Houblon - Illustration: Dr. Hagen Graebner/licence Creative Commons
Depuis une dizaine d'années, plusieurs études laissent penser que certaines molécules présentes dans la bière pourraient avoir un intérêt thérapeutique contre diverses pathologies comme certains cancers, le diabète, la prise de
poids (Le poids d'un corps nu ou force de pesanteur est la force exercée sur un corps (de masse m) immobile dans le référentiel terrestre (c’est-à-dire, lié à...) ou encore l'inflammation. Une nouvelle étude, publiée dans la revue
Angewandte Chemie International Edition, vient confirmer cette information, ce qui pourrait ouvrir la voie au développement de nouveaux médicaments.
Pour fabriquer de la bière, il faut mélanger de l'
eau (L’eau (que l'on peut aussi appeler oxyde de dihydrogène, hydroxyde d'hydrogène ou acide hydroxyque) est un composé chimique simple, mais avec des propriétés complexes à cause de sa...) chaude et du malt, passer le
mélange (Un mélange est une réunion de deux ou plusieurs substances.) par différents processus chimiques aboutissant à un jus sucré, porter ce jus à
ébullition (L’ébullition est la formation de bulles lors d’un changement violent d’un corps de l’état liquide vers l’état vapeur. Ce phénomène est une vaporisation.), y ajouter du
houblon (Le houblon (Humulus lupulus) est également appelé : vigne du Nord, couleuvrée septentrionale, salsepareille indigène.) et brasser le tout. Des molécules du houblon (les humulones, dérivées de la lupuline) issues du brassage donnent à cette boisson sa mousse caractéristique et son goût amer, et présentent des propriétés antioxydantes et antibactériennes. Ce sont justement ces humulones qui auraient le pouvoir de contribuer à traiter diverses pathologies.
Toutefois, avant de s'en servir pour fabriquer des médicaments, il faut déterminer la structure de chacun de ses composés. C'est ce qu'ont fait des chercheurs de l'
université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Peirce[1], un philosophe américain...) de Washington, afin de comprendre les réactions de ces molécules. Les chercheurs ont réussi à déterminer la structure exacte de ces molécules et de leurs dérivés en utilisant la cristallographie par rayons X.
Ils ont découvert que, lors du brassage, la lupuline subit une transformation: son cycle habituel de six
atomes (Un atome (du grec ατομος, atomos, « que l'on ne peut diviser ») est la plus petite partie d'un corps simple pouvant se...) de
carbone (Table complète - Table étendue) n'en contient plus que cinq après le brassage. Après le processus, la molécule peut s'agencer de quatre manières différentes (deux groupes latéraux pouvant venir se placer au dessus ou en dessous de l'anneau formé par le cycle). C'est en déterminant quel agencement peut réagir avec tel ou tel autre composé, qu'il sera possible de savoir si cette molécule peut entrer dans la composition d'un médicament.
Espérons que cette découverte permette la mise au
point (Graphie) de nouveaux traitements. Cette boisson paraît décidément pleine de ressources: en 2011 une autre étude démontrait que le sillicium qu'elle contient pourrait être bénéfique contre l'ostéoporose, et en 2006 nous évoquions que ce même sillicium pourrait prévenir le développement de démence (voir notre article
ici). Quoi qu'il en soit, amateurs de bière, ne vous réjouissez pas trop vite: la boisson elle-même (surtout sans modération) n'est toujours pas préconisée pour améliorer votre santé: seules certaines molécules prises en petite
quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur...) et de manière isolée pourraient s'avérer bénéfiques !
Auteur de l'article: Cédric DEPOND