Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Posté par Adrien le Mardi 13/03/2012 à 00:00
Une nouvelle thérapie pourrait venir à bout des TOC

Le trouble obsessionnel-compulsif peut conduire à des comportements à répétition qui assombrissent la vie de celui qui en est atteint. (Photo: iStockphoto)
Le célèbre aviateur et homme d'affaires américain Howard Hughes avait une peur bleue de la contamination, ce qui l'amenait à se laver les mains jusqu'au sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la...). Il a fini ses jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le...) isolé de tous afin de se protéger des microbes. L'histoire (Les Histoires ou l'Enquête (en grec ancien Ἱστορίαι / Historíai) sont la seule œuvre connue de l'historien grec Hérodote. Le titre signifie littéralement...) de ce milliardaire est l'un des cas les plus connus de trouble obsessionnel-compulsif, communément appelé TOC.

Cette psychopathologie touche environ trois pour cent de la population et se caractérise par la forte présence de compulsions ou de rituels pour limiter l'anxiété causée par une obsession. Le traitement de choix pour cette maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) est la thérapie cognitivo-comportementale, qui se base en partie sur l'exposition et la prévention de la réponse: on exige que le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) s'habitue progressivement aux situations qui lui sont insoutenables. Le hic, c'est qu'environ 40 % de la clientèle refuse ou abandonne ce traitement, surtout les individus les plus gravement atteints qui sont incapables de tolérer l'exposition.

Depuis 1996, Kieron O'Connor met à l'épreuve une solution qui vise uniquement la cognition: la thérapie basée sur les inférences (TBI). Jusqu'à présent, ce traitement s'est révélé efficace avec tous les types et degrés de gravité de TOC.

«Les TOC exigent pareille approche parce que cette maladie se passe d'abord dans la tête, puis se traduit par divers comportements. Le problème originel n'est pas la phobie (En psychopathologie le terme phobie, du grec ancien phobos (φόβος), désigne un ensemble de souffrances psychiques qui se présentent de...), comme on l'a longtemps cru, mais plutôt le doute obsessionnel», explique le codirecteur et fondateur du Centre d'études sur les TOC et les tics, situé au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) Fernand-Seguin de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine, affilié à l'Université de Montréal.

Pour les gens souffrant d'un TOC, ce n'est pas l'existence de la saleté, par exemple, qui pose problème, mais la possibilité qu'ils soient en contact avec elle. «Peut-être que mes mains sont sales. Peut-être que cette surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure, sa...) n'est pas propre», se disent-ils. C'est ce doute qui enclenche la compulsion.

«Ces individus ne s'appuient pas suffisamment sur leurs sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une...), estime M. O'Connor, qui est aussi chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont...) au Département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du...) de l'UdeM. Leur imagination l'emporte toujours sur leur perception. Une personne qui se demande toujours si la porte est bien verrouillée ne s'attardera pas à des détails concrets comme le bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la création d'une sensation auditive.) du loquet. Elle se fiera plutôt à un raisonnement ou une histoire interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une...). "Un ami n'a pas fermé sa porte à clé et s'est fait voler" en est un exemple. Avec notre thérapie, on invite les patients à se débarrasser de ces histoires internes.»

En 10 étapes, le thérapeute amène peu à peu son client (Le mot client a plusieurs acceptations :) à distinguer le doute obsessionnel du doute normal, à reconnaitre les arguments personnels qui justifient le doute et les compulsions, à construire une autre histoire s'appuyant sur la réalité et les sens, à comprendre que le doute est issu de son imagination couplée à un raisonnement obsessionnel.

En 2009, Kieron O'Connor et son équipe ont conclu que les individus aux prises avec un TOC étaient plus influencés par des informations fondées sur des possibilités que des sujets témoins, et que cela augmentait leur niveau de doute.

Deux ans plus tard, ils ont publié une étude de cas clinique qui comparait la TBI avec d'autres approches comme celle de l'exposition et de la prévention de la réponse. La TBI s'est avérée plus efficace chez les participants les plus affectés par le doute obsessionnel.

Récemment, Kieron O'Connor et son collègue Frederick Aardema ont fait paraitre une recherche confirmant que la TBI aidait bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour...) et bien à résoudre le doute obsessionnel et diminuait l'anxiété et l'état dépressif des sujets.

Les résultats préliminaires d'une autre étude démontrent que 70 personnes sur 100 qui ont entrepris cette thérapie ont amélioré leur état à un point (Graphie) tel qu'elles ne sont plus considérées comme des patients ayant besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins...) d'un traitement. «Elles ont encore des symptômes légers, mais une thérapie n'est plus nécessaire», affirme M. O'Connor.

D'autres recherches cliniques d'envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère, un avion (ou planeur).) sont en cours pour confirmer l'efficacité de cette thérapie. Si les résultats sont à l'image des conclusions précédentes, la TBI fera sans doute partie intégrante des traitements offerts aux individus atteints d'un TOC dans les années à venir.

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: Marie Lambert-Chan - Université de Montréal
 
Lundi 11 Décembre 2017 à 12:00:17 - Physique - 0 commentaire
» Les fluorophores en nombre se font de l'ombre
Lundi 11 Décembre 2017 à 00:00:02 - Autres sujets - 0 commentaire
» Archéologie: Opération Wampum
Vendredi 8 Décembre 2017 à 12:00:27 - Vie et Terre - 0 commentaire
» Diabète de type 2, tout commence dans le foie