Une étude menée par le Dr Anil Nigam, de l'Institut de Cardiologie de Montréal (ICM) et de l'Université de Montréal, en collaboration avec l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, démontre qu'un entraînement par intervalles à haute intensité rend non seulement les gens d'âge moyen plus en santé, mais aussi plus intelligents.
Les participants à l'étude présentaient tous un surpoids ou une obésité ainsi qu'un ou plusieurs facteurs de risques de maladies cardiovasculaires.
Précisément, ils présentaient un indice de
masse (La masse est une propriété fondamentale de la matière qui se manifeste à la fois par l'inertie des corps et leur interaction gravitationnelle.) corporelle (poids d'une personne par sa taille au
carré (Un carré est un polygone régulier à quatre côtés : c'est un quadrilatère qui est à la fois un rectangle (il a quatre angles droits) et un...) (kg/m2) allant de 28 à 31.) Au cours de l'étude, les participants ont suivi un entraînement par intervalles, alternant de courtes périodes d'exercice d'
aérobie (Aérobie désigne la capacité d'un organisme ou micro-organisme de se développer dans l'air ambiant et plus particulièrement dans un milieu saturé en oxygène.) de faible intensité avec des périodes de haute intensité. Par exemple, un sprint de 30 secondes était suivi d'une période de
marche (La marche (le quasi-pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est le mode de locomotion naturel de l'être humain. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur les jambes, en position...) ou de jogging de 30 secondes, et ainsi de suite.
" Six adultes ont pris part à l'étude en s'entraînant pendant quatre
mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) à raison de deux séances hebdomadaires d'entraînement par intervalles sur vélo d'exercice et de deux autres séances hebdomadaires de musculation. L'analyse des fonctions cognitives, de la consommation maximale d'oxygène et de l'oxygénation du cerveau pendant l'exercice a révélé que les fonctions cognitives des participants s'étaient nettement améliorées grâce à l'entraînement ", explique le Dr Nigam. La consommation maximale d'oxygène est la
quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de...) maximale d'oxygène que le corps peut transporter et utiliser au cours d'un exercice
physique (La physique (du grec φυσικη) est étymologiquement la science de la nature. Son champ d'application actuel est néanmoins plus restreint :...). Elle a une incidence sur la capacité du corps à oxygéner le cerveau et est ainsi reliée aux fonctions cognitives.
" Les participants se sont soumis à une batterie de tests cognitifs, biologiques et physiologiques avant de commencer le programme, afin de brosser le portait de leurs fonctions cognitives, de la constitution de leur corps, de la présence de facteurs de risque cardiovasculaires et de l'oxygénation de leur cerveau pendant l'exercice, ainsi que de leur capacité aérobie maximale ", souligne le Dr Nigam.
Les tests cognitifs portaient notamment sur la
mémorisation (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) de paires de chiffres et de symboles. Pour constater comment réagissait le cerveau, l'équipe du Dr Nigam a eu recours à la spectroscopie
infrarouge (Le rayonnement infrarouge (IR) est un rayonnement électromagnétique d'une longueur d'onde supérieure à celle de la lumière visible mais plus courte que celle des micro-ondes.) proche, une technique permettant de diffuser de la
lumière (La lumière désigne les ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 0,38 à 0,78 micron (380 nm à 780 nm ; le symbole nm désigne le nanomètre). La lumière...) (de type infrarouge) dans les tissus humains afin qu'elle réagisse à l'oxygène contenu dans le sang (absorption de la lumière). Ce procédé est si précis qu'il détecte les minuscules changements de
volume (En physique, le volume d'un objet mesure « l'extension dans l'espace » qu'il possède dans les trois directions en même temps, de même que l'aire d'une figure dans le plan mesure « l'extension » qu'elle possède dans les deux...) et d'oxygénation du sang dans le cerveau lorsqu'on fait de l'exercice ou réfléchit à un sujet donné.
" À la fin du programme, nous avons découvert que le tour de taille des participants, et particulièrement la masse graisseuse au niveau du
tronc (Un tronc peut être :), avait diminué. Nous avons aussi constaté que la consommation maximale d'oxygène et la sensibilité à l'insuline avaient considérablement augmenté, tout comme les résultats aux tests cognitifs et les signaux d'oxygénation du cerveau pendant l'effort physique ", explique le Dr Nigam. La sensibilité à l'insuline est la capacité du sucre à pénétrer dans les tissus (principalement le foie et les muscles).
Les scientifiques croient que de nombreuses personnes pourraient bénéficier d'un programme d'entraînement similaire à celui utilisé dans le cadre de l'étude. Le Dr Nigam et son équipe présenteront leurs résultats au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire (CCSC) qui se tiendra à Toronto du 27 au 31 octobre 2012. Ce
projet (Un projet est - dans un contexte professionnel - une aventure temporaire entreprise dans le but de créer un produit ou un service unique:) de
recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) a été financé par le Centre ÉPIC et la Fondation de l'Institut de Cardiologie de
Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de...).