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Posté par Adrien le Jeudi 26/06/2014 à 00:00
Des micro-organismes à 2 km de profondeur sous les océans
Les limites du vivant sous le plancher océanique ont été une nouvelle fois repoussées. Une équipe européenne composée notamment de chercheurs du Laboratoire de microbiologie des environnements extrêmes (LM2E) et du laboratoire Ecosystèmes, biodiversité, évolution de Rennes (ECOBIO) vient en effet d'identifier des bactéries et des champignons microscopiques à des profondeurs records de 1 922 et de 1 740 mètres sous le bassin de Canterbury, au large de la Nouvelle-Zélande.

Les sédiments des fonds océaniques sont peuplés d'un bestiaire insoupçonné de micro-organismes marins: des archées (organismes unicellulaires sans noyau), des bactéries et mêmes des eucaryotes (organismes avec noyau)... Leur nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) est estimé à 290 000 000 000 000 000 000 000 000 000 ! Et ce, uniquement pour des profondeurs comprises entre 0 et 500 mètres. Aujourd'hui, une équipe de chercheurs franco-allemande vient d'établir un nouveau record en réalisant un forage de 1 922 m de long sous le plancher océanique du bassin de Canterbury, au large de l'île Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de la Nouvelle-Zélande, et en y trouvant de nombreuses espèces. « On ne s'attendait pas à trouver des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la Commission européenne dans le...) de vie (La vie est le nom donné :) à de telles profondeurs sous le fond des océans, surtout pas des champignons microscopiques », avoue Karine Alain, microbiologiste au Laboratoire de Microbiologie (La microbiologie est la science qui étudie les micro-organismes (ou microorganismes).) des Environnements Extrêmes de Brest.

Grâce à des techniques sophistiquées d'extraction et d'analyse d'ADN, les chercheurs ont réussi à identifier des représentants des trois grandes divisions du vivant: des archées, des bactéries thermophiles adeptes de la fermentation (La fermentation est une réaction biochimique de conversion de l'énergie chimique contenue dans une source de carbone (souvent du glucose) en une autre forme d'énergie directement utilisable par la cellule en l'absence de...) - très semblables aux bacilles et aux coques du milieu terrestre mais de plus petite taille - et aussi des microeucaryotes comme des champignons. « Avec les analyses d'ADN réalisées, nous ne pouvons pas savoir s'il s'agit d'ADN fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le reste (coquille, os, dent, graine, feuilles...) ou le simple moulage d'un animal ou d'un...), de fragments d'ADN d'organismes vivants ou bien ceux d'organismes en dormance, précise Karine Alain. Par contre, nous avons réussi à isoler et à cultiver certaines bactéries et certains champignons microscopiques issus de nos échantillons, ce qui est une première à ces profondeurs ». La vie persisterait donc à des profondeurs de 2 km sous le plancher océanique, là où les températures frôlent les 100°C et les pressions les 50 MPa.

Théoriquement, les microorganismes pourraient même vivre jusqu'à des profondeurs de 4 ou 5 km sous les océans pour les environnements les plus cléments. Une frontière indispensable à connaître pour évaluer au plus juste le volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) de la biosphère présente dans les sédiments marins mais aussi l'impact des microorganismes sur la composition des océans et de l'atmosphère.

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Source: CNRS-INEE