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Posté par Isabelle le Jeudi 02/08/2012 à 12:00
Parkinson: la caféine pourrait soulager les symptômes

Photo illustrant une des attitudes typiques de patients atteint de la maladie de Parkinson ; marche corps fléchi en avant, dans Nouvelle Iconographie de la Salpètrière, 1892, Vol.5
Illustration: Albert Londe (1858-1917)
La caféine, largement consommée dans le monde (Le mot monde peut désigner :) sous forme de café, de thé ou de sodas, pourrait améliorer le contrôle du mouvement chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson (La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique affectant le système nerveux central responsable de troubles essentiellement moteurs d'évolution progressive.). C'est ce que révèlent les résultats d'une étude menée par l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques....) du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) qui vient d'être publiée dans Neurology – le journal médical de l'American Academy of Neurology. Ces résultats ouvrent la voie au développement de nouvelles options de traitements pour Parkinson, qui touche environ 100 000 Canadiens.

« C'est une des premières études qui montre le bénéfice de la caféine sur les problèmes de mouvements chez les personnes ayant la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) de Parkinson », affirme le docteur Ronald Postuma, auteur principal de l'étude, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le...) en neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques, des neurones et du système nerveux.) à l'IR CUSM et professeur de médecine au département de neurologie (La neurologie est la discipline médicale clinique qui étudie l'ensemble des maladies du système nerveux, et en particulier du cerveau. Cette spécialité médicale s'est séparée de la...) et de neurochirurgie (La neurochirurgie est la discipline chirurgicale qui est spécialisée dans le système nerveux central et le système nerveux périphérique. Les...) de l'Université McGill. « Nous savions déjà que les personnes qui boivent du café ont moins de risques de développer la maladie de Parkinson mais aucune étude n'avait été faite sur les applications cliniques suite à cette découverte. »

La caféine – un des stimulants psychomoteurs les plus utilisés au monde – agit sur le système nerveux central et sur le système cardio-vasculaire en diminuant la somnolence et en augmentant l'attention, de manière temporaire. Selon le docteur Postuma, la somnolence est communément associée à la maladie de Parkinson. « Nous voulions voir l'effet que pouvait avoir la caféine sur la somnolence et les symptômes moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une...) la maladie de Parkinson, tels que la lenteur des mouvements, la rigidité, les tremblements et la perte de l'équilibre. »

Les chercheurs ont suivi un groupe de 61 personnes ayant Parkinson. Alors que le groupe contrôle recevait des pilules placebos, l'autre moitié du groupe recevait une dose de 100 mg de caféine deux fois par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...) durant trois semaines puis de 200 mg pour trois autres semaines; l'équivalent de deux à quatre tasses de café par jour.

« Les participants qui ont reçus les suppléments de caféine, semblaient présenter des symptômes moteurs moins graves (cinq points d'amélioration sur l'échelle Unified Parkinson's Disease Rating Scale qui sert de mesure pour quantifier la sévérité de la maladie de Parkinson) que ceux qui avaient reçu les placebos », souligne le docteur Postuma. « Ceci était du à une amélioration de la rapidité des mouvements et au niveau de la rigidité. » La caféine n'a eu qu'un effet limité sur la somnolence et n'a pas eu d'incidence sur la dépression ni sur la qualité du sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution progressive du tonus musculaire, survenant à intervalles...) durant la nuit chez les participants à l'étude.

Selon le docteur Postuma, de plus larges études doivent être menées sur une durée étendue afin de mettre plus clairement en évidence les améliorations liées à la prise de caféine. « La caféine comme option de traitement pour la maladie de Parkinson est une piste à explorer. Elle pourrait être utile afin de compléter les effets de la médication et pourrait alors aider à réduire la dose de médicament chez les patients », conclut-il.

Financement: Les travaux de recherche ont été financés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et par la Fondation Webster.

Partenaires de recherche: L'étude a été coécrite par Ronald B. Postuma, Silvia Rios Romenets et Robert Altman (Département de Neurologie, McGill/CUSM); Amélie Pelletier (Département de Neurologie, McGill/CUSM, IR CUSM); Kathia Charland (Département d'épidémiologie, de biostatistiques et de sante évaluative au travail, McGill); Anthony E. Lang, Rosa (Rosa peut désigner :) Chuang et Binit Shah du Morton and Gloria Shulman Movement Disorders Center and the Edmond J. Safra Program in Parkinson's Disease Toronto Western Hospital, Université de Toronto; Renato P. Munhoz, Mariana Moscovich, Luciane Filla et Debora Zanatta de l'Université Catholique de Parana, Brésil.


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Source: Julie Robert - Centre universitaire de santé McGill