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Posté par Michel le Mercredi 15/02/2012 à 12:00
Supprimer des souvenirs pour maîtriser la douleur chronique
Une nouvelle étude indique que la suppression de souvenirs neuronaux pourrait contribuer à maîtriser la douleur persistante.

Pour certains, la douleur est si accablante qu’ils ne peuvent tolérer le contact d’un vêtement sur la peau (La peau est un organe composé de plusieurs couches de tissus. Elle joue, entre autres, le rôle d'enveloppe protectrice du corps.). Pour d’autres, chaque pas est un choix délibéré et douloureux. Qu’elle soit causée par des articulations arthritiques, une blessure (Une blessure est une lésion, physique ou psychique, faite involontairement ou dans l'intention de nuire.) à un nerf (En neuroanatomie, au sein du système nerveux , périphérique et central, un nerf désigne un regroupement d'axones, myélinisés...) ou une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) comme la fibromyalgie (La fibromyalgie est le terme pour désigner un syndrome connu depuis longtemps sous le nom de syndrome polyalgique idiopathique diffus (SPID), ou FMS en anglais (pour Fibromyalgia Syndrome). Le mot...), une nouvelle étude révèle que des solutions pourraient s’offrir aux personnes souffrant de douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme...) chronique.

Sous la direction du neuroscientifique de l’Université McGill de Montréal, Terence Coderre, une équipe de chercheurs a découvert la clé permettant de comprendre comment les souvenirs de douleur sont emmagasinés dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire,...). Par ailleurs, les chercheurs peuvent proposer des pistes de solution quant à la suppression de tels souvenirs, ce qui réduirait la douleur chronique.

On sait depuis longtemps que le système nerveux central se souvient d’expériences douloureuses, lesquelles laissent une trace (TRACE est un télescope spatial de la NASA conçu pour étudier la connexion entre le champ magnétique à petite échelle du Soleil et la géométrie du...) mnésique de douleur. Et lorsque surgit une nouvelle stimulation (Une stimulation est un événement physique ou chimique qui active une ou plusieurs cellules réceptrices de l'organisme. La cellule traduit la stimulation par un potentiel d'action, qui est...) sensorielle, la trace mnésique de douleur présente dans le cerveau amplifie cette sensation, à un point (Graphie) tel qu’une douce caresse peut devenir insoutenable.

« Le meilleur exemple de trace mnésique de douleur est peut-être celui du membre fantôme », a déclaré le professeur Coderre, qui est aussi attaché à l’Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) du Centre universitaire de Santé McGill. « Mentionnons par exemple le cas d’un patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) atteint de gangrène et dont le membre nécrosé est amputé. Si ce dernier était douloureux avant l’amputation (L'amputation est l'ablation d'une extrémité du corps suite à un traumatisme ou un acte chirurgical. Dans le cadre de la chirurgie, elle sert à limiter l'expansion incurable d'affections graves comme par exemple la...), il arrive que la douleur persiste une fois l’intervention terminée. Un tel cas s’explique ainsi: le cerveau se souvient de la douleur. Il existe d’ailleurs des preuves soutenant que toute douleur qui se prolonge pendant plus de quelques minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la...) laisse une trace dans le système nerveux. » Présente au niveau neuronal, cette mémoire de la douleur est cruciale au développement de la douleur chronique. Toutefois, jusqu’à maintenant, on ne savait pas comment ces souvenirs de douleur étaient emmagasinés dans les neurones.

De récents travaux ont permis de démontrer que la protéine Kinase M zéta joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à...) un rôle essentiel dans la construction et le maintien de la mémoire, en renforçant les connexions neuronales. Le professeur Coderre et ses collègues ont prouvé que la protéine Kinase M zéta est également la clé pour comprendre comment la douleur est emmagasinée dans les neurones. Les chercheurs ont pu démontrer qu’après une stimulation douloureuse, le niveau de protéine Kinase M zéta augmente de manière persistante dans le système nerveux central.

Plus important encore, les chercheurs ont découvert qu’en bloquant l’activité de la protéine Kinase M zéta au niveau neuronal, ils pouvaient inverser l’hypersensibilité à la douleur développée par les neurones après qu’on ait irrité l’épiderme en y appliquant de la capsaïcine – l’ingrédient actif du piment (Le terme piment (légume vert, jaune, orange ou rouge) est un nom vernaculaire utilisé en français pour désigner plusieurs espèces de plantes annuelles de la famille des solanacées. Il est à noter qu'au Canada,...) fort. Ils ont par ailleurs constaté que la suppression de cette trace mnésique de douleur réduit la douleur persistante et l’hypersensibilité au toucher (Le toucher, aussi appelé tact ou taction, est l'un des cinq sens de l'homme ou de l'animal, essentiel pour la survie et le développement des êtres vivants, l'exploration, la reconnaissance, la découverte de...).

En tablant sur ces travaux quant à l’élaboration de méthodes de ciblage de la protéine Kinase M zéta dans les trajectoires de la douleur, le professeur Coderre et ses collègues croient qu’ils pourraient obtenir de précieuses données destinées au traitement de personnes atteintes de douleur chronique. « Un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de médicaments ciblent la douleur au niveau des membres inférieurs et supérieurs, en réduisant l’inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…) ou en activant les systèmes analgésiques cérébraux pour réduire la sensation de douleur », a déclaré Terence Coderre. « C’est la première fois que nous pouvons entrevoir des médicaments qui cibleront une trace mnésique de douleur comme moyen de réduire l’hypersensibilité à la douleur. Nous croyons qu’il s’agit d’une avenue (Une avenue est une grande voie urbaine. Elle est en principe plantée d'arbres, et conduit à un monument.) qui pourrait offrir un nouvel espoir à ceux qui souffrent de douleur chronique. »

On peut lire l’article complet (en anglais) à: http://www.molecularpain.com/content/7/1/99

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Source: Katherine Gombay - Université McGill