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Posté par Isabelle le Mercredi 19/12/2012 à 12:00
Dépression : prévenir l'absence et gérer le retour au travail

Le professeur Marc Corbière
Selon l'Organisation mondiale de la santé, la dépression sera la première cause d'incapacité au travail d'ici 2020. Le professeur Marc Corbière, chercheur au Centre d'action en prévention et réadaptation (En ergothérapie, la réadaptation est le processus visant à réduire les incapacités d'une personne. La réadaptation s'inscrit dans la suite logique :...) de l'incapacité au travail (CAPRIT), s'est penché sur les perceptions et actions de divers acteurs clés de l'organisation (Une organisation est) du retour au travail de travailleurs s'étant absentés pour une dépression. Le 23 novembre avait lieu la 1re Journée thématique de la Chaire de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) en réadaptation, journée au cours de laquelle le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) et ses collègues ont dévoilé plusieurs résultats permettant justement d'élargir notre compréhension en lien avec le retour au travail après une dépression.

L'importance d'un retour bien orchestré

L'un des principaux objectifs de l'étude menée par le chercheur était de tenter de comprendre les facilitateurs et obstacles à un retour au travail réussi. "Ces résultats préliminaires nous permettent tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) d'abord de comprendre comment ce retour est perçu et vécu de la part de quatre acteurs principaux, soit le gestionnaire, l'employeur (ou responsable en ressources humaines), le syndicat et la personne elle-même, explique le professeur Corbière. Par la suite, on a pu observer l'importance de la concertation entre les différents acteurs et leur rôle complémentaire dans le processus de retour au travail."

Au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le total n'est...), 219 organisations québécoises ont été consultées. Parmi celles-ci, 80 % ont eu à composer avec un cas de problème de santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable, efficace et à faire face...), notamment la dépression.

Cinq constats

"En résumé, les cinq constats auxquels nous sommes arrivés relèvent l'importance de savoir identifier les signes précurseurs de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.), de conserver le lien employeur-employé pendant l'absence, de bien préparer l'accueil lors du retour au travail, de planifier si nécessaire des accommodements au retour et de sensibiliser les organisations aux besoins de formation", dit le chercheur principal.

Dans le cas des signes précurseurs, on peut par exemple tenter de bien cerner le présentéisme (présent physiquement mais psychiquement absent) afin de pouvoir proposer des accommodements avant même de penser à un départ, et ce, dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu traditionnellement de l'analyse...) de prévention (La prévention est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une situation (sociale, environnementale, économique..) ne...). Bien souvent, l'état de la personne se détériore sans que quiconque n'ait rien perçu. Le travailleur peut être ignorant de son état, avoir peur d'être jugé ou même vouloir demeurer à son poste pour des raisons économiques.

Pour ce qui est de conserver le lien avec l'employé pendant son absence, c'est souvent le rôle du supérieur immédiat, mais un coordonnateur de retour au travail peut aussi s'en charger, rôle qui pourrait d'ailleurs être mieux précisé dans les organisations. L'important, c'est de conserver un lien qui permet de mettre le rétablissement de la personne au cœur de la discussion et non le retour comme tel, l'objectif étant de rassurer l'employé et non pas de lui mettre de la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.).

En ce qui concerne le retour au travail proprement dit, la façon d'organiser l'accueil est importante. Une discussion une semaine à l'avance pour bien préparer le retour est de mise, ainsi qu'une bonne interprétation des limitations médicales, question de bien préparer la réorganisation et le réaménagement du poste de travail si nécessaire.

"Il est extrêmement important de planifier le retour au travail. Il ne faut pas attendre le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du...) J pour agir, affirme le chercheur. Par exemple, il est inacceptable qu'un employé qui revient au travail trouve un surnuméraire à sa place ou qu'un gestionnaire ne sache même pas que son employé revient ce jour-là. L'organisation de l'accueil est essentielle."

Tous les accommodements reliés au travail, en lien avec les horaires ou les tâches, doivent être planifiés, priorisés, implantés, évalués et objets de suivi, toujours en vérifiant leur faisabilité avec le gestionnaire. Le tout est évidemment envisagé avec la personne concernée, en considérant également plusieurs facteurs connexes, comme l'ouverture ou les perceptions des collègues et la façon dont le départ s'est passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur le présent. L'intuition...).

Les détails du dernier constat touchent les besoins de formation. Quelque 85 % employeurs ou conseillers en ressources humaines ont identifié qu'ils avaient besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires...) de formation notamment sur la façon de reconnaître les symptômes et de faire la différence entre maladie et problème de performance. L'une des dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une...) sur laquelle plus de 90 % des personnes interrogées ont mentionné désirer de la formation est en lien avec les accommodements.

Modèle médical: oui mais...

Pour favoriser un retour au travail réussi, on préconise une approche bio-psycho-sociale, c'est-à-dire qui tienne compte de plusieurs aspects, afin d'élargir les bases de la compréhension. On s'éloigne du modèle médical. Selon la littérature, les stéréotypes ou préjugés ont un impact sur les attitudes favorables (ou non) des gestionnaires envers l'employé lors du retour après une absence due à une dépression.

"En réalité, il y a une étape entre les deux, avance Marc Corbière. Une attitude favorable de la part des employeurs lors d'un retour est prédéterminée dans un premier temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) par les représentations des employés en contexte de travail, lesquelles sont elles-mêmes assujetties aux attitudes générales de départ, soit les stéréotypes de base. Alors non seulement il faut agir sur les attitudes générales de base mais également sur les attitudes spécifiques en contexte de travail."

Après avoir documenté selon quatre perspectives les éléments facilitants et gênants d'un retour au travail après une dépression, l'équipe a ainsi pu livrer ses conclusions. "On doit répondre aux besoins de formation identifiés. On soumettra un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...) de formation à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical...) de recherche Robert-Sauvé en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) et en sécurité du travail (IRSST) en 2013, et un rapport sera soumis fin février à l'IRSST concernant le volet syndical de l'étude. On soumettra également quelques articles pour publication en lien avec cette étude", conclut le professeur Corbière.

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Source: Université de Sherbrooke - Vicky Gauthier