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Gustave Eiffel
Gustave Bonnickausen dit Eiffel
Naissance : 15 décembre 1832
Dijon, Côte-d'Or, France
Décès : 27 décembre 1923 (à 91 ans)
Paris, Île-de-France, France
Nationalité : Française
Profession : Ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la conception, à la réalisation et à la...) chimiste
Industriel français.
Illustration : Portrait de Gustave Eiffel (Alexandre Gustave Bonnickausen dit Eiffel (15 décembre 1832, Dijon - 27 décembre 1923, Paris), est un ingénieur et un industriel français qui participa notamment...)

Alexandre Gustave Bonnickausen dit Eiffel (15 décembre 1832, Dijon - 27 décembre 1923, Paris), est un ingénieur et un industriel français qui participa notamment à la construction de la statue de la Liberté à New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des...) et de la tour Eiffel qui porte son nom à Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin...).

Premiers pas

Alexandre Gustave Bonnickausen dit Eiffel est né à Dijon en Côte-d'Or, le 15 décembre 1832, dans un milieu aisé. Son père, officier d’origine rhénane, a épousé quelques années auparavant une femme d'affaires entreprenante. Celle-ci a investi dans le négoce du bois et de la houille (La houille (mot wallon francisé), est une roche carbonée. C'est également une roche combustible fossile solide provenant de la décomposition d'organismes du carbonifère.) et s'est constitué une solide fortune personnelle. En 1843, Eiffel entre au collège Sainte-Barbe avant d'être admis en 1852 à l'École centrale des arts et manufactures à Paris, en plus de son admissibilité à l'École polytechnique. Il effectue au sein de l'institution de brillantes études et obtient un diplôme d'ingénieur chimiste en 1855.

Les débuts

Après s'être employé pendant quelques mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) à la poudrerie de Châtillon-sur-Seine puis à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, Eiffel fait la rencontre, en 1856, de Charles Nepveu. Cet entrepreneur s'est spécialisé dans la construction métallique. Grâce aux progrès de la métallurgie (La métallurgie est la science des matériaux qui étudie les métaux, leurs élaborations, leurs propriétés, leurs traitements.), celle-ci connaît, à cette époque, une grande diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un produit, d'une information), voire de « vaporisation »...). Résistant, léger et facile à manipuler, ce matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) est bien souvent préféré à la pierre par souci d'économie. Le jeune ingénieur fait bientôt la preuve de ses talents. Sa première grande réalisation est le pont ferroviaire de Bordeaux en 1858, chantier dont il assume, à vingt-six ans, la direction. Gustave Eiffel utilise alors pour la première fois la technique de fondation à l'air comprimé (L'air comprimé est de l'air ambiant, mis sous pression avec un compresseur, le plus souvent aux alentours de 10 bars mais parfois jusque 300 bars.) lors de l'exécution des piles tubulaires. Le succès de l'entreprise, qui doit relier la Compagnie des chemins de fer du Midi à la Compagnie du chemin de fer (Le chemin de fer est un système de transport guidé servant au transport de personnes et de marchandises. Il se compose d'une infrastructure spécialisée, de matériel roulant et de procédures d'exploitation faisant parfois intervenir l'humain,...) de Paris à Orléans, lui assure une première renommée.

Les premiers succès

Avant la tour Eiffel, Gustave Eiffel a contribué à la création de la statue de la Liberté, New York
Avant la tour Eiffel, Gustave Eiffel a contribué à la création de la statue de la Liberté, New York

Quelques années plus tard, Eiffel, qui bénéficie déjà d'une solide expérience, décide de fonder sa propre société. En 1866, il fait l'acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.) d'ateliers de constructions métalliques à proximité de Paris, à Levallois-Perret, alors dans l'ancien département de la Seine.

