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Posté par Michel le Mercredi 28/03/2012 à 12:00
L'importance de la vitamine K pour les personnes âgées

Plus c'est vert, plus il y a de vitamine K! (Photo: iStockphoto)
Si le grand public est maintenant assez familiarisé avec les vitamines A, B, C, D et E, il n'en va pas de même pour la vitamine K, dont on a jusqu'ici peu entendu parler. Découverte à la fin des années 20 à la suite de recherches sur les hémorragies, la vitamine (Une vitamine est une substance organique nécessaire (en dose allant du microgramme à plusieurs milligrammes par jour) au métabolisme des organismes vivants et donc de l'homme. Les vitamines sont des...) K s'est avérée essentielle à la coagulation du sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté d’environ 5...). Puis, on s'est aperçu qu'elle jouait un rôle dans la structure osseuse et, plus récemment encore, qu'elle participait à l'échange d'informations entre les neurones.

Guylaine Ferland, professeure au Département de nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement. La nutrition est également une science...) de l'Université de Montréal, est parmi les pionniers qui étudient l'action de la vitamine K dans les habiletés cognitives. «Cette vitamine participe à la synthèse des sphingolipides, des lipides présents dans les membranes cellulaires et dans la myéline, où ils sont actifs dans la communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles...) entre les cellules, explique-t-elle. La protéine Gas6, qui règle la croissance et la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général,...) cellulaires, est aussi dépendante de la vitamine K. Cette vitamine est donc associée à des molécules très importantes pour le fonctionnement neuronal.»

Mémoire épisodique

Les travaux de l'équipe de Guylaine Ferland, réalisés au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) universitaire de gériatrie de Montréal et au Centre de recherche de l'Hôpital du Sacré-Coeur, ont montré que la vitamine K semble jouer un rôle majeur dans le maintien de fonctions cognitives à un âge avancé.

Une expérience menée avec des rats a montré qu'à l'âge de 20 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) - ce qui équivaut à environ 80 ans chez l'humain - ceux qui avaient été soumis à une diète faible en vitamine K éprouvaient plus de difficulté dans des tâches d'apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences, d'attitudes ou de valeurs...) et de mémorisation comme celle consistant à se souvenir de l'emplacement d'une plateforme immergée dans un bassin d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) opaque.


Guylaine Ferland
«Chez les individus âgés de 6 et 12 mois, la diète appauvrie n'avait pas d'effet sur cette tâche, ce qui nous fait croire que la vitamine K a un rôle plus important dans le maintien d'habiletés cognitives à un âge avancé», précise la chercheuse.

Dans une autre expérience, le taux de vitamine K a été abaissé par voie pharmacologique à l'aide de la warfarine, un anticoagulant oral (Les anticoagulants oraux ou antivitamines K ou AVK sont une classe de médicaments qui ont pour but d'inhiber l'action de la vitamine K, vitamine ayant un rôle...) plus connu sous le nom commercial (Un commercial (une commerciale) est une personne dont le métier est lié à la vente.) de Coumadin. «Administrée à des doses massives, la warfarine a permis de bloquer le recyclage (Le recyclage est un procédé de traitement des déchets industriels et des déchets ménagers qui permet de réintroduire, dans le cycle de production d'un produit, des matériaux qui le composent. L'un...) de la vitamine K et de réduire son taux à 30 % dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle...). Même en bas âge, les rats soumis à ce traitement ont éprouvé les mêmes difficultés d'apprentissage que les rats âgés qui avaient toujours suivi une diète pauvre en vitamine K.»

Chez les humains

À la lumière de ces expériences, Guylaine Ferland a voulu savoir ce qu'il en était du rôle de la vitamine K chez les personnes âgées. «Nous avons observé que les patients qui sont au premier stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un...) de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) d'Alzheimer ont des apports de vitamine K deux fois plus faibles que les gens du même âge en santé», mentionne la chercheuse.

Même si les connaissances actuelles ne permettent pas de dire si c'est la maladie qui entraine une réduction des apports de vitamine K ou si de faibles apports de cette vitamine constituent un facteur de risque (En gestion des risques, un facteur de risque est une source de risque qui est classée en risques inhérents génériques probables dans le but...), les données montrent que le groupe de patients consommait significativement moins de légumes verts riches en vitamine K que le groupe témoin.

Dans une autre étude effectuée dans le cadre du vaste projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) NuAge (Un nuage est une grande quantité de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en suspension dans l’atmosphère. L’aspect d'un nuage dépend de la lumière...) par Nancy Presse, étudiante au doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le docteur. Selon les pays et les...) au Département de nutrition, un groupe de personnes âgées sélectionnées pour leurs très bonnes performances cognitives se sont appliquées à mémoriser des listes de mots qu'elles devaient par la suite répéter à haute voix à trois reprises à l'intérieur d'une période de 20 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain. ...).

«Au premier rappel, tous les sujets réalisaient des performances comparables. Mais aux deuxième et troisième rappels, les participants qui présentaient un taux plus faible de vitamine K avaient de moins bonnes performances mnésiques», affirme Mme Ferland.

Il s'agit de la première étude portant sur les liens entre les performances cognitives et la vitamine K à avoir été faite auprès de personnes en santé.

Quelques légumes suffisent

La chercheuse ne croit pas par ailleurs que des surdoses de vitamine K pourraient avoir un effet préventif contre les problèmes neuronaux. «Un trop faible taux a un effet délétère, mais de fortes doses ne seraient pas nécessairement bénéfiques, dit-elle. Il faut consommer la quantité de vitamines dont on a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes...) et les traitements par surdoses de vitamines ont rarement rempli leurs promesses.»

L'organisme a besoin de très peu de vitamine K, soit 120 microgrammes par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons...) pour un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon, tandis...) et 90 pour une femme. Cette faible quantité, comparativement aux autres vitamines dont les besoins se calculent en milligrammes, s'explique par le fait qu'environ 70 % de la vitamine K est recyclée par l'organisme.

On trouve principalement cette vitamine dans les légumes verts (plus ils sont foncés, plus ils en contiennent), les huiles de canola, de soya et d'olive, certaines noix (pistaches) et certaines légumineuses (soya, lentilles, haricots mungo). Puisqu'elle est facile à trouver et qu'un faible apport suffit, le fait que certaines personnes souffrent d'une carence est le signe d'une consommation insuffisante de légumes, estime Guylaine Ferland.

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Source: Daniel Baril - Université de Montréal
 
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