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Posté par Isabelle le Jeudi 19/06/2014 à 12:00
Des plaquettes sanguines amochées
Certains procédés utilisés pour éliminer les microbes dans les produits sanguins altèrent le matériel génétique des plaquettes.

Des procédés utilisés pour éliminer les microbes dans certains produits sanguins pourraient être la source d'inquiétants problèmes de santé chez les personnes transfusées. En effet, selon une étude publiée dans la revue Platelets par l'équipe de Patrick Provost, de la Faculté de médecine, et par des chercheurs suédois et allemands, ces procédés altéreraient les plaquettes sanguines au point (Graphie) de les empêcher d'accomplir correctement leurs fonctions. Les chercheurs croient que cette altération pourrait expliquer les cas de saignements oculaires et intracrâniens rapportés chez des patients qui ont reçu des concentrés de plaquettes ainsi traitées.


Les plaquettes (en bleu sur l'illustration) renferment le tiers du génome humain sous forme d'ARN messagers. Les procédés pour éliminer les microbes appauvrissent ce matériel génétique, rendant les plaquettes inaptes à accomplir leurs fonctions normales.
Illustration: Université de Laval

Le rôle des plaquettes va bien au-delà de leur participation à la coagulation du sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté d’environ 5 litres de...) et à la cicatrisation des plaies. Même si elles sont dépourvues de noyau et d'ADN, elles renferment le tiers du génome humain sous forme d'ARN messagers. Ce matériel génétique leur permet de synthétiser plus de 1000 protéines qui interviennent dans des mécanismes indispensables au bon fonctionnement du corps. La traduction de leurs ARN messagers en protéines est modulée par les microARN qu'elles renferment.

La présence de ce matériel génétique explique pourquoi les plaquettes sont affectées par les traitements visant les microbes. «Les procédés utilisés ciblent le matériel génétique des organismes pathogènes, explique Patrick Provost. Ils ont été mis au point il y a une vingtaine d'années, avant qu'on réalise l'importance du matériel génétique contenu dans les plaquettes.»

L'étude publiée dans Platelets montre que ces traitements activent les plaquettes et provoquent la libération de vésicules contenant des microARN. «Les plaquettes en sortent appauvries en microARN et, une fois transfusées, elles ne peuvent accomplir ce qu'elles feraient normalement. Pour compenser, les fabricants suggèrent de doubler le volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) de la transfusion, mais ça ne résout pas tous les problèmes», souligne le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de...).

Ces traitements sont déjà commercialisés dans certains pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la...) européens. Les fabricants tentent maintenant d'obtenir des autorisations ailleurs dans le monde (Le mot monde peut désigner :), notamment au Canada et aux États-Unis. «Il y a de grosses sommes en jeu et beaucoup de lobbying de la part des compagnies», constate le professeur Provost, qui déplore le peu d'études indépendantes portant sur l'innocuité de ces procédés.

Le chercheur et ses collègues espèrent que leurs travaux seront pris en considération par les organismes de régulation comme Santé Canada et la Food and Drug Administration des États-Unis. «À la lumière de ce que nous venons de démontrer, l'innocuité de ces traitements devrait être évaluée avec soin dans les pays où ils ne sont pas encore acceptés et elle devrait être réévaluée dans les pays qui les ont autorisés», conclut-il.

L'étude parue dans Platelets est signée par Patricia Landry, Aurélie Corduan, Benoit Laffont, Éric Boilard et Patrick Provost, du Centre de recherche du CHU de Québec, et par cinq chercheurs de Suède et d'Allemagne.

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Source: Université de Laval - Jean Hamann
 
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