L'entreprise emporte alors plusieurs grandes commandes d'édification de viaducs et de bâtiments à structure ou charpentes métalliques. Pour ce faire, il n'hésite pas à parcourir l'Europe (L’Europe est considérée comme un continent ou une partie de l’Eurasie (péninsule occidentale), voire de l’Eurafrasie, selon le point de vue. Elle est parfois qualifiée de « Vieux Continent » (ou...) entière.

Hangars, gares et galeries

  • la Galerie des machines pour l'Exposition universelle de Paris en 1867 ;
  • la Nyugati Pályaudvar (" Gare de l'Ouest ") à Pest (Budapest) en Hongrie en 1875 ;
  • la charpente du grand magasin Le Bon Marché, 140 rue du Bac à Paris VIIe en 1876 mais aussi celle du lycée Carnot ;
  • les vinaigreries Dessault à Orléans ;
  • le dôme () de l'Observatoire astronomique (Un observatoire astronomique est un lieu destiné à l'observation astronomique. Les laboratoires modernes sont largement dotés d'instruments scientifiques; d'abord mécaniques (quadrant, astrolabe, etc.) puis...) du mont Gros à Nice et les Ateliers Berthier à Paris, en collaboration avec Charles Garnier ( Saint Charles Garnier est un des huit martyrs canadiens. Charles Garnier est un architecte français. ) - l'architecte (Un architecte (du grec arkhitektôn qui signifie « maître charpentier ») est souvent un créatif dont le métier est de concevoir (par le dessin de plans) et de faire construire des bâtiments. De manière...) de l'Opéra de Paris - mais aussi d'autres salles d'opéra (Nice, Monaco...).

Ponts et viaducs

Puis il se lance dans la conception de structures métalliques pour des ponts, comme :

  • Le pont métallique de Gérone en Catalogne.
  • Le pont Maria Pia sur le Douro au Portugal, 1877. Son projet (Un projet est - dans un contexte professionnel - une aventure temporaire entreprise dans le but de créer un produit ou un service unique:) fut à la fois le plus léger, le moins cher et le plus audacieux. Cette réalisation asseoit définitivement sa réputation en France comme à l'étranger.
  • Le viaduc de la Souleuvre (Le viaduc de la Souleuvre était un ouvrage ferroviaire de la ligne Vire - Saint-Lô, ligne aujourd'hui disparue.) dans le Calvados.
  • Le pont sur la rivière des Parfums à Hu? (Viêt Nam).
  • Le viaduc de Garabit (Le viaduc de Garabit est un ouvrage ferroviaire situé près de Ruynes (non loin de Saint-Flour) dans le Cantal, qui permet à la ligne Marvejols-Neussargues de...), 1884. L'achèvement de ce viaduc, situé dans le Cantal, lui assure un égal triomphe. L'arc de cent soixante-cinq mètres de portée qui soutient le tablier du pont constitue un record du monde (Le mot monde peut désigner :), absolu en ce domaine. De plus, celui-ci est élevé à cent vingt-deux mètres de hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.). En fait, l'avant-projet est de Léon Boyer. Il figura sur le dernier billet de 200 francs dédié à Eiffel.

Le talent de l'ingénieur centralien, sa vivacité à saisir toute nouvelle idée ou projet, mais aussi sa grande capacité à s'entourer de brillants collaborateurs, contribuent au succès de la société Eiffel. Citons : Seyrig en 1868, Émile Nouguier à partir de 1875, Maurice Koechlin à partir de 1879, etc. Maurice Koechlin sera d'ailleurs à l'origine en 1881 de la conception de l'armature de fer de la statue de la Liberté, dessinée par Bartholdi et inaugurée à New York en 1886.

