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Posté par Michel le Mercredi 05/06/2013 à 00:00
Quand le mercure empêche la reproduction des mouettes arctiques
Une équipe de chercheurs franco- norvégiens, parmi lesquels Olivier Chastel, chercheur CNRS au Centre d'études biologiques de Chizé, vient de montrer que les taux élevés de mercure retrouvés chez les mouettes tridactyles du Spitzberg affectaient directement les hormones responsables de la reproduction chez ces oiseaux.


En Arctique, la pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) par le mercure, redoutable perturbateur endocrinien, inhibe la nidification
des mouettes tridactyles. ©Céline Clément-Chastel CEBC-CNRS

Bien qu'éloignées des grands centres industriels, les régions arctiques subissent de plein fouet les pollutions d'origine humaine, véhiculées jusqu'au pôle par les vents et les courants marins. Les travaux menés sur une colonie de mouettes tridactyles du Spitzberg par une équipe de biologistes franco-norvégiens, soutenus notamment par l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) polaire Paul-Emile Victor, ont relevé de fortes concentrations en mercure chez ces oiseaux et ont montré un effet direct de ce métal lourd (La notion d'élément-traces métalliques, ou ETM (anciennement métaux lourds), est actuellement une notion relativement floue, sans définition scientifique, technique ou juridique qui soit unanimement reconnue. A titre...) sur leur capacité à se reproduire. "On avait remarqué depuis plusieurs années qu'un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) important de couples ne nidifiaient pas", raconte Olivier Chastel, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) au Centre d'études biologiques de Chizé, "et on soupçonnait ce perturbateur endocrinien bien connu... Notre étude confirme cette intuition".

Des prélèvements sanguins ont été effectués sur plusieurs dizaines d'individus avant la nidification et un suivi de ces oiseaux a été assuré pendant toute la période de reproduction. "Chez les individus où les concentrations en mercure sont les plus importantes, on a relevé une chute drastique du taux de LH, l'hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs spécifiques.) lutéinique qui stimule les cellules sexuelles dès que les jours rallongent", raconte Olivier Chastel.

Conséquence: ces oiseaux ne se sont pas reproduits. En poussant leurs investigations, les chercheurs ont mis au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...) un véritable effet de cascade: le mercure fait en réalité baisser le taux de GnRH, l'hormone qui contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) la production de LH, et cette dernière se retrouve donc en plus faible quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un groupe de choses.) dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain...)...

"Ces perturbations hormonales ne sont pas une bonne nouvelle pour les oiseaux marins de l'Arctique, qui pâtissent déjà des effets du changement climatique sur leur environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre une dimension...)", déplore Olivier Chastel. Reste désormais à comprendre pourquoi certains oiseaux affichent de plus fortes concentrations de mercure que d'autres...


Référence:

To breed or not to breed: endocrine response to mercury contamination by an Arctic seabird, publié le 29 mai dans “Biology letters” par Sabrina Tartu, Aurélie Goutte, Paco Bustamante, Frédéric Angelier, Børge Moe, Céline Clément-Chastel, Claus Bech, Geir W. Gabrielsen, Jan Ove (Ove - Terme d’Architecture) Bustnes et Olivier Chastel.


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Source: CNRS-INEE