Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Partenaires
Organismes
 CEA
 ESA
Sites Web
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Michel le Samedi 16/03/2013 à 00:00
Une étrange créature qui constitue un chaînon manquant

Deux spécimens de Harrimania planktophilus, un ver entéropneuste (harrimaniid) moderne. Proboscis – à gauche. Longueur totale d'un animal au repos, déroulé: environ 32 mm. Photo: C. B. Cameron, Université de Montréal
Christopher Cameron du Département de sciences biologiques de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires internationales. Montréal...) et ses collègues ont fait une découverte scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) d'importance majeure : une étrange créature évoquant un phallus, mise au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...) dans le gisement de fossiles des schistes de Burgess du Canada, situé dans le parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la promenade ou à l’agrément. Il...) national Yoho. Les fossiles ont été trouvés dans une section du gisement vieille de plus de 505 millions d'années.

Leur étude, publiée dans l'édition en ligne de Nature, le 13 mars 2013, confirme que le Spartobranchus tenuis fait partie de la famille du ver (Les vers constituent un groupe très hétérogène d'animaux invertébrés qui partagent une caractéristique commune, à savoir un corps mou, flexible, de forme...) à gland, espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou dont il...) que l'on voit rarement et qui prospère aujourd'hui dans le sable (Le sable, ou arène, est une roche sédimentaire meuble, constituée de petites particules provenant de la désagrégation d'autres roches...) fin et la boue (En sédimentologie, la boue est un mélange d'eau et de particules sédimentaires fines de limons et d'argiles.) des eaux profondes et peu profondes. Le ver à gland fait lui-même partie des hémichordés, comprenant des espèces marines étroitement reliées aux étoiles de mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) et aux oursins actuels. "Contrairement aux animaux dotés d'éléments durs comme des dents, des écailles et des os, ces vers ont un corps mou, alors il est extrêmement rare d'en trouver des fossiles, a affirmé l'auteur Christopher Cameron, de l'Université de Montréal. Notre description du Spartobranchus tenuis, créature jusqu'alors inconnue du monde (Le mot monde peut désigner :) scientifique, ajoute 200 millions d'années aux registres fossiles des entéropneustes, les faisant remonter jusqu'à la période cambrienne, ce qui change fondamentalement notre compréhension de la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des...) de cette période."

Depuis la découverte des hémichordés au 19e siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération...), les plus grandes questions au sujet de l'évolution de ce groupe étaient centrées sur leurs origines et les relations entre leurs deux principales branches : les entéropneustes et les ptérobranches, incluant les graptolites. "L'un des moments forts de mes recherches universitaires a été de prouver au niveau moléculaire que les entéropneustes et les ptérobranches sont étroitement reliés," a déclaré M. Cameron, spécialiste des questions de taxonomie, d'évolution et de biogéographie (La biogéographie est une branche de la géographie physique et de l'écologie qui étudie la vie à la surface du globe par des analyses descriptives et explicatives de la répartition des...) des hémichordés.

"Il est incroyable de voir à quel point (Graphie) les Spartobranchus tenuis fossilisés sont similaires aux vers à gland d'aujourd'hui, à l'exception du fait qu'ils formaient aussi des tubes fibreux". Ces tubes constituent le chaînon manquant, qui relie les deux principales familles d'hémichordés. "La radiation (Le rayonnement est un transfert d'énergie sous forme d'ondes ou de particules, qui peut se produire par rayonnement électromagnétique (par exemple : infrarouge)...) explosive des graptolites dans les écosystèmes planctoniques de l'ère paléozoïque est un fait connu seulement en raison de la diversité de leurs tubes. Nos découvertes suggèrent que les tubes ont disparu de la lignée menant aux entéropneustes actuels, mais qu'ils ont évolué chez les graptolites et qu'ils ont été conservés jusqu'à ce jour chez les ptérobranches," a ajouté M. Cameron.

Les hémichordés partagent aussi bien des caractéristiques avec les chordés - un groupe d'animaux qui inclut les humains, le mot hémichordé pouvant d'ailleurs se traduire librement par "une moitié de chordé".


Espèce non décrite d'un ver entéropneuste (ptychodera) moderne. Longueur totale d'un animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de...) au repos, déroulé: environ 88 mm. Photo: C. B. Cameron, Université de Montréal
"Les travaux effectués à mon laboratoire ont démontré que les entéropneustes filtreurs s'alimentent grâce à leur pharynx perforé de fentes branchiales, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme les chordés invertébrés", a ajouté M. Cameron. Les Spartobranchus tenuis se nourrissaient probablement de petites particules tirées d'éléments filtrés depuis l'eau de mer (L'eau de mer est l'eau salée des mers et des océans de la Terre.). "On en trouve des milliers de spécimens à la carrière Walcott, dans le parc national Yoho, alors il est possible que les Spartobranchus tenuis aient joué un rôle important dans le transfert du carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.) de la colonne d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) aux sédiments dans l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme...) initial des schistes de Burgess", a déclaré M. Cameron.

Une analyse détaillée suggère que les Spartobranchus tenuis avaient un corps flexible, composé d'un proboscis court, d'un collet et d'un étroit tronc (Un tronc peut être :) allongé se terminant par un appendice bulbeux, qui pourrait avoir servi d'ancre. Les plus grands spécimens complets examinés mesuraient dix centimètres de longueur, leur proboscis comptant pour environ un demi-centimètre. Une grande partie de ces vers était préservée dans des tubes, dont certains étaient subdivisés, suggérant qu'ils servaient d'habitation.

Les autres membres de l'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) sur les Spartobranchus tenuis sont Jean-Bernard Caron, du Musée royal de l'Ontario, auteur principal de l'étude, et Simon Conway Morris, de l'Université de Cambridge.

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: Université de Montréal - William Raillant-Clark