
Comment un rongeur qui se trouve au Brésil arrive-t-il à communiquer avec son alter ego américain, et qui plus est, se trouve à des milliers de kilomètres de lui ? Par "télépathie"... Des chercheurs en neuroscience de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et du Brésil y sont parvenus, avec l'aide de la
technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :). En effet, ils ont fait l'expérience sur deux rats qui arrivent à communiquer sans que ceux-ci ne soient en contact. L'étude a été publiée la revue britannique
Nature Scientific Reports .
Dans le cadre de cette étude
scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes...), des chercheurs ont montré qu'il est possible de transmettre des informations en
temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment...) réel entre deux cerveaux connectés. Et pourtant, des
kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299 792 458 seconde.) les séparent, l'un étant aux Etats-Unis et l'autre au Brésil. En effet, les deux rats réussissent à communiquer grâce aux électrodes implantées dans leur cerveau. Les chercheurs arrivent à transférer via
Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services comme le courrier électronique et le World Wide Web. Ses utilisateurs sont...) l'
activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) du cerveau du rat codeur (qui envoie l'information) dans le cerveau du rat décodeur (qui la reçoit).
L'expérience que les chercheurs ont effectuée a consisté en la résolution d'une énigme. Le rat codeur doit activer un
interrupteur (Un interrupteur (dérivé de rupture) est un dispositif ou organe, physique ou virtuel, permettant d'interrompre ou d'autoriser le passage d'un flux. Il ne faut pas confondre l'interrupteur qui permet...) parmi deux au choix, au moment où une
lumière (La lumière désigne les ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 0,38 à 0,78 micron (380 nm à 780 nm ; le symbole nm désigne le nanomètre). La lumière est intimement...) s'allume au-dessus de celui-ci. Quand il réussit, le rat reçoit une récompense. Situé à distance, le rat décodeur se trouve face au même équipement, sauf qu'il n'y a pas la lumière indiquant sur quel bouton appuyer. Il lui est donc impossible de connaître la réponse... mais cette dernière lui est transmise directement dans son cerveau par le rat codeur. Le taux de réussite est de 70%.
Un résultat qui pourrait ouvrir une porte sur le traitement des personnes souffrant de paralysie, mais aussi celles atteintes du syndrome d'enfermement. Une grande première mondiale !
Néanmoins, le chemin est encore long, puisque l'expérience sur l'être humain ne semblerait pas aussi facile à mener que pour celle faite sur les rats de laboratoire, notamment pour des raisons éthiques. L'
implantation (Le mot implantation peut avoir plusieurs significations :) d'électrodes exigerait des interventions chirurgicales. Par ailleurs les signaux cérébraux envoyés pourraient ne contenir que des informations brutes, ce qui empêcherait d'avoir des pensées abstraites.
Référence:
"A Brain-to-Brain Interface (Une interface est une zone, réelle ou virtuelle qui sépare deux éléments. L’interface désigne ainsi ce que chaque élément a besoin de connaître de l’autre pour pouvoir fonctionner correctement.) for Real-Time Sharing of Sensorimotor Information" ; Miguel Pais-Vieira, Mikhail Lebedev, Carolina Kunicki, Jing Wang et Miguel A. L. Nicolelis ; Nature Scientific Reports 3, 28 février 2013, Article number:1319doi:10.1038/srep01319.
Pour plus d'information voir cette étude http://www.nature.com/srep/2013/130228/ ... 01319.html