  • Le pont qui permet l'accès à la Rocher de la Vierge à Biarritz, quelques mètres au dessus de l'océan Atlantique (L'océan Atlantique est l'un des cinq océans de la Terre. Sa superficie de 106 000 000 km² en fait le deuxième par la taille derrière l'océan Pacifique. Il s'est formé par...).
  • Il participe à la construction du pont-canal (Un pont-canal est un pont qui permet à un cours d'eau navigable, généralement un canal, de franchir un obstacle en creux, une vallée ou un vallon le plus souvent. Un autre usage du pont-canal est l'accès par l'amont à un ascenseur à...) de Briare (1896), conçu par l'ingénieur Léonce-Abel Mazoyer, mais pour la construction des 14 piles en maçonnerie (La maçonnerie est l'art de bâtir une construction par assemblage d'objets élémentaires liés de manière non réversible. C'est l'art du maçon par définition. Par extension on associe aussi sous le terme « maçonnerie » les...), et non pour la cuvette métallique qui est fabriquée par les établissements Daydé & Pillé de Creil.

La tour Eiffel

Tour Eiffel vue depuis la tour Montparnasse
Tour Eiffel vue depuis la tour Montparnasse (La Tour Maine-Montparnasse, plus communément appelée Tour Montparnasse, est un immeuble de grande hauteur construit dans le sud-ouest de Paris, par les architectes Roger Saubot, Eugène Beaudouin, Urbain Cassan et Louis Hoym de...)

Mais, il est surtout connu pour la tour Eiffel, construite en 1887-1889 pour l'Exposition universelle de 1889 à Paris. Ville dont elle est devenue le symbole.

L'ambition de réaliser une tour " haute de plus de mille pieds ", taraude l'esprit des plus audacieux architectes dans le monde entier. Mais ceux-ci se heurtent à d'innombrables problèmes techniques. Ainsi, en 1885 s'achève difficilement la construction en maçonnerie de l'obélisque de Washington, haut de 169 mètres, et le Chrysler Building (Le Chrysler Building est l'un des gratte-ciels les plus célèbres de New York. Il est situé à l'intersection de la Lexington Avenue et de la 42e rue, dans le quartier de Midtown, à Manhattan. Le Chrysler...) est encore dans les limbes... Mais " l'idée d'une tour monumentale hante les airs "... En 1874, Clarke et Reeves prétendent élever à Philadelphie (Philadelphie (en anglais Philadelphia) est une ville de l'État de Pennsylvanie, aux États-Unis. Quatrième agglomération du pays, Philadelphie comptait 1 463 281 habitants dans...) une tour de plus de 914 mètres, qui ne voit pas le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...). En France, Bourdais et Sébillot conçoivent une colonne en maçonnerie de 300 m. de haut, irréalisable selon les connaissances technologiques de l'époque. Les difficultés sautent aux yeux, mais ce rêve de tour hante le paysage (Une définition de paysage aujourd'hui largement partagée est celle contenue dans la Convention européenne du paysage, adoptée sous les auspices du Conseil de l'Europe en 2000. Selon cette définition...) fantasmatique de beaucoup d'architectes de l'époque, sans succès.

En France, après la défaite de Sedan et la perte de l'Alsace-Lorraine, la République renaissante et encore fragile a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les...) pour marquer le centenaire de la Révolution de 1789 d'un coup d'éclat. Dès 1878, le gouvernement de Jules Ferry envisage l'organisation (Une organisation est) d'une grande Exposition universelle dont l'inauguration est fixée au 5 mai 1889.

Alors que le projet d'une Exposition universelle est définitivement adopté en 1883, deux ingénieurs de l'entreprise Eiffel, Émile Nouguier et Maurice Koechlin, ont l'idée d'une tour métallique. Leur ébauche, mise en forme le 6 juin 1884, s'embellit avec la collaboration de l'architecte Stephen Sauvestre, qui affine (En mathématiques, affine peut correspondre à :) et décore l'édifice.

Projet de tour métallique de mille pieds de hauts à construire en centre ville

D'abord réticent, Gustave Eiffel s'approprie l'idée de ses collaborateurs (Maurice Koechlin) en rachetant le brevet déposé le 18 septembre 1884.

