En septembre dernier, Airbus a publié le dernier chapitre de sa vision d'une aviation durable à l'horizon 2050. Intitulée
The Future by Airbus, celle-ci, loin de se contenter de traiter uniquement de la conception des appareils de demain, s'intéresse également à la façon dont ils seront exploités, non seulement en vol mais aussi au sol, l'objectif de l'avionneur européen étant de répondre de manière durable à la croissance programmée du
transport aérien (Le transport aérien commercial consiste soit :), comme l'a confirmé Charles Champion, Executive Vice President Engineering d'
Airbus (Airbus est le principal constructeur aéronautique européen. La société est l'entière propriété d'EADS. Elle conçoit, développe, construit, vend et assure le support...): "C'est la raison pour laquelle nos derniers concepts
The Future by Airbus - Smarter Skies ne sont pas uniquement axés sur les appareils que nous faisons voler mais sur la manière dont nous pourrions voyager en 2050".
Cette vision "Smarter Skies" s'articule autour de cinq concepts qui peuvent être mis en oeuvre tout au long des différentes étapes d'exploitation d'un appareil afin de réduire les pertes de
temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent pour l'observateur qu'est l'homme. Si on considère...), le gaspillage de
carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant en énergie mécanique.) et les émissions de CO2. Premier de ces concepts, le décollage des appareils en "eco-limb" continu. Les avions sont alors assistés au décollage. Ils bénéficient d'une
accélération (Dans la vie courante, on distingue trois événements que le physicien regroupe sous le seul concept d'accélération :) propulsée, alimentée par des énergies renouvelables. Résultat: une ascension à pente plus forte depuis l'
aéroport (Un aéroport est l'ensemble des bâtiments et des installations d'un aérodrome qui servent au trafic aérien d'une ville ou d'une région. Ces bâtiments et installations sont conçus pour que des avions puissent décoller et...) dans le but de réduire le
bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la création d'une sensation...) et d'atteindre plus rapidement et plus efficacement des altitudes de croisière. Une solution qui permettrait également d'utiliser des pistes plus courtes.
Les oiseaux qui voyagent en groupe sont surtout ceux qui parcourent de longues distances, comme les oies blanches, qui en tirent des avantages. Verrons-nous des groupements d'avions civils effectuer ce type de vol en formation ? (photo: Éric Bégin) Second concept proposé par Airbus, des avions en vol et en formation libres sur les "autoroutes du
ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue par les êtres humains depuis le sol de la planète.)". Très intelligents, des appareils s'organisent alors entre eux et, tirant le meilleur parti des conditions météorologique et atmosphériques du moment, choisissent les lignes les plus efficientes et les plus respectueuses de l'
environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à...). Sur les lignes les plus fréquentées, à l'instar des oiseaux les appareils volent en formation, optimisant ainsi là encore l'efficience par une réduction de la traînée et de la consommation d'
énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.).
Troisième concept, des approches et des atterrissages plus souples et plus silencieux. Plus de souplesse en approche permettrait une réduction des émissions tout au long de la descente de l'
avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur...), mais également une réduction du bruit lors d'une approche à très forte pente. En effet, plus
besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires,...) alors d'une poussée des réacteurs ou d'un freinage
aérodynamique (L'aérodynamique est une branche de la dynamique des fluides qui porte sur la compréhension et l'analyse des écoulements d'air, ainsi qu'éventuellement sur leurs effets sur des éléments solides qu’ils...). En outre, avec ce type d'approche, il est possible d'anticiper la diminution de la
vitesse (La vitesse est une grandeur physique qui permet d'évaluer l'évolution d'une quantité en fonction du temps.) d'
atterrissage (Au sens étymologique, le terme atterrissage désigne le fait de rejoindre la terre ferme. Il recouvre cependant des notions différentes suivant qu'il est...) et de réduire ainsi les distances et, par conséquent, la
longueur (La longueur d’un objet représente la distance entre deux de ses extrémités, les plus éloignées possibles. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est souvent celle de l’objet complètement développé.) des pistes.
Quatrième concept, des opérations au sol à faibles émissions. Airbus envisagent des
moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique ou travail.[réf. nécessaire]) coupés plus tôt, des pistes dégagées plus rapidement et, par conséquent la réduction des émissions engendrées par les opérations au sol.
Quant au cinquième concept, il concerne l'alimentation en énergie des infrastructures et des avions de demain. Afin de garantir l'approvisionnement et réduire l'empreinte environnementale, l'avionneur européen parle de la nécessité d'utiliser des biocarburants et toute autre source d'énergie alternative. Introduites à
grande échelle (La grande échelle, aussi appelée échelle aérienne ou auto échelle, est un véhicule utilisé par les sapeurs-pompiers, et qui emporte une échelle escamotable de...), les énergies renouvelables régionales proches des aéroports permettront ainsi d'alimenter les appareils mais de satisfaire aussi aux exigences des infrastructures de manière durable.