Le BEA a publié ce jeudi son rapport final sur la catastrophe du vol AF 447 Rio Paris qui s'est abimé dans l'Atlantique le premier juin 2009. Comme attendu, le BEA a livré des conclusions supplémentaires, notamment par rapport aux études menées sur les facteurs humains. Ces études ont permis de déterminer plusieurs améliorations qui auraient pu permettre à l'équipage de sauver l'
avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur (dans le cas d'un engin sans moteur, on parlera de planeur),...) lors des dernières
minutes (
Forme première d'un document :
Droit : une minute est l'original d'un acte.
Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain.
...) de vol.
L'enregistreur de paramètres, Flight Data Recorder (FDR), a été remonté le 1er mai 2011 - Illustration: BEA.
Rappel sur les faits
Le vol AF447 est celui d'un avion fiable avec une excellente
statistique (Une statistique (par opposition à la statistique) est, au premier abord, un nombre calculé à propos d'une population. D'une façon générale, c'est le résultat...). Avant le vol AF447 du premier juin 2009, aucun
Airbus (Airbus est le principal constructeur aéronautique européen. La société est l'entière propriété d'EADS. Elle conçoit, développe, construit, vend et assure le support technique après-vente des avions du même nom.) de la famille A330 / A340 n'a été impliqué dans un accident mortel alors même qu'un millier d'exemplaires parcourent le
monde (Le mot monde peut désigner :) et depuis une quinzaine d'années pour les plus anciens.
L'équipage est formé de trois pilotes, deux d'entre eux sont expérimentés, le troisième provient de la
filière (
Une filière est une suite de formalités, d'emplois à remplir avant d'arriver à un certain résultat : la filière administrative. En gestion des...) d'excellence d'Air France. La composition de l'équipage est conforme à la règlementation en vigueur. Les conditions météorologiques sont difficiles, mais courantes sur le parcours du vol.
Les premières raisons évoquées
Très rapidement, avant même la découverte des boites noires, l'hypothèse des sondes de Pitot est évoquée. Il s'est avéré qu'il y a eu effectivement un problème avec ces sondes, mais cet incident a relativement peu affecté l'
instrumentation (Le mot instrumentation est employé dans plusieurs domaines :) et s'il a été le
déclencheur (En informatique, un déclencheur (ou trigger en anglais) est un dispositif logiciel qui provoque un traitement particulier en fonction d'événement prédéfinis. Par...) de la séquence menant à l'accident il ne peut être retenu comme principal responsable. L'absence d'indication de
vitesse (La vitesse est une grandeur physique qui permet d'évaluer l'évolution d'une quantité en fonction du temps.) ainsi qu'un début de décrochage ne peuvent être considérés comme une condition désespérée pour un avion et la situation est censée être rattrapable.
Le dernier rapport d'étape
Le dernier rapport d'étape mettait l'accent sur les erreurs de pilotage lors des dernières minutes du vol. Malgré l'
altimètre (Un altimètre est un appareil permettant de mesurer l'altitude.), l'alarme de décrochage et les vibrations de l'avion, l'équipage n'a pas réussi à identifier la situation de décrochage. En poursuivant des mouvements en cabré, les pilotes ont même forcé la poursuite de cette situation. Or, aucun des membres présents dans le
cockpit (L'habitacle (mais aussi cabine de pilotage, poste de pilotage, cellule ou encore cockpit) d'un avion désigne l'espace réservé au pilote, son copilote et...) n'a manifesté une volonté de comportement dangereux et tous étaient compétents. C'est sur cette base que le BEA a mis en place un groupe d'études sur le facteur humain.
Les nouveautés du rapport final
Les nouvelles conclusions contiennent 41 recommandations concernant plusieurs domaines, en grande partie la
phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) du vol de croisière. Réputée comme la moins accidentogène, la phase du vol de croisière n'est pas la plus mise en avant dans la règlementation et dans les entraînements. Un certain
nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) de recommandations concerne ainsi la répartition des rôles et l'
organisation (Une organisation est) du cockpit lorsque le commandant de bord n'est plus aux commandes.
D'autres recommandations concernent l'entraînement de l'équipage au niveau des vols de croisière, la connaissance qu'il doit avoir du fonctionnement et des limites de l'instrumentation. D'autres points concernent l'ergonomie et notamment le fonctionnement de l'alarme de décrochage ou du moins de son interruption. Lorsque l'alarme s'éteint, les pilotes n'ont pas d'indication claire indiquant si cette
extinction (D'une manière générale, le mot extinction désigne une action consistant à éteindre quelque chose. Plus particulièrement on retrouve ce terme dans plusieurs domaines :) est due à un retour à la normale où à une incohérence de
données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.). Il est vrai que les concepteurs de l'appareil n'ont sans doute jamais imaginé qu'un exemplaire aurait une vitesse
verticale (La verticale est une droite parallèle à la direction de la pesanteur, donnée notamment par le fil à plomb.) à peu près aussi élevée que la vitesse horizontale.
Pour plus d'information sur le sujet voir aussi notre dossier
http://www.techno-science.net/?onglet=a ... article=42