Il s'agit maintenant pour lui de vendre sa tour. C'est sous le label ci-dessus qu'il la propose d'abord au maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un...) de Barcelone (Barcelone (Barcelona en catalan et en castillan) est une commune de Catalogne - Espagne, située dans la province de Barcelone. Elle est la capitale historique, administrative et économique de la Catalogne. Elle est...) - où doit bientôt se tenir une autre Exposition universelle - qui refuse, jugeant le projet " peu réaliste et surtout beaucoup trop onéreux ".

Pour éviter un nouvel échec, l'entrepreneur comprend qu'il doit rendre son projet crédible aux yeux des édiles mais aussi de l'opinion publique. Il se démène alors comme un beau diable, dépensant des fortunes en articles de presse, publicité (Bien que le terme (Werbung en allemand, Publicity et Advertising en anglais) désignât d'abord le mot qui aux yeux d'Habermas qualifie la Modernité et la Démocratie —( Publicité, sauvegarde du peuple est-il écrit au fronton de...) et relations publiques (Les relations publiques se définissent comme un ensemble de techniques de communication destinées à donner une image favorable à une personne ou une organisation publique ou privée,...) (notamment auprès d'Édouard Lockroy, ministre du commerce et Commissaire général de l'Exposition).

Son projet qui fait l'unanimité, l'emportera finalement sur tous les autres candidats, le 1er mai 1886, ce qui permet à l'ingénieur de signer une convention avec le Gouvernement, le 8 janvier 1887. Cet acte en précise le financement et l'emplacement, en bord de Seine - dans l'axe du pont d'Iéna - autrement dit au centre de la capitale. L'homme a une réputation excellente, il sait s'entourer d'hommes remarquables, comme Émile Nouguier et Maurice Koechlin. C'est un bourreau de travail, un homme respecté (à Bordeaux, il a sauvé un ouvrier de la noyade en se jetant dans le fleuve). Il va vite et loin avec des idées neuves et simples. Enfin, et surtout, il avance de sa poche 80 % des frais des travaux, estimés à 8,5 millions de francs or. Les autorités lui accordent une concession de vingt ans, à dater du 1er janvier 1890, au terme de laquelle la tour reviendra à la ville de Paris.

Le chantier s'ouvre le 28 janvier 1887. On creuse des entonnoirs dans le Champ-de-Mars pour recevoir les maçonneries des piliers, on assèche le terrain. On pose " 4 fameux vérins hydrauliques ", bref on invente des solutions à chaque étape. Tous les éléments sont préparés à l'usine de Levallois-Perret puis transférés sur le site.

Le projet de construction de la Tour suscita d'ardentes hostilités. Dès le premier coup de pioche, en janvier 1887, une " Protestation des artistes " contre son édification est signée des noms les plus remarquables : Charles Gounod, Charles Garnier, Victorien Sardou, Alexandre Dumas fils, François Coppée, Sully Prudhomme, Leconte de Lisle, Guy de Maupassant, Huysmans... " Méfions-nous des grands hommes " aurait dit alors Eiffel.

Le 28 janvier 1887, les travaux commencent et bientôt, les Parisiens assisteront, mi-hébétés mi-émerveillés, à la majestueuse élévation de l'édifice, au " rythme incroyable " de douze mètres par mois. Sur le chantier ne s'effectue que l'assemblage des éléments de la Tour. Ceux-ci sont dessinés et fabriqués dans les ateliers Eiffel, près de Paris. L'entrepreneur, qui surveille jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du...) et nuit l'avancement des travaux, doit cependant faire face à une grève retentissante des ouvriers du chantier. En effet, leurs conditions de travail bien particulières ne justifient-elles pas des salaires à la mesure des risques encourus ?

