Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Bons plans et avis Gearbest: Xiaomi Mi Mix2, OnePlus 5T
Code promo Gearbest: réduction, coupon, livraison...
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Isabelle le Samedi 21/06/2014 à 12:00
Des crânes associant traits néandertaliens et primitifs
Des crânes associant traits néandertaliens et primitifs révélateurs de l’évolution humaine

Des crânes d’une grotte en Espagne présentent un mélange de traits néandertaliens et plus primitifs, suggérant une évolution par étapes des caractères néandertaliens.


Fossile d'homidé. Illustration: AAAS/CARLA SCHAFFER

Des chercheurs qui étudiaient un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être...) de crânes retrouvés dans une grotte en Espagne y ont identifié des traits dérivés des Néandertaliens et d'autres associés à des humains plus primitifs. Ce « motif en mosaïque » étaye une théorie de l'évolution de l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) de Néandertal qui suggère qu'il a présenté ses caractéristiques séparément et à différentes époques et non d'un seul coup. Avec ces nouvelles données issues du site de la Sima de los Huesos, du nom de la grotte espagnole hébergeant les fossiles, les scientifiques ont pu mieux comprendre l'évolution des hominines au cours du Pléistocène moyen, période au cours de laquelle cette évolution a été débattue.

« Le Pléistocène moyen a correspondu à une époque d'environ un demi-million d'années au cours de laquelle l'évolution des hominines n'a pas été un processus lent et tranquille de changements où un seul type d'hominine a abouti à l'homme de Néandertal classique » précise l'auteur Juan-Luis Arsuaga, professeur de paléontologie à l'Université Complutense de Madrid (Madrid est la capitale de l'Espagne. Ville la plus vaste et la plus peuplée du pays, c'est le chef-lieu de la Communauté autonome de Madrid qui...).

« Avec les crânes que nous avons trouvés, ajoute le co-auteur Ignacio Martinez, professeur de paléontologie de l'Université d'Alcalá, il a été possible de caractériser pour la première fois la morphologie crânienne d'une population humaine de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent...) du Pléistocène moyen ».

Il y a environ 400 à 500 000 ans, au cœur du Pléistocène, des humains archaïques se sont séparés des autres groupes vivant en Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et...) ou en Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface...) de l'Est pour s'établir finalement en Eurasie où les caractéristiques qui allaient définir la lignée néandertalienne sont apparues. Des centaines de milliers d'années plus tard, l'homme moderne, apparu en Afrique, s'est aussi installé en Eurasie. Il s'est mélangé avec les Néandertaliens, mais il y a eu une incompatibilité pour la reproduction (La Reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement est un ouvrage de sociologie co-écrit par Pierre Bourdieu et...). Ceci explique que l'homme moderne ait finalement remplacé les Néandertaliens.

Le degré de divergence entre l'homme moderne et celui de Néandertal sur une période aussi courte a surpris les chercheurs. Pourquoi ce dernier s'est-il différencié aussi vite des autres hominines ? Quels types de changements a-t-il subi ?

Pour répondre à ces questions, ils avaient besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes...) d'une image précise des populations européennes d'il y a 400 000 ans, au début de la lignée néandertalienne. Cela a été difficile à obtenir cependant, car les fossiles européens sont isolés, dispersés et correspondent de plus à des époques différentes. Les vestiges du site de la Sima de los Huesos sont toutefois à part.

« Ce qui rend le site de la Sima de los Huesos unique, précise Arsuaga, est l'accumulation extraordinaire et sans précédents de fossiles d'hominines qui s'y trouve, rien de tel n'a jamais été découvert pour une espèce d'hominine disparue, y compris celle de Néandertal ».

« Le site a été fouillé sans discontinuer depuis 1984, reprend Martinez, et trente ans plus tard nous avons recueilli près de 7 000 fossiles humains correspondant à toutes les régions du squelette (Le squelette est une charpente animale rigide servant de support pour les muscles. Il est à la base de l'evolution des vertébrés. Celui ci leur a fourni un avantage sélectif...) d'au moins 28 individus. Cette collection extraordinaire de fossiles inclut 17 crânes fragmentés, dont beaucoup sont tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) à fait complets ».

