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Posté par Michel le Mercredi 30/01/2013 à 12:00
Comprendre la causalité entre deux évènements, un "réflexe" visuel ?
Quelle structure cérébrale est impliquée dans la compréhension visuelle de la causalité ? Aucune: c’est notre système visuel et non un mécanisme cognitif complexe qui nous permet de comprendre qu’un objet bouge à cause d’un autre objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui...) (par exemple lorsqu’une boule de billard se déplace parce qu’une autre boule de billard l’a poussée). C’est ce que vient de découvrir une équipe internationale de chercheurs impliquant le laboratoire de psychologie de la perception (Université Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin...) Descartes, CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), ENS). Ces résultats sont publiés sur le site de la revue Current Biology.

A tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) moment, nous réalisons des jugements visuels rapides de causalité -une balle renverse un verre (Le verre, dans le langage courant, désigne un matériau ou un alliage dur, fragile (cassant) et transparent au rayonnement visible. Le plus souvent, le verre est constitué d’oxyde de silicium (silice SiO2) et de...) sur une table-, de reconnaissance (entre par exemple une chose inerte (Inerte est l'état de faire peu ou rien.) ou vivante), ou de compréhension des intentions d’autrui. Ces raisonnements sont complexes, c’est pourquoi la plupart des scientifiques pensent que des structures cognitives importantes sont nécessaires pour les réaliser. D’un autre côté, ils se font tellement rapidement et sans effort, qu’ils pourraient finalement être « intuitifs ».

Les équipes de Patrick Cavanagh (Université Paris Descartes, CNRS), Rolfs, (Université Humboldt de Berlin), Michael Dambacher (Université de Constance) ont mis fin à cette question: la causalité peut être interprétée seulement par le système visuel. « Nous avons démontré que nos yeux peuvent évaluer rapidement une situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans...) de cause à effet sans l’aide de notre système cognitif », explique Patrick Cavanagh, professeur dans le laboratoire de psychologie de la perception (Université Paris Descartes, CNRS, ENS).

Deux composantes sont nécessaires pour définir une situation de causalité, par exemple une boule de billard en touche une autre qui se déplace ensuite. Les événements doivent se succéder rapidement et nécessitent généralement un contact. De plus, ils doivent être perçus comme un seul événement: plutôt que de voir un objet bouger puis s’arrêter et un autre objet se déplacer par lui-même, il y a une continuité du mouvement qui est transféré du premier objet au second.

Pour tester comment le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue...) détermine la causalité, les scientifiques ont utilisé un procédé dit d’adaptation, souvent utilisé dans les études du mécanisme neuronal impliqué dans les facultés visuelles. Une expérience optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) de ce type est bien connue: en fixant une tâche rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.), pendant quelques secondes, puis un mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue avec un spectre lumineux continu, d'où l'image...), on voit une tâche verte, l’œil s’est « adapté » à la tâche rouge.

Les chercheurs ont constaté qu’après une exposition répétée à des événements de causalité – ici collisions de deux objets– les épreuves test apparaissent comme ayant moins de lien de causalité. A l’inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y = y·x = 1, si 1 désigne...), l’adaptation avec des événements non-causals a eu peu d’effet. Cela indique que certains jugements de causalité seraient déterminés par le système visuel et ne feraient pas appel à des mécanismes cognitifs complexes. De plus, le test bouge quand les yeux bougent, exactement comme pour la tâche verte qui apparaît suite à l’exposition à une tâche rouge. Seul le processus visuel et non un mécanisme cognitif peut expliquer cette spécificité.

« Il reste à distinguer les types de jugements qui demandent un processus cognitif particulier de ceux qui ne font appel qu’au système visuel » précise Martin Rolfs, professeur à l’Université Humboldt de Berlin.


Référence:

Visual Adaptation of the Perception of Causality - Martin Rolfs, Michael Dambacher, Patrick Cavanagh
Current Biology, 10 January 2013


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Source: CNRS
 
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