Le triomphe

Eiffel, qui n'a plus qu'une idée en tête, accepte et octroie des salaires exorbitants (pour l'époque). Le 14 juillet 1888, le deuxième étage est atteint ; le 31 mars 1889, le troisième étage est terminé. " Stupéfiante prouesse technique, remarquable rapidité d'exécution " (26 mois) permettent à la tour, " la plus haute du monde " (depuis celle de Babel, rajoutent les mauvaises langues) d'être inaugurée, deux ans plus tard, le 31 mars 1889. Eiffel, qui a respecté les délais impartis, reçoit la Légion d'honneur (distinction rare à l'époque). À partir du 15 mai suivant, le monument est ouvert au public qui se déclare émerveillé non seulement par la vue mais surtout par les ascenseurs hydrauliques " ultra rapides " et tout à fait novateurs. Et, en moins de six mois, jusqu'à la clôture (Une clôture désigne tout obstacle naturel ou fait de la main de l'homme (barrière) et suivant tout ou partie du pourtour d'un terrain afin de...) de l'Exposition universelle, le 6 novembre suivant, la tour recevra deux millions de visiteurs. C'est l'absolu succès, à la mesure des polémiques suscitées auparavant. Citons quelques extraits de la Presse d'alors : " À peine finie, la tour s'écroulera et tuera des milliers de Parisiens ", " Arrivés au sommet, les visiteurs seront asphyxiés ", " Le tout s'enfoncera sous terre créant un véritable cataclysme "

Qu'importe, 1889 sera pour Eiffel, l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) du triomphe et l'apogée (L'apogée, dans les domaines de l'astronomie et de l'astronautique, est le point extrême de l'orbite elliptique d'un astre ou d'un corps céleste artificiel par rapport au centre de la Terre, autour de laquelle il orbite.) de sa double carrière d'ingénieur et d'entrepreneur.

Le fiasco

Fort de ce succès, Eiffel s'engage aussitôt dans la construction des écluses du Canal de Panamá. En effet, le percement du canal n'avance pas et Ferdinand de Lesseps abandonne l'idée d'un canal au niveau de la mer (Le niveau de la mer est la hauteur moyenne de la surface de la mer, par rapport à un niveau de référence adéquat.) et se range à l'idée d'Eiffel de constructions de grandes écluses. Mais en 1893, la Compagnie, placée sous la présidence de Lesseps, est éclaboussée par un énorme scandale financier lié, entre autres, à la corruption de parlementaires chargés d'étouffer, face à l'opinion, la quasi-banqueroute de la société. Eiffel démissionne de la société qu'il a créée trente ans auparavant. Il est condamné en première instance à deux ans de prison et à 20 000 francs d'amende. Ce jugement est cassé par la Cour de cassation grâce à la brillante défense de son avocat, Pierre Waldeck-Rousseau, qui, le mettant hors de cause, lui permet d'être réhabilité.

Eiffel, qui est plus ingénieur que financier, durement atteint par la polémique, se retire " des affaires " pour se consacrer uniquement à la pérennité de " sa Tour ". Or celle-ci n'est pas assurée, Eiffel n'en possède la jouissance que jusqu'en 1910 ; de plus, la visite en est boudée par le public qui se presse de nouveau à Paris pour l'Exposition de 1900. La tour Eiffel est passée de mode. Il lui préfère le tout nouveau métropolitain dû à un autre ingénieur Fulgence Bienvenüe (Fulgence Marie Auguste Bienvenüe, né le 27 janvier 1852 à Uzel (Côtes-d'Armor) et mort le 3 août 1936 à Paris, fut un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et père du métro de Paris.) et surtout le trottoir (Un trottoir est un espace surélevé sur le côté des rues et réservé aux piétons.) roulant qui passent tous deux à proximité.

Eiffel s'acharnera désormais à en démontrer l'utilité. Il fera installer un laboratoire météo à son sommet en 1898 puis, quelques années plus tard, en 1901, un émetteur permanent de TSF Il se sent obligé de trouver toutes sortes d'utilités scientifiques à la Tour, mesures de radioactivité (La radioactivité, terme inventé vers 1898 par Pierre Curie, est un phénomène physique naturel au cours duquel des noyaux atomiques instables se désintègrent en...), analyse de l'air, expérience du pendule de Foucault (Un pendule de Foucault, du nom du physicien français Jean Bernard Léon Foucault, est une expérience conçue pour démontrer la rotation de la Terre par rapport à un référentiel galiléen ainsi que...), etc. " Elle ne sera pas simplement un objet de curiosité pour le public, soit pendant l'Exposition, soit après, mais elle rendra encore de signalés services à la science (La science (du latin scientia, connaissance) relève Historiquement de l'activité philosophique, et fut pendant longtemps un exercice spéculatif visant à...) et à la Défense nationale ". Défense nationale, les mots magiques sont lâchés.

