre 2006[8] et 5 octobre 2006 [9], il crée une polémique dans ses chroniques de L'Express : il affirme douter de l'influence humaine sur le climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps...), et prétend que le réchauffement global n'est pas le phénomène essentiel. Selon ses dires, les changements en cours relèvent plus d'une grande variabilité des phénomènes que d'un réchauffement global. Il critique l'augmentation du budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.) consacré à la climatologie tout en demandant plus d'études pour établir la cause des dérèglements climatiques et leurs effets. Ces affirmations provoquent des réactions indignées des Verts et de nombreux scientifiques climatologues[10]. Dans une séance à l'Académie des Sciences (Une académie des sciences est une société savante dont le rôle est de promouvoir la recherche scientifique en réunissant certains des chercheurs les plus éminents, en tenant des séances au cours desquelles des travaux sont présentés et en...) où Claude Allègre avait choisi de ne pas aller, l'ensemble des arguments avancés par les amis du géochimiste, ses collègues académiciens Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, ont été analysés en détail et réfutés par les climatologues Hervé le Treut, de l'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs disciplines respectives et de publier...) des sciences et Edouard Bard, Professeur au Collège de France (Le Collège de France, situé au no 11 place Marcelin-Berthelot dans le quartier latin de Paris (Ve arrondissement), est un grand établissement d'enseignement et de recherche. Il...) [11][12]. (Voir l'argumentation sur le réchauffement climatique).

Chronologie

  • 1976-1986 : directeur de l'Institut de physique du globe de Paris.
  • 1984-1985 : délégué national à la recherche
  • 1985 : membre de la National Academy of Sciences
  • 1987 : membre du comité directeur du Parti socialiste
  • 1988-1992 : conseiller spécial auprès de Lionel Jospin
  • 1989-1994 : député au parlement européen
  • 1990 : membre du bureau exécutif du Parti socialiste
  • 1992 : conseiller régional de Languedoc-Roussillon
  • 1992-1997 : président du conseil d'administration du Bureau de recherches géologiques et minières
  • 1995 : membre de l'Académie des sciences
  • 4 juin 1997 - 27 mars 2000 : nommé ministre de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Lionel Jospin
Précédé par Claude Allègre Suivi par
François Bayrou Ministre français de l'Éducation nationale
1997-2000
Jack Lang

Distinctions

  • 1986 : prix Crafoord pour la géologie
  • 1987 : médaille Wollaston
  • 1994 : médaille d'or du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).)

Ouvrages

  • Ma vérité sur la planète, Plon, 2007
  • Un peu plus de science pour tout le monde (Le mot monde peut désigner :) (**), Fayard, 2006
  • Le défi du monde, avec Denis Jeambar, Fayard, avril 2006
  • Dictionnaire amoureux de la science, Plon, octobre 2005
  • Géologie isotopique, Belin, 2005
  • Quand on sait tout, on ne prévoit rien, Fayard, 2004
  • Un peu de science pour tout le monde (*), Fayard 2003
  • Galilée, Plon, 2002
  • Changer de politique, changer la politique, Éditions de l'Aube, 2002
  • Histoires de Terre, Fayard, 2001
  • Les Audaces de la vérité, (entretiens avec Laurent Joffrin), Robert Laffont, 2001
  • Vive l'École libre !, Fayard, 2000
  • Toute vérité est bonne à dire, avec Laurent Joffrin, Robert Laffont, 2000
  • Dieu face à la science, Fayard, 1997
  • Questions de France, Fayard, 1996
  • La défaite de Platon, Fayard, 1995
  • L'âge des savoirs, Gallimard, 1993
  • Écologie des villes, écologie des champs, Fayard, 1993
  • Introduction à une histoire naturelle, Fayard, 1992
  • Économiser la planète, Fayard, 1990
  • Douze clés pour la géologie (entretiens avec Émile Noël, Belin, 1987
  • De la pierre à l'étoile, Fayard, 1985
  • Les Fureurs de la Terre, Odile Jacob, 1987
  • L'Écume de la Terre, Fayard, 1983
  • Introduction à la géochimie (en collaboration avec G. Michard), PUF, 1973.

Il collabore également depuis 2002 à l'élaboration de scénarios pour la télévision :

  • 2006 : Galilée ou l'amour de Dieu de Jean-Daniel Verhaeghe (avec Jean-Claude Carrière)
  • 2002 : La Bataille d'Hernani de Jean-Daniel Verhaeghe (avec Jean-Claude Carrière).
Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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