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Posté par Michel le Jeudi 06/09/2012 à 12:00
Le peuplement préhistorique des Amériques s'est fait en trois phases

L'étude a permis de comparer le génome de 52 groupes autochtones des deux Amériques et de 17 groupes de Sibérie. (Illustration: Nature)
Il y aurait bien eu trois vagues d'immigration asiatique à l'origine des peuples autochtones qui ont colonisé l'Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de l'Europe et de l'Afrique par l'océan...) du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) puis l'Amérique du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.). Un tel scénario, déjà suggéré par les ethnolinguistes, vient d'être confirmé par une étude génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) de très grande envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère, un avion (ou planeur).).

"Les différentes hypothèses linguistiques suscitaient la polémique, mais notre étude met les points sur les i", affirme Damian Labuda, professeur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires...) et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont...) au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) du CHU Sainte-Justine. La recherche à laquelle il a participé a porté sur la comparaison du génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de certains virus dont le génome est porté par...) de 52 groupes autochtones des deux Amériques et de 17 groupes de la Sibérie. Lancés par son collègue Andrès Ruiz-Linares, de la University College London, ces travaux ont mis à contribution une soixantaine de chercheurs et ont été publiés dans la revue Nature du 16 aout dernier.

Trois vagues

"Les linguistes avaient déjà établi que les Paléoindiens, les Na-Dénés et les Inuits constituaient trois familles linguistiques différentes et qu'ils devaient donc être issus de trois vagues distinctes de peuplement", explique Damian Labuda.

Le terme "Paléoindiens" désigne les ancêtres de la très vaste majorité des peuples autochtones actuels, parvenus en Alaska il y a 15 000 ans par le détroit de Béring encore immergé. Selon le professeur, ces premiers arrivants étaient peu nombreux ou du moins possédaient une grande homogénéité génétique. Leurs descendants ont peuplé l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut...) des Amériques.

La famille linguistique na-dénée est numériquement beaucoup plus restreinte et inclut notamment, parmi les peuples les plus connus, les Haïdas de Colombie-Britannique et les Navajos d'Arizona. Leurs ancêtres, originaires de Sibérie, auraient franchi la Béringie il y a de 6000 à 8000 ans.

Les Inuits, qui occupent les rives de l'Arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire. Elle se situe à l'opposé de l'Antarctique. L'Arctique inclut une partie du Canada, du Groenland (territoire du Danemark), de la...), forment une autre famille linguistique. Ils auraient gagné les côtes de l'Alaska et du Nord canadien vers la même époque que les Na-Denés et sans doute par la banquise (La banquise est une étendue de mer gelée. Elle se forme durant l'hiver polaire, lorsque la température de l'eau de mer descend en dessous de -1,9°C. Au cœur de l'hiver, l'épaisseur de glace peut atteindre 1,5 à 2 mètres, sans...).

Selon les travaux de l'équipe internationale, les descendants des Na-Dénés partagent 90 % de leur génome avec les autres peuples autochtones malgré le fait que leur langue n'a aucune parenté avec celles des Paléoindiens. "Leurs ancêtres ont laissé peu de traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet...) génétiques - soit seulement 10 % du génome - parce qu'ils se sont mêlés aux populations sur place. Mais ils ont néanmoins laissé leur culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :) et leur langue", souligne Damian Labuda.

Les Inuits ne partagent quant à eux que 57 % de leur génome avec les autres peuples autochtones.

D'autres études en génétique avaient été réalisées pour tenter d'élucider les origines de ces premiers habitants, mais elles étaient de portée limitée. "Les résultats divergeaient selon que le marqueur provenait de l'ADN mitochondrial, donc d'une lignée maternelle, ou du chromosome (Le chromosome (du grec khroma, couleur et soma, corps, élément) est l'élément porteur de l'information génétique. Les chromosomes contiennent les gènes et permettent leur distribution...) Y, indique le professeur Labuda. Notre étude a comparé des portions d'ADN de tous les chromosomes; elle se distingue par la qualité et le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de marqueurs et par le nombre de groupes ethniques étudiés."

Diversité linguistique

Selon les auteurs de cette recherche, les résultats confirment une hypothèse avancée au milieu des années 80 par le linguiste Joseph Greenberg, de l'Université Stanford en Californie, qui, à partir de comparaisons lexicales, concluait à des origines ethniques différentes pour les trois familles linguistiques en question. Ces travaux étaient appuyés par des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) sur la morphologie dentaire et par une première étude en génétique.

Kevin Tuite, professeur d'ethnolinguistique au Département d'anthropologie de l'UdeM, est plutôt critique à l'endroit des travaux de Joseph Greenberg. "Il existe 1200 langues chez les autochtones des deux Amériques, mentionne-t-il. Greenberg laisse croire que les Paléoindiens avaient une langue commune, mais il est peu probable qu'une même langue ait donné autant de groupes linguistiques en 15 000 ans."

Sans remettre en question les résultats de l'étude de Nature, qui lui paraissent plausibles, il estime que le ou les groupes à l'origine des Paléoindiens parlaient déjà des langues différentes. "S'il y a eu trois vagues de peuplement, rien ne dit que les groupes de chacune de ces vagues parlaient une même langue. Des tribus nomades peuvent très bien être apparentées génétiquement, avoir des pratiques culturelles semblables, partager des méthodes de chasse similaires, mais parler des langues distinctes."

À son avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière lequel se cachait en fait un monoplace de chasse destiné au Legüyi...), la Sibérie d'il y a 15 000 ans pouvait être tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) aussi diversifiée sur le plan linguistique que la Sibérie du 17e siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une...), où l'on trouvait cinq ou six familles linguistiques malgré des pratiques culturelles communes. Pour expliquer la présence des 1200 langues autochtones aux structures très variées, il faut, selon le linguiste, soit une période de 20 000 à 30 000 ans si l'origine est commune, soit une diversité linguistique préexistante si le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) écoulé n'est que de 15 000 ans. Il opte pour la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La...) hypothèse.

Par ailleurs, toujours selon Kevin Tuite, l'apparentement entre la famille linguistique na-dénée et des langues de Sibérie est maintenant bien étayé entre autres par des travaux sur la structure des verbes. Ce type de méthode, qui ne nous permet toutefois pas de remonter au-delà du Néolithique, a maintenant atteint ses limites et les linguistes doivent désormais compter sur les travaux en archéologie et en anthropologie physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la...) pour continuer à remonter le temps.

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Source: Université de Montréal - Daniel Bari