Eiffel et les nouvelles technologies

Mais, plus que la TSF, encore balbutiante (et en attendant la télévision), c'est en fait l'avènement de l'aviation (Une activité aérienne peut être définie comme l'ensemble des acteurs, technologies et réglements qui permettent d'utiliser un aéronef dans un but particulier. Ces diverses activités peuvent être classées...) et l'intérêt stratégique que lui portent désormais les militaires français qui sauvera définitivement le monument du démantèlement qui le menaçait (déjà quelques ferrailleurs lui avaient fait des propositions écrites...). " Cette tour présente un intérêt stratégique pour la Défense nationale " dira le général Ferrié. Ouf, la tour est sauvée !

L'ingénieur qui mise d'emblée sur l'avenir du " plus lourd que l'air ", se lance dans des travaux d'aérodynamique (L'aérodynamique est une branche de la dynamique des fluides qui porte sur la compréhension et l'analyse des écoulements d'air, ainsi qu'éventuellement...), spécialité à laquelle il s'était précédemment intéressé lors de la construction de la tour. Il a d'ailleurs utilisé la tour pour réaliser des expériences sur la chute libre. En 1909, il installe une première soufflerie au Champ-de-Mars, puis en 1912, une deuxième à Auteuil, dans la très proche banlieue (La banlieue est la zone périphérique urbanisée autour d'une grande ville.).

Dans ce laboratoire, il conçoit une soufflerie qui lui permettra de confirmer ses résultats avec ces expériences sur la chute libre, avec très bonne précision. Il a démontré expérimentalement dans ce laboratoire le principe de mouvement relatif : Les forces exercées sur un corps au repos dans un courant sont égales aux forces que subit un corps qui se meut à la même vitesse (La vitesse est une grandeur physique qui permet d'évaluer l'évolution d'une quantité en fonction du temps.) dans l'air au repos. La conception de cette soufflerie a inspiré celles qui sont utilisées de nos jours.

Pendant la Première Guerre mondiale, Eiffel poursuit ses recherches sur les hélices, la voilure mais aussi sur les projectiles.

Ses travaux aboutiront en 1917 à la conception d'un avion de chasse (Un avion de chasse (ou simplement chasseur) est un avion militaire conçu pour attaquer les avions adverses, qu'il s'agisse par exemple de bombardiers afin de les empêcher d'atteindre leurs cibles, ou d'autres chasseurs afin de protéger les...) monoplan (Un monoplan est un avion ayant une seule paire d'ailes comme plan de sustentation. Depuis la fin des années 1930, tous les avions classiques sont monoplans.). Après le Conflit, il fera don de toutes ces installations à l'État en 1921.

