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Posté par Michel le Mercredi 16/05/2012 à 00:00
En Arctique, les oiseaux marins s'adaptent
La planète se réchauffe, particulièrement au niveau des pôles. Comment les organismes réagissent-ils face à cette hausse des températures ? Une équipe internationale (1) menée par un chercheur CNRS du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (2) vient de mettre en évidence que les mergules nains, les oiseaux marins les plus abondants de l'Arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire. Elle se situe à l'opposé de l'Antarctique. L'Arctique inclut une partie du Canada, du Groenland (territoire du...), adaptent leur comportement de pêche en fonction du réchauffement actuel des eaux de surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent...) en mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) du Groenland (Le Groenland (prononcez /gʁɔɛn.lɑ̃d/, écrit Groënland dans la graphie française d'avant 1850, Grønland en danois (« terre verte »), Kalaallit Nunaat en groenlandais)...). Leurs taux de reproduction et de survie ne sont pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré comme une durée.) pas affectés. Un réchauffement plus important pourrait néanmoins menacer cette espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept...). Ces travaux sont publiés le 21 mai 2012 dans la revue Marine Ecology Progress Series. Ils ont notamment bénéficié des soutiens de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel...) polaire français (IPEV) et d'un programme américano-norvégien.


Deux mergules face au soleil de minuit, Groenland Est.
© David Grémillet.

Les mergules nains figurent parmi les plus petits des oiseaux marins (150 g) et les plus abondants en Atlantique nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) (40 à 80 millions). Ils peuplent les côtes rocheuses du Groenland et du Spitzberg. Pour se nourrir et alimenter leur poussin, ils se sont spécialisés dans la pêche aux copépodes (3) , des petites crevettes planctoniques, dont ils capturent jusqu'à 65 000 individus par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...). Ils recherchent les zones de courants froids et évitent les eaux plus tempérées. En effet, les eaux glaciales qui descendent de l'océan Arctique (L'océan Arctique, ou océan glacial Arctique, s'étend sur une surface de 14 090 000 km², ce qui en fait le plus petit océan. Il recouvre...) par le détroit de Fram (Le Fram est un navire qui fut utilisé pour l'exploration polaire successivement par les explorateurs norvégiens Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup, et...), entre le Groenland et le Spitzberg, abritent un copépode arctique de grande taille, Calanus hyperboreus, très riche en graisse (La graisse est un corps gras se présentant à l'état solide à température ordinaire. Le terme s'oppose aux huiles qui se présentent sous forme liquide. On distingue les graisses des cires, de composition similaire...). Une autre espèce de copépode, C. finmarchicus, se développe dans les eaux plus tempérées, mais elle est plus petite et surtout moins énergétique. Les mergules, de par leur régime alimentaire spécialisé et leurs besoins alimentaires élevés, constituent un indicateur fiable pour tester l'impact des changements climatiques dans cette région.

Les chercheurs ont étudié, sur trois ans, pendant l'été, trois colonies de mergules nains situées de part et d'autre de la mer du Groenland: les températures des eaux de surface du site le plus chaud et du plus froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) diffèrent de 5°C. Localisé au Spitzberg, le site actuellement le plus chaud reproduit en quelque sorte le réchauffement simulé pour la fin du 21e siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait...) dans la zone la plus froide (Groenland oriental). De tels écarts de température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations...) génèrent des modifications importantes de l'abondance et de la taille moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur...) du zooplancton, diminuant la qualité de la ressource alimentaire des mergules (copépodes).


Mergule nain face à l'océan Arctique.
© David Grémillet.

De manière surprenante, les oiseaux parviennent à compenser le réchauffement actuel des eaux de surface en mer du Groenland en modifiant leur régime alimentaire et en allongeant la durée de leurs voyages alimentaires en mer. Ils partent plus loin et plus longtemps pour s'alimenter dans des zones où la pêche sera plus fructueuse.

Les mergules nains parviennent donc pour l'instant à s'adapter aux conséquences du réchauffement des eaux de surface en mer du Groenland. Un réchauffement de 5°C reste cependant inférieur au réchauffement maximum de 7°C annoncé en Arctique, à l'horizon (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en physique, philosophie, littérature, et bien d'autres...) 2100, par les modèles climatiques. Or il semble que les mergules sont aujourd'hui à l'extrême limite de leurs capacités physiologiques et comportementales. Un réchauffement plus marqué risquerait donc d'entrainer leur déclin ainsi qu'un bouleversement majeur des écosystèmes marins de l'Arctique. Les scientifiques s'intéressent désormais à l'incidence des changements globaux sur la survie hivernale de ces oiseaux marins.


Travaux de terrain au Groenland.
© David Grémillet.

Notes:

(1) Elle réunit des chercheurs américains (Pomona College et Alaska Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai...) Center), français (CNRS), norvégiens (Norwegian Polar Institute), polonais (Polish Academy of Sciences) et britanniques (University of Aberdeen).

(2) CNRS/Universités de Montpellier 1, 2 et 3/SupAgro/Cirad/EPHE/IRD/INRA

(3) Les copépodes représentent la principale composante du zooplancton (nourriture exclusive des mergules nains).


Référence:

Little auks buffer the impact of current Arctic climate change, D. Grémillet, J. Welcker, N.J. Karnovsky, W. Walkusz, M.E. Hall, J. Fort, Z.W. Brown, J.R. Speakman & A.M.A. Harding. Marine Ecology Progress Series. 21 mai 2012.



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Source: CNRS