Ces 17 crânes appartiennent à une seule population d'une espèce d'hominine fossile. Certains avaient déjà été étudiés mais sept sont présentés ici pour la première fois, et six sont les plus complets jamais trouvés. Avec ces échantillons intacts à leur disposition, les chercheurs ont fait des progrès dans la caractérisation de leurs traits distinctifs.

Ce travail a aidé à étayer une hypothèse sur l'évolution néandertalienne, celle du modèle de l'accrétion selon laquelle les Néandertaliens ont acquis leurs traits caractéristiques à différents moments et non d'une façon linéaire.

« Pendant des décennies, la nature du processus évolutif qui a donné naissance aux Néandertaliens a été débattue, explique Martinez, et une question importante dans ces discussions était de savoir si le « processus de néandertalisation » a impliqué toutes les parties du crâne dès le début ou si, au contraire, diverses étapes ont porté sur différentes parties du crâne au cours du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) ».

Les échantillons étudiés par les chercheurs montrent des traits néandertaliens sur la face et les dents mais pas ailleurs. La boîte crânienne voisine, par exemple, présente encore des traits associés à des hominines plus primitifs.

« En nous basant sur la morphologie, nous pensons que les gens de la Sima faisaient partie du clade de Néandertal, note Arsuaga, bien qu'ils ne soient pas forcément les ancêtres directs des Néandertaliens classiques ». Ils appartenaient à une lignée européenne précoce qui a inclus les Néandertaliens mais plus primitive que les représentants plus tardifs du Pléistocène.

Point crucial, beaucoup de traits liés à l'homme de Néandertal relevés par les chercheurs étaient en rapport avec la mastication (La mastication est un phénomène qui fait appel aux muscles de la mâchoire. Elle constitue la première phase de la digestion (ce qui est souvent ignoré). Les aliments contenus dans la cavité buccale sont...). « Il semble que ces modifications étaient liées à un usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) intensif des dents frontales, précise Arsuaga, les incisives présentent une grande usure comme si elles avaient été utilisées comme une « troisième main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le...) », ce qui est typique des Néandertaliens ».

Le travail d'Arsuaga et ses collègues suggère que la modification de la face a été la première étape dans l'évolution de l'homme de Néandertal. Ce « motif en mosaïque » cadre bien avec ce que prédit le modèle de l'accrétion.

« Une chose qui m'a surpris au sujet des crânes que nous avons étudiés, dit aussi Arsuaga, est combien les différents individus étaient similaires. Les autres fossiles de la même période géologique sont différents et ne correspondent pas au pattern de la Sima. Cela signifie qu'il y avait beaucoup de diversité entre les populations du Pléistocène moyen ».

Effectivement, d'autres Homo sapiens (Homo sapiens, qui signifie « Homme sage » en latin, ou Homme moderne est une espèce de l'ordre des Primates appartenant à la famille des Hominidés. Plus communément appelé...) européens du Pléistocène moyen ne présentent pas l'ensemble de traits issus de l'homme de Néandertal observé dans ce groupe de fossiles. Il apparaît ainsi que plus d'une lignée évolutive ont coexisté en Europe au cours du Pléistocène moyen, celle de la Sima étant plus proche des Néandertaliens.

Arsuaga et son équipe ont été ravis de mener cette étude. « Trouver une seule dent (Une dent est un organe enveloppé d'os, dur, blanchâtre, généralement composé d'une couronne libre et d'une ou plusieurs racines implantées dans la cavité buccale, plus particulièrement...) est un grand succès pour tout autre site de cette époque, alors vous pouvez imaginer ce que c'est que de se mettre à reconstruire 17 crânes, dit-il, c'est comme d'avoir trouvé un trésor ».

Pour plus d'information voir: http://www.aaas.org/news/science-faces-were-first-change-neandertal-evolution

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: ErekAlert/American Association for the Advancement of Science