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Posté par Michel le Mercredi 10/04/2013 à 00:00
À l'ère de l'informatisation du crime

Les policiers sont mieux équipés qu'avant pour lutter contre le cybercrime.
Aujourd'hui, dans la presque totalité des crimes, il y a une composante Internet. Que ce soit dans un cas de vol, d'intimidation, de pornographie juvénile, de diffamation, d'usurpation d'identité, de meurtre ou même de fusillade en milieu scolaire, il y a toujours un moment où Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web, en utilisant le protocole de...) a été utilisé. Ce qui fait dire à Francis Fortin, doctorant (Un doctorant est un chercheur débutant s'engageant, sous la supervision d'un directeur de thèse, dans un projet de recherche sur une durée variable selon les pays et...) à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, que nous sommes rendus à l'ère de l'«informatisation du crime».

Si le réseau des réseaux a complètement changé nos vies, on peut affirmer sans exagérer qu'il a aussi modifié considérablement le monde (Le mot monde peut désigner :) du crime et, par le fait même, celui des enquêtes policières. «Même les crimes les plus traditionnels possèdent à présent un volet techno. Prenons l'exemple du vandalisme, un méfait classique par excellence. De nos jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...), le vandale ne se contentera pas de saccager, il va se filmer ou se faire filmer en pleine action. Cela s'observe aussi dans les crimes plus graves, où l'on peut trouver dans certains cas des éléments de preuve dans les réseaux sociaux et ainsi de suite», constate M. Fortin, qui travaille depuis 12 ans dans le domaine de la sécurité et des enquêtes dans Internet.

Pour comprendre toutes les implications de la révolution Web en criminologie, Francis Fortin vient de publier un ouvrage de référence, Cybercriminalité: entre inconduite et crime organisé, aux Presses internationales Polytechnique. Sur près de 400 pages, ce livre brosse (Une brosse est un outil fait d'un assemblage de filaments plus ou moins souples fixés sur une monture. Elles peuvent avoir différents usages :) un tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) quasi exhaustif de la question, abordant la plupart des nouvelles problématiques. «À ma connaissance, il s'agit du premier ouvrage de ce genre en langue française», déclare M. Fortin, qui a reçu l'appui de la Sûreté du Québec dans ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...).

Pour rédiger ce livre, M. Fortin a fait appel à des auteurs issus des milieux gouvernemental, policier et universitaire, tous considérés comme des experts des thèmes étudiés. Les diplômés et les professeurs de l'École de criminologie de l'UdeM y signent la majorité des textes. Parmi les collaborateurs, notons la présence de Benoît Dupont (DuPont, de son nom complet E.I. du Pont de Nemours et compagnie, est une entreprise américaine, fondée en juillet 1802 à Wilmington, dans le Delaware, par Eleuthère Irénée du Pont de Nemours.), professeur titulaire et directeur du Centre international de criminologie comparée, et de Jean-Pierre Guay, professeur agrégé et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les...) titulaire à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) Philippe-Pinel de Montréal.

S'adressant aux étudiants, policiers et procureurs, l'ouvrage se penche sur les usages problématiques d'Internet (atteinte à la réputation), les crimes touchant l'intégrité physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la...) et psychologique de la personne (leurre, pornographie juvénile et cyberintimidation), les crimes économiques (vol d'identité, piratage et fraude), les crimes contre la collectivité (menace de fusillade, propagande (La propagande désigne la stratégie de communication, dont use un pouvoir (ou un parti) politique ou militaire pour changer la perception d'événements, de personnes (propagande politique,...) haineuse, recrutement de membres pour groupes criminalisés) et les tendances à surveiller. «Tous les sujets sont traités de façon neutre, même les plus émotifs, comme la pornographie juvénile. Pour nous, il était important de ne pas émettre d'opinions», explique M. Fortin, aussi chargé de cours à l'École de criminologie ainsi qu'au certificat en cyberenquête à Polytechnique Montréal.

À lire cet ouvrage, on pourrait croire que la lutte contre le cybercrime (La cybercriminalité est une notion large qui regroupe « toutes les infractions pénales susceptibles de se commettre sur ou au moyen d’un système informatique...) est perdue d'avance, tellement la Toile est vaste et impossible à surveiller. Or, M. Fortin voit les choses autrement. «Il y a 10 ou 15 ans, Internet était le Far West. Le matériel de pornographie juvénile, pour prendre un exemple, circulait sans entraves, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. De nombreux outils existent pour contrer ce genre de crime», mentionne-t-il.

Selon M. Fortin, le principal obstacle dans la lutte contre la cybercriminalité reste, assez étonnamment, la crédulité des gens. «Imaginez, il y a encore des internautes qui répondent à des pourriels! Même si, au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le total...), la quantité de gens qui tombent dans le piège n'est pas très importante, cette proportion demeure assez grande pour que ce crime profite aux fraudeurs. Il y a constamment de l'éducation à faire», conclut-il.

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Source: Université de Montréal - Simon Diotte