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Posté par Isabelle le Lundi 02/04/2012 à 12:00
Comment des pesticides courants portent atteinte aux abeilles
Deux nouveaux travaux révèlent les multiples manières dont un type courant d'insecticide porte atteinte aux abeilles et aux bourdons. Ces dernières années, les populations d'abeilles ont rapidement décliné, en partie à cause d'un phénomène connu sous le nom de Syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou bien dans des circonstances cliniques d'écart à la norme pas nécessairement...) d'effondrement des colonies d'abeilles. Les populations de bourdons s'avèrent aussi touchées. Les chercheurs ont avancé plusieurs causes pour expliquer ces déclins, dont les pesticides, mais la manière dont ils pouvaient agir n'était pas claire. Les deux études parues dans Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on...) se sont penchées sur les effets des insecticides dits néonicotinoïdes introduits au début des années 1990 et devenus maintenant les pesticides les plus courants pour les cultures dans le monde (Le mot monde peut désigner :) entier.


Abeille butinant une fleur
Illustration: John Severns

Dans la première étude, Penelope Whitehorn et ses collègues au Royaume-Uni ont exposé des colonies de bourdons Bombus terrestris en développement à de faibles niveaux d'un néonicotinoïde appelé imidaclopride. Les doses utilisées étaient comparables à celles auxquelles sont exposés les insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office pour les insectes et leur environnement (association...) dans la nature. Les chercheurs ont placé les colonies dans un terrain clos où les bourdons ont pu s'alimenter pendant six semaines dans des conditions naturelles. Au début et à la fin de l'expérience, les chercheurs ont pesé chacun des nids de bourdons qui comprenaient les animaux, la cire (Chimiquement, la cire est un ester de l'éthylène glycol et de deux acides gras ou un monoester d'acide gras et d'alcool à longues chaines. ...), le miel, les larves et le pollen (Le pollen (du grec palè : farine ou poussière) constitue, chez les végétaux supérieurs, l'élément fécondant...) pour déterminer de combien avait augmenté la colonie. L'étude montre que les colonies exposées à l'imidaclopride avaient pris moins de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale...) comparées aux colonies contrôle, ce qui suggère qu'elles s'étaient moins nourries. À la fin de l'expérience, elles étaient huit à douze pour cent plus petites en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de...) que les colonies contrôle. Elles avaient aussi produit 85 pour cent de reines en moins.

Dans la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de...) étude, Mickaël Henry et ses collègues en France ont marqué des abeilles qui se déplaçaient librement en collant sur leur thorax (Le thorax est une région anatomique de certains animaux vertébrés ou arthropodes.) une minuscule puce à radio-identification (La radio-identification, venant de l’anglais radio frequency identification (usuellement abrégé RFID), est une méthode pour stocker et récupérer des données à distance...) dite « RFID ». Ce dispositif a permis aux chercheurs de suivre les abeilles dans leurs allées et venues entre la ruche et l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les...). Puis ils ont donné à certaines d'entre elles une dose sublétale du pesticide (Un produit phytosanitaire est une substance émise dans une culture pour lutter contre des organismes nuisibles. C'est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les...) thiamethoxam. Comparées aux abeilles contrôle qui n'avaient pas été exposées au produit, les abeilles traitées avaient deux à trois fois plus de risques de mourir à l'extérieur de leur ruche, probablement parce que le pesticide interférait avec le système de localisation de la ruche des abeilles. Puis les chercheurs ont utilisé des données de l'expérience de marquage des abeilles pour développer un modèle mathématique qui simule la dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) de population des abeilles. Lorsque la mortalité due à leur manque de localisation a été incorporée à ces simulations, le modèle a prédit que les populations d'abeilles exposées au pesticide devaient chuter à un niveau tel qu'il ne permettrait plus leur rétablissement.

Références:
« Neonicotinoid Pesticide Reduces Bumble Bee Colony Growth and Queen Production » par P.R. Whitehorn, S. O'Connor et D. Goulson de l'Université de Stirling à Stirling, Royaume-Uni ; F.L. Wackers de l'Université de Lancaster à Lancaster, Royaume-Uni ; Science 30 mars 2012 article n° 23.

« A Common Pesticide Decreases Foraging Success and Survival in Honey Bees » par M. Henry, O. Rollin, J. Aptel et S. Tchamitchian de l'INRA à Avignon, France ; M. Beguin de l'Association pour le développement de l'apiculture provençale (ADAPI) à Aix-en-Provence, France ; F. Requier du Centre d'Études Biologiques de Chizé, du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public...) et de l'USC-INRA à Beauvoir-sur-Niort, France ; F. Requier, J.F Odoux, P. Aupinel de l'INRA à Surgères, France ; O. Rollin et A. Decourtye de l'ACTA, UMT PrADE à Avignon, France ; Science 30 mars 2012 article n° 23.

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Source: Science, AAAS & EurekAlert