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Posté par Michel le Samedi 12/01/2013 à 00:00
La signature géologique des forts séismes himalayens de 1255 et 1934
Une équipe de chercheurs français, népalais et singapouriens, impliquant le CEA et le CNRS, a pu mettre à jour l'existence de ruptures de surface liées à une très forte activité sismique, le long de la faille bordière de l'Himalaya. Des chroniques historiques témoignent de l'existence de très forts séismes passés, notamment en 1255 et 1934, sans qu'aucune trace (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la...) géologique en surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure, sa...) n'y soit corrélée. La découverte de ruptures de surface liées à ces évènements va permettre d'étudier la périodicité des forts tremblements de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus...) dans la région, pour mieux comprendre l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) géologique du secteur et améliorer la prévention (La prévention est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une situation (sociale, environnementale, économique..) ne se dégrade, ou qu'un accident, une...) des risques encourus par les populations. Ces résultats sont publiés en janvier dans la revue Nature Geoscience.


Figure 1: Carte de la faille frontale himalayenne et des épicentres des forts séismes Himalayen les plus récents (dernier siècle). Les rectangles noirs représentent la région investiguée (grand rectangle) et la zone cartographiée en détail avant excavation.
© L. Bollinger

Des millions de personnes sont exposées à de très forts séismes tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le long de l'Himalaya (figure 1). L'étude du comportement de la faille qui les produit, dimensionnant pour partie l'évaluation du risque sismique, est donc cruciale pour les populations locales. L'étude des séismes dans la région butait sur une difficulté frustrante: en l'absence de découverte de ruptures de surfaces, la position des failles qui les ont produites était inconnue. Il était donc difficile d'estimer leur puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) et leur fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot...).

En réalisant des tranchées dans la zone où la faille doit atteindre la surface (figure 2), les chercheurs sont parvenus à mettre à jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...) deux ruptures de surface sismique affectant des sédiments de rivières récents. Ces traces géologiques, témoignages des séismes historiques suffisamment puissants pour affecter la surface de la Terre, ont été identifiées par une cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la représentation de...) géologique détaillée entreprise dans le sud-est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.) du Népal. Les charbons de bois prélevés dans les dépôts sédimentaires affectés par la rupture (Ruptures est le second album de la série de science-fiction Orbital constituée de diptyques, dessiné par Serge Pellé et écrit...) sismique ont été datés au carbone 14 (Le carbone 14 est un isotope radioactif du carbone, noté 14C.). Ces datations révèlent que ce segment de la faille frontale himalayenne a été activé par deux fois depuis le 13e siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée...):

• la première rupture est attribuée au grand séisme himalayen de 1255 qui dévasta Katmandu et blessa mortellement le roi du Népal Abhaya Malla ;
• la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est...) correspond au séisme de magnitude 8,2 du 15 janvier 1934. Cette découverte laisse supposer que d'autres grands séismes historiques himalayens ont probablement produit des ruptures de surface qu'il reste à déchiffrer. C'est un enjeu majeur pour la communauté scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) qui trouve dans cette région un laboratoire exceptionnel d'étude du cycle sismique.


Figure 2: Tranchée paléosismologique de 43 m de long excavée au travers de l'escarpement sismique (Népal). Les ruptures de 1255 et 1934 ont pu être datées indirectement dans cette tranchée après prélèvements de charbons de bois déposés dans les sédiments affectés par les failles.
© L. Bollinger


Référence:

Primary surface ruptures of the great Himalayan earthquakes in 1934 and 1255, S. N. Sapkota, L. Bollinger, Y. Klinger, P. Tapponnier, Y. Gaudemer and D. Tiwari,
doi:10.1038/ngeo1669


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Source: CNRS