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Posté par Isabelle le Jeudi 24/05/2012 à 12:00
Je mange parce que je suis déprimé et je suis déprimé parce que je mange
Des travaux de recherche perfectionnés en neuroscience entrepris par des scientifiques affiliés au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CR-CHUM) et à la Faculté de médecine de l'Université pourraient expliquer la révélation de Gras-Double dans la série des films Austin Powers : « Je mange parce que je suis déprimé et je suis déprimé parce que je mange. »  « En plus de causer l'obésité, les aliments riches peuvent vraiment entraîner des réactions chimiques au cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du...), d'une manière qui s'apparente à celle des drogues illicites. Cela conduit ultimement à la dépression, à mesure que les effets s'atténuent », a expliqué la chercheuse principale, la professeure Stéphanie Fulton.

Comme c'est le cas pour les personnes dépendantes à la drogue (Une drogue est un composé chimique, biochimique ou naturel, capable d'altérer une ou plusieurs activités neuronales et/ou de perturber les communications neuronales. La consommation de drogues par l'homme...), un cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est...) vicieux s'installe, dans lequel les sentiments d'euphorie (L'euphorie (du grec euphoria) est un terme médical désignant une impression inadéquate de bien-être physique et moral, de contentement, de confiance en...) associés à la nourriture sont utilisés comme une façon de combattre la dépression. « Des données indiquent que l'obésité est associée à une augmentation du risque de développer une dépression, mais nous comprenons encore mal les mécanismes neuraux et les modèles de récompense cérébraux qui relient les deux, a déclaré madame Fulton.  Nous démontrons pour la première fois que la consommation chronique d'aliments appétissants à teneur élevée en gras a des effets favorisant la dépression. »

Une molécule dans le cerveau connue sous le nom de dopamine permet à celui-ci de nous récompenser par un sentiment de réconfort, ce qui nous encourage à adopter certains types de comportements. Cette composante chimique est la même chez les humains que chez les souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire,...) et autres animaux. L'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) a nourri des souris à l'aide de différentes sortes d'aliments et a contrôlé comment la diète influençait le comportement des animaux.  La professeure Fulton et ses collègues utilisent une variété de techniques validées scientifiquement pour évaluer la relation entre le fait de récompenser les souris avec de la nourriture et les comportements et émotions qui en résultent. Les chercheurs contribuent aussi à l'amélioration de ces techniques, comme celle présentée dans la vidéo. Par la suite, l'équipe examine littéralement les cerveaux des souris pour voir comment ils ont changé.

Les souris nourries d'aliments à teneur élevée en gras montraient des signes d'anxiété, notamment en évitant les espaces ouverts, et de dépression, en faisant par exemple moins d'efforts pour s'échapper lorsqu'elles étaient prises au piège. En outre, leurs cerveaux avaient été physiquement altérés par leurs expériences. Ainsi, la CREB, une molécule qui gère l'activation (Activation peut faire référence à :) de gènes engagés dans le fonctionnement de nos cerveaux et bien connue pour sa contribution à la formation des souvenirs est considérablement plus activée dans les cerveaux des souris nourries aux aliments riches en gras. Finalement, ces souris présentaient des niveaux plus élevés de corticostérone, une hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation...) associée au stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage...).

Madame Fulton et son équipe font partie d'un réseau de recherche dont les membres travaillent conjointement à étudier les raisons biologiques de l'obésité et des maladies qui y sont associées, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certains cancers et, bien sûr, la dépression. Elle travaille au Centre de recherche du diabète de Montréal, une institution affiliée au CHUM et à quatre universités montréalaises qui, ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut...), offrent des installations pour la recherche clinique, la recherche en biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire...) cellulaire et en microscopie (La microscopie est l'observation d'un échantillon (placé dans une préparation microscopique plane de faible épaisseur) à travers le microscope. La microscopie...), ainsi que la recherche sur la physiologie des rongeurs, comme celle associée à l'étude de la dépression. « Même si la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail, La Culture peut...) populaire blague à propos de ces maladies et va jusqu'à se moquer des personnes qui en souffrent, l'obésité est un enjeu de santé publique grave et important qui touche déjà des centaines de millions de personnes. En tant que société, nous devons éviter de créer des stigmates et de discriminer les personnes obèses et déprimées, a déclaré Stéphanie Fulton.  À l'égard des travaux de recherche, il est urgent d'identifier les molécules et les trajectoires neurales engagées dans l'obésité et les maladies connexes. Mes collègues et moi sommes déterminés à identifier le réseau cérébral engagé dans ces maladies et à améliorer les outils dont disposent les chercheurs qui travaillent dans ce domaine. »

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Source: William Raillant-Clark - Université de Montréal
 
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