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Posté par Michel le Dimanche 13/01/2013 à 00:00
La protéine origine de la maladie de Huntington des tumeurs mammaires
Connue pour être responsable de la maladie de Huntington, une maladie neurodégénérative, la protéine huntingtine mutée est également impliquée dans la progression et l'agressivité des tumeurs mammaires. C'est le résultat des études menées par l'équipe de Sandrine Humbert (1), directrice de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) Inserm à l'Institut Curie, et publiées le 9 janvier 2013 dans le journal EMBO Molecular Medicine. Au niveau cellulaire, la protéine huntingtine mutée empêche le bon fonctionnement du récepteur de type HER2 (2) dont la surexpression conduit à une multiplication des cellules tumorales et à une survenue plus fréquente des métastases.

L'équipe de Sandrine Humbert montre pour la première fois que la protéine huntingtine est exprimée dans le tissu mammaire sain ainsi que dans les tumeurs mammaires. "De plus nous révélons que l'expression de la huntingtine mutante dans les tumeurs mammaires rend la tumeur plus agressive, en particulier parce que celle-ci développe davantage de métastases" explique Sandrine Humbert. Cette particularité tire son origine du lien existant entre la protéine huntingtine et le récepteur HER2. Placées à la surface (Il existe de nombreuses acceptions au mot surface, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, souvent abusivement confondu avec sa mesure - l'aire ou la superficie.) de la cellule, les protéines HER2 agissent comme des "interrupteurs" et maintiennent l'équilibre entre multiplication, division et réparation cellulaires. À l'inverse, dans certaines cellules tumorales, ces "interrupteurs" sont en nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) trop important avec pour conséquence une multiplication anarchique des cellules, ce qui joue un rôle capital sur le pronostic et le traitement de la maladie.


© C. Moreira Sousa/Institut Curie


Dans cette cellule cancéreuse mammaire, on peut observer le récepteur Her2 (vert) et la dynamine localisée sous la membrane (rouge). Lorsque la huntingtine mutante (en bas) est exprimée, la dynamine présente une localisation plus diffuse, partiellement nucléaire (bleu) et la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un groupe de choses.) d'Her2 à la membrane est augmentée. En haut, cellule cancéreuse où la protéine huntingtine n'est pas mutée.
Barre d'échelle: 10 micromètres
© C. Moreira Sousa/Institut Curie

"Notre travail établit que la protéine huntingtine mutante interfère avec le bon fonctionnement du récepteur HER2, provoquant ainsi son accumulation au niveau de la membrane. Cette accumulation active des voies de signalisation induisant des métastases", précise Sandrine Humbert.

Pour arriver à cette conclusion, l'équipe de chercheurs, en collaboration avec des médecins de l'Institut Curie et de l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, a travaillé à la fois sur des modèles de souris combinant l'affection neurodégénérative et un cancer du sein, et sur des cellules. L'approche cellulaire a permis de montrer l'effet de la huntingtine sur la sévérité du cancer en induisant une suractivation de la voie de signalisation HER2. La protéine huntingtine mutante perturbe la fonction d'une autre protéine, la dynamine, ce qui conduit à une accumulation du récepteur HER2 à la surface de la cellule.

Notes:

(1) Sandrine Humbert est chef de l'équipe "Huntingtine, neurogenèse et cancer" dans l'unité Signalisation, neurobiologie et cancer Institut Curie/CNRS/Inserm

(2) Récepteur humain au facteur de transcription EGF (Human Epidermal Growth Factor Receptor-2)

Référence:

The Huntington disease protein accelerates breast tumor development and metastasis through ErbB2/HER2 signaling.
C. Moreira Sousaet al. EMBO Molecular Medicine, 9 janvier 2013


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Source: CNRS