Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Posté par Michel le Vendredi 29/06/2012 à 12:00
Les variations méteo existent aussi sur certaines exoplanètes
Une équipe internationale de l'Institut d'astrophysique de Paris (CNRS/UPMC) et de l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (IPAG (1) - CNRS/Université Joseph Fourier - Grenoble 1) a détecté des variations d'ordre météorologique dans l'atmosphère d'une planète n'appartenant pas au système solaire, ou exoplanète. Les astrophysiciens ont fait cette découverte en observant l'exoplanète HD 189733b avec le télescope spatial Hubble (Le télescope spatial Hubble (en anglais, Hubble Space Telescope ou HST) est un télescope en orbite à environ 600 kilomètres...). Ces travaux pourraient élargir le champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) d'étude des sciences du climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la...) et de la météorologie, qui se « limitent » aujourd'hui à l'étude de la météo des planètes du Système solaire, et mener à une nouvelle sous-discipline: l'exo-météorologie. Ils sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics Letters du 28 juin 2012.


« Une éruption stellaire frappe une exoplanète »: Cette vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) d'artiste (Est communément appelée artiste toute personne exerçant l'un des métiers ou activités suivantes :) montre l'exoplanète HD189733b en transit devant son étoile. Le télescope spatial Hubble a observé ce passage en septembre 2010 et en avril 2011. L'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude...) d'avril 2011 a eu lieu juste après une forte éruption stellaire (dépeinte sur l'image) observée en rayons-X par le télescope Swift. Après cette éruption, Hubble a pu mesurer que la planète perdait plus de 1000 tonnes de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme propre ni de volume propre : un gaz tend...) par seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une...). (Sur cette image, la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique,...) de l'étoile est inspirée des observations du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine jaune, et...) par la sonde (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des objets du système solaire et, pour certaines, l'espace qui est...) Solar Dynamics Observatory.). Image disponible sur demande auprès de: phototheque@cnrs-bellevue.fr
© NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue...), ESA, L. Calçada.

Située à 63 années-lumière (soit 600 000 milliards de km) de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...), HD 189733b est une planète gazeuse géante dotée d'une atmosphère brumeuse à base de gaz hydrogène (H2). Très proche de son étoile (1/30e de la distance Terre-Soleil), sa haute atmosphère reçoit une énergie colossale sous la forme de rayonnements ultraviolets et de rayons X.

Initialement, les chercheurs ont observé cet astre afin de confirmer un premier résultat obtenu en 2003, avec Hubble, pour une autre exoplanète se trouvant dans un autre système planétaire, l'astre HD 209458b (2). Ils avaient détecté que l'hydrogène constituant la plus haute couche de cette planète s'étalait en un panache gigantesque, prouvant que son atmosphère s'évapore dans l'espace.

Les nouvelles observations en direction de HD 189733b confirment l'existence de ce phénomène sur cette autre exoplanète. Mais, surtout, elles montrent pour la première fois des variations météorologiques dans l'atmosphère d'une exoplanète.

En pratique, les chercheurs ont observé HD 189733b à deux reprises. En avril 2010 ils n'ont rien décelé d'exceptionnel, mais en septembre 2011 ils ont aperçu un énorme nuage (Un nuage est une grande quantité de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en suspension dans l’atmosphère. L’aspect d'un nuage dépend de la lumière...) de gaz six fois plus étendu que la planète elle-même. Ceci montre qu'entre les deux dates, l'état de l'atmosphère a varié: les chercheurs ont observé un changement d'ordre météorologique sur HD 189733b.

Quelle est l'origine de ce changement ? Quel est le rôle de l'étoile et de son rayonnement (Le rayonnement, synonyme de radiation en physique, désigne le processus d'émission ou de transmission d'énergie impliquant une particule porteuse.) sur la météo de la haute atmosphère ? Pour en savoir plus, trois nouvelles observations sont déjà programmées.

Notes:

(1) L'IPAG est un laboratoire de l'Observatoire des Sciences de l'Univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.) de Grenoble (OSUG).

(2) “An extended upper atmosphere around the extra-solar planet (Un Planet est un site Web dynamique qui agrège le plus souvent sur une seule page, le contenu de notes, d'articles ou de billets publiés sur des blogs ou sites Web afin d'accentuer leur visibilité et de...) HD 209458b”; A. Vidal-Madjar et co.; Nature; 13 March 2003.


Référence:

Temporal variations in the evaporating atmosphere of the exoplanet HD189733b
Lecavelier des Etangs, V. Bourrier, P. J. Wheatley, H. Dupuy, D. Ehrenreich, A. Vidal-Madjar, G. Hébrard, G. E. Ballester, J.-M. Désert, R. Ferlet, and D. K. Sing
Astronomy & Astrophysics Letters du 28 juin 2012.


Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: CNRS
 
Dimanche 21 Janvier 2018 à 00:00:09 - Vie et Terre - 0 commentaire
» Une petite molécule pour une grande cohésion