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Posté par Adrien le Jeudi 13/12/2012 à 00:00
Manger moins gras engendre des symptômes de sevrage et de dépression
Même avant que l'obésité se manifeste, consommer des aliments gras et sucrés occasionne des modifications chimiques dans le cerveau. Suivre un régime pourrait donc provoquer des symptômes similaires à ceux du sevrage de drogue, selon une étude publiée aujourd'hui par Stephanie Fulton, Ph. D., de la Faculté de médecine et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par...) du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM). « En travaillant avec les souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie...), dont le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses...) est comparable à bien des égards à celui des humains, nous avons découvert que la neurochimie des animaux ayant consommé des aliments à teneur élevée en gras et en sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce extraite de la canne à sucre" (Chrétien de Troyes, Le Chevalier au lion). Il est majoritairement formé d'un composé...) était différente de celle des animaux ayant bénéficié d'une alimentation saine, explique madame Fulton. Les substances chimiques modifiées par le régime sont associées à la dépression. Un changement de régime cause ensuite des symptômes de sevrage et une sensibilité accrue aux situations stressantes. C'est ainsi qu'un cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est appelée rayon du cercle. Celui-ci...) vicieux de mauvaises habitudes alimentaires s'installe ».

L'équipe de recherche a nourri un groupe de souris avec des aliments à faible teneur en gras et un deuxième groupe avec des aliments à teneur élevée en gras pendant six semaines, en surveillant (Un surveillant ou conseiller d’éducation ou assistant d’éducation, est une personne qui travaille dans les collèges et lycées. Cet emploi est fréquemment exercé par des jeunes étudiants, le...) comment les différents aliments influaient sur le comportement des animaux. Les lipides représentaient 11 % des calories du régime faible en gras et 58 % du régime riche en gras. Les animaux ayant suivi ce dernier régime ont vu leur tour de taille augmenter de 11 %, sans pour autant devenir obèses. Madame Fulton et ses collègues ont ensuite utilisé différentes techniques scientifiquement reconnues pour évaluer la relation entre le fait de récompenser les souris avec de la nourriture et les comportements et émotions qui en résultent. Les chercheurs ont examiné le cerveau des souris pour déterminer les modifications.

Les souris nourries d'aliments à teneur élevée en gras ont démontré des signes d'anxiété, notamment en évitant les espaces ouverts. En outre, leur cerveau avait été physiquement altéré par leur expérience. Les chercheurs se sont notamment intéressés à la dopamine, une molécule présente dans le cerveau qui permet à ce dernier de nous récompenser par des sentiments agréables, nous encourageant ainsi à apprendre certains types de comportement. Cette substance chimique est la même chez les humains que chez les souris et les autres animaux.

De son côté, le CREB est une molécule qui gère l'activation (Activation peut faire référence à :) des gènes participant au fonctionnement de notre cerveau, notamment ceux qui déclenchent la production de dopamine. Il contribue aussi à la formation des souvenirs. « Le CREB est beaucoup plus activé dans le cerveau des souris nourries aux aliments riches en gras et celles-ci présentent aussi des niveaux plus élevés de corticostérone, une hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs...) associée au stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage...). Cela explique tant la dépression que le cycle de comportement négatif, souligne madame Fulton. Il est intéressant de constater que ces changements se produisent avant l'obésité. Ces résultats ébranlent notre compréhension de la relation entre l'alimentation, le corps et l'esprit. Ils donnent matière à réflexion sur la façon dont nous pouvons soutenir psychologiquement les personnes qui cherchent à adopter de saines habitudes alimentaires, peu importe leur corpulence ».

À propos de cette étude

L'étude a été publiée dans l'International Journal of Obesity et la recherche a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, l'Association canadienne du diabète et la Fondation canadienne pour l'innovation. Madame Fulton et son équipe font partie d'un réseau de recherche dont les membres travaillent conjointement à étudier les raisons biologiques de l'obésité et des troubles qui y sont associés, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certains cancers et, bien sûr, la dépression. Elle travaille au Centre de recherche du diabète de Montréal, un établissement affilié au CRCHUM et à quatre universités montréalaises, qui réunit des installations pour la recherche clinique, la recherche en biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle des êtres vivants...) cellulaire et en microscopie (La microscopie est l'observation d'un échantillon (placé dans une préparation microscopique plane de faible épaisseur) à travers le microscope. La microscopie permet de rendre visible des...) ainsi que la recherche sur la physiologie des rongeurs.

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Source: Université de Montréal
 
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