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Hector Guimard

Hector Guimard (Hector Guimard (Lyon, 10 mars 1867 – New York, 20 mai 1942) est le représentant majeur de l'Art nouveau en France.) (Lyon, 10 mars 1867 – New York (New York écouter, en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État...), 20 mai 1942) est le représentant majeur de l'Art nouveau en France.

Hector Guimard - L'enseigne de la maison Coilliot - 1898
Hector Guimard - L'enseigne de la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à la demeure d'une famille, voire de plusieurs sans être...) Coilliot - 1898

Dans la mouvance internationale de l’Art nouveau, Guimard fait figure de franc tireur isolé : il ne laisse aucun disciple derrière lui, ni aucune école, et c’est la raison pour laquelle on a longtemps été tenté de le considérer comme un acteur (Un acteur est un artiste qui incarne un personnage dans un film, dans une pièce de théâtre, à la télévision, à la...) secondaire de ce mouvement – une absence de postérité qui contraste avec la profusion formelle et typologique extraordinaire de son œuvre architecturale et décorative, où l’architecte (Un architecte (du grec arkhitektôn qui signifie « maître charpentier ») est souvent un créatif dont le métier...) donne le meilleur de lui-même en quelques quinze années d’une étourdissante activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) créatrice.

Hector Guimard - Le couloir d'entrée de l'immeuble Jassedé - 1903
Hector Guimard - Le couloir d'entrée de l'immeuble Jassedé - 1903

Les années d'étude

Dès ses études d’architecture (L’architecture, terme issu du latin architectura, mot tiré du grec...), Guimard est sensibilisé aux théories de Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc qui jette les bases, dès 1863, des futurs principes structurels de l’Art nouveau. La conversion de Guimard au style lui-même est quant à elle plus circonstanciée : elle se fait lors d’un voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou...) à Bruxelles, où il visite l’hôtel Tassel de Victor Horta. La réalisation la plus emblématique de cette époque, le Castel Béranger (lien) (1898), illustre ce moment de transition qui voit le choc (Dès que deux entitées interagissent de manière violente, on dit qu'il y a choc, que ce soit de civilisation ou de...) entre ces deux héritages : sur les volumes géométriques d’inspiration médiévale du gros œuvre se répand à profusion la ligne organique (La chimie organique est une branche de la chimie concernant la description et l'étude d'une grande classe de molécules...) « en coup de fouet » (lien) importée de Belgique.

Hector Guimard - La rampe de l'immeuble Jassedé - 1903
Hector Guimard - La rampe de l'immeuble Jassedé - 1903

Une gloire fulgurante

Hector Guimard - La grille du Castel Béranger - 1898
Hector Guimard - La grille ( Un grille-pain est un petit appareil électroménager. Une grille écran est un élément du tube de...) du Castel Béranger - 1898

Le Castel Béranger rend Guimard célèbre du jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux...) au lendemain et de nombreuses commandes lui permettent alors d’affiner toujours davantage ses recherches esthétiques – l’harmonie et la continuité (La notion de continuité sert à décrire les phénomènes qui ne sautent pas brutalement, mais évoluent progressivement....) stylistiques notamment (un idéal majeur de l’Art nouveau), qui le poussent à une conception quasi totalitaire du décor intérieur, culminant en 1909 avec l’hôtel Guimard (lien) (cadeau de noce à sa riche épouse américaine) où des pièces ovoïdes (lien) imposent des meubles uniques, partie intégrante de l’édifice.

Hector Guimard - Un vitrail du Castel Béranger - 1898
Hector Guimard - Un vitrail (Le vitrail est une composition décorative formée de pièces de verre colorées. Depuis le début du Moyen Âge, ces pièces...) du Castel Béranger - 1898

Si le puits de lumière (La lumière désigne les ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des...) propre à Victor Horta est une donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose,...) plutôt absente de son œuvre (sauf dans l’exemple tardif de l’hôtel Mezzara (lien), de 1911), Guimard n’en mène pas moins des expériences spatiales étonnantes, dans la volumétrie de ses constructions notamment : la maison Coilliot (lien) et sa troublante double-façade (1898), la Bluette (lien) et sa belle harmonie volumétrique (1898), et surtout le Castel Henriette (lien) (1899) et le Castel d’Orgeval (lien) (1905), manifestations radicales d’un « plan-libre » vigoureux et asymétrique, vingt-cinq ans avant les théories de Le Corbusier. La symétrie n’est cependant pas proscrite : le magnifique hôtel Nozal (lien), en 1905, reprend la disposition rationnelle d’un plan en équerre proposé par Viollet-le-Duc.