Notes et anecdotes

  • Eiffel, ce nom mondialement connu, n'est en fait qu'un surnom, porté par la famille Eiffel depuis le début du XVIIIe siècle et renvoyant à l'Eifel, massif (Le mot massif peut être employé comme :) boisé d'Allemagne, situé en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en Rhénanie-Palatinat. Le vrai nom de cette famille est Boenickhausen (ou Bönickhausen). L'arrière-arrière-grand-père de Gustave Eiffel, Wilhelm Heinrich Johann Bönnickhausen, originaire de Marmagen, une petite ville dans l'Eifel, s'était installé en France en 1710 et ajouta "Eiffel" à son nom patronymique.
  • La tour " plus légère que l'air " : à son inauguration, la tour dressée sur la place du Champ-de-Mars, pesait plus de 8 860 tonnes (allégée depuis de 100 tonnes). Ce joyau de l'architecture (L’architecture, terme issu du latin architectura, mot tiré du grec αρχιτεκτων (« maître-maçon ») de αρχι (« chef ») et...) présente l'incroyable caractéristique de ne pas peser plus sur le sol que l'air occupé par le même volume (En physique, le volume d'un objet mesure « l'extension dans l'espace » qu'il possède dans les trois directions en même temps, de même que l'aire d'une figure dans...)...
  • Deux cent vingt-cinq ouvriers sont ainsi devenus " charpentiers du ciel ", aristocrates d'un chantier qui n'a connu qu'une seule grève, en décembre 1888, aucune victime mais d'innombrables polémiques.
  • On lui attribue cependant à tort certains ouvrages métalliques comme le viaduc ferroviaire de Busseau, près d'Ahun (20 km de Guéret), dans le département de la Creuse, qui a été construit par les ingénieurs LLyod et Nordling de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans.
  • De même, contrairement à une idée répandue localement, on ne doit pas à Eiffel la construction du pont-canal métallique de Barberey-Saint-Sulpice, près de Troyes, que d'aucuns s'acharnent à baptiser "pont Eiffel" ou "pont genre Eiffel". En effet, lors de la mise en service de cet ouvrage, en 1846, le jeune Gustave n'a que 14 ans ! Il est dû en fait à l'ingénieur Pierre-Olivier Lebasteur.
  • Dès le premier coup de pioche, en janvier 1887, une " Protestation des artistes " voit le jour. Mais Eiffel n'est pas homme que l'on intimide facilement ; croisant un soir au restaurant Gounod, grand compositeur et " protestataire " des plus virulents, Eiffel le catapulte dans sa torpédo, lui fait prendre l'ascenseur (Un ascenseur est un dispositif assurant le déplacement en hauteur d'une charge. Il n'y a pas de distinction nette entre ce terme et d'autres comme monte-charge ou élévateur mais on le réserve...) jusqu'au sommet de l'"abominable monstre", et finalement, Gounod joue sur le piano que l'ingénieur a installé là-haut, dans son minuscule appartement " juste sous les nuages ". De ce soir, il sera l'un des plus ardents partisans de son " grand ami, Gustave "
  • C'est aussi l'époque où l'on pense que l'altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau de base.) guide vers la pureté, qu'en s'élevant au-dessus des miasmes de la cité on échappe aux maladies qu'elle héberge. À défaut de cimes enneigées, l'ascension de la Tour constituerait une sorte de cure oxygénée et d'ailleurs, le Dr Hénocque, beau-frère d'Eiffel, la recommande pour guérir et la dépression psychique et la coqueluche.
  • Gustave Eiffel inventeur du porte-jarretelle : un canular lancé par Marcel Gotlieb dit Gotlib dans les années 1960... qui a parfois depuis été repris comme vérité par certains auteurs !...
  • L'informaticien (L'informaticien ou l'informaticienne exerce un métier de l'informatique. La variété des informaticiens reflète d'une part celle des techniques informatiques et d'autre part...) Bertrand Meyer (Bertrand Meyer (né en 1950 en France) est le créateur du langage de programmation orienté objet Eiffel.), concepteur du langage Eiffel l'a nommé en référence à l'ingénieur Français, et notamment par rapport à la construction de la tour Eiffel qui s'est déroulée dans les délais et dans les limites du budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.). Cette référence se veut un clin d'œil à la philosophie du langage Eiffel qui prône de saines pratiques lors du développement de grands projets logiciels.

La fin

Alexandre Gustave Eiffel décèdera le 27 décembre 1923 dans son hôtel particulier de la rue Rabelais à Paris et sera enterré au cimetière de Levallois-Perret avec tous les honneurs dus à son rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le...). Il reste comme l'un des hommes les plus marquants de son siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois (d'où peut être l'âge du Christ ?)....).

Source: Wikipédia publiée sous licence CC-BY-SA 3.0.

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