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Posté par Adrien le Jeudi 14/08/2014 à 00:00
Le TDAH, la toxicomanie et le trouble des conduites liés aux mêmes déficits neurocognitifs
Des chercheuses de l'Université de Montréal et du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine ont retracé les origines du trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH), de la toxicomanie et du trouble des conduites et ont constaté que ces troubles sont associés aux mêmes déficits neurocognitifs, ce qui explique leur concomitance fréquente.

"La psychopathologie touche de multiples dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une...) du fonctionnement cérébral. Certaines dimensions entraînent une multitude de problèmes, tandis que d'autres déclenchent des problèmes précis. Ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui...), elles expliquent les schémas de comorbidité, notamment la raison pour laquelle le TDAH et le trouble des conduites sont si souvent associés à la toxicomanie (A l'origine "la" toxicomanie est un terme qui vient du grec toxikon, « poison » et mania, « folie » et qui signifie que quelqu'un use de manière...)", explique la professeure Patricia Conrod, coauteure de l'étude. "Nos recherches révèlent que le risque d'externalisation des problèmes est continu au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier...) de la population générale, qu'il est facilement mesurable et qu'il peut être cerné avant même l'apparition de problèmes observables. Les résultats de l'étude contribuent aussi à réduire la stigmatisation et à surmonter certaines difficultés liées au diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation,...) et au traitement des problèmes psychiatriques concomitants. Ainsi, les cliniciens peuvent gérer de multiples problèmes psychiatriques et se concentrer sur quelques dimensions neurocognitives principales au moment d'évaluer le fonctionnement d'un adolescent. La prochaine étape consiste à élaborer des stratégies d'intervention fondées sur des données probantes qui cibleront ces éléments du fonctionnement cérébral."

Ces résultats ont été obtenus par l'analyse de la sensibilité aux récompenses et des décisions connexes de 1 778 Européens âgés de 14 ans au profil démographique comparable. Ces adolescents devaient passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) un test d'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit par impression...) par résonance magnétique (IRM) en effectuant plusieurs tâches et répondre à des questionnaires sur la personnalité. Des cliniciens ont évalué les participants au moment des tests et une autre fois, deux ans plus tard. Lorsqu'ils étaient âgés de 14 ans, 4,4 % des participants s'étaient vu diagnostiquer un trouble des conduites, un TDAH ou les deux. À l'âge de 16 ans, ce pourcentage (Un pourcentage est une façon d'exprimer une proportion ou une fraction dans un ensemble. Une expression comme « 45 % » (lue « 45 pour cent ») est en réalité la...) a grimpé à 6,6 %. La consommation abusive d'alcool et de drogues a également été analysée : la prévalence à l'âge de 14 ans était de 3,7 % et 10,6 %, respectivement et, à l'âge de 16 ans, de 18 % et 27,1 %, respectivement.

Les chercheuses ont eu recours à la modélisation statistique (Une statistique est, au premier abord, un nombre calculé à propos d'un échantillon. D'une façon générale, c'est le résultat de l'application d'une méthode statistique à un ensemble de...) pour déceler clairement les liens entre les facteurs de risque et les symptômes psychiatriques. « Il s'agit de la première modélisation du TDAH, du trouble des conduites et de la toxicomanie à l'adolescence fondée sur une approche statistique novatrice qui repère les variables communes de ces problèmes ainsi que les facteurs de risque neurocognitifs qui y sont couramment associés. Trois principales dimensions neurocognitives liées à la plupart des problèmes externalisés ont été cernées : les gestes impulsifs, les choix impulsifs (c.-à-d. préférer les récompenses immédiates aux récompenses à plus long terme) et la sensibilité aux récompenses. Nous avons constaté que, dans le cas de toutes ces dimensions, le comportement et le fonctionnement cérébral de l'adolescent sont associés à l'externalisation des problèmes. L'impulsivité autodéclarée, les gestes impulsifs dans le cadre d'une tâche d'inhibition de réponse et la mesure dans laquelle le lobe frontal (Un frontal est un équipement informatique.) est hypoactif au moment de faire un geste impulsif différencient les jeunes les plus à risque d'être atteints d'un TDAH et d'un trouble des conduites des jeunes à risque d'adopter des comportements nuisibles en général. La recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) de sensations fortes et l'activité anormale du lobe frontal du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et...) au moment d'anticiper une récompense étaient différentes chez les jeunes uniquement à risque de consommation abusive d'alcool que chez ceux à risque d'avoir toutes sortes de problèmes, explique Natalie Castellanos-Ryan, coauteure de l'étude. Nous avons récemment observé en psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du grec psyche...) une tendance qui consiste à reformuler les catégories diagnostiques dans une perspective dimensionnelle et neuroscientifique, en raison particulièrement des taux élevés de comorbidités entre certains troubles, et c'est exactement ce que nous faisons au chapitre des troubles et des problèmes externalisés. Nos constatations appuient cette nouvelle approche "dimensionnelle" de la recherche psychiatrique; elles démontrent que ces troubles et ces problèmes partagent des variables importantes, présentent des facteurs de risques communs et touchent en continu une partie de la population générale. »

Les observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...) jettent la lumière sur les déficits cognitifs que l'on pourrait cibler dans le but de traiter des cas de comorbidités (p. ex., les adolescents qui se sont vus diagnostiquer un trouble des conduites et un problème de toxicomanie). « Les personnes atteintes de comorbidités sont plus difficiles à traiter et ont un pronostic plus négatif que celles qui n'en sont pas atteintes, et il existe en ce moment très peu d'interventions et de stratégies cliniques pour le traitement des comorbidités, affirme Mme Castellanos-Ryan. Il serait avantageux d'intégrer aux stratégies de prévention et d'intervention pour les problèmes externalisés - c'est-à-dire le TDAH, le trouble des conduites et la toxicomanie - des éléments de formation axés sur le fonctionnement cérébral ou les déficits associés aux gestes impulsifs, aux choix impulsifs et à la sensibilité aux récompenses. De plus, nos observations laissent croire que de nouvelles stratégies d'intervention et de prévention visant ces déficits sur les plans cognitif, neural ou de la personnalité pourraient améliorer certains résultats cliniques durant l'adolescence, peut-être même avant que les problèmes ne surviennent. »

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Source: Université de Montréal