Hector Guimard - Entourage de la station Palais-Royal Musée du Louvre - 1900
Hector Guimard - Entourage de la station Palais-Royal Musée du Louvre - 1900

Les innovations structurelles ne manquent pas non plus, comme dans l’extraordinaire salle de concert Humbert-de-Romans (lien) (1901), où une charpente complexe fractionne les ondes sonores pour aboutir à une acoustique (L'acoustique est une branche de la physique dont l'objet est l'étude des sons et des ondes mécaniques. Elle fait appel...) parfaite ; ou comme dans l’hôtel Guimard (1909), où l’étroitesse de la parcelle permet à l’architecte de rejeter toute fonction porteuse sur les murs extérieurs et de libérer ainsi l’agencement des espaces intérieurs, différent d’un étage à l’autre (lien); etc.

Hector Guimard - Panneaux de lave de l'édicule Dauphine - 1900
Hector Guimard - Panneaux de lave de l'édicule Dauphine - 1900

Génial touche-à-tout, Guimard est aussi un précurseur de la standardisation industrielle, dans la mesure où il souhaite diffuser le nouvel art à grande échelle (La grande échelle, aussi appelée échelle aérienne ou auto échelle, est un véhicule utilisé par les sapeurs-pompiers, et...). Sur ce plan il connaît une véritable réussite – malgré les scandales – avec ses célèbres entrées du Métro (Un métro, apocope du terme métropolitain lui-même abréviation de chemin de fer métropolitain, est un chemin de fer...) parisien (lien), constructions modulables où triomphe le principe de l’ornement structurel de Viollet-le-Duc. L’idée est reprise – mais avec moins de succès – en 1907 avec un catalogue d’éléments en fonte applicables à l’architecture : Fontes Artistiques, Style Guimard (lien).

Hector Guimard - Le porche de l'hôtel Guimard - 1909
Hector Guimard - Le porche de l'hôtel Guimard - 1909

Comme pour le cadre architectural global, la conception intrinsèque de ses objets d’art procèdent du même idéal de continuité formelle (qui permet de fusionner toutes les fonctions pratiques dans un corps unique, comme pour le Vase des Binelles (lien), de 1903) – et linéaire, comme dans le dessin de ses meubles (lien), à la silhouette gracile et harmonieuse.

Son vocabulaire stylistique inimitable procède d’un organicisme végétal particulièrement suggestif, tout en restant résolument sur le versant de l’abstraction ( En philosophie, l'abstraction désigne à la fois une opération qui consiste a isoler par la pensée une ou plusieurs...). Moulurations et remous nerveux investissent ainsi tant la pierre que le bois ; dans l’aplat, Guimard crée de véritables compositions abstraites qui s’adaptent avec la même aisance au vitrail (lien) (hôtel Mezzara, 1903), au panneau de céramique (Premier « art du feu » à apparaître (avant la métallurgie et le travail du verre), la céramique désigne...) (lien) (maison Coilliot, 1898) à la ferronnerie (lien) (Castel Henriette, 1899), au papier peint (lien) (Castel Béranger, 1898) ou au tissu (lien) (hôtel Guimard, 1909).

L'oubli

Hector Guimard - Le vestibule de la maison Coilliot - 1898
Hector Guimard - Le vestibule de la maison Coilliot - 1898

Mais malgré ce feu d’artifice d’innovations et de démonstrations tous azimuts, le monde (Le mot monde peut désigner :) se détourne rapidement de Guimard : moins que l’œuvre, c’est l’homme qui agace. Et en digne représentant de l’Art nouveau, il est lui-même victime des contradictions inhérentes aux idéaux du mouvement : ses créations les plus achevées sont financièrement inaccessibles au plus grand nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.), et à l’inverse ses tentatives de standardisation cadrent mal avec son vocabulaire très personnel. C’est finalement complètement oublié qu’il s’éteint à New York en 1942, où la crainte de la guerre l’avait fait s’exiler (sa femme est juive).

