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Posté par Isabelle le Mercredi 26/12/2012 à 12:00
La dystrophie musculaire oculopharyngée mieux comprise

L'étudiante Anne-Marie Landry-Voyer et le professeur François Bachand.
Photo: Robert Dumont
L’équipe de François Bachand, professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et chercheur au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) clinique Étienne-Le Bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour exprimer la puissance du son. Grandeur sans dimension en...) du CHUS, vient de faire une percée majeure dans la compréhension de la dystrophie musculaire oculopharyngée (DMOP). Actuellement répertoriée dans plus de 35 pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²),...), cette maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) a une forte prévalence dans la population québécoise et affecterait environ 1 personne sur 1000.

Connue pour entraîner une chute des paupières et des difficultés de déglutition chez les patients atteints, la DMOP est causée par des mutations dans le gène codant pour la protéine PABPN1. Toutefois, la base moléculaire par laquelle ces mutations entraînent la DMOP reste encore inconnue, mais les travaux du laboratoire de François Bachand ont permis d’identifier une nouvelle fonction pour la protéine PABPN1.

En utilisant une nouvelle approche génomique de séquençage à haut débit (RNA-seq), ils ont pu comparer les niveaux d’expression de tous les gènes dans des cellules normales ainsi que dans des cellules déficientes en PABPN1. Ils n’ont remarqué que très peu de changement au niveau de l’expression des ARN messagers (ARNm) qui sont intermédiaires entre le gène et les protéines (macromolécules de la cellule accomplissant les réactions chimiques nécessaires d’un être vivant).

Toutefois, et de façon inattendue, les résultats de séquençage à haut débit ont révélé que le manque de PABPN1 dans les cellules humaines entraîne une accumulation de plusieurs ARN non codants, contrairement au concept selon lequel cette protéine ne fonctionne exclusivement que via les ARN messagers. Les ARN non codants représentent une nouvelle classe d’ARN qui participe au fonctionnement des cellules tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en n’exprimant pas de protéines.

La découverte d’une fonction pour PABPN1 dans la régulation des ARN non codants soulève donc la possibilité que la dystrophie musculaire oculopharyngée est causée par des défauts dans l’expression d’ARN non codants, une hypothèse à l’étude par l’équipe du professeur Bachand. Leurs travaux feront aussi progresser notre compréhension sur les fonctions cellulaires des ARN non codants, qui a été décrit comme la «matière noire du génome». Bien que nous sommes maintenant en mesure de détecter sa présence, ses fonctions et activités restent mal comprises.

Les travaux ont été publiés le 15 novembre 2012 dans PLoS Genetics, une des revues les plus renommées en génétique humaine. L’étudiante à la maîtrise Anne-Marie Landry-Voyer, du Département de biochimie, a grandement contribué à cette découverte en participant à l’élaboration de l’approche permettant de mesurer les niveaux d’expression de tous les ARN à l’échelle du génome humain.

Lire l'article complet (en anglais): http://www.plosgenetics.org/article/inf ... en.1003078

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Source: Université de Sherbrooke - Antoine Lescarbeau
 
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