La redécouverte

Hector Guimard - Détail de l'entrée de l'immeuble Jassedé - 1903
Hector Guimard - Détail de l'entrée de l'immeuble Jassedé - 1903

Après de trop nombreuses destructions, des explorateurs isolés (les premiers « hectorologues ») partent à redécouverte de l’artiste (Est communément appelée artiste toute personne exerçant l'un des métiers ou activités suivantes :) et de son univers (On nomme univers l'ensemble de tout ce qui existe, comprenant la totalité des êtres et des choses (celle-ci comprenant...) vers les années 1960-1970 et reconstituent patiemment son histoire. Si l’essentiel a été fait de ce point de vue, il reste que, cent ans après le « geste magnifique » de l’Art nouveau (Le Corbusier), la plupart des édifices d’Hector Guimard demeurent inaccessibles au public, et qu’un musée Guimard n’a toujours pas été inauguré en France.

Hector Guimard - La porte d'entrée de la maison Coilliot - 1898
Hector Guimard - La porte d'entrée de la maison Coilliot - 1898

Chronologie

  • 1882 École des Arts Décoratifs de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville...) avec l'enseignement de Charles Genuys.
  • 1885 École des Beaux Arts de Paris.
  • 1889 Exposition universelle de Paris : pavillon de l'électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par...)
  • 1891 Guimard devient professeur à l'École des Arts Décoratifs. Il y reste jusqu'en 1900
  • 1891 Hôtel Roszé (rue Boileau, XVIe arrondissement de Paris)
  • 1894 Hôtel Jassedé (rue Chardon-Lagache), Hôtel Delfau (rue Molitor), Rencontre avec Paul Hankar, Chapelle (Une chapelle est un édifice religieux secondaire dans une paroisse. Elle n'appartient pas à l'église mais à des fonds...) Devos-Logie et Mirand-Devos au cimetière des Gonards à Versailles
  • 1895 Atelier Carpeaux (boulevard Exelmans, Paris), École du Sacré Cœur, rencontre avec Victor Horta, début de construction du Castel Béranger (rue La-Fontaine, Paris).
  • 1896 La Hublotière au Vésinet.((lien))
  • 1897 Hector Guimard emménage dans cet immeuble d'habitations à loyers modérés.
  • 1898 Fin de la construction du Castel Béranger surnommé « dérangé » par ses contemporains.
  • 1899 Villa Bluette (Hermanville, Calvados), café-concert Au grand Neptune (quai d'Auteuil, XVIe arrondissement de Paris).
Hector Guimard - Marquise de l'édicule Dauphine - 1900
Hector Guimard - Marquise de l'édicule Dauphine - 1900
  • 1900 Maison Coilliot (14, rue Fleurus à Lille), construction des édicules et bâtiments des stations du métropolitain à Paris.
  • 1901 Salle Humbert-de-Romans (Paris), Castel Henriette (rue des Binelles, Sèvres, Hauts-de-Seine),
  • 1903 Castel Val (4, rue des Meulières, Auvers-sur-Oise), Villa La Sapinière (Hermanville).
  • 1904 Castel Orgeval à Villemoisson-sur-Orge, Hôtel Léon Nozal (XVIe arrondissement de Paris), Chalet Blanc (2, rue du Lycée, Sceaux), Castel Orgeval (2 avenue (Une avenue est une grande voie urbaine. Elle est en principe plantée d'arbres, et conduit à un monument.) de la Mare-Tambour, Villemoisson-sur-Orge).
  • 1905 Hôtel Deron Levet, Chalet Blanc (Sceaux)
  • 1909 Immeuble Trémois (11, rue François Millet, XVIe arrondissement de Paris), rue Agar, Hector Guimard épouse Adeline Oppenheim, Hôtel Guimard sur une parcelle triangulaire.
  • 1910 Hôtel Mezzara (60, rue La Fontaine, XVIe arrondissement de Paris)
  • 1913 Synagogue de la rue Pavée à Paris (10, rue Pavée dans le IVe arrondissement de Paris), villa Hemsy (3, rue Crillon, Saint-Cloud).
  • 1924 Villa Flore (avenue Mozart, XVIe arrondissement de Paris)
  • 1926 Immeuble de rapport (rue Henri Heine, Paris)
  • 1928 Immeuble de rapport (rue Greuze, Paris)
  • 1938 Guimard et son épouse s'installent à New York
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